Connect with us

Actualités locales

Epinglée par une enquête pour irrégularités foncières à Édéa, Socapalm réfute les accusations

Published

on

Epinglée par une enquête pour irrégularités foncières à Édéa, Socapalm réfute les accusations
Spread the love

(Investir au Cameroun) – Une enquête menée par Green Development Advocate (GDA), organisation de la société civile camerounaise fondée en 2009 par d’anciens responsables d’ONG, remet en cause la régularité de certaines concessions foncières attribuées à la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) à Édéa, dans la région du Littoral. Dense et documenté, le rapport scrute plusieurs années de gestion controversée du foncier, sur fond de privatisation opaque et de tensions persistantes avec les communautés riveraines.

Depuis 2023, les campagnes de renouvellement des plantations de palmiers à huile (replanting) engagées par la Socapalm ont ravivé les différends avec les populations d’Apouh A Ngog, Koukouhè, Onguè et Déhanè. Ces communautés dénoncent la confiscation de leurs terres ancestrales et des abus répétés de la part de l’agro-industrie. « Les besoins de terres pour le renouvellement et l’extension des plantations d’huile de palme (…) et les ambitions de survivance des communautés liées à leurs espaces coutumiers font l’objet d’affrontements récurrents », souligne le rapport du GDA.

L’étude identifie plusieurs irrégularités majeures dans l’occupation des terres, estimant que près de 1 000 hectares seraient concernés. Au cœur du dossier figure un arrêté préfectoral de mars 2021 attribuant 874 hectares de terres d’Apouh à la Socapalm. Selon le GDA, cet acte est juridiquement nul car il relève d’une compétence présidentielle.

« Le rapport relève l’empiètement par la Socapalm d’une superficie de 705 ha 37 a 54 ca (…) Un constat d’autant plus accablant au lieu-dit Koukouhè démontre une superficie exploitée de 1 024 ha pour une superficie initiale de 800 ha attribuée (…) soit une différence de 224 ha », indique l’enquête.

Le rapport ajoute qu’une « surface exploitée de 874 ha a été attribuée par arrêté préfectoral N°066/AP/C18/SAAJP du 3 mars 2021 au lieu-dit Apouh, pendant que la concession provisoire demeure en cours de transmission. Ce qui traduit l’illégale antériorité de l’exploitation agricole avant l’attribution de l’espace ».

Des écarts entre superficies concédées et exploitées

Les conclusions de l’enquête évoquent également d’importants écarts entre les superficies concédées et les superficies exploitées. « Le premier rapport d’état des lieux commis par l’équipe d’experts instruite par le Mindcaf évoquait la présence d’un acte de concession définitive d’une superficie de 1 018 ha (…) attribuée par arrêté préfectoral 075/AP/C18/SAAP. Cependant, le second rapport, daté du 6 avril 2022, ne fait plus mention de cet acte et constate des disparités notables entre les superficies évoquées et les limites réelles », précise le document.

Socapalm dément et invoque la légalité de ses titres

Face à ces accusations, la Socapalm a publié un communiqué officiel contestant l’ensemble des conclusions du rapport. L’entreprise estime que les reproches formulés reposent sur « des interprétations erronées » et rappelle que « l’ensemble de ses titres ont été délivrés par l’État camerounais ». « La Socapalm tient à rétablir une information complète, vérifiée et équilibrée, dans le strict respect de la vérité des faits et des procédures légales en vigueur », affirme la société.

Concernant l’arrêté préfectoral de 2021, la direction indique que le préfet concerné a confirmé que « le village d’Apouh n’existait pas à l’époque de la signature des titres contestés », une précision qui, selon elle, met en lumière « une contradiction manifeste entre les propos des représentants communautaires et ceux de l’administration ».

La Socapalm rappelle qu’elle a initié en 2017, avec l’appui du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf), une expertise foncière complète impliquant les autorités locales et les représentants des communautés riveraines. L’objectif est d’aboutir à « une clarification définitive des droits fonciers » par arbitrage du ministère compétent.

L’entreprise conteste également l’accusation d’extension illégale de 707 hectares, estimant que la surface en question correspond en réalité à 682 hectares hérités de la SPROA, « intégrés dans un titre foncier de 1929, bien avant la création de la société actuelle ». « Il est donc inexact de parler d’empiètement ou de spoliation », insiste la direction.

Les travaux de densification et de délimitation menés par le Mindcaf auraient, selon la société, conduit à la régularisation des concessions, avec la délivrance de titres fonciers définitifs en mars 2025. La superficie de la concession d’Édéa a été ramenée à 1 086 hectares, les parcelles retranchées devant être restituées à l’État du Cameroun, « seul propriétaire et autorité compétente pour en disposer ».

Amina Malloum

Lire aussi :

16-10-2025 – Bvmac : confiants, les investisseurs sécurisent les actions Socapalm et Safacam malgré la demande des acheteurs

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

la Banque africaine de l’énergie officiellement créée avec un capital de 5 milliards de dollars

Published

on

la Banque africaine de l’énergie officiellement créée avec un capital de 5 milliards de dollars
Spread the love

La Banque africaine de l’énergie (BAE) a été officiellement créée ce 31 octobre à Abuja. Dotée d’un capital de 5 milliards de dollars, elle veut financer toute la chaîne de valeur énergétique africaine et réduire la dépendance au financement extérieur.

C’est un tournant pour la souveraineté énergétique du continent. La Banque africaine de l’énergie (BAE) a été officiellement créée ce 31 octobre à Abuja, au Nigeria.

Elle est née d’un partenariat stratégique entre l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), qui regroupe 18 pays membres, et la banque d’import-export Afreximbank.

Dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars, sa mission est claire : financer des projets sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique africaine, du pétrole au gaz, en passant par le raffinage et les infrastructures.

Pour l’Afrique, l’enjeu est majeur. Face au désengagement progressif des banques internationales du financement des énergies fossiles, le continent entend sécuriser lui-même ses investissements et valoriser ses ressources.

Avec plus de 125 milliards de barils de réserves prouvées, l’Afrique ne veut plus exporter brut et importer cher. La BAE doit permettre de financer des raffineries, des gazoducs, des centrales et des infrastructures de stockage.

C’est aussi un instrument de souveraineté financière. En mobilisant des capitaux africains pour des projets africains, la nouvelle institution veut accélérer l’industrialisation, créer de la valeur ajoutée locale et garantir l’accès à l’énergie pour plus de 600 millions d’Africains qui en sont encore privés.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Actualités locales

Sénégal : l’Assemblée nationale rejette le budget rectificatif 2026

Published

on

Spread the love

Nouveau revers pour le gouvernement sénégalais. L’Assemblée nationale a rejeté, ce mardi 3 novembre 2026, le projet de loi de finances rectificative (LFR) présenté par […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

après les secousses à Buéa, les autorités rassurent sur les risques d’éruption

Published

on

après les secousses à Buéa, les autorités rassurent sur les risques d’éruption
Spread the love

Ce mardi 3 novembre, Bernard Okalia Bilai a présidé une séance de travail à Buea, réunissant divers services techniques, autorités administratives et municipales, ainsi que des chefs traditionnels, afin de mettre en place des stratégies d’intervention en cas d’éventualité.

Il a appelé la population de Buea et de ses environs à garder son calme et à ne pas céder à la panique, suite aux secousses ressenties dans certains quartiers de la ville le 23 octobre. Cette réunion visait non seulement à instaurer des mesures concrètes et complètes pour prévenir toute perte humaine en cas d’éruption, mais aussi à apaiser les craintes et la panique suscitées par des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant une éventuelle éruption — parfois qualifiée de manifestation des « chars » ou des « dieux ».

Bernard Okalia Bilai a précisé que le gouvernement et les autorités locales renforcent la surveillance, le mont Cameroun étant un volcan actif, d’autant plus que nous nous situons dans la période cyclique (tous les 17 à 25 ans) des éruptions de ce volcan.

Le Dr Teke Mafany, délégué régional de la Recherche scientifique pour la région du Sud-Ouest, a présenté les résultats des travaux de terrain menés dans 11 villages après les secousses, et a tenu à rassurer la population : il n’y a aucune raison de s’inquiéter.

Crainte d’une nouvelle éruption

Des habitants de plusieurs quartiers de Buea ont signalé des secousses semblables à des séismes tôt ce vendredi 23 octobre, suscitant des craintes quant à une éventuelle activité volcanique aux abords du mont Cameroun.

Les résidents de Buea Town, Moli, Bokwaongo et Soppo ont ressenti des secousses, d’une durée de 10 à 15 secondes, qui ont fait trembler les habitations et le mobilier avant de s’apaiser.

Le mont Cameroun, qui culmine à plus de 4 000 mètres d’altitude, n’est pas entré en éruption depuis 2000 ; les scientifiques le considèrent toutefois comme un volcan actif susceptible de se réveiller à tout moment.

La dernière éruption du mont Cameroun remonte à la période du 28 mai au 19 juin 2000. Au cours des 100 dernières années, sept éruptions y ont été confirmées. Les habitants ayant vécu l’éruption de 2000 se remémorent ces événements, mais les autorités assurent qu’il n’y a aucune raison de céder à la panique.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici