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ALAMINE OUSMANE MEY : « Nous avons renforcé la production et la productivité des entreprises, et réduit les importations »

Défis Actuels : Monsieur le Ministre, la conférence annuelle de vos services en février dernier portait sur le thème : « accélération de la diversification de l’économie et amélioration de la position extérieure du Cameroun ». Quelles sont les mesures retenues pour atteindre ces objectifs ?
ALAMINE OUSMANE MEY : Il faut relever au préalable, que cette thématique a été choisie en relation avec son importance pour le renforcement de la résilience de l’économie camerounaise, au regard d’un environnement économique international caractérisé par une grande incertitude sur les fondamentaux économiques et une fragmentation géopolitique de plus en plus importante, et d’un contexte national empreint de préoccupations sur le rythme de la croissance économique, le financement des investissements et la viabilité de la dette. Il s’agit également d’un engagement du Chef de l’Etat dans le cadre des résolutions du dernier Sommet extraordinaire de la CEMAC en décembre 2024.
Ainsi, l’objectif de la conférence annuelle était de favoriser l’appropriation des mesures permettant de relever les défis qu’imposent les chocs de toute nature, économique ou non, internationaux ou nationaux. Des réflexions issues des travaux, les orientations retenues à cet égard sont principalement :
- La poursuite et l’intensification des travaux d’accompagnement des entreprises championnes d’une part, et celles engagées à substituer, dans leur processus de production, les intrants importés par ceux produits localement d’autre part ;
- L’intensification de la coopération avec les Partenaires Techniques et Financiers dans le cadre du Programme Économique et Financier en général, et les réformes structurelles en particulier ;
- L’identification des mesures d’abaissement des coûts des facteurs ainsi que des réformes engagées pour l’amélioration du climat des affaires, dans le cadre du renforcement de la compétitivité des entreprises ;
- La mobilisation en priorité des financements concessionnels, et lorsque cela n’est pas possible, le recours aux financements non concessionnels pour la réalisation des projets présentant un potentiel de rentabilité financière et socioéconomique avéré ;
- L’accélération de la mise en œuvre, en liaison avec les administrations et acteurs impliqués, du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH) ;
- L’élaboration périodique d’un rapport sur l’implémentation du PIISAH en mettant en exergue les contraintes éventuelles ;
- Le déploiement du Programme d’Impulsion Initiale (P2I), ainsi que des Programmes Spéciaux de Reconstruction et de Développement des régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;
- L’optimisation de la structuration des filières porteuses de croissance (à savoir le cacao, le café, l’hévéa, le coton, la banane, le bois, la métallurgie (aluminium), les produits chimiques (savons de ménage et autres), les hydrocarbures, la sidérurgie, les services touristiques, le poivre et la noix de cajou) et élaborer un plan d’actions pour l’opérationnalisation des mesures identifiées pour le développement desdites filières as sorties des coûts de mise en œuvre.
Défis Actuels : Vous avez à cette occasion prescrit la poursuite et l’intensification des travaux d’accompagnement des entreprises championnes et celles substituant les intrants importés par des produits locaux. Quelles sont les actions précédemment menées dans ce sens, et quel impact ?
ALAMINE OUSMANE MEY : A ce propos, il faut dire que cette orientation est en droite ligne avec les orientations clés de la SND30 visant transformation structurelle de l’économie et la réduction de la dépendance aux importations.
En ce qui concerne les entreprises substituant les intrants importés par les produits locaux, les résultats des études que nous avons menées ont orientés notre action sur les branches de la fabrication des produits à base de céréales, et de l’industrie du lait, fruits et légumes. A cet effet, les produits prioritaires retenus sont le maïs, le Soja et les Fruits. Ainsi, la première phase de notre accompagnement a abouti à la sélection de 06 entreprises exerçant précisément dans la boulangerie, la fabrication des aliments pour bébé et la production des jus naturels, lesquels entreprises ont bénéficié en 2024 d’un appui en investissement à hauteur de Fcfa 215 000 000, destinée à la réhabilitation de l’outil de production et l’acquisition d’équipements plus performants. Les entreprises bénéficiares sont FRUITSCAM Sarl et NT FOODS Sarl dans la ville de Yaoundé, PROXIMA Sarl, LAMANA Sarl, et Bonne Chair Sarl dans la ville de Douala, et PAIX PLUS dans la ville de Bafoussam.
Pour ce qui concerne le programme des entreprises championnes, cinq structures nationales ont été identifiées dans les secteurs de l’agro-industrie, des transports et de l’électronique au regard de plusieurs critères. Ces critères sont en lien notamment avec le potentiel en termes de renforcement du tissu industriel local, de résorption du déficit de la balance courante, d’impulsion de l’innovation, de couverture du marché sous régional et international, et finalement, de développement de l’entrepreneuriat local et de l’activité de sous-traitance. Ces entreprises ont bénéficié d’accompagnements spécifiques en fonction des besoins exprimés, qui incluent des subventions d’appoint, estimées à un peu plus de FCFA 500 millions, et des appuis techniques sur le plan institutionnel, à l’instar des facilitations pour l’attribution des contrats de concessions pour le développement de leurs activités.
Par ailleurs, le MINEPAT organise les journées des entreprises Championnes Nationales, en réponse à la sollicitation de ces dernières qui manifestent le besoin d’exposer leur produit et leur savoir-faire afin d’élargir leurs débouchés. Enfin, des études portant notamment sur le mode de financement des entreprises Championnes Nationales, ainsi que l’élaboration d’un guide d’accompagnement des entreprises Championnes Nationales sont en cours de finalisation. Les entreprises retenues comme championnes sont les suivantes : SOPROICAM (société agroindustrielle de production de tourteaux de soja pour l’alimentation animale) ; SOTRABUS (entreprise de montage de bus à usage de transport en commun) ; ZNG SMART CARDS FACTORY (entreprise industrielle de production des cartes magnétiques et des terminaux électroniques) ; SCPR (entreprise de production de riz paddy à grande échelle et de fabrication d’emballages en polypropylène tissés) ; et AGROCAM (production de poussins et de fabrication d’alvéoles). Ces multiples initiatives ont permis de renforcer la production et la productivité des entreprises accompagnées, de réduire les importations de certaines spéculations et de créer plusieurs emplois. Des résultats encore plus importants sont attendus de la poursuite de la mise en œuvre des dites actions.
Défis Actuels : Les indicateurs de la balance commerciale continuent de montrer une forte dépendance aux importations et la faible diversité des produits exportés, malgré des mesures annoncées depuis quelques années. Comment l’expliquer ?
ALAMINE OUSMANE MEY : Les statistiques du commerce extérieur produites par la Direction Générale des Douanes du MINFI, en 2023 et 2024, indiquent tout de même des évolutions encourageantes dans la réduction de la dépendance aux importations et la diversification des produits exportés. S’agissant des importations totales en valeur, elles ont augmenté faiblement en 2023 (1,7%), et stagnées en 2024 (0,1%). Cette évolution est portée par une réduction sensible des achats à l’étranger de certains produits pour lesquels des actions importantes ont été entreprises pour renforcer la production locale, aussi bien dans le secteur agricole que manufacturier. C’est le cas notamment des poissons de mer congelés, dont la facture d’importations a baissé en valeur de 10% en 2023, puis de 8,3% en 2024. Cette baisse a été accompagnée d’une réduction des quantités achetées de 3% et 11,7% respectivement pour ces deux années. Cette dynamique est également observée sur d’autres produits comme le vin, les papiers et cartons (matières premières), et les produits céramiques. Pour ce qui est des exportations, elles se sont inscrites en hausse de 8,2% en 2024 par rapport à l’année d’avant. Cet accroissement est entre autres soutenu par la hausse des ventes des produits transformés. C’est le cas par exemple de la pâte de cacao, dont les exportations ont enregistré une hausse de 115,5% en valeur et 25,5% en volume en 2024, tandis que les exportations de fèves ont reculé de 1% en volume. Les exportations de chocolat s’inscrivent également en hausse depuis 2023. Cette tendance sur la transformation de caco est aussi observable sur les savons de ménages, les sacs et sachets en polymères de l’éthylène, le bois contre-plaqué et les constructions en aluminium. Néanmoins, il est vrai que ces constats ne reflètent pas encore la dynamique d’ensemble recherchée en matière de diversification des exportations et de substitution des importations. C’est pourquoi nos efforts s’intensifient graduellement afin d’atteindre des performances compatibles avec nos ambitions en termes de résilience et de stabilité extérieure.
Défis Actuels : Quelles sont les principales articulations du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH) et du programme d’impulsion initiale, et où en est leur mise en œuvre ?

ALAMINE OUSMANE MEY : Il faut rappeler ici que dans l’optique de réduire le déficit de la balance commerciale et de garantir la souveraineté alimentaire, le Gouvernement a adopté en 2024, un Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH) pour le triennat 2024-2026. Le PIISAH a pour objectifs de : (i) faciliter le développement des actions du secteur privé dans le domaine agropastoral, sur des espaces sécurisés et aménagés ; (ii) contribuer à l’augmentation significative de la production et de la disponibilité des produits locaux de grande consommation et ; (iii) créer un environnement propice au développement des activités agropastorales.
Il s’articule autour de trois axes, avec un accent important sur l’implication du secteur privé :
- Axe 1 : Sécurisation et aménagement des périmètres hydroagricoles, pastoraux et halieutiques Il s’agit d’aménager des périmètres hydroagricoles, construire des barrages de retenue pour l’agriculture et l’élevage et poursuivre le désenclavement des bassins agricoles. Sont également envisagés les travaux d’aménagement des périmètres fourragers dans la Région de l’Adamaoua.
- Axe 2 : Amélioration de la production, la transformation et la commercialisation Cet axe porte sur la mise à niveau de l’appareil de production, de transformation et de commercialisation des produits agropastoraux des spéculations identifiées, pour améliorer la production et la disponibilité des produits locaux de grande consommation. En 2026, les mesures du Plan devraient permettre de réduire les importations de riz de 70%, avec une projection de la production de riz estimée à 464,5 milliers de tonnes. La production de maïs devrait passer de 2,7 millions de tonnes à 4,3 millions de tonnes, et la production projetée cumulée des farines panifiables est estimée à 303,6 milliers de tonnes en 2026. S’agissant du mil et du sorgho, il est envisagé le développement de la production de l’ordre de 1 195,6 milliers de tonnes en 2026 contre 1 010,9 milliers de tonnes en 2022. Par ailleurs, il est projeté l’amélioration de la disponibilité des semences certifiées produites localement, pour accroitre la production de soja qui se chiffrerait à 58,1 milliers de tonnes en 2026 contre 35,5 milliers de tonnes en 2022. L’amélioration de l’appareil de transformation des noix de palme en huile de palme permettrait d’envisager une production d’huile de palme supplémentaire de l’ordre de 60 mille tonnes en 2026. Pour ce qui est du poisson, l’objectif visé par le Plan est l’accroissement de la production de 224 900 tonnes en 2022 à 602 500 tonnes en 2026. Enfin, pour la filière lait, il est question d’augmenter la production de l’ordre de 351,9 milliers de tonnes en 2026 contre 343,9 milliers de tonnes en 2022, et d’accroître sa disponibilité sur le marché local de 15%.
- Axe 3 : Amélioration de l’accès à la recherche, à la formation et aux financements Il est question ici de renforcer les moyens alloués à la recherche et la vulgarisation des résultats de recherche, de renforcer les capacités des chercheurs et des producteurs, et de garantir l’accès à des financements adaptés pour booster la production et la transformation par le secteur privé dans les filières retenues. Au titre de l’exercice 2025, la budgétisation des crédits destinés au PIISAH a été effectuée sous forme de dotation aux administrations concernées, d’un montant total de près de 53 milliards de FCFA. Ces ressources seront principalement mises à disposition des opérateurs du secteur privé exerçant dans les filières identifiées, à travers la Banque des Petites et Moyennes Entreprises, afin de faciliter l’obtention des crédits à des taux préférentiels. Des subventions de fonctionnement aux EPA seront également accordées sous la forme de fonds revolving. Les conférences de décaissement desdites ressources se sont déroulées au MINEPAT les 06, et 07 janvier 2025, afin de constituer les provisions budgétaires pour le financement des opérations retenues dans le cadre du PIISAH, et assurer une mise en œuvre efficace et un suivi harmonisé du plan.
Défis Actuels : En plus de produire Camerounais, la problématique de consommer Camerounais se pose également. Qu’est ce qui est fait pour inculquer l’habitude de consommer Camerounais à la population ?
ALAMINE OUSMANE MEY : Relativement à cette préoccupation, nous pensons que la problématique est double. Tout d’abord, beaucoup de Camerounais n’ont pas l’information en ce qui concerne l’existence et les points de vente de certains produits locaux qui sont souvent de très bons substituts à ce qu’ils consomment. Ces produits sont habituellement fabriqués par des PME qui ne disposent pas de fonds importants pour développer et exécuter des stratégies marketing viables. C’est dans le but de régler ce problème que le Gouvernement a entrepris, entre autres :
- La réalisation de plusieurs évènements et supports de vulgarisation des produits Made in Cameroon (catalogues des produits, foires, mission économiques étrangères, etc.) ; – la sensibilisation sur l’importance économique de la consommation locale (emplois, réduction des prix sur les marchés, croissance, etc…), à travers le patriotisme économique ;
- L’accroissement de certaines taxes et droits d’accise sur les produits importés qui disposent des substituts locaux en quantité, en vue de réorienter la demande vers la production locale ;
- La hausse progressive de la commande publique adressée aux entreprises locales ;
- La mise en place de partenariats et règlements pour assurer des espaces dédiés à l’exposition des produits Made in Cameroon dans les grandes surfaces. Par ailleurs, les produits locaux sont souvent plus chers et donc moins compétitifs que les produits importés. De ce point de vue, les mesures d’offre, qui visent à renforcer la production sont essentielles. En outre, la politique en cours sur le développement des infrastructures énergétiques, routières et technologiques devrait renforcer la productivité, la compétitivité et la résilience de nos entreprises.
Défis Actuels : Plusieurs grands projets entamés depuis de longues années sont encore en cours. Ces retards dans la réalisation des infrastructures auront-ils un impact sur l’atteinte des objectifs de la SND30, notamment sur le lancement des projets de seconde génération ?
ALAMINE OUSMANE MEY : Au cours des dernières années, dans le contexte du programme économique et financier avec le FMI, le règlement de la dette publique tant intérieure qu’extérieure a occupé une place prépondérante, limitant la marge de manœuvre disponible pour l’investissement. Toutefois, l’engagement du Gouvernement est resté constant en ce qui concerne la poursuite de la mise en œuvre des grands projets. L’allègement du portefeuille relatif auxdits projets se poursuit avec la finalisation progressive des projets entamés avant l’adoption de la Stratégie Nationale de Développement (SND30). En ce début d’exercice 2025, nous pouvons dire que la considération clé de la SND30 sur l’achèvement des grands projets de première génération (lancé entre 2010 et 2018) est respectée, sauf quelques exceptions dont l’autoroute Yaoundé—Douala, dont la seconde phase vient d’être lancée. De façon générale, la modification structurelle visée par le Gouvernement commence à être perceptible. Avec plus de 3000 Km de routes bitumées, près de 20000km de fibre optique posés et plus de 1000 Mw de capacités additionnelles de production d’électricité installées, la structure de l’économie camerounaise de 2009 est indubitablement modifiée.

Toutefois, les efforts se poursuivent pour améliorer l’accès et l’utilisation productive de ces infrastructures par les populations et les entreprises. En ce qui concerne les grands projets de seconde génération, il me plait d’indiquer ici que plusieurs projets de cette seconde vague d’investisse ment ont déjà été lancés, et certains s’achèvent d’ailleurs progressivement. Afin de tenir les objectifs que nous nous sommes fixés, un Plan d’Impulsion Initiale (P2I) est mis en œuvre par le MINEPAT, avec des projets prioritaires dont l’exécution s’est accélérée pour renforcer les bénéfices économiques auprès des entreprises et des populations, et faciliter l’exécution des autres projets. Nous gardons donc le cap des objectifs de la SND30 malgré les contraintes exogènes auxquelles l’économie nationale continue d’être confrontée.
Défis Actuel : Le COVID-19 et les tensions internationales ont durement affecté les entreprises nationales. Quels soutiens le MINEPAT a-t-il apporté aux opérateurs économiques ?
ALAMINE OUSMANE MEY : En dehors de la COVID-19, la fragmentation persistante de l’environnement géopolitique international a induit plusieurs autres contraintes pour l’économie Camerounaise. C’est le cas notamment de la crise en Ukraine et ses implications sensibles sur l’inflation locale. Pour ces différentes contraintes, le MINEPAT, avec l’appui de l’Institut National de la Statistique (INS), a régulièrement mené des enquêtes auprès des entreprises afin d’apprécier l’ampleur des conséquences sur leurs comptes d’exploitation. Quelques-uns des résultats les plus saisissants issus des travaux récents indiquent que : (i) ces entreprises affirmaient continuer de subir les effets de la pandémie en 2023, même si l’ampleur s’était atténuée. En effet, près de 6 entreprises sur 10 indiquaient qu’elles subissaient toujours lesdits effets, contre 9/10 en 2020. Cette persistance était essentiellement marquée chez les TPE et les PE ; (ii) près de 8 PME sur 10 indiquaient avoir été affectées par les conséquences de la crise russo-ukrainienne. Les plus touchées étaient les entreprises formelles de taille relativement grande, opérant dans la filière agro-alimentaire et qui s’approvisionnaient majoritairement à l’étranger. Sur la base des résultats de ces enquêtes, le MINEPAT a déployé son expertise pour apporter des solutions concrètes et intégrées depuis 2020, à travers notamment :
- L’élaboration de la Stratégie globale de riposte contre la COVID-19 (Stratégie globale de Riposte et de Résilience Economique et Sociale), ainsi que du plan de relance post COVID19, afin de mieux orienter et coordonner les interventions du Gouvernement ;
- La participation à la recherche de financements pour l’approvisionnement du Compte d’Affectation Spéciale (CAS COVID-19) ayant pris en charge les interventions de riposte et de relance ;
- La mise en place d’instruments de protection sociale en faveur des populations les plus vulnérables, notamment le programme de transferts monétaires d’urgence du Projet Filets Sociaux, pour un montant global de 16 milliards de FCFA ;
- L’accompagnement de plusieurs structures à l’identification de débouchés, en particulier à travers l’exposition-vente de leurs produits dans les grandes surfaces commerciales et lors de plusieurs foires et foras nationaux et internationaux ;
- La conception et le déploiement, avec les autres administrations et structures impliquées, de plusieurs projets visant le renforcement de la disponibilité locale de produits de première nécessité, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et le renforcement de l’accès aux services financiers adaptés. A ce titre, nous citons le Programme d’Appui au Renforcement de la Production Agricole du Cameroun (PARPAC), financé à hauteur de 41,3 milliards de FCFA par la BAD ; le Dispositif d’Appui à la Compétitivité du Cameroun (DACC), ayant bénéficié de 6,6 milliards de l’UE ; l’Opération de Soutien au Secteur privé Camerounais (OSSP-CMR), soutenu à hauteur de 12 milliards environ par la BADEA, et le Projet Sécurité Alimentaire dans les Territoires Ruraux du Cameroun (SECAL), appuyé par l’AFD avec 10,5 milliards environ. Ces actions, dont la liste est non exhaustive, se poursuivent dans le cadre plus général de l’atteinte de l’objectif de transformation structurelle prescrit par la SND30
Défis Actuels : Comment limiter à l’avenir l’impact des chocs exogènes sur l’économie nationale ?
ALAMINE OUSMANE MEY : Limiter l’impact des chocs exogènes sur l’économie nationale revient à améliorer la résilience de notre économie. De manière succincte, le concept de résilience renvoi à la capacité d’une économie à anticiper un choc avant sa survenue afin de mieux s’y préparer, à limiter les effets néfastes du choc une fois qu’il s’est manifesté, et à se promouvoir un relèvement rapide après le choc. Les chocs récents nous ont permis d’apprécier, d’une certaine manière, le niveau de résilience de l’économie camerounaise. Que ce soit pour la COVID-19 ou la crise en Ukraine, nos performances macroéconomiques ont été affecté relativement moins qu’ailleurs, avec des niveaux de croissance qui sont restés positifs, des déficits budgétaires maitrisés et une dette dont le service a continué d’être assuré régulièrement. A contrario, certaines économie africaines ont connu de profondes récessions, comme ça a été le cas en Afrique du Sud, en Lybie et au Gabon en 2020, et d’autres se sont déclarés en défaut de paiement comme c’est le cas de la Zambie. Pour renforcer cette résilience, les actions prioritaires se structurent autour de (i) la poursuite de la diversification de notre économie, dont les leviers ont déjà été évoqués ; (ii) la promotion de l’économie numérique, dont les activités sont moins impactées en cas de crise et qui soutiennent le développement d’autres secteurs ; (iii) le renforcement de l’inclusion financière, ce qui permet aux entreprises et aux PME notamment de faire face à leur difficultés de trésorerie en périodes difficiles ; (iv) l’amélioration de la gouvernance, notamment au niveau du dialogue avec le secteur privé, de la coordination des politiques économiques au niveau central et décentralisé, et de la mise en œuvre des réformes structurelles avec nos principaux partenaires techniques et financiers.
Défis Actuel : Alors que les besoins de financement sont de plus en plus importants pour soutenir les efforts de transformation structurelle de l’économie, certaines institutions financières internationales semblent préoccupées par le rythme d’endettement extérieur. Comment mobiliser les financements tout en évitant les risques de surendettement ?
ALAMINE OUSMANE MEY : En effet, l’objectif de transformation structurelle de notre économie passe par la mise en œuvre de plusieurs projets d’investissement d’ici à 2035, dont le coût total est estimé à plusieurs milliards de FCFA. Ceci implique une stratégie de financement cohérente, nécessairement orientée partiellement vers l’extérieur, au regard de l’ampleur des besoins et de l’étroitesse du marché local des capitaux. La mise en œuvre des projets démarrée depuis 2010, a contribué à conduire à un stock d’endettement équivalent à environ 45% du PIB, dont la dynamique a été soutenue par quelques crises récentes, notamment celle liée au COVID-19. Il convient de relever que la politique de gestion prudente de la dette observée au Cameroun, a permis à notre économie de conserver la viabilité de son endettement alors même que plusieurs pays africains ont dû se déclarer insolvables.
Cette politique prudente continue d’être mise en œuvre, avec pour objectif notamment de favoriser les engagements concessionnels, donc de longues maturités et à taux d’intérêt réduits, mais aussi de réduire l’exposition de notre dette aux fluctuations des taux de change et taux d’intérêt internationaux. Par ailleurs, il est question d’accroitre et d’accélérer le retour sur investissement des projets financés par endettement, à travers la réduction des délais d’exécution, l’optimisation des coûts et le renforcement de l’utilisation des intrants et entreprises locales. Ceci permettra, à côté des autres initiatives en cours, d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures pour favoriser notre capacité de remboursement.
A côté de ces actions, les initiatives visant le renforcement et la diversification des exportations, que nous avons déjà énoncées, devraient se traduire par des recettes d’exportations plus importantes et plus résiliente aux caprices du contexte international. Toute chose qui contribuerait aussi à nous éloigner davantage du risque de surendettement.
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Cameroun : Le Ministre des Finances gèle les salaires de 6 000 fonctionnaires établis à l’étranger

Le ministre Camerounais des Finances Louis Paul Motaze engage une nouvelle opération d’assainissement du fichier solde. Quelque 5 971 agents publics identifiés comme ne résidant plus au Cameroun devront justifier leur situation avant le 31 octobre 2026, sous peine de voir leur rémunération suspendue. L’opération porte sur une masse salariale estimée à plus de 22 milliards de FCFA par an.
La détermination du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, à assainir les finances publiques ne faiblit donc pas. Louis Paul Motaze resserre l’étau autour des agents publics irrégulièrement établis à l’étranger. Après l’audit des allocations familiales, le ministre des Finances ouvre un nouveau chantier de contrôle du fichier solde. Quelque 5 971 agents publics considérés comme ne résidant plus au Cameroun devront clarifier leur situation. Plus de 22 milliards de FCFA par an seraient en jeu.
Pour cette autre opération d’assainissement des finances publiques, le contrôle porte sur les mouvements des agents publics aux frontières du Cameroun. Le croisement des données collectées avec les informations fournies par les administrations utilisatrices, indique le ministère des Finances, a permis d’identifier 5 971 agents toujours considérés comme ne résidant plus sur le territoire national.
L’enjeu financier est considérable : leurs rémunérations représenteraient plus de 22 milliards de FCFA par an. Une importante ponction sur les ressources publiques, alors que l’État doit financer les services essentiels, les infrastructures et les politiques sociales. La récupération des sommes indûment versées constitue donc un impératif de bonne gouvernance et de responsabilité budgétaire, précise le Minfi.
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Au-delà des 22 milliards de FCFA potentiellement en jeu chaque année, c’est la crédibilité de l’État dans la gestion de ses effectifs et de ses dépenses qui se joue. Opération après opération, une ligne se précise : fermer les niches de fraude, éliminer les dépenses indues et réorienter les économies réalisées vers les véritables priorités nationales, fait savoir le Minfi.
UNE MESURE CONSERVATOIRE MISE EN PLACE
Au Minfi, l’on se veut néanmoins rassurant : le dispositif retenu ne constitue pas une condamnation collective. À titre conservatoire, les rémunérations des agents concernés seront assignées à la Trésorerie-Paierie générale de Yaoundé I durant les mois de septembre et octobre 2026.
Chaque agent devra se présenter à la Direction de la dépense de personnel et des pensions, muni d’une photocopie de son passeport, du justificatif du motif de son voyage à l’étranger et d’une attestation de présence effective au poste datant de moins de trois mois. Après examen, l’agent en situation régulière pourra obtenir le quitus nécessaire au paiement de sa rémunération.
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En revanche, les personnes qui n’auront pas clarifié leur situation au plus tard le 31 octobre 2026 seront considérées comme ayant abandonné leur poste. Leur rémunération sera alors suspendue du fichier solde de l’État.
Pour le Minfi, cette opération s’inscrit dans une démarche plus large de sécurisation de la dépense publique : audit des allocations familiales, contrôle des effectifs, lutte contre les agents fictifs et vérification de la présence effective au poste. Tous ces chantiers répondent à une même exigence : mettre fin aux paiements injustifiés.
Le message de Louis Paul Motaze est clair : chaque franc public dépensé doit correspondre à un droit établi, à une situation administrative régulière et à un service effectivement rendu.
Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 20/09/2026
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INTERVIEW : « La fiscalité camerounaise est de plus en plus complexe » – Alain Symphorien NDZANA BILOA, Fiscaliste/Écrivain

Auteur de La fiscalité camerounaise au scalpel, son quatrième ouvrage d’analyse du système fiscal camerounais, dont la dédicace est prévue le 24 septembre 2026, Alain Symphorien Ndzana Biloa, Inspecteur principal des Impôts hors échelle, livre dans cet entretien sa lecture des réformes fiscales menées ces dernières années et justifie les propositions contenues dans son livre.
Quatrième ouvrage sur la fiscalité en dix ans : qu’est-ce qui manquait encore, selon vous, à l’analyse de la fiscalité camerounaise pour justifier ce nouveau titre ?
Notre aventure a commencé en 2015 avec la publication de l’ouvrage La fiscalité, levier pour l’émergence des pays africains de la zone franc : le cas du Cameroun. Elle s’est poursuivie par le tour du monde de la fiscalité avec la publication des ouvrages Sauvons l’impôt pour préserver l’État en 2018, et Un système fiscal international 3 G pour financer le développement durable en 2021.
Cette intense activité intellectuelle et cette abondante littérature ne m’ont cependant pas permis de couvrir tout le champ d’une fiscalité camerounaise de plus en plus complexe. Cet état des choses résulte du fait que la fiscalité est l’un des rares sujets, si ce n’est le seul, qui enregistre des réformes chaque année lors du vote de la loi de finances de l’année et parfois du collectif budgétaire.
Mes cibles (groupements professionnels, investisseurs, professionnels de la fiscalité, chercheurs et contribuables), je l’imagine, sont restées sur leur faim, au moment où ils sont de plus en plus confrontés à un quotidien fiscal exigeant. D’où la nécessité d’un ouvrage qui traite tous les pans de la fiscalité camerounaise. Pour le prochain, déjà en projet, le contrôle fiscal sera au menu.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Comment avez-vous mené le recensement des 161 impôts et taxes ? Quelles ont été les principales difficultés méthodologiques ?
Le recensement des impôts, taxes et autres prélèvements obligatoires a été fait à travers l’exploitation des textes communautaires, du Code général des impôts, du Code des douanes, des lois de finances, des lois sectorielles et leurs textes d’application (décrets, arrêtés, décisions), des cahiers de charges, etc.
Les prélèvements obligatoires ont été classés par type (impôts sur les activités, sur le revenu, sur la dépense ou la consommation, fiscalité spécifique, parafiscalité, fiscalité sociale, etc.). Chaque prélèvement est présenté avec sa base légale, les évolutions éventuellement enregistrées, l’administration compétente pour mobiliser les recettes, l’entité publique bénéficiaire desdites recettes et le rendement sur les quatre derniers exercices fiscaux lorsque les données statistiques sont disponibles.
Bien qu’étant Inspecteur des Régies financières, la principale difficulté à laquelle j’ai été confronté dans mes recherches est celle relative à l’indisponibilité des textes et de certaines informations, ou à la réticence et parfois au refus de les donner lorsqu’elles existent. J’ai également rencontré des difficultés dans le classement de certains prélèvements obligatoires dont la nature peut prêter à équivoque.
En tant qu’Inspecteur des Impôts, comment avez-vous géré la tension entre votre position d’agent de l’administration et votre regard critique d’auteur ?
Il n’est facile pour personne de parler de la fiscalité. Il est encore plus difficile à l’agent du fisc que je suis. Pourtant, nous sommes tous des citoyens, à la fois contribuables et demandeurs des prestations de l’État et des autres entités publiques financées par l’impôt.
Mon premier objectif était la recherche dans le but d’approfondir ma propre connaissance de la fiscalité camerounaise. J’ai tellement appris moi-même en faisant ce travail, au point où je me suis parfois demandé si j’étais vraiment un Inspecteur des Impôts.
Mon deuxième objectif était de donner une vue d’ensemble de la fiscalité camerounaise au-delà des chambres et chapelles, afin qu’une information large et approfondie sur la fiscalité et ses évolutions soit mise à la disposition de l’ensemble des contribuables (article 2, alinéa 3 de la loi n°2018/011 du 11 juillet 2018 portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques au Cameroun).
Mon troisième objectif était d’analyser la fiscalité camerounaise avec un recul nécessaire afin d’identifier les points forts et les limites et suggérer des réformes. Je n’ai pas géré une tension particulière parce que je me suis, autant que faire se pouvait, débarrassé à chaque fois des oripeaux d’agent du fisc pour arborer ceux de la science afin de bien tenir le scalpel.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Vous parlez d’un « état grippal » de l’administration fiscale et de « féodalités politico-bureaucratiques ». Pouvez-vous préciser ce que recouvre concrètement cette expression ?
Les recettes fiscales étant mobilisées par plusieurs administrations, chacune d’elles a tendance à vouloir s’enfermer sur elle-même et surtout à ne pas s’ouvrir aux autres, alors que toutes s’adressent aux mêmes contribuables. Cette situation impacte négativement la cohérence de l’ensemble du système fiscal.
Or, chacun devant être imposé en fonction de sa capacité contributive, le prélèvement fiscal doit être opéré de manière holistique, rationnelle, cohérente et en toute transparence.
Le non-remboursement des crédits de TVA revient plusieurs fois dans votre ouvrage comme facteur de défiance des entreprises. Quelle est l’ampleur réelle du problème et qui doit agir en premier : l’administration ou le législateur ? Quant aux 465 mesures d’exonérations fiscales dérogatoires recensées en 2024, contre 381 en 2020 : cette prolifération est-elle un choix économique assumé ou une dérive à corriger ?
Même si les montants des crédits de TVA peuvent paraître importants, il ne faut pas réduire le problème de restitution des trop-perçus d’impôts aux remboursements des crédits de TVA. Au-delà du mécanisme particulier de fonctionnement de la TVA, la fiscalité camerounaise repose essentiellement sur le système des retenues à la source, acomptes et précomptes, des garanties payées dans le cadre du contentieux fiscal qui génèrent des trop-perçus d’impôts dont le principe semble être le non-remboursement, au regard des conditionnalités définies par la loi.
Même pour les cas de remboursement prévus par la loi, l’administration fiscale ne procède pas toujours au remboursement des crédits validés par elle-même. Il revient au législateur de desserrer cet étau et à l’administration de respecter les règles, afin de renforcer la crédibilité de la fiscalité camerounaise.
Quant aux mesures d’exonération, il s’agit d’un choix économique assumé et régulièrement vanté. Ces mesures d’exonération sont pour l’essentiel prévues par les lois (Code général des impôts, lois de finances, lois sectorielles, lois fixant les incitations à l’investissement), et d’autres par des conventions d’établissement et autres. Sauf que cette orientation peut effectivement ouvrir la porte à des dérives avec la multiplication des niches fiscales.
Vous reliez la fiscalité au « sentiment de frustration » évoqué par le président de la République dans son message à la nation. En quoi la politique fiscale peut-elle, selon vous, restaurer ou au contraire aggraver cette frustration ? Comment concilier la nécessité pour l’État de mobiliser plus de recettes internes et le sentiment d’iniquité fiscale exprimé par une partie des contribuables ?
Je ne lie pas le sentiment de frustration évoqué par le Président de la République à la politique fiscale. Je signale qu’il m’est particulièrement difficile de parler de la fiscalité alors que les Camerounais sont frustrés du fait de la dégradation de la voirie, de l’insalubrité de nos villes, ainsi que du faible niveau de satisfaction des besoins des populations, dû à l’état de délabrement des infrastructures et des services sociaux de base, et qu’ils s’interrogent sur l’usage des fonds publics.
Même si certains pays s’en sortent mieux que d’autres, aucun pays ne dispose d’un système fiscal qui fait l’unanimité. Pour concilier la nécessité pour l’État de mobiliser plus de recettes internes et le sentiment d’iniquité fiscale, il faut poursuivre et affiner les réformes engagées.
Vous évoquez la piste d’une fusion des régies fiscales éparses. Est-ce une réforme réaliste à court terme au Cameroun, et par où commenceriez-vous ?
La fusion des régies fiscales éparses est l’aboutissement de l’interlocuteur fiscal unique dont on parle depuis plus d’une décennie mais qui lambine. Elle ne saurait être une réforme à réaliser à court ou à moyen terme. Il faut déjà choisir le modèle qui nous conviendrait entre les autorités autonomes ou semi-autonomes après un benchmark dans les pays qui ont une expérience de ce type d’organisation.
Quel bilan tirez-vous de la digitalisation des procédures fiscales engagée ces dernières années ? Est-elle à la hauteur des ambitions annoncées ? Si vous deviez proposer trois réformes prioritaires et immédiatement applicables au ministre des Finances, lesquelles seraient-elles ?
Du côté de l’administration fiscale, la digitalisation des opérations engagée vise la modernisation de la gestion de l’impôt, le renforcement du civisme fiscal des contribuables, l’optimisation de la mobilisation et de la sécurisation des recettes, la lutte contre la corruption à travers la réduction des contacts physiques.
Elle est également bénéfique au contribuable à travers la simplification des procédures et la réduction de la paperasse, la réduction du temps consacré et des coûts liés à l’accomplissement des obligations fiscales, l’amélioration de la transparence et de l’accès aux informations et documents fiscaux.
Les fruits de la productivité de l’impôt n’ont pas encore tenu la promesse des fleurs de cette digitalisation. En plus, selon les résultats de l’enquête de satisfaction auprès des contribuables sur les services de la DGI au Cameroun réalisée par la GIZ et la DGI, et publiée en mars 2025, 28 % des contribuables sont satisfaits de la qualité des services numériques offerts par la DGI sur le territoire national.
Les réformes prioritaires doivent porter à la fois sur l’administration de l’impôt et la politique fiscale. Pour ce qui est des réformes d’administration de l’impôt, nous avons déjà parlé de la fusion des différentes régies fiscales dans une seule structure afin de parachever le processus de l’interlocuteur fiscal unique. On pourrait également y associer le renforcement de la digitalisation et la rationalisation des contrôles fiscaux.
Pour ce qui est de la politique fiscale, une révision du Code général des impôts du 19 avril 2002 s’impose déjà.
L’élargissement de l’assiette devra viser la réduction des niches fiscales, l’adaptation aux nouveaux modèles économiques imposés par la numérisation de l’économie.
Vous consacrez des développements à l’évasion fiscale internationale et aux rapports de force Nord-Sud. En quoi ce contexte international contraint-il les marges de manœuvre fiscales du Cameroun ?
Le contexte international, notamment la mondialisation et ses externalités, réduit considérablement les marges de manœuvre fiscales du Cameroun. La valeur ajoutée déclarée, déjà faible, s’évapore en plus avec les transferts indirects des bénéfices hors du pays.
Ce qui fait que le Cameroun se contente de minables recettes fiscales prélevées sur des entreprises peu rentables, de maigres salaires et dividendes, et une consommation correspondant au faible pouvoir d’achat.
La fiscalité camerounaise vous semble-t-elle en avance, dans la norme, ou en retard par rapport à ses voisins de la CEMAC ?
Le plus important n’est pas de savoir si la fiscalité camerounaise est en avance ou en retard par rapport aux pays voisins de la CEMAC. La question est de savoir si la fiscalité camerounaise est alignée sur les standards internationaux de transparence, d’équité, d’efficacité économique et de sécurité juridique.
Il y a certes des acquis à préserver, mais beaucoup encore à faire.
Par François BAMBOU
Défis Actuels du 21/09/2026
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Presley Gerber, le fils de Cindy Crawford, est mort à 27 ans

Le monde de la mode est en deuil. Presley Gerber, fils de la célèbre mannequin Cindy Crawford et du businessman Rande Gerber, est mort dimanche 20 septembre à l’âge de 27 ans. Les circonstances exactes de son décès restent pour l’heure inconnues.
Presley Gerber est mort dans un centre de soins
La nouvelle a été confirmée par un représentant de la famille auprès de plusieurs médias américains. Selon les informations du Los Angeles County Medical Examiner, Presley Gerber est décédé dans un établissement de réhabilitation à Los Angeles.
À ce stade, aucune cause officielle de décès n’a été communiquée. Une autopsie doit notamment permettre aux autorités de déterminer les circonstances précises de sa mort.
Allie Jenkins, représentante de Cindy Crawford et de Rande Gerber, a demandé le respect de l’intimité de la famille. « La famille demande de l’intimité pendant cette période très difficile et douloureuse », a-t-elle déclaré, selon CBS et l’Associated Press.
Presley était le seul fils du couple Cindy Crawford-Rande Gerber. Sa sœur cadette, Kaia Gerber, est elle aussi devenue mannequin et actrice.
Une carrière dans la mode, dans les pas de Cindy Crawford
Presley Gerber avait grandi sous les projecteurs, avec une mère considérée comme l’une des grandes figures du mannequinat des années 1990.
Il avait lui-même choisi de travailler dans la mode. Repéré très jeune par l’agence IMG Models, il avait fait ses débuts sur les podiums à seulement 16 ans, notamment lors d’un défilé Moschino.
Au fil des années, son visage est apparu dans plusieurs campagnes et défilés de grandes maisons. Calvin Klein, Dolce & Gabbana, Burberry, Bottega Veneta, Celine, Ralph Lauren et Tommy Hilfiger figurent parmi les marques avec lesquelles il a travaillé.
En 2018, Presley avait également posé avec sa sœur Kaia pour une campagne Calvin Klein.
La même année, il avait partagé l’écran avec sa mère dans une publicité Pepsi diffusée à l’occasion du Super Bowl. Le spot faisait écho à la célèbre publicité Pepsi de Cindy Crawford datant de 1992.
Presley Gerber avait parlé publiquement de ses difficultés
Ces dernières années, Presley Gerber avait choisi de parler ouvertement de ses problèmes de santé mentale et de ses difficultés liées à l’addiction.
En 2025, il avait notamment lancé sur les réseaux sociaux une série baptisée « Mental Health Mondays », destinée à encourager les discussions autour de la santé mentale. Reuters rappelle qu’il souhaitait utiliser son expérience pour aider d’autres personnes confrontées à des difficultés similaires.
Sa sœur Kaia avait également évoqué les problèmes rencontrés par son frère dans une interview accordée à Vogue en août 2026.
Elle expliquait notamment que les difficultés liées à l’addiction avaient profondément touché l’ensemble de la famille. Kaia disait aussi être fière de la manière dont son frère avait accepté de parler publiquement de son parcours.
Presley avait lui-même livré un témoignage similaire lors du podcast Studio 22, expliquant qu’après avoir connu des périodes difficiles liées notamment à la dépression et à sa santé mentale, il espérait pouvoir aider au moins une autre personne à sortir d’une situation comparable.
Cindy Crawford lui avait rendu hommage quelques semaines avant sa mort
Le décès de Presley intervient quelques semaines seulement après son 27e anniversaire.
En juillet, Cindy Crawford avait publié plusieurs photos de son fils lorsqu’il était enfant sur Instagram pour marquer cette journée particulière. Elle lui avait alors adressé un message affectueux, exprimant sa fierté face à l’homme qu’il était devenu tout en disant qu’elle continuerait toujours à voir en lui son « petit garçon ».
La disparition de Presley Gerber laisse aujourd’hui sa famille et ses proches face à une immense épreuve. Alors que les autorités poursuivent leurs démarches pour établir la cause du décès, ses proches demandent avant tout que leur intimité soit respectée.
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