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Industrie textile : l’armée camerounaise entame la réduction des importations grâce à un atelier industriel à Yaoundé

(Investir au Cameroun) – Le ministre camerounais de la Défense, Joseph Beti Assomo, a procédé le 25 septembre 2025 à Yaoundé à l’inauguration de l’« Atelier central de confection des armées et de la gendarmerie ». Officiellement, cet atelier industriel – dont le coût exact n’a pas été rendu public – est doté d’une capacité de production de 700 à 1 000 tenues par jour. L’infrastructure s’inscrit dans la politique d’import-substitution menée par le gouvernement, qui vise à réduire les achats à l’extérieur en développant la production locale.
« La cérémonie de ce jour marque ainsi un tournant décisif et un changement de paradigme au sein des forces de défense et de sécurité camerounaises en les faisant passer d’une posture de consommation à celle de production industrielle », a fait savoir le responsable du gouvernement lors de son intervention pour la circonstance.
En termes de ressources humaines, le ministère de la Défense a choisi de travailler avec le corps des professionnels de l’armée. Selon des indicateurs donnés par des médias présents à l’événement, des soldats déjà à la retraite mais ayant des compétences dans le textile ont été rappelés pour accompagner des équipes plus jeunes. Il est aussi prévu que l’atelier de confection nouvellement inauguré serve à produire les tenues d’autres corps, comme notamment la police, selon des indications du ministre délégué à la présidence.
Cette annonce survient alors que plus aucune information nouvelle n’a été rendue publique sur un projet analogue, présenté en juin 2023 devant l’Assemblée nationale : la construction d’une usine textile à Mengong, dans la région du Sud. Le ministre de la Défense à ce moment-là avait indiqué que « les diligences domaniales et foncières sont terminées, le terrain a été identifié et délimité ». Depuis, aucun document de faisabilité ni appel d’offres n’a été communiqué, laissant penser que le projet en est toujours au stade préparatoire.
Au-delà de l’aspect lié à la discrétion et à la sécurité militaires, l’orientation actuellement prise constitue un débouché potentiel pour la Société de développement du coton (Sodecoton), qui cherche à accroître sa production de fibre. Par ailleurs, la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) vise en effet une hausse de la production nationale de coton et une transformation locale accrue. Concrètement, il est prévu d’augmenter la production cotonnière nationale à 600 000 tonnes/an, mais aussi de transformer localement 50% de la fibre. Un objectif auquel participent ces investissements de l’armée dans l’industrie du textile.
Brice R. Mbodiam
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Mbalam : Burford pourrait percevoir plus de 100 milliards de FCFA sur la sentence contre le Cameroun

(Investir au Cameroun) – La sentence arbitrale de 616 millions de dollars annoncée par Sundance Resources contre le Cameroun pourrait faire de Burford Capital l’un des principaux bénéficiaires financiers du contentieux de Mbalam. Si la décision était intégralement exécutée, le financeur de la procédure estime que son droit à encaissement dépasserait 250 millions de dollars australiens, soit plus de 100,7 milliards de FCFA aux cours du 24 juillet 2026.
Ce montant représente, à titre indicatif, un peu plus de 28 % des quelque 355,2 milliards de FCFA attribués, selon Sundance, à l’entreprise australienne et à sa filiale camerounaise Cam Iron. Il ne constitue toutefois ni un produit déjà encaissé ni le bénéfice net attendu par Burford.
Sundance a annoncé, le 26 juillet 2026, qu’un tribunal arbitral constitué sous l’égide de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale avait statué en sa faveur dans le différend relatif au gisement de fer de Mbalam. Burford avait indiqué deux jours plus tôt qu’une sentence supérieure à 600 millions de dollars venait d’être rendue en faveur de l’une des entreprises dont il finance les procédures.
La conversion en FCFA repose sur les cours de référence publiés par la Banque centrale européenne le 24 juillet : 1 euro pour 1,1377 dollar américain et 1 euro pour 1,6281 dollar australien. Le franc CFA d’Afrique centrale est arrimé à l’euro au taux fixe de 655,957 FCFA pour un euro.
Un droit potentiel supérieur à 100 milliards de FCFA
Burford Capital finance le contentieux de Sundance depuis 2021. L’accord conclu avec sa filiale Burford Asia Investments prévoit un financement sans recours destiné à couvrir les honoraires juridiques et les autres coûts des arbitrages engagés contre le Congo et, si nécessaire, contre le Cameroun. Les modalités financières détaillées de cet accord demeurent confidentielles.
Dans son communiqué du 24 juillet 2026, Burford affirme que son droit contractuel dépasserait 250 millions de dollars australiens en cas de paiement intégral de la sentence. L’ensemble du rendement reviendrait directement au bilan de l’entreprise, sans partage avec les fonds d’investissement qu’elle administre. Converti au cours du jour, ce seuil correspond à plus de 100,7 milliards de FCFA.
Cette somme ne doit pas être assimilée au bénéfice net que Burford enregistrerait. Le résultat final dépendra des coûts financés depuis 2021, des frais de procédure et de recouvrement, de la fiscalité, des autres déductions prévues par le contrat et du montant réellement encaissé.
Burford met lui-même en garde contre toute lecture prématurée de la décision.« Le prononcé de la sentence ne constitue pas un encaissement pour Burford », prévient l’entreprise, dans une traduction de la rédaction. Elle évoque les risques de recours, d’exécution, de recouvrement, de procédures connexes et de règlement négocié à un montant inférieur. Elle admet également qu’une perte totale reste possible dans certaines circonstances.
Le montant potentiel de plus de 100 milliards de FCFA rémunérerait donc à la fois les fonds engagés et le risque supporté par le financeur pendant plusieurs années. Cette configuration montre comment le financement privé des contentieux permet à une entreprise disposant de ressources limitées de poursuivre un État en échange d’une part du produit éventuel de la procédure.
Le décret de 2022 a aggravé le contentieux
Le différend trouve son origine dans la longue tentative de Sundance de développer le projet minier intégré Mbalam-Nabeba, entre le Cameroun et le Congo. Le gouvernement camerounais avait signé la convention minière de Mbalam avec Sundance le 30 novembre 2012. Le contentieux arbitral a ensuite été engagé sur le fondement d’un accord de transition conclu en 2015.
Sundance soutenait principalement que le Cameroun n’avait pas pris le décret présidentiel nécessaire pour donner plein effet au permis d’exploitation que Cam Iron considérait comme acquis. Dans la procédure engagée à Paris, l’entreprise demandait notamment que le permis soit formalisé au bénéfice de sa filiale.
Le dossier a pris une dimension supplémentaire en 2022. Le 1er avril, un arbitre d’urgence de la CCI a ordonné au Cameroun de s’abstenir de toute mesure susceptible de porter atteinte aux droits revendiqués par Cam Iron. L’ordonnance interdisait notamment l’attribution des droits d’exploitation de Mbalam à Sonamines ou à toute autre entité que la filiale de Sundance.
Le Cameroun a demandé le retrait de cette mesure le 16 juin 2022. Après une audience tenue le 5 juillet, l’arbitre d’urgence a rejeté cette demande dans son intégralité le 20 juillet, maintenant ainsi l’interdiction.
Moins d’un mois plus tard, le décret présidentiel n°2022/395 du 17 août 2022 a attribué le permis de Mbalam à Cameroon Mining Company SARL. Sundance a immédiatement présenté cette décision comme une violation de l’ordonnance arbitrale.
Les règles de la CCI prévoient que les parties s’engagent à respecter les ordonnances de l’arbitre d’urgence. Le tribunal constitué pour juger le fond du différend peut ensuite statuer sur les demandes découlant du respect ou de l’inexécution de ces mesures.
Selon Sundance, le tribunal arbitral a retenu l’attribution du permis à Cameroon Mining Company parmi les manquements reprochés au Cameroun. Le texte intégral de la sentence n’ayant pas été rendu public, il reste toutefois impossible de déterminer la part des 616 millions de dollars directement liée à cet épisode ou de connaître la ventilation entre dommages, intérêts et frais.
Une sentence équivalant à 11,2 % de la demande chiffrée en 2022
La décision a été rendue après une audience organisée à Paris le 28 janvier 2025, et non sur quatre jours comme indiqué dans une première version de l’article.
En décembre 2022, Sundance déclarait avoir demandé que le permis soit attribué à Cam Iron ou, à défaut, que le Cameroun lui verse des dommages évalués à environ 5,5 milliards de dollars. La sentence de 616 millions annoncée en juillet 2026 correspond arithmétiquement à 11,2 % de cette demande chiffrée.
Cette comparaison doit néanmoins rester prudente. Elle ne signifie pas nécessairement que le tribunal a rejeté exactement 88,8 % des prétentions de Sundance. La demande initiale comprenait une prétention principale portant sur l’attribution du permis et une demande subsidiaire d’indemnisation. Les méthodes de valorisation, les intérêts, les frais et l’évolution des demandes pendant la procédure ne sont pas connus dans leur intégralité.
La sentence réduit donc considérablement l’exposition par rapport aux 5,5 milliards de dollars réclamés en 2022. Elle laisse néanmoins au Cameroun une condamnation annoncée d’environ 355,2 milliards de FCFA, sous réserve de ce que révèle le texte complet de la décision.
Le paiement reste soumis à une bataille de recouvrement
Les règles de la CCI disposent que les sentences sont obligatoires pour les parties, qui s’engagent à les exécuter sans délai. Cette force obligatoire n’interdit cependant pas l’exercice des recours autorisés par la loi du siège de l’arbitrage.
L’arbitrage ayant son siège à Paris, le Cameroun peut former un recours en annulation devant la cour d’appel de Paris. Depuis le 1er septembre 2025, ce recours doit être exercé dans le mois suivant la notification de la sentence. Il ne permet pas de reprendre l’ensemble de l’affaire sur le fond.
L’article 1520 du Code de procédure civile français limite le contrôle du juge à cinq motifs : erreur du tribunal sur sa compétence, constitution irrégulière, non-respect de la mission confiée aux arbitres, violation du principe de la contradiction ou contrariété de la reconnaissance ou de l’exécution à l’ordre public international.
Un recours en annulation n’est pas automatiquement suspensif. La cour peut néanmoins arrêter ou aménager l’exécution si celle-ci est susceptible de léser gravement les droits de l’une des parties.
En l’absence de paiement volontaire, Sundance devra également obtenir une ordonnance d’exequatur avant d’engager une exécution forcée en France. Cette étape confère à la sentence la force nécessaire pour recourir aux mécanismes judiciaires de saisie.
Le recouvrement contre un État reste ensuite soumis aux immunités souveraines. Toute mesure visant un bien appartenant à un État étranger requiert l’autorisation préalable d’un juge français. En l’absence de consentement ou d’affectation expresse au paiement de la dette, les saisies concernent principalement des biens utilisés à des fins commerciales et présentant un lien avec l’entité visée par la procédure.
Les comptes et les biens affectés aux missions diplomatiques et consulaires bénéficient d’une protection renforcée et ne peuvent être saisis qu’en présence d’une renonciation expresse et spéciale de l’État concerné. Les biens militaires et certains actifs de service public sont également protégés.
La sentence n’entraînera donc pas un prélèvement automatique de 355,2 milliards de FCFA sur le budget du Cameroun. Elle ouvre une nouvelle phase, potentiellement longue, articulée autour d’un éventuel recours en annulation, de l’exequatur, de la recherche d’actifs saisissables et de possibles négociations.
Pour Burford, le droit potentiel de plus de 100 milliards de FCFA demeure suspendu à l’efficacité de ce recouvrement. Pour le Cameroun, le dossier montre surtout le risque financier créé par l’attribution d’un permis minier alors qu’une ordonnance arbitrale en interdisait provisoirement le transfert.
La facture définitive dépendra désormais moins du minerai enfoui à Mbalam que de l’issue de la bataille judiciaire et financière ouverte par la sentence.
Baudouin Enama
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Cacao et hydrocarbures font chuter les exportations camerounaises de 23,6 % au 1er trimestre

(Investir au Cameroun) – Les recettes d’exportation du Cameroun ont diminué de 187,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, tombant à 606,9 milliards, contre 794 milliards un an auparavant. Cette contraction de 23,6 %, rapportée par le Comité national économique et financier (CNEF), est principalement concentrée sur trois produits stratégiques : le cacao, le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié.
À lui seul, le cacao et ses produits dérivés ont généré 199,3 milliards de FCFA de recettes entre janvier et mars 2026, contre 319,9 milliards un an plus tôt. La filière a ainsi perdu 120,6 milliards de FCFA, soit près des deux tiers de la baisse totale des exportations camerounaises.
En ajoutant le recul des ventes de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié, le rapprochement arithmétique des données du CNEF montre que ces trois produits concentrent environ 91 % de la contraction enregistrée sur la période. Cette concentration illustre la forte exposition des recettes extérieures du Cameroun aux performances de quelques matières premières.
Le cacao perd 120,6 milliards de FCFA
Les recettes tirées du cacao et de ses dérivés ont reculé de 37,7 % en glissement annuel. Cette évolution coïncide avec un retournement brutal du marché mondial. Selon la Banque mondiale, le cours de référence du cacao est passé de 8,08 dollars le kilogramme en mars 2025 à 3,24 dollars en mars 2026, soit une baisse de près de 60 %.
Ces prix sont toutefois des références internationales mensuelles. Ils ne correspondent pas nécessairement au prix effectivement obtenu par les exportateurs camerounais. En l’absence des volumes exportés au premier trimestre, il n’est pas possible de déterminer précisément quelle part de la baisse des recettes provient des cours, des quantités expédiées ou de la composition des produits exportés.
Le pétrole brut présente une configuration inverse. Alors que son prix de référence a fortement progressé, les recettes d’exportation camerounaises ont diminué de 14,4 %, à 152,4 milliards de FCFA. Celles du gaz naturel liquéfié ont reculé de 28,4 %, à 59,9 milliards.
La Banque mondiale établit le cours du Brent à 103,7 dollars le baril en mars 2026, contre 72,6 dollars un an plus tôt, soit une hausse de 42,8 %. Sur la même période, le prix européen de référence du gaz naturel a progressé de 35,3 %, à 17,91 dollars par million de BTU. Le recul des recettes camerounaises malgré cette remontée des cours suggère un effet négatif des volumes, mais les données disponibles ne permettent pas encore de le mesurer.
La baisse touche également le bois et ses ouvrages, dont les recettes diminuent de 11,5 %, ainsi que le caoutchouc brut, en recul de 16,7 %, et le café, en baisse de 17,6 %. Les recettes tirées de l’aluminium et de ses dérivés chutent de plus de 53 %, malgré une hausse de 26,9 % du cours international de l’aluminium entre mars 2025 et mars 2026.
Quelques filières résistent à cette dégradation. Les exportations de coton progressent de 57,5 %, à 21,1 milliards de FCFA, contre 13,4 milliards un an auparavant. Les recettes des bananes et plantains augmentent de 27,9 %, tandis que celles des savons de ménage gagnent 16,8 %.
Un déficit réduit, mais une couverture des importations dégradée
Les importations ont également reculé au premier trimestre 2026, passant de 1 464,4 à 1 226,5 milliards de FCFA, soit une baisse de 16,2 %. En valeur absolue, leur diminution atteint 237,9 milliards, contre une perte de 187,1 milliards pour les exportations.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser la baisse plus prononcée des exportations en pourcentage, le déficit commercial s’est donc réduit. Il ressort à 619,6 milliards de FCFA, contre 670,4 milliards un an plus tôt, soit une amélioration de 50,8 milliards.
Cette réduction ne constitue cependant pas nécessairement une embellie. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est détérioré, passant de 54,2 % à 49,5 %. Autrement dit, au premier trimestre 2026, le Cameroun n’a généré que 49,5 FCFA de recettes d’exportation pour 100 FCFA consacrés aux importations, contre 54,2 FCFA un an auparavant.
La contraction des importations concerne notamment les céréales, les poissons et crustacés, les équipements électriques et les produits pharmaceutiques. Elle peut résulter de plusieurs facteurs — baisse des prix, recul des volumes ou ralentissement de la demande — que les seules données en valeur ne permettent pas de départager.
Le choc du premier trimestre prolonge une tendance déjà observée en 2025. Selon l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises avaient reculé de 5,2 % l’année dernière, à 3 084 milliards de FCFA. Le cacao et ses dérivés représentaient alors 38,5 % des recettes d’exportation, contre 22,9 % pour le pétrole brut et 11,4 % pour le gaz naturel liquéfié.
Amina Malloum
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