Actualités locales
BILAN 2018-2025 – Yves-Bertrand Solanga : « L’écosystème camerounais est encore jeune, mais il regorge d’opportunités. »

(Investir au Cameroun) – Entre ses responsabilités à la tête de Light Group et celles de président de l’Association des Petites et Moyennes Entreprises du Cameroun (APEC), Yves Bertrand Solanga se trouve à l’intersection des réalités quotidiennes des entreprises et du dialogue institutionnel avec l’État. Ce positionnement lui permet de mettre en lumière à la fois les défis opérationnels du secteur privé et les enjeux collectifs du patronat. Dans cet entretien, il a évoqué la vision du patronat camerounais, les conditions d’un dialogue public-privé plus efficace, le climat des affaires et les réformes nécessaires pour améliorer l’environnement économique.
Investir au Cameroun : Comment avez-vous fait évoluer Light Group ces sept dernières années, depuis son lancement jusqu’à aujourd’hui, et quels ont été vos principaux défis et succès ?
Yves-Bertrand Solanga : Lorsque nous avons lancé Light Group, notre vision était claire : digitaliser les process en vigueur relatifs au contrôle et à la gestion des actifs industriels encore primitifs et s’imposer comme un acteur majeur dans la surveillance et la gestion des actifs pétroliers au Cameroun. Le parcours n’a pas été sans embûches, mais il a été marqué par trois grandes étapes : la conception de nos solutions propriétaires, leur validation sur le terrain, et l’adoption progressive par des acteurs majeurs.
« Les principaux défis ont été liés à l’accès au financement, à la méfiance initiale du marché vis-à-vis des innovations locales, et à l’environnement administratif parfois peu agile. »
Parmi nos plus grandes réussites, je citerais le développement et le déploiement de Light Oil, une solution de supervision intelligente pour les cuves et les pompes à carburant. Grâce à plusieurs partenariats stratégiques avec des acteurs économiques majeurs comme MTN, nous avons pu instaurer un climat de confiance avec nos clients et renforcer la crédibilité de notre technologie.
Les principaux défis ont été liés à l’accès au financement, à la méfiance initiale du marché vis-à-vis des innovations locales, et à l’environnement administratif parfois peu agile. Mais ces obstacles nous ont appris à être résilients et à transformer chaque frein en levier d’innovation.
Investir au Cameroun : Votre produit phare, Light Oil, propose une innovation technologique pour le secteur pétrolier. Comment avez-vous réussi à faire adopter cette solution au Cameroun, un marché réputé complexe pour l’innovation numérique ?
Yves-Bertrand Solanga : L’adoption de Light Oil s’est faite avec méthode et beaucoup de pédagogie. Nous avons commencé par démontrer la valeur ajoutée de la solution, notamment en termes de réduction des pertes, de transparence dans les ventes, et de fiabilité des données. Ensuite, nous avons ciblé des acteurs ouverts à l’innovation avec des tests pilotes, puis capitalisé sur les premiers résultats pour bâtir un discours fondé sur des preuves.
Notre stratégie d’inclusion des utilisateurs finaux dès la phase pilote a été essentielle. En parallèle, nous avons travaillé sur l’interopérabilité avec les systèmes existants et investi dans un accompagnement post-installation, ce qui a favorisé la confiance. Enfin, l’enregistrement du brevet à l’OAPI, l’agrément de l’Etat du Cameroun et notre approche de tests pilotes ont rassuré les clients publics et privés sur la solidité de notre démarche technologique.
Investir au Cameroun : Quel regard portez-vous sur l’évolution du climat des affaires au Cameroun ces sept dernières années, particulièrement pour les petites entreprises et les startups technologiques ?
Yves-Bertrand Solanga : Le climat des affaires au Cameroun reste paradoxal : d’un côté, nous assistons à une prise de conscience croissante de l’importance de l’entrepreneuriat, avec l’émergence d’initiatives locales, d’incubateurs et de programmes publics ; mais de l’autre, les rigidités structurelles (accès au financement, lourdeur administrative, fiscalité mal adaptée) freinent encore le plein essor des PME et startups.
« Les progrès observés, notamment en matière de régulation numérique et de création de structures d’accompagnement, montrent que le changement est en cours. »
Les acteurs du digital innovent dans un environnement encore marqué par la méfiance vis-à-vis des solutions locales. Cependant, je reste optimiste. Les progrès observés, notamment en matière de régulation numérique et de création de structures d’accompagnement, montrent que le changement est en cours. Il faut maintenant accélérer la simplification des procédures et surtout créer des ponts concrets entre les jeunes entreprises et les grands groupes.
Investir au Cameroun : Vous êtes devenu président de l’Association des Petites Entreprises du Cameroun (APEC). Quels changements concrets souhaitez-vous impulser à travers ce rôle, et comment pensez-vous faire avancer les intérêts des PME camerounaises ?
Yves-Bertrand Solanga : Mon engagement à l’APEC est une continuité naturelle de mon parcours. Nous avons créé cette association pour donner une voix structurée aux petites entreprises, souvent exclues des grandes décisions économiques. En tant que président, je souhaite impulser trois grands changements :
- Structurer un réseau actif de PME sur tout le territoire, avec des délégations régionales fortes ;
- Contribuer à la création de champions nationaux sur divers secteurs d’activités
- Porter un plaidoyer stratégique auprès des pouvoirs publics pour des réformes fiscales, administratives et financières réellement adaptées ;
- Lancer des projets concrets comme la cartographie nationale des PME, ou encore APEC-Connect, notre future plateforme numérique collaborative.
L’ambition, c’est que l’APEC devienne le référent national pour les questions liées aux TPE/PME, mais aussi un acteur crédible sur la scène régionale et africaine.
Investir au Cameroun : Quelles sont les principales leçons que vous avez apprises en tant qu’entrepreneur au Cameroun durant ces sept dernières années, et quels conseils donneriez-vous à un jeune entrepreneur souhaitant lancer son entreprise dans le secteur technologique ?
Yves-Bertrand Solanga : J’ai appris que la patience, la cohérence et la rigueur sont les meilleures armes face à l’adversité. L’écosystème camerounais est encore jeune, mais il regorge d’opportunités. Il faut savoir commencer petit mais penser grand, rester concentré sur sa vision et ne pas chercher la perfection dès le départ. Mon conseil aux jeunes entrepreneurs : faites confiance à votre idée, mais surtout, travaillez votre exécution.
« Mon conseil aux jeunes entrepreneurs : faites confiance à votre idée, mais surtout, travaillez votre exécution. »
La technologie n’est pas une finalité, c’est un outil. Il faut créer des solutions utiles, scalables, et répondre à un vrai besoin du marché. N’ayez pas peur de l’échec ; apprenez vite, pivotez si nécessaire, mais ne sacrifiez jamais vos valeurs.
Investir au Cameroun : Quels sont vos projets pour Light Group à l’horizon des cinq prochaines années, notamment en termes d’expansion au Cameroun et éventuellement dans d’autres pays africains ?
Yves-Bertrand Solanga : Nous avons une vision claire : faire de Light Group un acteur majeur dans la surveillance et la gestion des actifs industriels au Cameroun et dans la sous-région avec les technologies de supervision, d’optimisation énergétique et de transparence opérationnelle.
Au Cameroun, nous comptons renforcer notre présence dans les secteurs du transport, du stockage pétrolier, et de la gestion intelligente des actifs, mais également d’étendre dans l’assemblage et la distribution des équipements pétroliers. À l’échelle régionale, nous visons des implantations en Afrique centrale (Congo, Tchad, Gabon).
« À l’échelle régionale, nous visons des implantations en Afrique centrale (Congo, Tchad, Gabon). »
Parallèlement, nous investirons davantage dans la R&D, notamment sur l’IoT, les données, et les solutions adaptées aux PME. Et bien sûr, Light Group continuera à soutenir l’APEC, car nous croyons fermement que l’avenir du continent passera par des écosystèmes entrepreneuriaux solides et connectés.
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INTERPOL sollicité pour renforcer la sécurité aux frontières des six pays d’Afrique centrale

En marge de la 6e session du Conseil des chefs de police d’Afrique centrale à Yaoundé, le Président de la Commission CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o et le président d’INTERPOL Lucas Philippe ont tenu une audience sur la libre circulation, la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’équipement des frontières.
La sécurité au cœur de l’intégration. En marge de la 6ᵉ session ordinaire du Conseil des chefs de police d’Afrique Centrale à Yaoundé, consacrée au renforcement de la lutte contre la criminalité transfrontalière, le président de l’Organisation Internationale de Police Criminelle (INTERPOL), Monsieur Lucas Philippe, en visite de travail au Cameroun, a accordé une audience officielle au Président de la Commission de la CEMAC, S.E. Baltasar Engonga Edjo’o.
Cette rencontre institutionnelle a permis de faire le point sur les enjeux stratégiques de la libre circulation au sein de l’espace CEMAC, tout en abordant le financement prioritaire des infrastructures, telles que les postes-frontières juxtaposés.
Les échanges ont également mis l’accent sur le renforcement de la sécurité frontalière, qui a fait l’objet d’un plaidoyer ciblé du président de la Commission auprès de l’OIPC-INTERPOL, notamment à travers l’équipement en lecteurs de passeports biométriques.
L’objectif est clair : concilier fluidité et sécurité. Alors que la CEMAC promeut la libre circulation des personnes et des biens, la porosité des frontières alimente trafics, terrorisme et criminalité organisée.
De même, l’accompagnement de la Communauté dans la création de corps de police dédiés aux frontières et la formation spécialisée des personnels ont été sollicités, en vue de dynamiser la coopération et d’assurer la fluidité des échanges intracommunautaires.
Une coopération qui pourrait se traduire par un appui technique d’INTERPOL, l’accès à ses bases de données et le renforcement des capacités des polices frontalières des six États membres.
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le gouvernement active son dispositif d’urgence sanitaire après un cas confirmé au Nigeria

Le gouvernement camerounais active la stratégie de crise sanitaire pour prévenir une éventuelle importation de la maladie sur le territoire national.
Le Nigeria, pays voisin du Cameroun, a confirmé le 20 octobre dernier son premier cas de la maladie à virus Ebola, souche bundibugyo. Il s’agit d’une diplomate venue de l’Ouganda et qui a été prise en charge dans un hôpital privé à Abuja. Ce cas a permis d’identifier 44 cas contacts. Et les autorités ont renforcé la surveillance sanitaire ainsi que des contrôles aux frontières. Au Cameroun voisin, l’heure est à l’activation des mesures d’urgence pour prévenir l’importation de la maladie.
Le 2 octobre dernier, le Premier ministre, chef du gouvernement, a réuni les autorités sanitaires en vue de l’évaluation de la situation liée à cette épidémie. Au cours de la réunion qu’il a présidée dans son cabinet à Yaoundé, Joseph Dion Ngute a tenu à savoir ce que le département ministériel chargé de la santé a déjà fait au moment où l’épidémie est aux portes du Cameroun, juste au Nigeria.
D’après le ministre de la Santé publique au sortir de cette rencontre, le Cameroun n’enregistre à date aucun cas suspect. Il est question d’assurer la préparation aux événements de santé publique avant leur arrivée. Parce que lorsque les mesures suivent la crise, celle-ci coûte plus cher, a-t-il confié aux médias.
Après cette réunion à l’immeuble Étoile à Yaoundé, le ministre de la Santé publique préside une autre rencontre de crise ce jeudi au centre de coordination des opérations d’urgence de santé publique à Yaoundé. La réunion permettra de faire une évaluation du niveau de préparation du pays face à une éventuelle entrée du virus Ebola. Cette évaluation aboutira à des mesures à prendre pour mettre à niveau la stratégie de riposte. Au sortir de cette réunion, le ministre Malachie Manaouda entend multiplier des rencontres à d’autres niveaux, en l’occurrence au niveau des entrées du pays.
Présent au Nigeria, le virus Ebola fait déjà des ravages dans d’autres pays d’Afrique. Le plus grand foyer se trouve en République démocratique du Congo où les autorités déclarent 9 952 cas confirmés dont 4 602 décès au 19 octobre 2026. Le virus est aussi présent en Ouganda, au Kenya. Comme le Cameroun, le Bénin aussi multiplie des réunions pour préparer la riposte.
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cinq jeunes de 19 à 24 ans interpellés dans une affaire de vols à l’arraché à moto

Âgés de 19 à 24 ans et domiciliés au quartier Carrière, cinq individus ont été interpellés la semaine dernière par les éléments du poste de gendarmerie de ce quartier, commandé par l’adjudant-chef Parfait Iket.
Soupçonnés de vols aggravés à l’arraché commis à moto, ils auraient opéré en binômes dans plusieurs quartiers de l’arrondissement de Yaoundé Iᵉʳ, notamment Messa-Ekoazon, Doumassi, Nkoaba’a, Angono et Carrière.
Selon les enquêteurs, ces interpellations font suite à plusieurs plaintes de victimes et ont été facilitées par la collaboration de la chefferie de Messa-Ekoazon. Les perquisitions effectuées aux domiciles des suspects ont permis de saisir plusieurs chichas, du cannabis, des téléphones portables, des cartes nationales d’identité et une moto rouge sans plaque d’immatriculation.
L’enquête se poursuit pour identifier et interpeller d’éventuels complices.
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