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« si Paul Biya n’existait pas, il faudrait l’inventer car, il nous donne l’espérance »

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« si Paul Biya n’existait pas, il faudrait l’inventer car, il nous donne l’espérance »
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Le ministre de l’Enseignement supérieur a fait cette sortie hier mercredi à l’occasion de la dédicace de l’œuvre de Mouelle Kombi. Un ouvrage à la gloire du chef de l’Etat camerounais.

Lire ici sa sortie :

DEDICACE DE L’OUVRAGE « PAUL BIYA OU LA COHERENCE D’UN GRAND HOMME D’Etat »

Discours de M. Jacques FAME NDONGO, représentant du Chef de l’Etat.

 Monsieur le Ministre des Sports et de l’Education Physique

 Monsieur le Ministre délégué auprès du Ministre d’Etat, Ministre de la Justice

 Monsieur le Gouverneur de la Région du Centre,

 Leurs Excellences Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatiques,

 Messieurs les Recteurs,

 Mesdames et messieurs les parlementaires,

 Madame la Présidente du Conseil d’Administration du Palais des Congrès,

 Madame la Directrice Générale de CAMTEL,

 Monsieur le Président du Comité Olympique National et Sportif,

 Mesdames et Messieurs les membres des secteurs public, para-public et privé,

 Augustes et doctes membres de l’intelligentsia camerounaise, africaine et mondiale,

 Chers invités,

 Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Monsieur le Président de la République, S.E. Paul BIYA, a bien voulu me gratifier de l’insigne honneur de le représenter à la cérémonie de dédicace de l’ouvrage du professeur Narcisse Mouelle Kombi intitulé : « Paul BIYA ou la cohérence d’un grand homme d’Etat. La sagesse au service de la démocratie, de la prospérité et de la paix ». Je remercie M. le Président de la République avec déférence : cet honneur est aussi (l’ambivalence du signe aidant) un redoutable devoir : celui de disséquer, tel un entomologiste, le texte écrit par un brillant professeur d’Université sur le macro-texte d’un homme d’Etat réputé mystérieux et insaisissable. Je risque d’être, ce faisant, englouti par les sables mouvants que le Président Paul BIYA a réussi à dompter, en brillantissime esthète de la politique qu’il est. Toutefois, j’espère que cette hypothèse est à écarter, bien que le Chef de l’Etat soit un inégalable dinosaure politique. Un Emmanuel Kant de la praxis politique.

Car, nonobstant la fureur des ouragans qui ne l’épargnent guère (et ce, depuis son accession à la magistrature suprême), malgré l’intensité caniculaire du soleil politique qui fait fondre sur l’arène le premier gladiateur venu, en dépit de la tonitruance du tonnerre, de la fulgurance des éclairs, quels que soient le vacarme de la tornade, l’adversité du temps et des titans, le prodige de Mvomeka’a navigue, avec dextérité et finesse entre Charybde et Scylla, tel un intrépide Ulysse des temps modernes.

Depuis près d’un demi – siècle, il déjoue les pronostics, se joue habilement des diagnostics, arpente avec bravoure monts et vaux, agit avec efficacité par son silence assourdissant. Un silence loquace et sagace. Il parle en se taisant et s’exprime plus par la communication non verbale que par la jactance des mots creux et oiseux.

Il abhorre la logorrhée des phrases tautologiques. Mais, son verbe, cher parce que rare, brille par sa concision, sa précision, sa clarté et sa densité. Il est, incontestablement, le TACITE des temps modernes.

Quel est le secret de ce sphynx déroutant, décapant et épatant ?

Quel est cet homme énigmatique dont on admire le sourire de la Joconde, sur la page de couverture ? Peu d’analystes ont réussi à décrypter le code secret de cet actant dont le fonctionnement comportemental et attitudinal se laisse difficilement dévoiler.

Avec la finesse du juriste perspicace, doublé d’un écrivain pointilleux et d’un pédagogue chevronné, l’agrégé Narcisse Mouelle Kombi, poète, nouvelliste, essayiste, politiste et non moins chef traditionnel de l’eau et de la terre nkamoises, se hisse sur le toit de l’olympe où scintille les idées, les concepts et les diamants étincelants de l’écriture.

Il met sa plume acérée au service de l’analyse textuelle et politique de l’actant Paul BIYA. Il décrypte un univers des signes dont peu d’exégètes, fussent-ils éclairés, appréhendent la structure profonde. Et pourtant, les signes sont là, visibles, audibles, intelligibles et compréhensibles, au sens étymologique de « cum – prehendere » (prendre avec, prendre ensemble).

Quels sont ces signes ? Dès le péri-texte (le titre de son essai), le professeur Narcisse Mouelle Kombi les comprend (cum-prehendet), à l’aune de trois agrégats articulés, chacun en trois segments.

1- Premier agrégat : « cohérence », « grand » et « homme d’Etat » ;

2- Deuxième agrégat : démocratie, prospérité, paix ;

3- Troisième agrégat : l’incandescence de l’œuvre démocratique (première partie), l’abondance des grandes réalisations (deuxième partie), l’effervescence des espérances (troisième partie).

Cette structure ternaire du texte est tissée (le mot texte vient du latin texere, textus, tisser, tissé) avec le doigté de Pénélope tissant sa toile, en attendant Ulysse.

 Nous l’avons affirmé : le premier agrégat provient du titre de l’ouvrage du Pr Narcisse Mouelle Kombi :

  • Cohérence (c’est le fil d’Ariane qui sous-tend le fonctionnement politique de M. Paul BIYA). L’essayiste le démontre méthodiquement en auscultant la manière d’être, de paraitre, de penser et d’agir du Président Paul BIYA. Elle est tout en nuances et en suggestions. Au décors de dé – voiler (enlever le voile) et de comprendre.
  • Grand cette épithète traduit la stature et la nature de l’homme du 6 novembre 1982 fasciné par l’appel des sommets (ad augusta per augusta). Ses multiples actes républicains, ses prises de position pondérées, au Cameroun, en Afrique et à travers le monde (à la CEMAC, à la CEEAC, à l’UNESCO, à l’ONU etc.) reflètent la grandeur, l’Absolu, la Plénitude. Comme le chiffre 3 ou ses multiples dans la cosmogonie négro-africaine.
  • Homme d’Etat. M. Paul BIYA est un homme d’Etat accompli, écouté, respecté, à l’aune de sa vision pragmatique, de sa transcendance illuminée et de son phénoménal itinéraire.

Ce n’est pas un reptile qui se vautre dans la fange. C’est un prince de l’azur.

 Quant au 2è agrégat, il illustre la texture de son action politique : la démocratie : c’est l’un des acquis majeurs du Renouveau National ; la prospérité : c’est l’épicentre de sa vision (un Cameroun prospère avec tous, pour tous et par tous). Il interpelle chaque Camerounais, quel qu’il soit, où qu’il soit, à quelque strate socio-professionnelle qu’il appartienne, afin qu’il mette la main à la pâte et œuvrer avec détermination au développement économique, social et culturel du Cameroun, dans la mouvance du libéralisme communautaire, une vision politique qu’il a initiée.

La paix. C’est le troisième substantif structurant de la philosophie politique de M. Paul BIYA. Rien de grand, de stable, de durable et d’admirable ne s’accomplit sans la paix. La paix est le socle de l’action et du progrès. L’ouvrage du Pr Narcisse Mouelle Kombi le démontre à suffisance, en s’appuyant sur le parcours actanciel du Président Paul BIYA, dans tous les compartiments de la République.

Le troisième agrégat constitue la matière essentielle de l’essai du Pr Narcisse Mouelle Kombi.

  • Incandescence de l’œuvre démocratique (première partie)

Le terme « incandescence » est d’une pertinence sémantique irréfutable. La démocratie camerounaise n’est pas un long fleuve tranquille. Elle passe par une naissance tumultueuse, se poursuit par une croissance sinusoïdale et se poursuit, de nos jours, par une maturité qui est en perpétuelle construction au service de tous. C’est un acquis étincelant qu’il convient de préserver et dont les Camerounais tiennent, comme à la prunelle de leurs yeux. Les Camerounais ont pour la démocratie réinstaurée par M. Paul BIYA, les yeux de Chimène.

  • L’abondance des grandes réalisations

Il n’est pire aveugle que celui qui refuse de voir. Cette cécité volontaire dont certaines personnes de mauvaise foi se prévalent sciemment ou inconsciemment, apparait comme le plus grand danger qui guette notre cher et beau pays. Fort heureusement, les Camerounais savent distinguer le bon grain de l’ivraie. Ils ne sont pas dupes. Ce n’est pas la fantasmagorie qui les éblouit. C’est la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Et cette vérité est là, qui nous invite et qui nous aime, pour paraphraser Lamartine, au grand dam des aveugles auto-proclamés ou de ceux qui sont atteints d’une myopie imaginaire, comme le « malade imaginaire » de Molière.

  • L’effervescence des espérances

C’est la troisième et dernière partie. Par-delà l’incandescence et l’abondance, trône l’effervescence. Elle a pour génitif un lexème qui rime avec ce mot lumineux : espérance. L’homme s’enracine dans le passé, vit dans le présent et se projette dans l’avenir. Sans espérance, l’homme s’avilit et devient un zombie errant, sans repère, sans boussole, sans lumière. L’espérance donne un sens à la vie. L’espérance donne un destin à l’homme. André Malraux disait : « l’art est un anti-destin… L’Art nie la mort par l’Art ». L’œuvre et le programme politique de M. Paul BIYA donnent à « l’homo cameruniensis » (l’homme camerounais), ce qui lui permet de vivre sans anxiété, sans déréliction, sans mal à l’âme, grâce à l’espérance. L’ouvrage du Pr Mouelle Kombi le démontre avec clarté, dans un style incisif, précis et concis, avec des tableaux édifiants et des chiffres qui complètent les mots.

Evoquant les merveilles de l’univers, Voltaire disait : « Je ne peux imaginer que cette horloge existe, et qu’il n’y ait pas d’horloger. Cet horloger, c’est Dieu. Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Mutatis mutandis, tout lecteur averti, lucide et de bonne foi pourrait s’exclamer, sans outrecuidance ni forfanterie après avoir lu l’essai du Pr Mouelle Kombi : « Si M. Paul BIYA n’existait pas, il faudrait l’inventer car, par-delà l’espoir, il nous donne l’espérance ». L’espoir est profane et terrestre. L’espérance est céleste. En lisant l’essai du Pr Mouelle Kombi, on s’élève vers le ciel pour se délecter de l’ambroisie (la nourriture des Dieux). Je ne vous souhaite pas de rater cet elixir.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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Martin Camus Mimb appelle l’Afrique à profiter de la guerre contre Infantino

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Martin Camus Mimb appelle l’Afrique à profiter de la guerre contre Infantino
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La contestation autour de la gouvernance de la FIFA prend une nouvelle dimension avec la mobilisation d’anciens grands noms du football contre Gianni Infantino. Dans une analyse publiée sur les réseaux sociaux, le journaliste camerounais Martin Camus Mimb estime que cette bataille ne doit toutefois pas détourner l’Afrique de ses propres intérêts.

Pour Martin Camus Mimb, l’enjeu dépasse cependant la personne de Gianni Infantino. « Aucun des voleurs ne se bat pour l’Afrique », estime-t-il, appelant le continent à ne pas se contenter de choisir un camp dans une bataille dont les motivations seraient d’abord liées aux intérêts des différentes puissances du football mondial.

Le journaliste propose ainsi aux acteurs africains de profiter de la prochaine élection à la présidence de la FIFA, prévue en 2027, pour présenter leurs propres exigences.

Lire l’analyse de Martin Camus Mimb :

« UNE INFANTERIE CONTRE INFANTINO…

Le Collectif s’appelle « TROP CEST TROP! ». Pour le moment et en attendant les ralliements annoncés, il est constitué essentiellement d’anciens footballeurs : Emmanuel Petit : champion du monde 1998, initiateur du communiqué, Mikaël Silvestre : ancien défenseur de Manchester United, engagé dans des panels FIFA contre le racisme, Olivier Dacourt : ex-international français, co-signataire du texte, Bixente Lizarazu et Robert Pirès : autres champions du monde français, Didier Drogba : figure africaine majeure, ancien capitaine de la Côte d’Ivoire, Emmanuel Adebayor : ex-capitaine du Togo, Juan Sebastián Verón : légende argentine, Claudio Pizarro : ancien attaquant péruvien, Lucy Bronze : internationale anglaise, double championne d’Europe, Briana Scurry : gardienne américaine, championne du monde 1999.

On annonce d’autres footballeurs en activité comme Mbappé, Kane ou Yamal. Que reprochent-ils à l’actuel Président de la FIFA ? Mieux, quelles sont leurs critiques ? Réforme immédiate de la gouvernance de la FIFA : ils dénoncent une dérive vers les intérêts privés au détriment du football.

– Voix directe pour les joueurs et les supporters : exigence d’un droit de regard réel sur les décisions.

– Critique du projet FIFA Forward Enterprise : tentative de céder une part des droits commerciaux à des investisseurs privés, abandonnée sous pression des confédérations. C’est une tempête de plus, ajoutée à celle menée depuis quelque temps par l’UEFA, la Concacaf et l’AFC.

Infantino peut pour le moment compter sur la CAF et aussi sur des anciens footballeurs comme Samuel Eto’o, l’ancienne star du Barça qui est montée au filet dans une interview à CNN, pour apprécier la gouvernance d’Infantino. Il en a besoin, l’oxygène des soutiens commence à se faire rare, plus on va en altitude des prochaines élections. Mon avis sur tout cela ?

Je ne suis ni pour, ni contre le départ d’Infantino. Cela ne changera pas grand-chose au sort de l’Afrique, toujours en périphérie des grandes décisions. Même ses adversaires se battent pour conforter les positions qui leur échappent, mais jamais à l’avantage de l’Afrique. Qu’est-ce qu’il y a lieu de faire ? Réunir les forces de proposition africaines pour rédiger un mémorandum de proposition pour le développement du football africain.

Ce document, qui devra réparer toutes les frustrations africaines sur la représentativité dans les compétitions, le financement des fédérations et la représentativité africaine au sein du comité exécutif de la FIFA, devrait permettre de commercer sur le plus offrant. Ce qui se passe sous nos yeux est la caricature de la fable des voleurs et de l’âne. Aucun des « voleurs » ne se bat pour l’Afrique. C’est là que le Continent doit devenir le troisième larron, pour saisir Maître Aliboron.

Le moment n’a jamais été aussi propice pour négocier. Cette « guerre » n’est connue de nous que parce que les positions d’intérêts se sont éloignées, avec les amitiés américaines d’Infantino. Personne ne s’est levé pour défendre les supporters africains interdits de visa pour la Coupe du monde. Personne ne s’est levé pour revendiquer pour l’Iran délocalisé manu militari.

Personne n’a porté le combat de l’arbitre somalien refoulé comme un malpropre. Personne ne s’est insurgée contre la Can tous les quatre ans. Parce que l’Europe qui chiale n’y trouvait pas son intérêt. C’est son droit. L’Afrique doit donc le savoir, il ne s’agit pas de ses intérêts ici. Mais des querelles d’intérêts sur son dos. Cette élection est une occasion de rabattre les cartes.

Martin Camus MIMB »

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la camerounaise Rosine Flore Mboule, au cœur des actions humanitaires de la Monusco

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la camerounaise Rosine Flore Mboule, au cœur des actions humanitaires de la Monusco
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Dans un établissement où plus de 2 200 détenus vivent pour une capacité de 500 places, la sécurité pénitentiaire ne peut être dissociée de la santé publique ni du respect de la dignité humaine. À Bunia, en Ituri, Rosine Flore MBOULE, officier pénitentiaire et cheffe d’équipe, raconte un travail quotidien fondé sur l’écoute, la coordination et la recherche de solutions concrètes.

À première vue, une prison pourrait être réduite à sa fonction première : garder les personnes privées de liberté. Sur le terrain, la réalité est autrement plus complexe. À la Prison centrale de Bunia, en Ituri, les enjeux de sécurité, de santé, d’hygiène, de prévention des violences et de respect des droits fondamentaux se croisent chaque jour.

C’est dans cet environnement que travaille Rosine Flore MBOULE, officier pénitentiaire et cheffe d’équipe à Bunia. Son quotidien est rythmé par les visites de terrain, la coordination avec les autorités, la formation du personnel et la recherche de réponses adaptées aux difficultés rencontrées dans l’établissement.

« Chaque journée est différente », explique-t-elle, mais toutes poursuivent un même objectif : contribuer à un système pénitentiaire « plus sûr, plus humain et plus efficace ».

ÊTRE AU PLUS PRÈS DES RÉALITÉS DU TERRAIN

Son travail consiste notamment à planifier et coordonner les activités de l’équipe au niveau provincial, effectuer des visites régulières à la Prison centrale de Bunia, identifier les difficultés et travailler avec les autorités compétentes à la recherche de solutions.

L’accompagnement ne se limite pas à l’administration pénitentiaire. Il comprend également des formations destinées au personnel, des séances de sensibilisation auprès des personnes détenues ainsi qu’un appui technique dans plusieurs domaines : sécurité pénitentiaire, gestion des détenus, prévention des violences, hygiène et assainissement.

Cette présence sur le terrain permet également d’assurer le suivi des projets mis en œuvre avec différents partenaires. Mais au-delà des activités techniques, Rosine Flore MBOULE insiste sur une dimension essentielle de son métier : le dialogue. « Une part importante de notre travail repose sur le dialogue, la coordination et la recherche de solutions concrètes répondant aux réalités du terrain », souligne-t-elle.

Une approche qui prend tout son sens dans un contexte où la prison fait face à des défis considérables.

LA SURPOPULATION, UN RISQUE POUR LA SÉCURITÉ ET LA SANTÉ

La Prison centrale de Bunia accueille actuellement plus de 2 200 détenus pour une capacité théorique de 500 places. Cette situation de surpopulation constitue un défi majeur pour l’administration pénitentiaire.

Elle complique la gestion quotidienne de l’établissement, mais augmente également la vulnérabilité face aux épidémies. Promiscuité, infrastructures sanitaires insuffisantes et difficulté à appliquer certaines mesures de prévention peuvent favoriser la propagation rapide d’une maladie contagieuse.

Dans le contexte de l’épidémie d’Ebola en Ituri, ces contraintes ont pris une dimension particulièrement préoccupante.

Pour Rosine Flore MBOULE, la prévention passe d’abord par la sensibilisation et l’application rigoureuse des mesures d’hygiène. Le dépistage précoce, notamment par la prise systématique de la température, la prévention et le contrôle des infections (PCI), ainsi que la disponibilité des équipements de protection individuelle sont également essentiels.

LA RÉPONSE EXIGE SURTOUT UNE MOBILISATION COLLECTIVE

L’équipe de terrain de l’UAAP à Bunia travaille ainsi avec les autorités pénitentiaires, les autorités sanitaires et plusieurs partenaires techniques, parmi lesquels l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Zone de santé de Bunia.

Des formations sur la prévention et le contrôle des infections ont notamment été organisées au bénéfice d’une quinzaine de membres du personnel pénitentiaire et d’une cinquantaine de détenus. Des campagnes de sensibilisation et des actions de plaidoyer ont également été menées afin de faciliter l’accès aux équipements de protection individuelle et au matériel d’hygiène.

Un centre de transit destiné à la prise en charge des cas suspects d’Ebola a par ailleurs été mis en place au sein de la Prison centrale de Bunia avec l’appui de l’OMS.

QUAND l’urgence SANITAIRE DEVIENT AUSSI UN ENJEU SÉCURITAIRE

L’un des épisodes qui a le plus marqué Rosine Flore MBOULE est précisément lié aux premiers cas suspects d’Ebola signalés dans la prison. Cinq détenus avaient été identifiés comme suspects. Dans un établissement déjà confronté à une forte surpopulation, l’annonce a immédiatement suscité des inquiétudes.

Le risque n’était pas uniquement médical. Une épidémie dans un milieu carcéral peut également provoquer des tensions, alimenter les rumeurs et fragiliser l’équilibre sécuritaire de l’établissement. Dans cette situation, l’UAAP-Bunia a joué un rôle de facilitation et de coordination entre l’administration pénitentiaire, les autorités sanitaires et les acteurs engagés dans la riposte contre Ebola.

L’alerte rapide des acteurs compétents a permis l’évaluation des cas suspects, leur transfert vers les structures appropriées et la mise en œuvre des mesures de prévention nécessaires au sein de la prison. Cette expérience a surtout montré qu’une crise sanitaire en milieu carcéral ne peut être traitée sous le seul angle médical.

« La prise en charge des personnes privées de liberté dans un contexte d’épidémie ne peut se limiter aux aspects médicaux », observe Rosine Flore MBOULE. Elle doit également intégrer les risques sécuritaires, la prévention des rumeurs et le maintien de la stabilité de l’établissement.

LA DIGNITÉ, UNE COMPOSANTE DE LA SÉCURITÉ

Cette expérience a renforcé chez elle une conviction : la sécurité pénitentiaire et la dignité humaine ne sont pas deux objectifs contradictoires. Au contraire, elles sont étroitement liées. Pour Rosine Flore MBOULE, les prisons ne sont pas des espaces coupés de la société. Elles constituent un maillon essentiel de la chaîne pénale et de l’État de droit. La justice ne s’arrête donc pas au moment où une personne est condamnée. La manière dont les personnes privées de liberté sont prises en charge peut avoir des conséquences bien au-delà des murs de la prison.

Une détention respectueuse des droits fondamentaux, associée à des programmes d’accompagnement et de réinsertion, peut favoriser le retour à la vie sociale. À l’inverse, des conditions de détention inadéquates peuvent contribuer à la marginalisation et augmenter les risques de récidive. La prison doit ainsi être pensée à la fois comme un espace de garde, de protection, mais aussi de transformation et de préparation à la réinsertion.

INVESTIR DANS LES PRISONS POUR RENFORCER LA SOCIÉTÉ

L’expérience de Bunia met en lumière une réalité souvent moins visible : améliorer les conditions de détention n’est pas seulement une question humanitaire. C’est également une question de sécurité publique et de santé collective.

Une prison surpeuplée et insuffisamment équipée est davantage exposée aux crises sanitaires, aux tensions et aux difficultés de gestion. À l’inverse, une administration soutenue, un personnel formé, des infrastructures adaptées et une meilleure coordination entre les différents acteurs contribuent à renforcer la stabilité de l’établissement et, au-delà, celle de la communauté.

C’est pourquoi Rosine Flore MBOULE plaide pour que le travail pénitentiaire soit mieux compris et davantage soutenu. « Les prisons ne sont pas uniquement des lieux de garde. Elles sont aussi des espaces de transformation et de réinsertion », rappelle-t-elle.

Son expérience à Bunia illustre ainsi une approche de la sécurité pénitentiaire qui dépasse les murs et les dispositifs de surveillance. Elle repose aussi sur la prévention, la santé, la formation, le dialogue, la dignité et la capacité à agir collectivement lorsqu’une crise survient.

Dans un contexte marqué par la surpopulation carcérale et les risques sanitaires, le message est clair : investir dans les prisons, c’est aussi investir dans une justice plus efficace, dans les droits humains et dans une société plus sûre.

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le Cameroun face à l’horreur des féminicides

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le Cameroun face à l’horreur des féminicides
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L’effroi atteint son plus haut niveau à la suite des huit derniers cas de féminicides pointés en huit jours au Cameroun. Malgré la lutte contre le phénomène, les défis persistent. Les autorités sont une fois de plus interpellées.

Au moins huit femmes ont été tuées ces huit derniers jours au Cameroun, soit une femme par jour. Le dernier cas est survenu le mardi 25 août 2026 au quartier Fouda à Yaoundé. Un homme de 22 ans a poignardé à mort une femme de 44 ans, la nommée Créscence Merline, dans un hôtel. Il a tenté de s’enfuir. Rattrapé par les habitants du quartier, il est remis aux autorités. Sur lui, il a été retrouvé une corde de deux mètres et des cartes nationales d’identité d’autres femmes.

Suite à l’acte, le corps de la victime a été conduit à la morgue. Le présumé tueur est entre les mains des forces du maintien de l’ordre. L’hôtel est placé sous scellés. L’émotion et l’indignation collective continuent de réclamer justice. Tant pour ce cas que pour les centaines de cas précédents. Le phénomène de féminicides déjà décrié au sein de la société camerounaise depuis des années va en s’aggravant.

Pour les huit premiers mois de l’année 2026, plus de 60 femmes ont été tuées dans des conditions effroyables. Malgré les mesures gouvernementales prises et communiquées au public au cours d’une conférence de presse conjointe des membres du gouvernement en juin dernier, le mal continue de progresser. D’après les chiffres relevés par le gouvernement camerounais, le nombre de cas s’accroît au fil des ans. 50 femmes tuées en 2023, 67 en 2024, 77 en 2025 et déjà plus de 60 cas avant la fin du huitième mois de l’année 2026. Soit un total d’environ 254 femmes en presque quatre ans.

Aux mesures gouvernementales qui sont mises en œuvre sans toutefois être suivies de résultats durables, s’ajoutent les initiatives et actions de la société civile. Les organisations de la société civile et des féministes individuels s’activent pour lutter contre le phénomène à travers la sensibilisation, la formation, l’appui à l’autonomisation des femmes ainsi que la prise en charge des victimes de violences. Le premier forum national sur la lutte contre les féminicides a réuni plusieurs acteurs en mars dernier à Yaoundé. Des plaidoyers contenant des propositions de solutions à mettre en œuvre sont introduits auprès des autorités. Des solutions innovantes proposées se mêlent encore à de nombreux défis.

L’un des plus significatifs concerne la répression avec une législation considérée comme ne prenant pas en compte de manière spécifique les cas de féminicides. L’adoption du Code de la famille piétine, tout comme la criminalisation des féminicides reste une proposition des juristes féministes.

Tout compte fait, il est indéniable que la situation préoccupe la société entière. Une lutte collective mettant en avant le gouvernement et les autres entités publiques et privées peut accélérer l’action curative.

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