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Investissements Publics : 7560 milliards FCFA pour achever 284 projets en cours

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Investissements Publics : 7560 milliards FCFA pour achever 284 projets en cours
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Le gouvernement camerounais devra mobiliser la somme de 7 560 milliards de francs CFA pour mener à bien tous les projets d’investissement publics actuellement en cours, dont l’exécution s’étendra au-delà de l’année 2025. Cette information est tirée du rapport sur la projection de l’espace budgétaire en investissement 2026-2028, présenté lors des conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée, ouvertes le 04 septembre 2025. Ce document budgétaire crucial révèle que cet immense besoin financier est porté par 284 projets en cours d’exécution, répartis au sein de 31 administrations sur les 51 que compte l’État.

Par rapport à l’année dernière, le nombre total de projets est resté remarquablement stable, passant de 290 en 2024 à 284 en 2025, soit une diminution de seulement six projets. Cette stabilité, tant dans le nombre que dans leur répartition par secteur, est présentée dans le rapport comme le résultat positif des mesures de restriction à l’ouverture de nouveaux projets, des mesures qui devraient donc se poursuivre.

Malgré cette maîtrise du volume, la facture, elle, a lourdement enflé. Le volume des restes à programmer – c’est-à-dire l’argent nécessaire pour terminer ces projets – a augmenté de 1 128 milliards de FCFA en un an, passant de 6 432 milliards de FCFA en 2024 à 7 560 milliards de FCFA en 2025, ce qui représente une hausse de 18%. La très grande majorité de ce besoin de financement, précisément 76%, est concentrée dans le seul secteur des Infrastructures, qui nécessite à lui seul 4 807 milliards de FCFA. Cette hausse annuelle est d’ailleurs essentiellement imputable à ce secteur, avec une augmentation de 1 070 milliards de FCFA.

L’analyse du rapport par administration montre que cette envolée est largement portée par le Ministère des Travaux Publics (MINTP). La raison principale est l’entrée dans le portefeuille des projets en cours du gigantesque projet de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala (phase 2), qui présente à lui seul des restes à couvrir de près de 1 000 milliards de FCFA. De manière générale, cinq administrations concentrent plus de 80% de la totalité des restes à couvrir. Il s’agit, selon le document, du MINTP (46%), du Ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE – 14%), du Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU – 12%), du Ministère de la Santé Publique (MINSANTE – 6%) et du Ministère des Transports (MINT – 5%).

Le rapport détaille également l’origine des fonds nécessaires. L’analyse par source de financement révèle une forte dépendance aux partenaires extérieurs : les ressources extérieures (FINEX) représentent 76% du total (5 776 milliards FCFA), tandis que les ressources internes (RI) du Cameroun en constituent 24% (1 784 milliards FCFA). La dynamique annuelle inquiète toutefois les auteurs du rapport. Alors que les restes à programmer en ressources internes sont restés stables, ceux en ressources extérieures ont explosé, augmentant de 34% entre 2024 et 2025.

Les experts budgétaires expliquent cette hausse par « la forte tendance à l’augmentation de cette catégorie de dépenses couplée à un faible niveau d’exécution ». Le rapport précise que le taux d’exécution du budget d’investissement public (BIP) sur les FINEX n’était que de 56,23% en 2023, un niveau jugé très faible. Cette contre-performance est si préoccupante que le projet d’ordonnance 2025 a déjà prévu une réduction du BIP de 65 milliards de FCFA sur les ressources extérieures pour tenter de tenir compte de ces faibles capacités d’absorption.

Face à ce constat, le rapport recommande « d’identifier les facteurs limitant l’exécution des projets à financement extérieur et de prendre des mesures correctives ». Plusieurs freins sont régulièrement évoqués, comme la maturation parfois insuffisante des projets due à la mauvaise qualité des études ou aux difficultés d’indemnisation, la priorisation des projets qui dilue l’effort de l’État, et les retards importants dans l’obtention des « avis de non-objection » (ANO) de la part des bailleurs de fonds internationaux. Pour lever ces équivoques, le document suggère carrément « l’organisation d’un colloque sur les capacités d’absorption des projets à financement extérieur ».

La projection sur le triennat 2026-2028, après ajustement des plafonds budgétaires, peint un tableau serré. Pour l’année 2026, les besoins des projets en cours sont évalués à 1 823 milliards de FCFA. Or, en y consacrant l’intégralité de la dotation en investissement prévue au Cadre Budgétaire à Moyen Terme (CBMT), un déficit – appelé « espace budgétaire négatif » – de 176 milliards de FCFA persisterait. Cette situation signifie, alerte le rapport, « une incapacité à honorer nos engagements dans les délais », avec des risques de majoration des prix par les entreprises ou une réticence de leur part à soumissionner aux marchés publics.

Sur les trois ans, les ressources extérieures affichent chaque année un espace budgétaire négatif, un paradoxe pour le rapport qui note leur « très faible niveau d’exécution observé ces dernières années ». La programmation triennale prévoit ainsi de couvrir 1 823 milliards en 2025, 1 453 milliards en 2026 et 1 619 milliards en 2027, laissant un reliquat de 2 386 milliards à financer après 2027.

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun
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Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.

La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.

Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.

DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.

La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.

Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.

Portrait

LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.

Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.

En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois
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L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.

Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.

Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.

Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.

Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.

Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.

Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.

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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui
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Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).

Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.

L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.

Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.

Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.

La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.

UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE

Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.

Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.

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