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la France se moque de nous comme elle s’est toujours moquée des Africains

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la France se moque de nous comme elle s’est toujours moquée des Africains
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Dans une tribune, le cinéaste camerounais commente la récente audience accordée par Paul Biya à l’ambassadeur de France arrivé en fin de séjour, Thierry Marchand.

Pour Jean-Pierre Bekolo, « cette scène de l’ambassadeur de France sortant, le général Thierry Marchand au palais d’Etoudi avec Paul Biya, qu’on voulait officiellement rassurante est en réalité profondément inquiétante, car elle met à nu la à la fois la dépendance coloniale du pays et la vacuité politique au Cameroun ».

« Qu’un ambassadeur français annonce la candidature d’un président camerounais né avant la Deuxième Guerre mondiale, candidat pour sept ans, qui n’en a jamais parlé à son peuple, et dont le mandat le conduirait jusqu’à ses 100 ans, n’est pas seulement une provocation politique : c’est une insulte historique. C’est à la fois le miroir d’un Empire françafricain qui refuse de mourir, celui d’une souveraineté confisquée et d’un avenir verrouillé par un passé colonial qui se perpétue », argue-t-il.

PAUL BIYA OYEEE! MISE EN SCÈNE : DE LA FRANCAFRIQUE AVEC MARCHANT,GÉNÉRAL AMBASSADEUR

« Comment la France réussit-elle toujours à être au cœur du destin sombre de l’Afrique et du monde noir ? Là où on ne l’attendait pas, elle parvient encore à apparaître dans cette affaire du plus long règne présidentiel au monde, avec le record Guinness d’un président qui atteindra bientôt 100 ans au pouvoir. Il fallait absolument que la France soit derrière ce nouveau sale coup. Si au moins elle avait permis au pays de prospérer… Mais plus que jamais, les Camerounais tirent le diable par la queue.

Comment cacher encore le narratif des Blancs venus chez nous pour nous tromper ? Comment ne pas reconnaître que Paul Biya est devenu le nom que l’establishment français utilisera pour se moquer des Africains, remplaçant les Mobutu, Bokassa, Idi Amin Dada ? Et comment expliquer surtout que ce recul historique survienne précisément au moment où nous croyions faire une avancée historique avec le rapport commandé par Macron sur la guerre de la France au Cameroun ? On avance pour mieux reculer.

Qu’un ambassadeur français annonce la candidature d’un président camerounais né avant la Deuxième Guerre mondiale, candidat pour sept ans, qui n’en a jamais parlé à son peuple, et dont le mandat le conduirait jusqu’à ses 100 ans, n’est pas seulement une provocation politique : c’est une insulte historique. C’est à la fois le miroir d’un Empire françafricain qui refuse de mourir, celui d’une souveraineté confisquée et d’un avenir verrouillé par un passé colonial qui se perpétue.

Cette scène de l’ambassadeur de France sortant, le général Thierry Marchand au palais d’Etoudi avec Paul Biya, qu’on voulait officiellement rassurante est en réalité profondément inquiétante, car elle met à nu la à la fois la dépendance coloniale du pays et la vacuité politique au Cameroun.

Faisons le décryptage des mots de Thierry Marchand à la sortie du Palais d’Etoudi.

« Paul Biya que j’ai rencontré est conscient, un homme d’État aux affaires, prêt pour la campagne présidentielle ». Arrêtons-nous sur le mot « conscient ». J’ai l’impression que Marchand a fait un lapsus diplomatique : normalement, on dirait qu’un président est « lucide », « clairvoyant », « en pleine maîtrise ». Ici, « conscient » fait écho aux rumeurs persistantes d’inconscience, de coma politique. C’est un aveu masqué que la question de sa lucidité est un problème.

Continuons. Il parle d’un « homme d’État aux affaires ». N’est-ce pas là une tentative de reconstitution symbolique ? Biya n’est plus vu dans la gestion quotidienne, il faut qu’un tiers, un Blanc, ambassadeur de la France, vienne attester qu’il « tient encore les rênes ».

Continuons. Il nous dit qu’il est « prêt pour la campagne ». N’est-ce pas là un acte de certification ? Ce n’est pas Biya qui le dit, il ne nous l’a jamais dit. C’est l’ambassadeur de France qui vient juste de rencontrer Paul Biya qui l’annonce au peuple camerounais. Cela ne ressemble-t-il pas à une investiture coloniale ? Biya ne peut pas être candidat sans l’aval de la France. En fait, la France nous présente son candidat.

Continuons. L’ambassadeur dit : « J’ai rencontré le Président il y a un an et demi… Aujourd’hui je l’ai retrouvé exactement dans le même état d’esprit ». Cette comparaison ne vous fait pas rire ? Évoquer une rencontre vieille d’un an et demi, c’est trahir le temps décalé dans lequel il vit — celui d’un homme détaché du présent. Elle est involontairement comique : un homme de 93 ans retrouvé « dans le même état » qu’il y a 18 mois, cela veut dire qu’il n’a pas changé, mais dans ce cas, cela signifie aussi qu’il n’a pas évolué, qu’il est figé dans le temps. Il nous dit en fait qu’il n’y a pas de dynamique politique, seulement un maintien artificiel d’une présence. L’effet produit est l’inverse de celui recherché : au lieu de rassurer, il confirme l’image d’un président diminué, anachronique, hors du réel.

Continuons. Le général-ambassadeur poursuit en parlant d’« un homme d’État qui tient véritablement les manettes du pays ». L’expression « tenir les manettes » est révélatrice : on veut absolument montrer qu’il gouverne encore activement, alors même que tout le pays pense le contraire. En réalité, plus on affirme qu’il est aux commandes, plus on donne l’impression qu’il ne l’est pas. C’est une phrase sur la défensive d’un régime où le pouvoir réel est ailleurs (clans, entourage, Paris).

Continuons. « Qui va s’engager dans une campagne présidentielle pour un nouveau mandat ». Là : ce n’est pas au président d’annoncer sa candidature, mais à un ambassadeur étranger. Cela signifie que la légitimité de Biya passe par le sceau français. À nos yeux de Camerounais, cela confirme que notre souveraineté est confisquée, parce que notre destin national est proclamé par Paris.

Continuons. « La coopération ne s’est pas affaiblie… elle s’est renforcée ». Message clair : avec Biya, la France fait de bonnes affaires au Cameroun. Il doit rester jusqu’à 100 ans pour garantir les intérêts stratégiques français dans divers secteurs: l’économie, la défense, l’énergie, les grands groupes…

Terminons. « Une relation neuve… adaptée au XXIe siècle ». Ici, la contradiction atteint son comble : on parle d’une « relation neuve » en annonçant la reconduction d’un président au pouvoir depuis 42 ans. C’est un discours de tromperie typique de la France en Afrique : habiller de modernité ce qui est le plus archaïque. La rhétorique de la « transformation » masque la continuité de la dépendance.

Au fond, ce qui se joue dans cette affaire est donc très clair : une mise en scène coloniale où l’ambassadeur français, comme un gouverneur d’autrefois, vient rendre visible un président invisible aux yeux de son propre peuple. Merci qui? Paul Biya apparaît alors comme le dernier bastion de la Françafrique, qui, meme invisible garantit encore les intérêts de l’ancien colonisateur.

Le fait que ce soit un général devenu ambassadeur qui endosse ce rôle parachève le tableau d’un théâtre colonial où la diplomatie se confond avec la tutelle militaire… comme par hasard. Dans ce contexte, la requête d’Akere Muna devant le Conseil constitutionnel prend une dimension qui dépasse la personne de Biya : elle interroge le lien de dépendance persistant entre la France et le Cameroun.

Pour les Camerounais, cette scène à Etoudi constitue une double humiliation : d’abord la France sans avoir expurgé son affreux contentieux colonial avec le Cameroun – on parle de 500 000 morts – vient leur imposer un vieil Africain inoffensif et usé, incapable de défendre son peuple, comme futur président. En plus c’est cette même France qui leur annonce cette reconduction par la voix d’un blanc, comme si leur pays était condamné a subir pour l’éternité cette domination dont les blessures restent encore profonds.

Dans cette mise en scène à la Ionesco, la France se moque de nous comme elle s’est toujours moquée des Africains ; j’imagine, une fois rentré chez lui, le fou rire de l’ambassadeur revivant la scène. La France qui se fait médiatrice de la parole présidentielle sait mieux que quiconque que nous sommes dans une dérision de la démocratie, que la souveraineté camerounaise n’est qu’un décor, réactivant en 2025 l’imaginaire de la duperie coloniale : on nous trompe encore, on nous masque le vide du pouvoir réel. Quoi de mieux que le dispositif que l’ambassadeur a rencontré comme figure parfaite pour la Françafrique, car Paul est un dispositif. Sa longévité et son invisibilité le rapprochent presque d’un esprit, dont la seule fonction est de maintenir non sans nostalgie du « temps béni des colonies », l’homme noir et l’Afrique comme la France l’aime. »

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la Côte d’Ivoire éliminée en 16e de finale par la Norvège 1-2

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L’aventure américaine des Éléphants de Côte d’Ivoire s’est arrêté tout net en 16e de finale, face à la Norvège de Erling Haaland.

Malgré un potentiel énorme et de solides certitudes dans le jeu, les ivoiriens ont buté sur l’iceberg norvégien.

Les Norvégiens ont en effet ouvert le score grâce à une lumineuse inspiration de Nusa, à la 39e minute de jeu, donnant l’avantage à son équipe à la pause.

Au retour des vestiaires, les joueurs de Emerse Fae mettent le pied sur le ballon, sans parvenir à revenir au score. C’est à la 76e minute de le mancunien Amad Diallo va, sur un exploit individuel, ramène les Éléphants de Côte d’Ivoire dans le match.

Mais ce sera sans compter sur Erling Haaland qui vient doucher définitivement les espoirs français à la 86e minute de jeu.

Le score n’évoluera pas en dépit des moult tentatives ivoiriennes.

Pour les 8e de finale de la Coupe du monde, la Norvège sera opposé au Brésil.

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l’Olympique de Marseille annonce se séparer de Habib Bèye

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L’aventure de l’ancien international sénégalais Habib Bèye à la tête de l’Olympique de Marseille aura été de courte durée.

Dans un communiqué en date de ce mardi 30 juin, le club phocéen a annoncé le départ de Habib Bèye de la tête de l’Olympique de Marseille.

Un départ intervenu après que l’ancien joueur et ancien capitaine marseillais a passé seulement moins de 6 mois à la tête de l’équipe de la canebière.

« L’Olympique de Marseille annonce mettre fin à sa collaboration avec Habib Beye. Le Club remercie Habib Beye et lui adresse ses meilleurs vœux pour la suite de sa carrière », indique de manière sommaire le Communiqué officiel de l’Olympique de Marseille.

Lors de la saison 2025-2026, l’Olympique de Marseille a terminé à la 5e place du classement de la Ligue, ratant les places qualificatives à la Ligue des champions, le grand objectif que s’étaient fixés le club et ses dirigeants.

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Agriculture durable : plus de 8 milliards FCFA investis depuis 2020 dans la certification des bassins agricoles

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Agriculture durable : plus de 8 milliards FCFA investis depuis 2020 dans la certification des bassins agricoles
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(Investir au Cameroun) – Trois grands bassins de production agricole du Cameroun bénéficient depuis 2020 de programmes de certification et de durabilité destinés à rapprocher leurs produits des standards internationaux. Selon le rapport d’activités des cinq dernières années de Rainforest Alliance, 15,5 millions de dollars, soit environ 8,9 milliards de FCFA, ont été investis dans les communautés agricoles du Dja, des Hautes Terres de l’Ouest et du Grand Mbam.

Ces interventions couvrent environ un million d’hectares et auraient touché 120 000 personnes, selon l’organisation. Elles s’inscrivent dans un contexte où les exigences de conformité se renforcent sur les marchés internationaux, en particulier avec le Règlement de l’Union européenne sur la déforestation (RDUE). Ce texte impose aux opérateurs de prouver que les produits concernés, dont le cacao et le café, ne proviennent pas de terres déboisées après le 31 décembre 2020.

Pour les filières d’exportation camerounaises, l’enjeu est stratégique. Les certifications ne sont plus seulement des labels commerciaux. Elles deviennent progressivement des instruments d’accès au marché, notamment pour les producteurs, coopératives et exportateurs souhaitant conserver leurs débouchés en Europe.

Dans la filière cacao, les grandes entreprises acheteuses de fèves investissent dans l’accompagnement des producteurs afin de rendre leur production conforme aux exigences de traçabilité, de durabilité et de qualité. Une fois ce processus engagé, des organismes agréés, comme Rainforest Alliance, délivrent des certifications destinées à attester du respect de standards agricoles, environnementaux et sociaux.

Le Grand Mbam, vitrine de la conformité cacao

Dans le Grand Mbam, présenté par Rainforest Alliance comme un« territoire stratégique pour l’avenir de la filière cacao camerounaise », plus de 5,2 millions de dollars, soit environ 3 milliards de FCFA, ont été investis pour renforcer les capacités des producteurs, améliorer la gouvernance locale et soutenir la transition vers des chaînes d’approvisionnement sans déforestation.

L’organisation indique y avoir accompagné« les producteurs, les coopératives, les communautés et les entreprises dans la construction de chaînes d’approvisionnement plus responsables ». Selon le rapport, cette approche permet progressivement au paysage du Grand Mbam de s’imposer comme un modèle national de production cacaoyère durable, conciliant performance économique, préservation des forêts et conformité aux exigences du RDUE.

Au total, 65 000 producteurs de cacao y ont été accompagnés, regroupés au sein de 25 coopératives, pour plus de 120 villages couverts. Rainforest Alliance fait également état de 21 certificats actifs délivrés dans cette zone, avec l’engagement de cinq entreprises majeures de la chaîne d’approvisionnement cacao.

Ces investissements ont aussi permis de renforcer les dispositifs de prévention et de suivi de la déforestation dans les principales zones de production cacaoyère, ainsi que la participation des communautés à la surveillance et à la gouvernance des ressources forestières.

Dja et Hautes Terres : restauration, agroforesterie et relance du cacao

Dans les Hautes Terres de l’Ouest, 4,6 millions de dollars ont été investis pour soutenir la restauration des paysages, la gouvernance territoriale et les moyens de subsistance. Dans cette zone de grande culture de la pomme de terre, 251 hectares ont été restaurés, contribuant à la protection des écosystèmes montagnards et des bassins versants stratégiques. Plus de 114 000 plants ont aussi été produits et mis en terre dans le cadre des efforts de restauration écologique et d’agroforesterie.

Dans le paysage du Dja, dans la région du Sud, Rainforest Alliance indique avoir mobilisé 5,6 millions de dollars, soit environ 3,2 milliards de FCFA. L’accompagnement des communautés a notamment permis de relancer la production de cacao, progressivement abandonnée dans cette zone.

En 2025, plus de 95 000 kg de cacao y ont été commercialisés, pour un chiffre d’affaires de 238,5 millions de FCFA. Les techniques d’optimisation durable des cultures ont aussi permis de distribuer plus de 7 millions de FCFA de primes à près de 150 cacaoculteurs. Le rapport mentionne par ailleurs plus de 330 hectares de parcelles de cacao labellisés, plus de 60 000 plants de cacaoyers produits et distribués, ainsi que 200 hectares de parcelles cacaoyères densifiées.

Pour William Malla, directeur pays de Rainforest Alliance au Cameroun,« les résultats observés aujourd’hui ne se mesurent pas seulement en hectares restaurés ou en arbres plantés. Ils se traduisent aussi par la restauration de sources d’eau, des terres plus productives et des communautés qui reprennent en main l’avenir de leurs paysages ».

Rainforest Alliance déploie désormais une nouvelle version de son Standard d’agriculture durable, censée mieux intégrer les exigences liées à la santé des sols, à la résilience des cultures, à l’eau, à la biodiversité et aux impacts sociaux. Pour les producteurs camerounais, cette évolution marque un changement de paradigme : la compétitivité agricole ne dépend plus seulement des volumes produits, mais aussi de la capacité à prouver l’origine, la conformité et la durabilité des produits exportés.

À mesure que les marchés internationaux renforcent leurs exigences, ces programmes de certification peuvent donc devenir un levier de maintien des débouchés, notamment pour le cacao. Mais leur impact dépendra de leur appropriation par les producteurs, de la capacité des coopératives à assurer la traçabilité des parcelles et de la possibilité de convertir les efforts de durabilité en meilleurs revenus pour les communautés agricoles.

Ludovic Amara

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