La peur plane à nouveau sur la route Kousseri–Maroua. Hier, près de Zigagué, un bus de tourisme de 18 places (immatriculé EN 095) conduit par Modibo a été pris d’assaut par des hommes armés identifiés comme membres de Boko Haram. Dix passagers, dont six femmes, ont été enlevés sous les yeux de témoins impuissants.
Un assaut éclair et calculé
Selon plusieurs rescapés, l’attaque a été fulgurante. « Ils sont apparus de nulle part, armés et déterminés. En quelques minutes, ils ont embarqué les passagers et ont disparu », raconte un survivant encore sous le choc.
Aucune revendication officielle n’a été faite à ce stade, et aucun indice concret ne semble permettre de localiser les otages.
Des assaillants qui contournent le dispositif sécuritaire
Malgré les annonces répétées de renforcement sécuritaire dans l’Extrême-Nord, Boko Haram continue de déjouer les forces de défense. Cette fois, les assaillants auraient utilisé des chevaux pour traverser des zones inondées et échapper aux patrouilles militaires.
« Même en saison des pluies, on pensait qu’ils seraient ralentis. Mais ils savent contourner les obstacles, et nous restons leurs cibles », déplore un commerçant de Zigagué.
Le silence des autorités alimente la colère
Depuis l’attaque, ni le gouvernement ni les autorités locales n’ont publié de communiqué officiel. Une absence de réaction qui nourrit frustration et inquiétude parmi les habitants.
« On a l’impression qu’on doit se débrouiller seuls, comme si nos vies ne comptaient pas », s’indigne une habitante, persuadée que la situation va empirer.
Des sources locales évoquent même la possibilité de complicités permettant aux insurgés de circuler librement dans la région. Si cette hypothèse se confirmait, elle mettrait en lumière des failles profondes dans la lutte antiterroriste.
Zigagué, symbole de danger permanent
Axe vital pour le commerce et les déplacements, la route Kousseri–Maroua est désormais considérée comme l’une des plus dangereuses du Cameroun. Les voyageurs s’y engagent la peur au ventre, conscients que chaque trajet peut virer au drame.
« Quand on entend Zigagué, on pense au sang et aux larmes. Tant que rien ne change, personne n’est en sécurité », confie un chauffeur de bus.
En attendant une réaction des autorités, dix familles vivent dans l’angoisse, suspendues à la moindre nouvelle de leurs proches, otages d’un groupe armé qui continue de défier l’État camerounais.














