Dans une lettre ouverte aux accents dramatiques, Aristide Mono exhorte Dieudonné Yebga à se retirer d’une affaire qu’il juge manipulée par des forces occultes hostiles au camp du changement incarné par Maurice Kamto. Un message fort, entre accusation, appel à la conscience et plaidoyer pour l’honneur.
La tension politique continue de monter au Cameroun, alors que le camp du changement, porté par le professeur Maurice Kamto, traverse une zone de turbulences. En toile de fond : l’implication controversée de Dieudonné Yebga, présenté comme un ancien proche, aujourd’hui accusé de jouer un rôle trouble dans une affaire qui divise.
Dans un message public et sans détour, Aristide Mono, militant engagé pour l’alternance, lance un appel solennel à son « père », Dieudonné Yebga, pour qu’il renonce à ce qu’il qualifie de collaboration avec des réseaux « mafieux politico-médiatiques ». Une sortie médiatique qui fait grand bruit dans les cercles politiques et militants.
« N’entre pas tristement dans l’histoire »
Dans son texte publié ce mardi, Aristide Mono interpelle directement celui qu’il appelle avec respect « mon père », lui demandant de ne pas terminer sa vie dans l’amertume ni dans la trahison. « Je t’exhorte vivement à ne pas laisser cette injustice te hanter pour le reste de ta vie », écrit-il en préambule, tout en appelant les « collègues mbombogs » de Yebga à l’éclairer à leur tour.
Selon lui, Yebga aurait été pris au piège d’une affaire dont il ne maîtrisait pas toutes les ramifications : « Je suis convaincu que tu es aujourd’hui l’otage d’un gang qui t’a mis sur écoute et pourrait te faire face à des conséquences difficiles si tu revenais sur ta décision ».
« Tu as des remords, mais aussi des craintes »
Aristide Mono affirme également que Yebga serait logé dans un hôtel de Yaoundé, coupé du monde, sous pression constante de ceux qui l’auraient entraîné dans cette « affaire mafieuse ». Il évoque des figures bien connues de la scène médiatique et politique à Douala, les accusant de manipuler l’ancien compagnon de route de Kamto pour leur propre bénéfice : « Ils auront leurs millions et leurs nominations, mais toi, tu n’auras rien ! »
Convaincu que Dieudonné Yebga regrette son engagement, Mono insiste sur les dommages causés à la dynamique du changement : « Cette vengeance irriguée par l’intox réduit à zéro tous les efforts sacrificiels de ces jeunes militants qui, depuis 7 ans, travaillent pour une alternance. »
« Sors de cette histoire, mon père ! »
Le message est aussi un appel à l’action urgente. Aristide Mono encourage vivement Yebga à se désister publiquement devant le Conseil constitutionnel. Il promet, au nom des « en-bas d’en-bas », une protection contre d’éventuelles représailles, affirmant que s’il renonce, il pourra redevenir un héros : « Pose cet acte et tu verras ton statut changer d’un coup, de traître national à héros national. »
Il confie enfin avoir tenté de le joindre par téléphone, puis de le rencontrer dans son lieu de résidence, en vain. « Voilà pourquoi je passe par un message ouvert », conclut-il.
Une lettre qui en dit long
Ce message, à la fois personnel, politique et émotionnel, en dit long sur l’état de crispation dans les cercles de l’opposition au Cameroun. Il illustre également les fractures internes, les rivalités latentes et les pressions — réelles ou supposées — qui entourent les figures engagées pour une transition politique.
Pour Dieudonné Yebga, le choix semble désormais lourd de conséquences : redevenir un symbole, ou assumer l’étiquette, infamante, de traître.














