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Eugène Nyambal: «Je m’engage dans la politique parce que j’ai une vision claire de transformation de mon pays»

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Eugène Nyambal: «Je m’engage dans la politique parce que j’ai une vision claire de transformation de mon pays»
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M. Nyambal, vous avez rencontré la presse, quelque peu remonté; qu’est-ce qui vous fait mal ?

J’ai d’abord fait une déclaration de candidature pour informer mes compatriotes et tous les amis du Cameroun, que j’étais candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Et j’ai travaillé avec mon équipe. J’ai travaillé avec mon équipe d’arrache-pied. Nous avons préparé un programme solide. Nous avions mis en place toutes les conditions pour être présents lors de cette élection. Malheureusement, au vu du report des élections législatives et municipales, nous nous sommes retrouvés dans une situation dans laquelle les partis ayant des élus sont entrés dans un marchandage innommable; c’est-à-dire que la seule condition qu’il nous manquait, c’était d’avoir un parti qui puisse nous investir. Imaginez-vous qu’il y a des partis qui nous demandaient 150 millions de francs. Et nous sommes entrés en négociation avec un parti qui, jusqu’à la dernière, était avec nous. Et curieusement, le week-end, ils ont fermé toutes les courroies de communication. Ils nous ont mis en attente. Et nous nous sommes retrouvés dans une situation où nous ne pouvions pas déposer à temps notre candidature le 21 juillet. Et nous nous sommes rendus compte, le lendemain, que ce même parti qui avait disparu, a donné l’investiture à un candidat qui brille, un candidat beaucoup plus jeune.

Alors, on ne va pas hésiter à vous demander concrètement, de quell parti s’agit-il?

Oui, c’est le parti de monsieur Atangana Denis. Je vous ai dit que j’ai parlé à plusieurs partis. Je ne cite que celui-là. J’ai parlé à plusieurs partis. En fait, le fait qu’il n’y ait que 18 partis qui puissent investir des candidats, a créé un mercato politique sans précédent dans notre pays. Vous imaginez qu’en plus de la caution de 30 millions Fcfa, on me demandait de débourser 150 millions Fcfa. C’était un décaissement dans l’immédiat. Les discussions n’ont pas porté sur les programmes, sur une différence en termes idéologiques. Les discussions ont essentiellement porté sur l’aspect du désintéressement financier des partis en question. Alors que ma conception de la politique, c’est qu’on doit s’y engager parce qu’on a des convictions, parce qu’on veut servir son pays.

Vous avez quand même un nom qui porte; quel était le problem ?

Je vous ai dit que j’ai parlé à plusieurs partis; je ne cite que celui-là. Le fait qu’il n’y ait que 18 partis politiques capables d’investir les candidats, a créé un mercato sans precedent dans notre pays. Vous imagnez qu’en plus de la caution de 30 millions Fcfa, on me demandait de débourser 150 millions Fcfa et c’était un décaissement dans l’immédiat. Les discussions n’ont pas porté sur les programmes, ni sur une diéfrence en termes idéologiques; mais sur l’aspect du désintéressement financier des partis en question. Alors que ma conception de la politique, c’est que, on doit s’y engager, parce qu’on a des convictions, parce qu’on veut server son pays.

Il vous a donc manqué en réalité 150 millions Fcfa? Ou vous pensez qu’on vous a roulé?

Non, je ne pense pas. Je n’ai dit pas ça. J’ai dit qu’il y a deux choses: un, on a demandé des sommes colossales, astronomiques. Et deux, nous nous sommes retrouvés dans des discussions où on nous a mis dans une situation d’attente, sachant que les délais étaient de 48 heures. Et après nous avoir promis qu’on allait nous répondre, on n’a plus eu signe de la part de nos interlocuteurs. Est-ce que c’est clair ?

C’est clair certainement. Et c’est aussi clair que vous ne serez pas candidat à cette élection. Eugène Nyambal compte-t-il s’associer à un autre projet ? Est-ce que vous avez un plan B ?

Je ne réfléchis pas en termes de plan B. Je pense à l’intérêt de mon pays. Et j’ai dit à plusieurs reprises que parmi les candidats, il y a de bons candidats. J’ai parlé d’hommes d’expérience comme le professeur Maurice Kamto. J’ai parlé d’hommes d’expérience comme le Premier ministre Bouba Bello. Vous avez également des leaders comme Cabral Libii ou M. Osih. Ce qui m’importe, ce ne sont pas les noms, ce ne sont pas les personnes ou les personnalités. Ce qui m’importe, c’est que je suis attentif à l’offre politique, aux programmes politiques proposés par les uns et les autres. Je suis prêt à soutenir toute action qui vise le changement et la transformation des conditions de vie des Camerounais.

On vous a connu dans les couloirs de la Banque mondiale. Aujourd’hui vous annoncez sur le terrain politique. Qu’est-ce qui vous a poussé à envisager d’embrasser le terrain politique ?

Il y a plusieurs choses. J’ai grandi dans un environnement où le service public est très important. J’ai également grandi dans des valeurs où la fierté nationale, être au service de son pays, c’est important. J’ai eu la chance d’avoir le parcours que j’ai eu. Mon métier, c’est d’aider les pays à s’organiser, à gérer leurs économies, d’aider des gens à gérer leurs pays pour se développer. Lorsque je vois la souffrance des Camerounais, pendant longtemps, j’ai donné des conseils, y compris à mon pays, sur des problèmes comme la gestion du secteur de l’eau, de l’électricité, sur d’autres secteurs, sur la gestion de la dette. Mais je me suis rendu compte à un moment que lorsque vous êtes conseiller, parfois vous donnez des conseils et ils ne sont pas appliqués. Et j’atteins un stade aujourd’hui où je m’engage dans la politique parce que j’ai une vision claire de transformation de mon pays. C’est très très clair là où je veux que le Cameroun aille. Et je pense que j’ai l’énergie, la passion, pour mener à bien ce projet, parce que je veux voir les Camerounais vivre dans de meilleures conditions. Lorsque je marche tous les jours, je vois la richesse de notre pays, la diversité de notre pays, je vois le niveau d’énergie dans notre population. Je n’ai pas le droit de rester dans mon coin. Je dois travailler pour m’assurer que les jeunes ont un avenir meilleur. Je veux m’assurer que les familles vivent mieux. C’est ça qui m’a amené sur le champ politique.

On va sortir par là, quelles sont les grandes priorités du programme que vous proposez aux Camerounais ?

J’en ai parlé à plusieurs reprises pendant plus d’une heure. Mais ce que vous pouvez retenir, c’est que le programme que j’ai bâti avec mon équipe, tournait autour d’un concept simple à partir duquel je peux décliner toutes les politiques de mon programme. J’ai dit que je veux bâtir une grande nation unie, prospère, solidaire, souveraine et panafricaine. À partir de ces concepts, je décline tout le programme. “Unie”, je veux qu’on mette fin à la guerre du NOSO dans les meilleurs délais. Je veux qu’on tourne le dos aux replis identitaires. Nous sommes un seul et même pays. “Prospère”, parce que je vois l’état d’effondrement économique et social de notre pays aujourd’hui. Je veux remettre le Cameroun vers la création de richesses et d’emplois et exploiter toutes les ressources du Cameroun, les ressources minières et autre, au bénéfice des Camerounais. Je ne veux plus voir que nos mines, que le bois, que toutes ces ressources sont utilisées, que le budget de l’État est utilisé pour une minorité. Je ne veux plus voir ça. “Solidaire”: lorsque vous voyez nos villes, nos villages, les villages se vident parce qu’il n’y a pas de bonnes conditions de vie; il n’y a pas d’activité économique, il n’y a pas de routes. Tout le monde s’entasse dans nos villes, et l’essentiel de notre population vit dans la pauvreté et dans le secteur informel.

Je veux mettre en place une société qui se préoccupe de ses pauvres, qui a des politiques, qui met en œuvre des politiques d’assurance-maladie, qui met en œuvre des politiques pour subventionner les biens de première nécessité et qui met de l’argent dans la poche de nos jeunes qui sont désœuvrés. Je veux… quand je parle de solidarité, vous savez que par exemple nos enfants n’ont plus la bourse. Je veux une société qui a cette solidarité avec les vieux, avec les jeunes. C’est ça que je veux construire. “Un pays souverain”: dans le monde d’aujourd’hui, vous voyez que même au niveau international, tout le monde est en train de tourner le dos à la mondialisation. On est entré dans le retour à la souveraineté des États. Avant, on nous disait : « Ne produisez pas ce que vous consommez, vous pouvez acheter d’un peu partout. » Mais avec la crise du Covid, la crise ukrainienne, et puis l’arrivée de Trump, on se rend compte qu’une grande nation doit avoir sa souveraineté. Souveraineté économique, ça veut dire qu’on doit produire ce que nous consommons. Souveraineté au niveau agricole, au niveau industriel : on doit fabriquer nos produits. Souveraineté au niveau politique, souveraineté au niveau culturel : nous devons promouvoir notre propre culture. Et souveraineté au niveau de la défense. Si vous n’êtes pas capables de défendre votre pays, on va arracher vos biens. Vous ne serez jamais développés.

Et le dernier point : le Cameroun ne saurait se développer sans la renaissance africaine. C’est pourquoi je parle de panafricanisme. Donc mon programme s’inscrit également dans une dynamique où nous allons travailler avec les autres pays africains pour faire émerger une Afrique — pas alignée sur les Brics, pas alignée sur les Occidentaux —, mais une Afrique qui se pose de manière autonome comme pôle civilisationnel en compétition avec les autres. Parce que quand on regarde le rapport de forces démographiques, nous sommes l’avenir du monde. Depuis plus de six siècles, on n’a pas eu l’opportunité que nous avons aujourd’hui. Le monde de demain, en 2050, il y aura 5 milliards d’Asiatiques, 2,5 milliards d’Africains, les Occidentaux seront moins du milliard. Donc vu le nombre que nous avons, nous devons nous affirmer. C’est pour ça qu’on doit construire le panafricanisme. Donc c’est un peu ça. Et en termes de valeurs que je défends, le Cameroun que je défends, c’est un Cameroun basé sur le mérite, sur l’égalité des chances, sur la justice. Je veux que demain, l’enfant de la femme qui vend les beignets, qui vend le poisson à Mvog-Ada, puisse aller à l’Enam, puisse entrer dans toutes les grandes écoles de la nation, puisse avoir le parcours que Eugène Nyambal a eu. Mon projet, c’est de mettre fin à la République des « fils de ». Je veux que le Cameroun soit un patrimoine commun de tous les Camerounais, quelles que soient leurs origines ethniques, religieuses et familiales. C’est ce Cameroun que je veux construire. Donc c’est autour de ces valeurs que j’ai décliné un programme très détaillé tout à l’heure. Je vous remercie.

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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?
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En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ?

L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.

1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays

L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.

2. Fonctionnement et masse salariale

En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’Etat ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).

3. Les détournement de deniers publics en hausse

Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalé et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.

Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun. L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers.

Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite ! Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP).

Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.

Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.

4. Les soldes engagées non décaissées

L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.

Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice.

Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants. Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.

En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense.

Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique

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Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique
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La Ligue 1 McDonald’s, le championnat de football professionnel de la France, veut renforcer sa présence en Afrique francophone à partir du Cameroun. La Ligue de football professionnel (LFP) qui gère le football professionnel en France, à travers sa filiale commerciale LFP Media, et 6Sports Marketing Advertising, organisent une Watch Party le 25 octobre 2026 à Yaoundé. A l’occasion du match entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l’Olympique lyonnais (OL). Cette initiative vise à rapprocher la compétition de ses supporters et à tester de nouvelles formes d’engagement sur le continent.

Au-delà de la retransmission de la rencontre, cette activité entend associer football, divertissement, médias et partenariats. Il est question de créer un espace d’échanges entre les supportes, les acteurs médiatiques et les marques, à travers des animations et des dispositifs de communication. Le but poursuivi est de transformer l’intérêt du public africain en général et celui du Cameroun en particulier pour le championnat français, en une expérience collective à divulguer, tout en ouvrant de nouvelles possibilités commerciales. Ce Watch party constitue la « première étape d’une ambition plus large de développement de l’expérience Ligue 1 McDonald’s auprès des publics d’Afrique francophone», renseigne 6Sports Marketing Advertising, le partenaire camerounais de LFP Media dans l’initiative.

Evaluation

Ce Watch party rentre ainsi dans le cadre d’une stratégie de développement international de la Ligue 1 McDonald’s. Le Cameroun, terre de football par excellence et un des principaux fournisseurs de joueurs au football français, est un terrain privilégié pour cette première expérience, une expérience test. Le choix a été porté sur 6Sports Marketing Advertising, une agence camerounaise spécialisée dans le marketing sportif et l’événementiel notamment. Lequel dispose d’un bureau permanent à Casablanca, au Maroc. Un choix porteur : « Nous ne voulons pas simplement amener la Ligue 1 McDonald’s au Cameroun. Nous voulons contribuer à construire une véritable expérience Ligue 1, pensée pour les publics africains et connectée aux réalités économiques et culturelles du marché», explique Yannick N’Degue, directeur général de 6Sports Marketing Advertising. Alors, «notre rôle sera de créer des passerelles entre une propriété sportive internationale, ses fans et les marques qui souhaitent prendre part à cette histoire », a-t-il indiqué. Le contrat prévoit une saison pilote à l’issue de laquelle les deux parties procèderont à une évaluation, et éventuellement envisager de nouvelles opérations dans le pays. Si l’expérience est concluante, elle sera étendue sur d’autres pays d’Afrique francophone, et donc de nouveaux marchés.

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MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »

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MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »
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À l’occasion d’un sommet international consacré à l’intelligence artificielle en Corée du Sud, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications a plaidé pour une gouvernance mondiale inclusive de cette technologie et un partage équitable de ses bénéfices. Minette Libom Li Likeng a également présenté les avancées du Cameroun dans l’élaboration de sa stratégie nationale, axée notamment sur les infrastructures, la formation, l’innovation et le développement d’une intelligence artificielle éthique et responsable.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Recevez les chaleureuses salutations du peuple camerounais et, en particulier, celles de notre Chef de l’État, Son Excellence M. Paul Biya.

C’est pour moi un insigne honneur de conduire la délégation camerounaise qui prend part à ce sommet.

Les promesses de l’IA sont si proches et pourtant si insaisissables pour de nombreux citoyens du monde. Entre des infrastructures inadéquates et des compétences insuffisantes, l’adoption et l’intégration des outils d’IA dans les activités quotidiennes de nombreux pays semblent encore lointaines, tandis que certaines nations sont déjà très avancées et occupent une position dominante dans le domaine de l’IA.

Les promesses de l’IA en matière d’amélioration de nos conditions socio-économiques ne peuvent se concrétiser que par la concertation et le partage des bénéfices.

À l’instar d’Internet, malgré ses nombreux bienfaits pour l’humanité, la cybercriminalité, la désinformation, le chantage, le harcèlement et le vol viennent annuler ces formidables avancées scientifiques.

Ces maux liés à Internet sont les marques d’un parcours et d’une technologie qui ont, d’une certaine manière, négligé une réglementation concertée.

Nous devons tirer les leçons de cette expérience et travailler ensemble pour veiller à ce que la voix de chaque nation soit entendue et prise en compte dans les conceptions et les offres de services du domaine de l’IA.

Au Cameroun, conscient du fait que l’intelligence artificielle est un outil prodigieux qui présente des perspectives considérables de progrès tout en soulevant des risques qui appellent à une vigilance soutenue, le Chef de l’État a prescrit le développement d’une IA éthique et responsable.

Et pour ce faire, le Gouvernement s’est engagé dans un processus d’élaboration d’une stratégie de développement de l’intelligence artificielle en privilégiant une démarche participative et inclusive, associant l’ensemble des parties prenantes à la réflexion sur les conditions d’appropriation et de développement de cette technologie au Cameroun.

C’est dans ce cadre que des Concertations nationales sur l’intelligence artificielle réunissant les administrations publiques, les entreprises, les chercheurs, les universitaires, la société civile et les partenaires au développement ont été organisées, lesquelles ont abouti à un projet de Stratégie nationale de développement de l’économie numérique au Cameroun, en cours de finalisation, et qui repose sur plusieurs piliers essentiels, notamment le développement des infrastructures et la gouvernance des données, le renforcement du capital humain, la promotion de l’innovation, l’inclusion numérique ainsi que l’instauration d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle.

Je ne saurais conclure mon propos sans exprimer ma profonde gratitude aux organisateurs et au Gouvernement coréen pour leur accueil chaleureux, et pour avoir pris l’initiative de nous réunir tous dans cette salle afin de débattre et d’agir de concert autour d’une technologie qui, si elle est correctement encadrée et régulée, constituerait l’une des étapes les plus décisives que l’humanité aura franchies dans son évolution.

Je vous remercie de votre aimable attention.

À Séoul, le Cameroun explore les opportunités de l’intelligence artificielle

Par Fabrice BELOKO

L’agriculture, la santé, l’éducation et l’administration figurent parmi les secteurs où l’intelligence artificielle pourrait répondre à des besoins concrets au Cameroun. À Séoul, la délégation conduite par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, explore des pistes de coopération avec les partenaires internationaux, notamment dans les infrastructures numériques, les capacités de calcul et la formation aux métiers du numérique.

Le Cameroun veut tirer parti de l’intelligence artificielle pour soutenir son économie. Conduite par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, sa délégation prend part au Global AI and Digital Summit, organisé du 19 au 22 octobre 2026 à Séoul, en Corée du Sud.

La rencontre, organisée à l’initiative du Groupe de la Banque mondiale avec les autorités sud-coréennes, réunit des responsables publics, des investisseurs, des entreprises technologiques et des chercheurs. Pour Yaoundé, ce rendez-vous offre un cadre de discussion avec des partenaires susceptibles d’accompagner la transformation numérique du pays.

Les échanges portent notamment sur la connectivité, les infrastructures de données, les capacités de calcul, les compétences et les conditions d’adoption de l’intelligence artificielle. Le Cameroun entend aussi confronter ses priorités aux expériences internationales et faire connaître les besoins de ses entreprises et de ses jeunes innovateurs.

Les applications envisagées concernent plusieurs secteurs économiques. Dans l’agriculture, l’intelligence artificielle pourrait aider les producteurs camerounais. Dans la santé, elle pourrait appuyer la prise de décision. L’éducation et les services publics figurent également parmi les domaines d’application examinés au sommet.

Ces perspectives supposent toutefois des infrastructures adaptées, des compétences disponibles et des coûts de fonctionnement maîtrisés. Le Cameroun souhaite notamment explorer les possibilités de coopération autour des centres de données, des plateformes numériques, de la formation et de la recherche appliquée. L’accompagnement des start-up fait aussi partie des pistes évoquées.

La question du financement reste déterminante pour passer des intentions aux réalisations. La participation au sommet ne constitue, à elle seule, ni un accord de financement ni la conclusion d’un partenariat. Les retombées dépendront de la capacité à identifier des projets prioritaires, à mobiliser les partenaires et à assurer leur suivi.

En marge du sommet, le dialogue ministériel consacré à la Déclaration de Cotonou permet au Cameroun d’échanger avec les autres pays signataires. Adopté le 18 novembre 2025 par 22 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, ce texte vise la construction d’un marché numérique africain unique à l’horizon 2030.

Les objectifs comprennent une couverture haut débit de 95 %, la création de deux millions d’emplois numériques et la formation de 20 millions de personnes aux compétences numériques. Pour le Cameroun, cette coopération régionale ouvre des possibilités de partage d’expériences et de mutualisation des capacités.

Le défi sera désormais de relier ces ambitions aux besoins nationaux, avec des projets ciblés et des résultats mesurables pour les citoyens et les entreprises.

Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 22/10/2026

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