La scène politique camerounaise vient de connaître un rebondissement inattendu. Dieudonné Yebga, ancienne figure du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), exclu de la direction du parti en 2019, a fait une apparition tonitruante ce lundi à Yaoundé. Il déposé sa propre candidature pour la présidentielle d’octobre prochain… sous la bannière du même parti qui a déjà investi Maurice Kamto. Une manœuvre qui jette le trouble au sein de la formation politique et complique la donne à quelques semaines du scrutin.
Un retour qui sème la confusion
La séquence a de quoi surprendre. Alors que le MANIDEM, dirigé par Anicet Ekane– reconnu par le ministère de l’Administration territoriale (MINAT) –, a officiellement choisi Maurice Kamto comme candidat, Dieudonné Yebga a déposé un dossier concurrent auprès d’ELECAM, l’organe électoral camerounais. Le problème ici est qu’un parti ne peut présenter qu’un seul candidat. Qui sera donc validé ? La balle est désormais dans le camp des autorités, qui devront trancher ce imbroglio juridico-politique.
« C’est une situation ubuesque qui montre les divisions internes au MANIDEM », analyse un observateur de la vie politique camerounaise, sous couvert d’anonymat. « Yebga joue un coup poker, mais il est peu probable qu’il obtienne gain de cause face à Kamto, qui bénéficie du soutien de la direction actuelle du parti.»
Un parti fragilisé en pleine présidentielle
Le MANIDEM, qui avait réussi à faire élire un seul maire aux municipales de 2020, traverse visiblement une crise de leadership. Anicet Ekane, son président légitime aux yeux de l’administration, tente de maintenir le cap en soutenant Kamto, tandis que Yebga semble vouloir récupérer son ancien parti par la force des urnes.
On se demande si cette candidature surprise n’est qu’une simple provocation ou si elle cache des calculs plus profonds. Certains y voient une manœuvre pour fragiliser Maurice Kamto, dont la campagne peine à décoller malgré sa popularité passée. D’autres suggèrent que Yebga pourrait être instrumentalisé pour diviser l’opposition.
Quelles conséquences pour le scrutin ?
Avec cette nouvelle péripétie, l’élection présidentielle camerounaise promet d’être haute en couleurs. Entre règlements de comptes internes, stratégies d’obstruction et course contre la montre pour valider les candidatures, le MANIDEM se retrouve malgré lui sous les projecteurs.
Cette affaire risque de donner du fil à retordre à ELECAM, déjà sous pression pour organiser un scrutin transparent. Et si le duel Kamto-Yebga n’est sans doute que symbolique, il illustre les fractures persistantes au sein de l’opposition camerounaise, toujours en quête d’unité face au pouvoir en place.
Affaire à suivre, donc. D’autant que la date limite de dépôt des candidatures approche à grands pas…














