Actualités locales
L’Union européenne consolide son partenariat avec les Pme camerounaises et le secteur privé.

(UNION EUROPEENNE) – Le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) a organisé les 09 et 10 juillet 2025 au palais des Congrès de Yaoundé, la troisième édition des journées de la coopération et du partenariat (Jcp).
« Partenaires techniques et financiers et modernisation de l’outil productif local » a été le thème choisi pour cette édition, idéale pour la mise en œuvre de la politique d’import-substitution qui a comme les précédentes organisées depuis 2021, drainé beaucoup de monde, notamment des personnalités qui ont honoré de leur présence cette journée dédiée à la coopération et au partenariat. Parmi celles-ci figurent Achille Bassilekin III le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat qui a présidé la cérémonie protocolaire d’ouverture, Ignacio Garcia Lombreras, l’ambassadeur du royaume d’Espagne au Cameroun, Raymond Tavarez, le représentant résidant de l’Onudi pour l’Afrique centrale, Mme Charlotte N’daw Sako la représentante régionale de la Société financière internationale (Sfi), Simon Mvogo Nboa, le 1er adjoint au maire de la ville de Yaoundé.
Jean-Marc Châtaignier a conduit la délégation de l’Union européenne et de ses partenaires de la « Team Europe » : l’Agence française de développement, (Afd), l’Agence allemande de coopération internationale pour le développement durable (Giz), la Banque européenne d’investissement (Bei).
Le chef de la délégation de l’Union européenne, Jean-Marc Châtaignier a salué «cette magnifique initiative qui donne en effet un cadre de dialogue ouvert et constructif entre le gouvernement du Cameroun, les partenaires internationaux et les acteurs économiques au service d’un objectif commun : faire grandir les talents locaux, développer les savoir-faire et bâtir un avenir meilleur pour tous »

Comme il l’a démontré, le Cameroun peut compter sur le soutien assuré et indéfectible de l’Union européenne et de ses États membres et leurs institutions financières, qui s’illustrent comme étant les plus concrets et les plus actifs de ses partenaires dans l’accompagnement des Pme locales. L’union européenne est à ses côtés depuis près d’un demi-siècle et s‘apprête à célébrer cette année les noces d’or de sa présence à Yaoundé.
Pendant cinq ans a-t-il mentionné à l’endroit du Minpmeesa, très heureux de leur franche et fructueuse collaboration : «vous avez été pour nous l’un des partenaires les plus fiables, les plus engagés, les plus innovateurs. Avec vous nous avons très bien travaillé et nous entendons poursuivre ce travail avec vous dans les prochaines années. Au niveau de l’Union européenne nous voulons bâtir des partenariats solides durables et équilibrés avec nos pays partenaires en leur offrant les financements les technologies, les compétences, de l’humanité et de la volonté partagée de construire ensemble quelque chose ».
C’est dans cet esprit et cette dynamique que le Centre technique d’Agroalimentaire (Cta), la Bourse de sous-traitance et de partenariat, le renforcement de l’Anor, la digitalisation des centres de formalités de création d’entreprises qui sont autant d’actions concrètes de l’Union européenne en faveur des Pme camerounaises, ont vu le jour.
Depuis plus de 15 ans, a-t-il souligné, l’Union européenne est aux côtés des Pme camerounaises,« véritables piliers du développement d’une économie vivante et résiliente» pour « renforcer leur compétitivité, améliorer leur accès aux financements et encourager l’innovation ».
On citera dans ce registre la création du Centre technique agroalimentaire (Cta) pour aider les entreprises à transformer localement les produits agricoles avec des standards de qualité élevés; la Bourse de sous-traitance et de partenariat qui connecte les Pme aux grandes entreprises qui favorisent les chaines de valeurs nationales ; le renforcement de l’Agence de la norme et de la qualité (Anor) pour permettre aux produits camerounais d’accéder aux marchés régionaux et internationaux ; la digitalisation des Centres de formalités et de Création d’entreprises (CfCe), pour rendre l’entrepreneuriat plus simple, plus rapide partout au Cameroun.
L’Union européenne a annoncé dans le cadre de sa stratégie « Global Gateway » deux initiatives inédites afin de mobiliser le secteur privé, pour stimuler des investissements dits « intelligents » notamment un « programme d’appui aux chaines de valeurs » pour structurer les investissements autour des filières locales porteuses dont l’objectif est de valoriser les ressources, les compétences et les marchés locaux et attirer les investissements solides au bénéfice des populations, et un « programme d’accélération numérique» à la suite du« Dispositif d’appui à la compétitivité» pour aider les Pme à intégrer les outils digitaux, à se réaliser et à créer dans la durée de nouveaux emplois décents dans l’économie numérique.

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« la répétition des émeutes de 2008 pourrait atteindre des proportions difficilement maîtrisables »

Les incidents survenus au Lycée Technique Bilingue de Nsam, à Yaoundé, et les précédents troubles enregistrés au Lycée Bilingue d’Etoug-Ebe illustrent, selon l’observateur politique Jean-Paul Ntsengue, la capacité d’un incident ponctuel à déclencher une mobilisation collective lorsque les frustrations sociales se sont accumulées.
Dans une tribune intitulée « De la frustration collective à la contestation de l’ordre établi : il suffit d’une étincelle ! », Jean Paul Ntsengue estime que ces événements doivent être considérés comme des signaux d’alerte sur les tensions qui traversent la société camerounaise.
L’auteur rappelle que, dans le cas du Lycée Technique Bilingue de Nsam, des sanctions disciplinaires liées à la coiffure des élèves auraient précédé les violences. À Etoug-Ebe, il évoque une décision de fermeture du portail à 7 heures, qui aurait provoqué la colère d’élèves arrivés en retard avant de s’étendre à une partie plus large de l’établissement.
Lire la tribune de Jean Paul Ntsengue :
DE LA FRUSTRATION COLLECTIVE À LA CONTESTATION DE L’ORDRE ÉTABLI : IL SUFFIT D’UNE ÉTINCELLE !
La plus grande leçon que nous devons retenir des incidents récents au Lycée Technique Bilingue de Nsam à Yaoundé et, il y a quelques années, au Lycée Bilingue d’Etoug-Ebe, c’est la rapidité avec laquelle une étincelle peut entraîner un embrasement général de la société. Dans le premier cas, le renvoi disciplinaire des élèves pour coiffure non conforme a abouti à un drame.
Dans le deuxième cas, la fermeture du portail à 7 h du matin sur ordre du proviseur a déclenché la colère des élèves retardataires puis de l’ensemble des élèves du lycée. Dans les deux cas, les deux proviseures (des dames) ont été prises pour cible, leurs véhicules et d’importantes infrastructures de ces établissements ont été vandalisés.
Ces exemples, auxquels j’ajoute la grande émeute estudiantine de décembre 1987 suite au retard dans le paiement de certaines bourses aux étudiants, sont des indicateurs sérieux qui renseignent sur la fragilité de l’ordre lorsque des frustrations accumulées au sein d’un corps social explosent à l’occasion d’un incident mineur. Car en réalité, tout part inévitablement d’un contexte de frustrations accumulées, d’injustices ressenties, de perte de confiance envers les autorités et d’événements déclencheurs qui transforment le mécontentement latent en mobilisation collective.
Depuis la Révolution française de 1789 aux soulèvements populaires contemporains, notamment la grève actuelle des lycéens en France, l’histoire montre que des événements parfois limités et anodins peuvent provoquer des mouvements d’une ampleur inattendue lorsqu’ils cristallisent des frustrations préexistantes.
Dans le contexte camerounais actuel, de nombreux ingrédients sont disponibles pour nous plonger tous dans « une sauce bien pimentée ». En effet, des scandales touchant la gouvernance, la sécurité nationale et la sûreté de l’État se multiplient devant nos yeux indifférents ou impuissants.
Il est urgent de soigner et de sauver la République car la répétition des émeutes de février 2008, « émeutes de la faim » selon le président Paul Biya lui-même, pourrait atteindre des proportions difficilement maîtrisables dans un contexte de repli identitaire et de contestations politiques.
Jean-Paul Ntsengue
Observateur neutre et indépendant de la scène politique
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
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