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Laurentine Assiga : « Le RJ2C veut autonomiser les professionnels de l’information culturelle »

Quel bilan faites-vous de la 5e édition ?
La 5e édition a mis en lumière l’aire culturelle Fang-Beti. Plus d’une vingtaine de chefs traditionnels ont fait le déplacement, accompagnés de plus de 200 membres de cette communauté. Ils ont même occupé un stand au Village de la Presse Culturelle afin de transmettre leurs savoirs aux visiteurs. Côté participation journalistique, nous avons enregistré plus de 200 candidatures. Pour la première fois, le nombre de finalistes a été porté à 50. Ce choix découle de la volonté de former davantage de journalistes internationaux à des problématiques culturelles. L’Afrique manque cruellement de critiques d’art. Malgré sa richesse culturelle, elle reste marginalisée sur le plan international. Sa culture est souvent racontée par d’autres.
Nous avons donc voulu mobiliser les professionnels de l’information culturelle pour qu’ils racontent l’Afrique avec les mots justes et dans leur essence. L’année dernière, nous avons abordé le thème de la mode africaine. Ce domaine reste souvent traité superficiellement. Lorsque l’on parle de tissus africains, d’autres préfèrent les désigner comme « tissus ethniques », ce qui contribue à les confiner à une image communautaire, peu universelle. C’est une distorsion que nous avons voulu rectifier par une approche approfondie.
Des ateliers ont été organisés, comme celui sur le costume du danseur. Certains portent des points blancs ou noirs, des gorilles, des peaux de panthère. Que signifient ces éléments ? Quelle est leur symbolique ? Le journaliste culturel doit être capable de les décrypter pour le grand public, qui ne voit souvent que de simples accessoires. L’anthropologue Pr François Bingono Bingono est intervenu pour expliquer que les points blancs représentent les yeux, et que la peau de panthère est un symbole de protection spirituelle. Tout talent étant spirituel, il est exposé aux forces obscures qui cherchent à l’étouffer. Il est donc nécessaire de se couvrir pour exercer ce don que Dieu nous a confié et le fructifier comme le demande la foi chrétienne.
Cette thématique est d’autant plus importante que les journalistes européens ou américains, bien qu’intéressés, abordent parfois la culture africaine avec un regard biaisé, influencé par leur propre référentiel culturel. Nous voulons que chacun vienne ici, au Cameroun – véritable Afrique en miniature – pour s’immerger et comprendre en profondeur. Plusieurs ateliers ont été tenus, avec les 50 finalistes, rejoints par des confrères étrangers non finalistes. En tout, environ 150 participants, sans oublier les bénévoles qui nous soutiennent. En les incluant, nous atteignons près de 200 personnes pleinement investies. Nous avons également accueilli la reine Clarisse Belle, qui est venue partager l’histoire du Kaba et du Sandja. C’est essentiel, car bien souvent, nous portons ces vêtements sans en connaître la signification. Cette édition a été riche, retentissante, et véritablement belle.
La 5e édition du Grand Prix Francophilie des Médias s’est imposée comme un rendez-vous majeur dans les sphères culturelles et événementielles du Cameroun. La 6e édition, quant à elle, est placée sous le thème « Architecture ». Pourquoi ce choix, et quel bilan tirez-vous de la précédente édition ?
Pourquoi ce thème ? Parce que l’architecture est considérée comme le premier art. Or, en analysant nos contenus, bien que nous appartenions à des organes de presse généralistes, nous constatons que la question architecturale est quasi absente, à peine 0,001 % de nos productions l’abordent. Elle n’est généralement traitée que lors de la Journée mondiale de l’architecture ou à l’occasion d’événements particuliers comme les 50 ans de l’Ordre national des architectes.
Pourtant, l’architecture est un élément fondamental de l’identité d’un peuple. Quand on se rend chez les Bakas, leur architecture est bien connue. Les Mousgoum ont leur propre style de construction, tout comme les Mandaras. Chaque peuple a ses éléments distinctifs visibles et palpables, et l’architecture en fait partie. C’est ainsi que l’on peut dire : « ici, on est chez les Mousgoum », « ici, chez les Baka », « ici, à Bafou », « chez les Fang-Beti », etc. Nous avons donc estimé que cet héritage ne peut être ignoré. En tant que journalistes culturels, nous avons la responsabilité de le transmettre de génération en génération, notamment à travers des articles de fond.
Revenons à l’actualité, avec cette cinquième édition dont vous êtes en plein dans les préparatifs. Comme la précédente, vous avez mis l’accent sur l’économie des médias culturels. Nous sommes dans un contexte où la presse privée, en général, souffre dans son développement. Quel levier peut-on proposer pour accompagner les journalistes culturels en matière de formation, afin d’optimiser leurs résultats et leur permettre de vivre de ce métier ?
Oui, merci pour la question. C’est justement pour cela que nous avons intégré, au sein de l’événement, une plateforme appelée Le Grand Forum sur l’autonomisation des professionnels de l’information culturelle. En tant que journaliste moi-même, je sais qu’à l’école, on ne nous forme pas à devenir des patrons de presse. On nous forme à être de très bons employés : collecter, traiter, diffuser l’information. On nous enseigne l’appareillage juridique, comportemental et déontologique lié à l’exercice du métier, mais jamais on ne nous dit : « Demain, tu peux être patron de presse. Voici comment chercher des financements, te positionner sur le plan marketing, cibler ton secteur. »
Quand on observe le paysage médiatique camerounais, on constate que plus de 99 % des médias sont généralistes. Pourquoi ? Parce que cela découle directement de cette formation. Si, dès l’école, on nous avait encouragés à nous spécialiser, à choisir une niche précise, on saurait mieux ce qu’on vend. Aujourd’hui, avec une dizaine de chaînes de télévision qui font toutes la même chose, le public se lasse et se tourne vers l’étranger, où il existe des spécialisations.
Pour capitaliser les talents et il y en a au Cameroun, il faut réfléchir. En analysant les profils qui soumissionnent dans le cadre de la Coupe du monde après-culturelle, on constate que près de 60 % sont des freelances. Pourquoi ? Parce que beaucoup ne trouvent pas leur place dans les structures existantes. Et quand on parle de « freelance », on pense souvent à des journalistes en situation de chômage, qui attendent des événements ponctuels pour exercer. Pourtant, leurs productions sont souvent de véritables pépites. Que fait-on de ces talents ? On ne va pas pleurer sur notre sort. Il faut trouver des solutions.
Avec les compétences que nous avons, nous avons décidé de réfléchir sérieusement à l’économie des médias. À l’école, c’était mon cœur de métier, mais je n’ai jamais eu la suite : le management des entreprises de presse. Je me suis dit qu’il fallait révéler cette dimension, chez moi comme chez les autres. Monter une entreprise de presse ne repose pas uniquement sur le talent d’écriture. Il faut aussi des financements, un marché. Et pour cela, il faut comprendre les mécanismes.
Par exemple, pour obtenir un crédit bancaire, on vous demandera des garanties comme un titre foncier, que la plupart des jeunes journalistes n’ont pas. Pourtant, dans d’autres secteurs comme l’agriculture, il existe des prêts à taux zéro, sans garantie. Pourquoi ne pas transposer ces modèles à l’information culturelle ? Nous vendons un produit intellectuel, certes intangible, mais essentiel à la société. Pourquoi ne pas financer la presse à juste titre ?
Nous avons donc réuni autour de la table des partenaires qui, jusque-là, étaient peu sensibles à notre plaidoyer. Ensemble, nous réfléchissons à comment démarrer, ne serait-ce qu’avec deux ou trois start-ups exclusivement dédiées à la culture. À partir de leur expérience, nous pourrons élaborer un modèle économique à proposer aux autres. Cette année, nous poursuivons cette dynamique. Orange Cameroun a décidé de financer un projet à hauteur de 1 million de FCFA. L’Union européenne apporte également 500 000 FCFA pour un autre projet. Ce n’est qu’une étape. L’année prochaine, la cagnotte pourrait grandir, car nous sommes en phase de test. Nous allons mettre en place un système de mentorat sur un an, avec trois volets : un mentorat professionnel, assuré par un aîné expérimenté ; un mentorat juridique, avec un cabinet d’avocats pour accompagner la structuration légale ; et un mentorat financier, avec un mécène ou une institution qui s’engage à soutenir la jeune entreprise.
Ensemble, nous évaluerons la faisabilité, les obstacles et les résultats. Au bout d’un an, nous pourrons dire : « Nous avons investi un million, voici ce que nous avons gagné. » Cela permettra, en 2026, de revenir avec une assiette plus large et des perspectives renforcées.
Au regard de vos explications, peut-on espérer que le Grand Forum soit considéré comme un dispositif concret de mise en place ?
C’est un programme qui va s’étendre sur toute une journée. Nous avons prévu des enseignements, des masterclasses, des ateliers, avec la participation d’aînés comme le Directeur Général de la CRTV. Nous avons articulé tout cela autour d’une thématique : du reporter au boss. Comment faire la transition ? Quel type d’employé faut-il avoir ? Quelle attitude adopter en tant que patron ? Quels sont les fondamentaux, les manœuvres à maîtriser ? Nous aurons également des intervenants issus du marketing, comme Blaise Etoua, qui viendront parler de la structuration d’un plan stratégique pour une entreprise de presse culturelle. Que faut-il vendre ? Quels éléments intégrer ? Est-ce qu’on monte le même dossier qu’une entreprise de vente de beignets, par exemple ?
Nous aurons aussi le partage d’expérience du Directeur Général du Quotidien de Dakar, au Sénégal, qui interviendra sur les plus-values, sur la diversification des sources de revenus. Émile Fidjeck sera également présent. Ce sera une journée intense, axée sur l’apprentissage pratique, sans théorie. Il y aura des études de cas, des échanges directs, et en fin d’après-midi, une battle de pitch : les candidats présenteront leurs projets devant un jury composé de mécènes, de professionnels des médias et de représentants du secteur bancaire.
L’un des points saillants du Grand Prix de la Francophilie est également le village culturel. Peut-on considérer ce village, qui regroupe presque tous les domaines, comme un incubateur pour les industries créatives ?
C’est exactement cela. C’est un espace d’autonomisation, qui montre ce que les journalistes savent faire en plus. Certains sont créateurs de mode, d’autres sont chanteurs, d’autres encore sont artistes dans divers domaines. Le village de la presse culturelle met en lumière cette autre facette de leur talent. C’est aussi un lieu de contact et de communion avec nos sources, qui sont souvent des artistes.
Des échanges auront lieu à travers des talks, des showcases conçus comme des présentations de projets à la presse. Un artiste qui a un projet exclusif encore en gestation viendra le présenter. S’il s’agit de musique, nous organiserons des séances d’écoute ; s’il s’agit de cinéma, des séances de visionnage. Cela permet aux journalistes de repartir avec du contenu exclusif que les autres n’ont pas. On ne vient pas seulement se balader, on vient aussi chercher de l’inédit pour nos lecteurs, nos téléspectateurs, nos auditeurs.

C’est l’un des combats que vous menez depuis la création du Réseau des Journalistes Culturels du Cameroun, dont vous êtes la présidente fondatrice. Vous défendez la presse culturelle et souhaitez la faire grandir. Si un journaliste vous lit ou vous écoute, quel message-clé lui adresseriez-vous pour renforcer son potentiel et asseoir sa légitimité ?
Il doit d’abord se considérer comme un produit de très haute valeur. Selon mon expérience, beaucoup s’affaiblissent à la première critique. Pourtant, je dis que c’est la meilleure spécialisation du monde. Il faut se considérer comme une valeur, car on touche à quelque chose que les autres ne touchent pas. Être sur une scène de live, c’est presque divin. Le journaliste culturel est le transmetteur des héritages des autres. Il est important. Sans lui, tout cela peut disparaître.
Il faut défendre cette valeur, ne pas permettre à n’importe qui de la dénigrer. Avant de se lancer, il faut se poser la question : comment considère-t-on les journalistes culturels ? Aujourd’hui, beaucoup veulent entrer dans ce domaine parce qu’ils ont vu notre travail. On leur a montré que notre sac n’est pas un sac vide, même s’il est modeste, il est rempli de sens.
C’est une question d’état d’esprit. Nous sommes investis d’une mission. Dieu est le premier créateur, et ce que nous voyons dans chaque communauté, ce sont les semences qu’il a déposées. Celui qui les voit est un esprit élevé. Il faut se dire : « J’ai de la valeur. Et si on ne m’en donne pas, j’en crée. » Il ne faut pas attendre que quelqu’un d’autre construise ton secteur. Il faut bousculer les lignes, prendre la machette et débroussailler le terrain.
Beaucoup n’aiment pas l’effort. Ils disent : « On ne m’a pas donné de perdiem. » Mais pourquoi ne pas créer de la plus-value pour qu’on ne vous donne plus 2 000, mais 100 000 FCFA ? Il faut que votre plume vaille ce prix. Il faut se positionner comme un produit, rechercher les codes du marketing pour vous aider. Si on ne vous invite pas, ne venez pas. Ou alors, si vous êtes au courant, venez avec assurance. Ne vous ridiculisez pas à l’entrée. Si vous êtes freelance et qu’on ne vous recrute pas, utilisez votre mur Facebook. Faites vos chroniques, racontez vos voyages, vos immersions culturelles. Très souvent, les jeunes pensent que nous sommes dans des entreprises déjà établies. Non. Il faut être soi-même un créateur de richesses. C’est ça. Pour conclure, je dirais simplement : il est temps de croire en la presse culturelle, de l’investir, de la structurer, et surtout de la considérer comme un levier de développement. Nous avons les talents, les idées, les outils. Il ne reste plus qu’à les mettre en mouvement.
Pour conclure, la France est à l’honneur dans cette émission, notamment pour son modèle de conservation patrimoniale, reconnu mondialement et considéré comme un pilier dans la marche des peuples. Quelles opportunités ce modèle peut-il offrir à l’Afrique, et particulièrement au Cameroun, en matière de tourisme culturel et de valorisation du patrimoine ?
Justement, c’est le modèle économique qu’il faut observer. La France n’a pas de bois, ni de grandes matières premières, si l’on prend le terme dans son sens le plus strict. Ce qu’elle a, c’est sa culture. Ce qu’elle a, c’est son tourisme. Pourquoi la France a-t-elle défini Paris comme capitale mondiale de la mode ? Parce qu’elle a su ancrer cette idée dans l’imaginaire collectif. Et à force d’y croire, le monde entier y croit aussi. Les médias culturels ont été un levier pour changer le regard du monde sur la France. Et vous voyez comment elle investit dans la culture.
Les pays africains, et le Cameroun en particulier, doivent s’inspirer de cela. Il faut regarder comment certains pays génèrent des revenus culturels supérieurs à ceux de l’industrie automobile. Rien que les entrées à la Tour Eiffel rapportent des sommes colossales. Nous, cela fait dix ans que nous organisons la Coupe du Monde de la Presse Culturelle. Il faut donc travailler sur le subconscient collectif.
Les médias français sont présents partout dans le monde, y compris en Afrique : RFI, France 24… Tandis que nos médias publics restent cantonnés au territoire national. Certains ne sont même pas captés dans certaines régions. Il faut réfléchir à cela. On ne peut pas toujours compter sur les recettes des matières premières. Nous avons un soft power puissant, qui ne demande pas d’investissements faramineux. Il faut le reconnaître et l’exploiter.
En matière de conservation, c’est pareil. Ici, on détruit nos cases patrimoniales, nos bâtiments historiques. Un édifice construit en 1800 est rasé pour faire place au béton. Là-bas, ils restaurent. Regardez la cathédrale Notre-Dame de Paris : elle a brûlé, mais ils l’ont reconstruite à l’identique, en allant chercher la même pierre utilisée à l’origine. Nous, on efface tout. Pourtant, ce que les gens viennent voir, ce n’est pas juste le bâtiment, c’est l’histoire qu’il incarne. Le château de Versailles attire des millions de visiteurs parce qu’il raconte une histoire. Qu’est-ce qui nous empêche, nous aussi, de créer des récits ? Certains sont même inventés, mais ils captivent parce qu’ils sont portés par un storytelling fort. C’est une narration, un discours. Et vous entendez souvent le président dire : « Changeons de narratif. » Il faut se valoriser. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place.
Aujourd’hui, au Cameroun, quand quelqu’un mange de l’okok, il dit que c’est « villageois ». Quand il mange du ndolé, il le dévalorise. Mais s’il mange une pizza, il se sent valorisé. Si l’État italien n’avait pas investi dans la presse culturelle pour promouvoir sa gastronomie, nous ne mangerions pas de pizzas ou de spaghettis comme nous le faisons aujourd’hui. Il faut que nos États comprennent les enjeux du pouvoir culturel, du donner et du recevoir.
Aujourd’hui, on parle de « continent », ce n’est pas l’État qui l’a décrété, c’est le peuple qui s’est affirmé. Il faut que l’État saisisse cette opportunité. Il faut investir pour que le monde entier sache que nous sommes un continent. Et cela commence par les mentalités, dans tous les corps de métier concernés : la police, les services de visa, tout doit être facilité pour que les gens puissent venir découvrir notre culture. Il faut des restaurants qui reflètent cette identité, des infrastructures qui incarnent ce statut continental. C’est là que les acteurs culturels doivent être pris au sérieux, et non négligés.
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Kim Kardashian fête ses 46 ans sans Lewis Hamilton : la raison de son absence dévoilée

Kim Kardashian a célébré ses 46 ans entourée de sa famille, mais un invité manquait à l’appel : Lewis Hamilton. L’absence du pilote de Ferrari lors de cette soirée organisée à Beverly Hills a rapidement attiré l’attention des fans. Selon le tabloïd britannique The Sun, le Britannique n’aurait pas pu assister au dîner en raison de ses préparatifs pour le Grand Prix des États-Unis, prévu ce week-end à Austin, au Texas.
D’après des sources citées par le média, la star américaine aurait été déçue de ne pas partager ce moment avec son compagnon, tout en souhaitant qu’il reste concentré sur la compétition. Le couple devait se retrouver au Texas pour passer du temps ensemble après les festivités familiales.
Kim Kardashian organise une soirée intime avec sa famille
Pour cet anniversaire, Kim Kardashian a privilégié une réception privée au restaurant Baldi, situé dans l’hôtel Waldorf Astoria de Beverly Hills. La soirée réunissait notamment ses sœurs Khloé et Kourtney, son frère Rob, sa mère Kris Jenner et sa demi-sœur Kylie Jenner.
L’entrepreneuse avait choisi deux tenues vintage signées Paco Rabanne. Elle est d’abord apparue dans une robe-tunique métallique verte, accompagnée d’un imposant ornement de tête décoré de pierres. Elle a ensuite changé de tenue pour porter une version bordeaux du même modèle.
Le dîner comprenait quatre services et deux gâteaux d’anniversaire, dont l’un était recouvert de framboises. Les images partagées sur les réseaux sociaux montraient une table élégamment dressée, avec des compositions florales et des verres de vin.
La présence de Rob Kardashian aurait également compté pour sa sœur. Peu présent dans la vie publique, il apparaît rarement lors des événements médiatisés de la famille.
Pourquoi Lewis Hamilton a-t-il manqué l’anniversaire ?
Selon les informations de The Sun, Lewis Hamilton était retenu par sa préparation au Grand Prix des États-Unis. Le rendez-vous de Formule 1 se déroule du 23 au 25 octobre 2026 sur le circuit des Amériques, à Austin, comme le confirme le calendrier officiel de la discipline.
Une source citée par le tabloïd affirme que Kim Kardashian devait rejoindre le pilote au Texas pour assister à la course et qu’ils comptaient organiser une célébration plus discrète tous les deux. Cette version repose toutefois sur des sources anonymes : ni le média ni les proches cités ne donnent de déclaration directe de Lewis Hamilton expliquant son absence.
Le week-end de course représente une échéance importante pour le pilote britannique, qui évolue chez Ferrari. Les essais et les qualifications précèdent le Grand Prix prévu dimanche 25 octobre.
Kris Jenner rend hommage à sa fille sur Instagram
Avant le dîner, Kim Kardashian aurait commencé sa journée avec ses quatre enfants dans sa résidence de Hidden Hills. Plusieurs médias ont rapporté qu’elle tient à partager ce moment avec eux chaque année, notamment pour découvrir les cartes qu’ils lui préparent.
Sa mère, Kris Jenner, lui a également consacré un message sur Instagram. Elle y a salué les accomplissements de sa fille, son investissement auprès de ses proches et son rôle de mère.
« Tu es une maman incroyable, et voir à quel point tu aimes tes enfants me rend tellement heureuse », a notamment écrit Kris Jenner dans son hommage.
De son côté, Kourtney Kardashian a partagé plusieurs images de la soirée, tandis que le styliste de Kim, Dani Levi, a publié des vidéos montrant la décoration et les tables du restaurant.
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MARCHÉ FINANCIER : La CEMAC supprime le plafond de 20 milliards de FCFA sur les placements privés

À compter du 1er novembre 2026, les entreprises pourront mobiliser des capitaux sans limitation de montant auprès d’un cercle élargi d’investisseurs qualifiés. Adoptée le 7 octobre à N’Djamena à l’initiative de la COSUMAF, la réforme vise à faciliter le financement des investissements dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. Son efficacité dépendra toutefois de la capacité des émetteurs à convaincre les investisseurs.
Le marché financier de l’Afrique centrale s’apprête à connaître une importante évolution réglementaire. À partir du 1er novembre 2026, les entreprises, établissements financiers et autres émetteurs pourront lever des fonds par placement privé sans être soumis au plafond de 20 milliards de FCFA jusque-là applicable sur une période de douze mois. Le nombre maximal d’investisseurs autorisés à participer à ces opérations passe également de 40 à 99.
Ces changements résultent du règlement n° 03/CEMAC/UMAC/CM/COSUMAF, adopté le 7 octobre 2026 à N’Djamena, au Tchad, par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC). Pris sur proposition de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF), après avis conforme du conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), ce texte modifie les dispositions du règlement du 21 juillet 2022 relatives aux placements privés.
L’objectif est de permettre aux entreprises de mobiliser davantage de capitaux directement auprès des investisseurs, sans nécessairement passer par les circuits traditionnels du crédit bancaire ou par un appel public à l’épargne. Le placement privé consiste à proposer des titres financiers, notamment des obligations, à un groupe déterminé d’investisseurs disposant des compétences et des ressources nécessaires pour apprécier les risques de l’opération.
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La réforme répond, selon les considérants du nouveau règlement, à « l’importance croissante des besoins de financement des économies de la CEMAC et les contraintes pesant sur les finances publiques ». Les autorités monétaires entendent ainsi faire du placement privé un instrument de mobilisation de l’épargne institutionnelle au profit des investissements productifs. Le texte le présente comme « un levier stratégique de financement de l’économie réelle », notamment dans les infrastructures, l’énergie, l’industrie, l’agro-industrie et les services.
DES ÉMISSIONS SANS PLAFOND, MAIS UN ACCÈS ENCADRÉ
La suppression du plafond constitue la principale innovation. « Les opérations de placement privé ne sont soumises à aucune limitation de montant », dispose désormais l’article 88 du règlement. Une entreprise pourra donc, en principe, rechercher 30, 50 ou 100 milliards de FCFA auprès d’investisseurs qualifiés, sans être obligée de recourir à un appel public à l’épargne du seul fait du montant recherché.
Cette liberté s’accompagne néanmoins de nouvelles conditions. Un même émetteur ne pourra réaliser plus de deux placements privés sur une période glissante de 24 mois. Les opérations devront également être effectuées avec le concours d’un ou de plusieurs intermédiaires de marché agréés par la COSUMAF, notamment les sociétés de bourse chargées de structurer les émissions et de rechercher les souscripteurs.
Le règlement élargit parallèlement le cercle des investisseurs. Alors que l’ancien dispositif limitait leur nombre à 40, le nouveau autorise jusqu’à 99 investisseurs qualifiés par opération. Il fixe également une souscription minimale de 10 millions de FCFA par investisseur. Auparavant, la réglementation imposait une valeur nominale minimale de 50 millions de FCFA par titre, une exigence juridiquement différente de celle désormais retenue.
L’assouplissement ne signifie cependant pas que les placements privés deviennent accessibles à tous les épargnants. Les banques, compagnies d’assurance, fonds d’investissement, organismes de placement collectif, institutions de prévoyance sociale, caisses de retraite et institutions de financement du développement constituent les principales catégories d’investisseurs qualifiés de plein droit.
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Les personnes physiques pourront également accéder à ce statut, sous réserve de justifier notamment d’un patrimoine net d’au moins 50 millions de FCFA et de compétences financières adaptées. Pour les personnes morales ne bénéficiant pas automatiquement de cette qualification, le seuil de capitaux propres est fixé à 250 millions de FCFA, auquel s’ajoutent des exigences relatives à l’appréciation des risques.
Cette ouverture pourrait permettre à de nouveaux investisseurs privés, notamment des entrepreneurs et des holdings disposant de ressources importantes, de participer au financement des entreprises régionales.
La réforme ouvre également le marché régional aux émetteurs établis hors de la CEMAC, sous réserve du respect de la réglementation des changes. Certaines procédures pourront être accélérées lorsque les pays concernés disposent d’accords de coopération avec la BEAC ou la COSUMAF.
Sur le plan réglementaire, les opérations resteront soumises à un enregistrement auprès de la COSUMAF. Le texte précise cependant que cet enregistrement constitue un contrôle formel de conformité et ne vaut pas approbation des conditions économiques et financières de l’émission. Les investisseurs conserveront donc la responsabilité d’apprécier les risques des titres proposés.
LA BVMAC APPELÉE À FACILITER LA REVENTE DES TITRES
Autre innovation, la réforme modifie les conditions de cession des titres acquis lors des placements privés. Jusqu’ici, leur revente était limitée aux investisseurs qualifiés initialement sélectionnés pour l’opération. Désormais, les détenteurs pourront céder leurs titres à d’autres investisseurs qualifiés, même si ceux-ci n’ont pas participé à l’émission.
Ces transactions devront toutefois s’effectuer obligatoirement sur un compartiment dédié de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Cette disposition confère à la Bourse régionale un rôle supplémentaire dans l’organisation des échanges de titres issus des placements privés.
L’enjeu est important. La possibilité de revendre un titre avant son échéance peut constituer un argument pour convaincre les investisseurs de souscrire à des financements de longue durée. Mais l’existence d’un marché secondaire organisé ne garantit pas, à elle seule, la présence d’acheteurs ni la liquidité des titres.
UN NOUVEAU LEVIER POUR LES ENTREPRISES CAMEROUNAISES ?
Au Cameroun, plusieurs entreprises ont déjà utilisé les placements privés pour financer leurs activités. Selon l’historique présenté dans sa note d’information de 2025, le crédit-bailleur Alios Finance Cameroun a réalisé quatre opérations de cette nature en 2007, 2008, 2023 et 2025, pour des montants recherchés respectifs de 2 milliards, 3 milliards, 5 milliards et 4 milliards de FCFA.
En 2025, NSIA Assurances Cameroun a également engagé une opération de placement privé de 2 milliards de FCFA. Comme celle d’Alios Finance, elle a été présentée à la COSUMAF par Société Générale Capital Securities Central Africa, illustrant le rôle des intermédiaires agréés dans la structuration de ces financements.
Avec la nouvelle réglementation, des entreprises industrielles, agroalimentaires, énergétiques ou financières pourraient envisager des levées de capitaux d’une ampleur supérieure. Les banques et les compagnies d’assurance pourraient, de leur côté, trouver dans ces émissions de nouvelles possibilités de placement de leurs ressources.
Toutefois, la suppression des restrictions réglementaires ne suffira pas à provoquer une multiplication automatique des opérations. Les entreprises devront présenter des projets financièrement viables, des états financiers crédibles et des garanties de remboursement suffisamment solides pour convaincre les investisseurs.
De leur côté, les banques, assureurs et fonds d’investissement devront tenir compte de leurs contraintes prudentielles, de leurs besoins de liquidité et des risques associés aux émetteurs. La disponibilité de capitaux ne signifie donc pas nécessairement qu’ils seront investis dans les titres proposés.
Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 22/10/2026
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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ?
L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.
1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays
L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.
2. Fonctionnement et masse salariale
En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’Etat ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).
3. Les détournement de deniers publics en hausse
Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalé et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.
Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun. L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers.
Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite ! Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP).
Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.
Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.
4. Les soldes engagées non décaissées
L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.
Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice.
Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants. Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.
En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense.
Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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