Le ton est monté d’un cran dans l’entourage du président Paul Biya. Grégoire Owona, ministre camerounais du Travail et porte-parole du RDPC, n’a pas mâché ses mots ce mercredi à l’encontre des deux ministres ayant récemment claqué la porte du gouvernement.
« Ils n’ont pas fait grand-chose »
Dans une déclaration cinglante, Owona a taclé ces transfuges qui « jouissent de la liberté garantie par le président Biya » tout en participant « à la dynamique politique et démocratique ». Mais le ministre veut rappeler une évidence : « Ils savent pertinemment qu’ils devront d’abord rendre compte du pouvoir qui leur a été confié pendant près de 30 ans. »
Et le bilan, selon lui, est sans appel : « Ils n’ont pas fait grand-chose avant de parler de leur programme politique. » Une pique qui ne passe pas inaperçue dans les couloirs du pouvoir.
Un électorat toujours fidèle au RDPC ?
Sans s’émouvoir de ces défections, Owona a tenu à rassurer les partisans du régime : « Le président Biya dispose d’un électorat fidèle dans toutes les régions, y compris le septentrion. » Un message clair à l’adresse de ceux qui penseraient que ces démissions pourraient fragiliser le parti au pouvoir.
« Le RDPC et son président continuent de travailler sereinement », a-t-il martelé, comme pour couper court à toute spéculation sur une éventuelle crise interne.
Entre démocratie et règlement de comptes
Si Owona reconnaît le droit à ces personnalités de quitter le navire, son discours laisse entendre que leur parcours ne sera pas sans embûches. Sous-entendu : après des décennies passées au sein du système, ils ne pourront pas faire table rase du passé.
Une manière de rappeler que, dans la politique camerounaise, les comptes se règlent souvent bien au-delà des simples joutes verbales.














