Un nouveau drame familial secoue le Cameroun : une mère est accusée d’avoir battu à mort sa fille de 7 ans sous prétexte de la punir. Une affaire qui relance l’alerte sur les violences faites aux enfants.
À Buea, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, une femme de 32 ans prénommée Victory a été placée en garde à vue après la mort tragique de sa fille, âgée de seulement 7 ans. La fillette, Shama Bright, aurait succombé à des coups portés par sa propre mère, qui évoque une punition « disciplinaire » ayant mal tourné.
Un déchaînement de violence au prétexte d’un « comportement têtu »
D’après la chaîne publique CRTV Sud-Ouest, les faits se sont déroulés lundi 23 juin 2025. La mère aurait infligé à sa fille un passage à tabac durant près d’une demi-heure, sous le motif que l’enfant aurait « déféqué au mauvais endroit » et qu’elle était « trop têtue ».
Lorsque Victory constate que sa fille ne réagit plus, elle l’emmène d’urgence dans une clinique de quartier. L’état de la fillette étant critique, elle est transférée à l’hôpital régional de Buea. Mais il est déjà trop tard : Shama est déclarée morte à son arrivée.
Son corps repose désormais à la morgue de l’hôpital, tandis que l’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes du drame. La suspecte, elle, reste en détention provisoire.
Une affaire de maltraitance d’enfant qui indigne l’opinion
Le cas de Shama vient s’ajouter à une série inquiétante de violences graves sur des mineurs à travers le pays. Rien qu’au cours des dernières semaines, plusieurs affaires similaires ont secoué l’opinion camerounaise.
À Yaoundé, un père a récemment été arrêté pour le meurtre présumé de son propre enfant. À Douala, une mère et son fils aîné sont poursuivis pour avoir tué une fillette qu’ils avaient sous leur responsabilité.
Mais à Buea, c’est la brutalité des faits et le jeune âge de la victime qui choquent particulièrement. Pour de nombreux citoyens, la violence domestique atteint un seuil intolérable.
Appel à renforcer les lois de protection de l’enfance
Face à cette vague de maltraitance d’enfant, les défenseurs des droits humains montent au créneau. ONG, associations de protection de l’enfance et citoyens dénoncent un manque criant de prévention, mais aussi de répression efficace.
Ils réclament une application stricte des lois existantes sur la protection de l’enfance, souvent contournées ou ignorées, ainsi que des campagnes de sensibilisation plus larges pour mettre fin à l’impunité des violences intrafamiliales.
L’affaire de Buea, encore en cours d’instruction, sera scrutée de près dans les jours à venir. Elle illustre une réalité douloureuse : pour de nombreux enfants au Cameroun, le danger ne vient pas de l’extérieur, mais bien de l’intérieur du foyer.














