Un homme d’une quarantaine d’années est actuellement hospitalisé dans un état critique à l’hôpital annexe de Mbingo, après avoir été retrouvé sauvagement battu le 21 mai le long de la route près du poste de sécurité publique à Santa, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun.
Selon des sources proches, cet agriculteur, père de quatre enfants et résident de la zone, avait été vu pour la dernière fois la veille. Il s’était rendu à son champ le 20 mai et serait rentré chez lui vers 16 heures. Plus tard dans la soirée, il aurait quitté son domicile pour se rendre aux lieux dits “the squares”, un espace souvent utilisé pour les cérémonies locales.
C’est au petit matin qu’il a été retrouvé au bord de la route, grièvement blessé. “Il semblait avoir été frappé aux pieds et à la tête”, a confié un témoin présent sur les lieux.
Une agression encore inexpliquée
À ce stade, l’identité des agresseurs reste inconnue, tout comme les raisons de l’attaque. Aucun groupe n’a revendiqué l’agression, et les circonstances exactes n’ont pas encore été éclaircies. Les autorités espèrent pouvoir interroger la victime une fois son état stabilisé, afin de mieux comprendre ce qui s’est passé.
Cet événement s’inscrit dans un climat de tension permanente dans la région du Nord-Ouest, où l’insécurité est devenue le quotidien de nombreuses familles, en particulier dans les zones rurales comme Santa.
Un contexte toujours marqué par la crise anglophone
Depuis la fin de l’année 2016, la crise anglophone secoue la région. Ce qui avait commencé comme des manifestations pacifiques de professeurs et d’avocats anglophones pour réclamer des réformes s’est transformé en conflit armé entre groupes séparatistes et forces de sécurité. Depuis, les civils sont souvent pris au piège entre les deux camps. Enlèvements, agressions et meurtres sont devenus tristement fréquents.
Santa, comme beaucoup d’autres localités rurales du Nord-Ouest, reste confrontée à un manque criant de sécurité et de moyens de protection. La peur s’est installée dans le quotidien des habitants, qui tentent malgré tout de vivre normalement.
Des questions sans réponse
Pour le moment, aucune déclaration officielle n’a été faite par les autorités locales. L’hôpital de Mbingo, où le blessé est soigné, n’a pas communiqué sur son état de santé. La communauté espère désormais qu’il se rétablira assez pour pouvoir parler et ainsi permettre aux enquêteurs de retrouver les responsables.
En attendant, ce nouvel épisode de violence vient rappeler une fois de plus la vulnérabilité des civils dans cette région en crise, où l’instabilité continue de peser lourdement sur les vies quotidiennes.















