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Logistique : AGL annonce un plan d’investissement de 12 milliards de FCFA au Cameroun en 2025, en hausse de 71%

(Investir au Cameroun) – Selon Thibaut Lamé, le directeur général de la filiale au Cameroun d’Africa Global Logistics, groupe de logistique né du rachat, en 2022, des actifs africains du groupe Bolloré dans la logistique par l’Italo-suisse MSC, ce spécialiste de la logistique envisage d’investir une enveloppe de 12 milliards de FCFA au Cameroun en 2025. A en croire le responsable d’AGL, qui a révélé ce chiffre en marge de la cérémonie de mise en service de dix nouveaux camions porte-conteneurs sur la plateforme logistique de Kribi, le 8 mai 2025, ce plan d’investissement est en hausse de 71% en glissement annuel, par rapport aux sept milliards de FCFA d’engagements de l’année 2024.
Sur cette enveloppe, plus de 4 milliards de FCFA sont actuellement investis dans les travaux d’extension et l’équipement (camions, équipements de manutention des conteneurs, etc.) de la plateforme logistique de Kribi, inaugurée en 2022 dans la zone industrialo-portuaire de la cité balnéaire de la région du Sud du Cameroun. Avec 10 000 m2 de surfaces pavées et 3000 m2 d’entrepôts supplémentaires – en plus des 7700 m2 de pavés et 6000 m2 d’entrepôts déjà existants – le Kribi Logistics Hub devrait pouvoir répondre à la montée en puissance du port en eau profonde de Kribi. En effet, le 2è terminal à conteneurs de cette plateforme portuaire a été officiellement mis en service le 9 mai 2025, induisant le triplement des capacités de traitement des conteneurs, qui passent de 300 000 à environ un million chaque année.
En dehors des investissements sur sa plateforme logistique de Kribi, le groupe AGL entend se lancer cette année dans ce que Thibaut Lamé appelle «la régionalisation des solutions logistiques». Pour ce faire, apprend-on, il est prévu la construction d’une plateforme logistique à Ngaoundéré, dans la partie septentrionale du Cameroun. Les travaux de construction de cette nouvelle infrastructure, dont le coût n’a pas été révélé, s’intègrent, apprend-on, dans le projet de construction du porc sec de Ngaoundéré, porté par l’Etat du Cameroun.
«A Ngaoundéré, nous avons ce que nous appelons une rupture de charges, du fait de la fin de la ligne de chemin de fer– un projet d’extension jusqu’à Ndjamena, au Tchad, est en gestation depuis environ une décennies, NDLR – Ce qui induit un besoin de capacités de stockage – notamment pour les marchandises en transit pour le Tchad, NDLR », explique le DG d’AGL Cameroun, qui projette le début des travaux au 2e semestre 2025, pour une durée de huit à 12 mois.
Un projet similaire est en gestation dans la ville de Belabo, dans la région forestière et minière de l’Est du Cameroun. Cette infrastructure, apprend-on officiellement, devrait permettre de répondre à la demande d’infrastructures de traitement et de stockage des bois débités – dans la perspective de l’interdiction des exportations de grumes prévue au plus tard en 2028 dans la zone Cemac – des exploitants forestiers en activité au Cameroun et en République centrafricaine.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
| 12-05-2025 - Infrastructures : le port de Kribi triple ses capacités en 7 ans, grâce à la mise en service du 2e terminal à conteneurs | |
| 05-12-2024 - AGL Cameroun : plus de 5 milliards FCFA investis en 2024 pour moderniser ses équipements | |
| 24-10-2024 - Port de Kribi : 70 milliards de FCFA d’investissements pour exploiter le 2e terminal à conteneurs |
| 09-06-2022 - Bolloré inaugure la première plateforme logistique de Kribi, d’un montant de 7 milliards de FCFA |
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pourquoi ses détracteurs sont-ils soudainement silencieux ?

Le retrait de Maurice Kamto de la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) continue d’alimenter les débats sur l’avenir de l’opposition camerounaise. Dans une tribune, le journaliste et analyste politique Charles Armel Mbatchou estime que ce départ doit désormais pousser les autres formations politiques à s’interroger sur leur propre capacité à préparer l’alternance.
Maurice Kamto a annoncé le 8 septembre sa démission de la présidence du MRC, avec effet immédiat, tout en indiquant rester membre du parti. Pour Charles Armel Mbatchou, cette décision constitue une occasion de mesurer la place occupée par l’ancien président du MRC dans le débat politique national.
« Si Maurice Kamto était réellement le problème de l’opposition camerounaise », s’interroge-t-il, « où sont désormais ceux qui faisaient de son action leur principal sujet de critique ? »
Lire la tribune de Charles Armel Mbatchou :
MAURICE KAMTO PART, ET SOUDAIN… LE BRUIT POLITIQUE S’ÉTEINT : OÙ SONT PASSÉS LES « VRAIS OPPOSANTS » DU CAMEROUN ?
Il faut parfois couper le courant pour comprendre quels appareils fonctionnaient réellement… et lesquels ne faisaient que produire des étincelles.
Pendant des années, Maurice Kamto a été présenté par une partie de l’opinion comme « le malheur de l’opposition camerounaise », celui qui diviserait, affaiblirait ou empêcherait l’alternance. Il a été attaqué, caricaturé, insulté. Ses choix politiques ont été disséqués jusque dans les bars, les studios, Facebook, TikTok et les plateaux du dimanche.
Mais le 8 septembre 2026, le Pr Maurice Kamto a annoncé sa démission de la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), avec effet immédiat, tout en restant membre du parti.
Et depuis ? Silence.
Si Maurice Kamto était réellement le problème de l’opposition camerounaise, pourquoi son retrait provoque-t-il cette impression de panne dans l’écosystème politique et numérique qui le combattait quotidiennement ?
Où sont les débats ?
Où sont les grandes démonstrations ?
Où sont ceux qui expliquaient matin midi soir et chaque dimanche que Kamto était l’obstacle principal à l’alternance ?
Où sont ceux qui faisaient de son nom leur carburant politique quotidien ?
Le moteur tourne-t-il encore sans lui ?
COMMENT COMPRENDRE QUE L’ALTERNANCE EST RÉCLAMÉE AU POUVOIR, MAIS RAREMENT PRATIQUÉE À L’INTÉRIEUR DES PARTIS
On réclame l’alternance à l’État.
Très bien.
Mais où est l’alternance dans les partis eux-mêmes ?
Le RDPC a un président national : Paul Biya.
Il est à la tête du RDPC depuis sa création, le 24 mars 1985, après la transformation de l’UNC en RDPC. Les sources officielles du parti et de la présidence le confirment.
Paul Biya est par ailleurs président de la République depuis 1982.
Cela signifie que le même homme cumule depuis des décennies la direction du parti au pouvoir et la fonction présidentielle.
Ce n’est pas une opinion.
C’est un fait institutionnel.
ET L’OPPOSITION ?
Prenons quelques exemples.
Bello Bouba Maïgari dirige l’UNDP depuis les débuts du parti au début des années 1990. Son propre site biographique indique qu’il est devenu président de l’UNDP lors du congrès de Garoua des 4-5 janvier 1992.
Issa Tchiroma Bakary dirige le FSNC depuis la création de cette formation en 2007. Le site officiel du parti le présente toujours comme son président national.
Il faut donc poser une question simple, presque élémentaire : Comment peut-on exiger une alternance nationale tout en considérant l’alternance interne comme une menace ?
CEUX QUI INSULTAIENT KAMTO DOIVENT MAINTENANT RÉPONDRE À UNE QUESTION
Pendant des années, certains ont expliqué que Kamto était le problème.
Très bien.
Maurice Kamto n’est plus président du MRC.
Alors maintenant, faisons fonctionner la machine.
Sans lui.
Sans son nom.
Sans ses déclarations.
Sans ses sorties.
Sans son visage.
Sans cette opposition permanente autour de sa personne.
Qu’avez-vous à proposer ?
Quel est votre programme ?
Quel est votre candidat ?
Quelle est votre stratégie ?
Quelle génération allez-vous faire émerger ?
Quel président de parti acceptera de préparer publiquement sa propre succession ?
Quel dirigeant acceptera de dire : « Après moi, un autre. »
Voilà le vrai examen.
LA TOILE AUSSI DOIT SE REGARDER DANS LE MIROIR
Il y a quelque chose de profondément révélateur dans l’agitation des réseaux sociaux.
Kamto alimentait énormément la conversation politique.
Ses prises de position provoquaient des réactions.
Ses adversaires lui répondaient.
Ses partisans le défendaient.
Ses détracteurs l’attaquaient.
Les influenceurs commentaient.
Les analystes analysaient.
Les internautes s’invectivaient.
Bref : le courant passait.
Aujourd’hui, ceux qui avaient fait de Kamto leur sujet permanent doivent démontrer qu’ils possèdent une alimentation autonome.
Sinon, le diagnostic est brutal : ils n’étaient pas des producteurs d’idées ; ils étaient des consommateurs de Kamto.
ALORS, OÙ SONT LES VRAIS OPPOSANTS ?
C’est ma question.
Je les cherche.
Je cherche ceux qui expliquaient hier que Kamto était le problème.
Je cherche ceux qui prétendaient posséder la solution.
Je cherche ceux qui promettaient l’alternance.
Je cherche les jeunes qu’ils sont prêts à laisser prendre les commandes.
Je cherche les dirigeants capables de dire :
« Mon temps est terminé. Place à la relève. »
Je cherche les partis capables de prouver que leur démocratie ne s’arrête pas à la porte de leur siège national.
Et surtout, je cherche ceux qui, désormais que Maurice Kamto s’est retiré de la présidence du MRC, vont enfin parler de leurs propres projets plutôt que de lui.
Parce qu’une chose est désormais certaine : si la disparition d’un homme du centre du débat suffit à éteindre le débat, alors le problème n’était peut-être pas seulement Kamto.
Peut-être que le problème, c’était le circuit.
Et maintenant que le courant est coupé, il faut inspecter toute l’installation.
Où sont donc les vrais opposants du Cameroun ?
Où sont-ils ?
Je les cherche en attendant que les maîtres à penser envoient des messages WhatsAp groupés qu’on viendra lire sans assumer sur les panels TikTok et plateau du dimanche…
Charles Armel MBATCHOU
Journaliste engagé – Analyste politique et chroniqueur – Historien d’art
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