La scène aurait pu tourner au drame. Dans la nuit d’avant-hier à l’hôtel Prestige de Yaoundé, une réunion entre patrons de presse a viré au pugilat, puis à la menace armée. Une histoire qui en dit long sur les tensions qui règnent dans le milieu médiatique camerounais.
Tout commence avec une invitation mal digérée. Vendredi dernier, plusieurs directeurs de publication avaient été convoqués au Palais de l’Unité par Charles Atangana Manda, ancien cadre reconverti en « personnel d’appui » de la présidence. Mission : récupérer des cartons d’invitation pour le défilé du 20 mai. Problème : après des heures d’attente, ils auraient été reçus « comme des clochards » vers 21h, sans les habituelles « mesures d’accompagnement ».
L’affaire ayant été médiatisée, Atangana Manda organise une nouvelle rencontre à l’hôtel Prestige pour faire taire le scandale. C’est là que les choses dérapent. Selon nos sources présentes sur place, Raymond Mekamba, directeur de publication se présentant comme « proche de Samuel Mvondo Ayolo et neveu du président », aurait multiplié les propos « méprisants et condescendants ».
Brice Ngaba, autre patron de presse connu pour son franc-parler, n’aurait pas supporté ces rodomontades. La réponse fuse : « Mekamba, tu es journaliste ? Tu peux écrire une phrase ? Tu n’es qu’un parvenu, un imposteur ! » La tension monte d’un cran. Dans la bousculade qui s’ensuit, les boutons de chemise du « DP d’État » volent en éclats.
C’est alors que la situation bascule dans l’horreur. Mekamba, excédé, se précipite vers son véhicule pour en sortir… une arme à feu ! La scène tourne court grâce à la fuite opportune du patron du « Pélican », évitant peut-être le pire.














