Le projet CSTAR, censé renforcer la sécurité énergétique du Cameroun, est déjà au cœur d’une vive polémique. Derrière cette initiative lancée par laSociété Nationale des Hydrocarbures (SNH), Tradex et un partenaire marocain peu connu,Ariana Rcg,Akere Munavoit surtout une nouvelle tentative de mainmise opaque sur les ressources pétrolières du pays.
Un projet lancé dans la discrétion, mais qui soulève des doutes
CSTAR, officiellement présenté comme un dépôt stratégique destiné à stocker jusqu’à 250 000 tonnes de carburant au port de Kribi, a été lancé le 25 avril 2024 à Dubaï. À première vue, il s’agit d’un projet utile pour sécuriser l’approvisionnement régional. Maisplusieurs zones d’ombre viennent entacher cette initiative, à commencer par l’absence totale d’appel d’offres public.
Autre point qui fait grincer des dents :la nomination de Nathalie Moudiki, épouse du directeur général de la SNH,Adolphe Moudiki, à la tête du conseil d’administration de CSTAR. PourAkere Muna, avocat et ancien candidat à la présidentielle, c’est un mélange des genres inquiétant : « On nous refait le coup de la gestion entre soi, sans aucune transparence. »
Un parfum de déjà-vu, comme avec le scandale Glencore
Très engagé contre la corruption, Akere Muna n’a pas manqué de rappeler le scandaleGlencore, dans lequel des responsables avaient bradé le pétrole camerounais en échange de pots-de-vin. Il craint que CSTAR ne reproduise le même schéma : « Qui sont les véritables bénéficiaires de ce projet ? Pourquoi aucune vérification indépendante ? », s’interroge-t-il.
Le choix du consortium Ariana Rcg, quasi inconnu dans le domaine énergétique, intrigue aussi. Pour Muna, tout cela manque de clarté et laisse penser que des intérêts privés tirent les ficelles en coulisses.
Une gouvernance trouble qui alimente la défiance
Selon Akere Muna,la gestion des hydrocarbures au Cameroun est depuis trop longtemps le terrain de jeux d’une élite proche du pouvoir, aux dépens des citoyens. La SNH, entreprise publique, est accusée de fonctionner comme unestructure parallèle, où les règles de transparence sont systématiquement contournées. Tradex, sa filiale, n’échappe pas non plus aux critiques.« CSTAR risque juste de devenir une nouvelle machine à détourner de l’argent public, comme on l’a vu avec Glencore », prévient-il.
Un projet lancé en pleine crise sociale
Cette affaire éclate dans un contexte tendu : les pénuries de carburant se multiplient, les prix explosent, et la colère monte dans les rues. Pour Akere Muna,la priorité aujourd’hui, ce n’est pas de lancer des projets flous, mais de réformer en profondeur la gestion des ressources naturelles, avec plus de transparence et une vraie participation citoyenne.
Alors que la présidentielle d’octobre 2025 approche, CSTAR pourrait bien devenirun symbole fort des dérives actuelles. Et avec la société civile qui commence à se mobiliser, ce projet controversé pourrait peser lourd dans le débat politique à venir.














