Plus de 200 passagers retenus pendant des heures par des combattants présumés ambazoniens : une nouvelle attaque qui illustre l’insécurité persistante dans la région du Nord-Ouest.
La peur a de nouveau gagné les voyageurs sur l’axeBamenda–Mbengwi, ce mardi 22 avril. Aux alentours de12h30, un grouped’hommes armés, soupçonnés d’être des séparatistes ambazoniens, a surgi de la forêt d’eucalyptus près d’Alabukam, interceptantprès de 30 véhicules.
Selon des témoins sur place, plus de200 passagers ont été retenus en otagependant environ cinq heures. Les assaillants les ont forcés à s’asseoir à même le sol, certains ont étébattus à coups de bâton, avant que chaque personne ne soit contrainte de verser unerançon de 10 000 FCFA.
Une opération d’extorsion bien rodée
Malgré la violence de la scène,aucun enlèvement n’a été signalé, etaucun véhicule n’a été volé. D’après l’un des passagers, les séparatistes ont même fini parrendre les téléphonesqu’ils avaient d’abord confisqués.
« Ils étaient là uniquement pourextorquer de l’argentaux gens. On a dû leur donnerau moins deux millions de francs CFAau total », raconte une victime, encore sous le choc.
Une insécurité qui n’en finit pas
PourUbango Helle, maire de la commune d’Andek, cette attaque n’est qu’un exemple de plus duclimat d’insécurité permanent qui règne dans la région. Lors de la session de mars 2025 de l’Assemblée régionale du Nord-Ouest, il n’a pas mâché ses mots.
« Il y a des zones où la crise frappe encore très fort, malgré les efforts de nos forces de sécurité. Cela faitpresqu’un anque la route officielle entre Alabukam et Mbengwi esttotalement bloquée», a-t-il déclaré.
Aujourd’hui, mêmeles résidents du quartier ne peuvent plus circuler librement. Certains enfants ne vont plus à l’école. Et beaucoup d’habitants ont dûabandonner leur activité professionnelle.
Un commerçant de Mbon, désormais mototaximan à Bamenda, témoigne : « J’ai dû fermer ma boutique, car je ne pouvais plus transporter mes marchandises. La route alternative qui passe parBaliest en mauvais état et coûte trop cher. »
Un axe stratégique devenu impraticable
La routeAlabukam–Mbengwiest devenue unpoint chauddepuis2021, quand des séparatistes de l’Ambazonia Defense Forcesont commencé àinterdire l’accès à cet axe. Une brève réouverture en début d’année 2024 avait laissé espérer un retour à la normale, mais les combattants ontrapidement rebloqué la route, sans explication.
Les populations avaient alors recommencé àemprunter la piste passant par Bali, jusqu’à cenouvel assaut du 22 avrilqui a de nouveau semé la panique.
Les autorités locales appellent à l’action
Face à la montée des tensions, desvoix s’élèvent pour réclamer une réponse claire. Les responsables locaux appellent l’État àrenforcer la présence militaireet àsécuriser les axes routiersstratégiques pour permettre aux habitants de vivre et de circuler librement.














