Alors que les hôpitaux manquent de matériel, que les profs attendent des mois leurs salaires et que les poubelles s’entassent dans les rues, un énorme coup de tonnerre secoue le pays. On vient de découvrir que l’État camerounais a laissé filer près de1000 milliards de FCFA en avantages fiscaux accordés à des entreprises privées, selon le lanceur d’alerte Boris Bertolt. Au cœur du scandale : la société Africa Food Invest, dirigée par l’homme d’affaires Evariste Helle.
Quand les exemptions douanières nourrissent les inégalités
Pendant que la population serre les dents, le groupe Africa Food Invest – connu pour son riz Broli – profite depuis 2022 d’un passe-droit hallucinant : réduction massive de taxes, contrôles fiscaux « oubliés », exonérations sur des produits de consommation courante. Résultat ?30 milliards de FCFA par anqui ne rentrent pas dans les caisses de l’État. Sur trois ans, ça fait déjà 100 milliards perdus.
Mais le pire, c’est que ces avantages sabotent l’économie locale. « C’est un coup de poignard dans le dos des producteurs camerounais », dénonce le patron du GECAM (Groupement des Entreprises du Cameroun). Comment justifier des exemptions pour des produits… qu’on fabrique ici ? Une absurdité économique totale.
L’argent qui manque… et celui qui disparaît
Les chiffres donnent le tournis : entre 2020 et 2023, les douanes ont lâché418 milliards de FCFAen exemptions. Si on ajoute les 100 milliards d’Evariste Helle et qu’on prolonge jusqu’en 2025, on atteint le seuil des1000 milliards de FCFA. À titre de comparaison, c’est l’équivalent du budget de la deuxième phase de l’autoroute Douala-Yaoundé.
Pendant ce temps, les routes se dégradent, les profs débutants galèrent sans salaire, et les hôpitaux tournent au ralenti. « Où passe l’argent ? », s’insurgent les Camerounais.
Le douanier trop bien connecté
Dans cette affaire, un nom revient sans cesse :Fongod Edwin Nuvaga, directeur général des Douanes depuis… 2015. L’homme possède hôtels, voitures de luxe et surtout… des parts dans Africa Food Invest. Un conflit d’intérêts flagrant, qui pose une question gênante : jusqu’où va la complicité de l’administration ?
Entre passe-droits opaques et priorités inversées, ce scandale révèle un système à bout de souffle. Les Camerounais attendent des réponses. Mais pour l’instant, personne ne semble pressé de rouvrir le dossier. Comme si ces 1000 milliards évaporés n’étaient qu’une ligne budgétaire parmi d’autres…














