Un très haut gradé de l’armée russe, le lieutenant-général Vadim Shamarin, vient d’être condamné à sept ans de prison pour corruption massive. Un véritable séisme dans les couloirs feutrés du ministère de la Défense.
Jusqu’à récemment, Shamarin occupait un poste stratégique : chef adjoint de l’état-major général, responsable des transmissions et des communications militaires. Autant dire un homme-clé dans l’appareil militaire russe. Mais en mai 2024, il est arrêté en pleine tempête anticorruption lancée par le Kremlin. Son péché ? Avoir touché des pots-de-vin faramineux de la part d’une entreprise de télécoms : 36 millions de roubles, soit plus de 330 000 livres sterling (ou 230 millions de francs CFA), entre 2019 et 2023.
En échange de ces généreuses enveloppes, il aurait favorisé la société Telta OJSC, basée à Perm, en gonflant les montants des contrats attribués par le ministère de la Défense – pour un total de 442 millions de roubles (environ 3,1 milliards de francs CFA). Deux dirigeants de l’entreprise, Alexeï Vysokov (directeur général) et Elena Grishina (chef comptable), ont eux aussi été arrêtés en 2023.
L’affaire Shamarin s’inscrit dans une vague plus large de « nettoyage » au sein du ministère de la Défense. Une purge silencieuse mais implacable, qui commence à faire tomber des têtes bien en vue. Le général, désormais déchu, paie le prix fort d’un système où les pots-de-vin semblaient devenir une norme… jusqu’à ce que le Kremlin décide de changer les règles du jeu.














