Jean-Pierre Bekolo veut électriser Yaoundé : cap sur la mairie avec l’Afrofuturisme comme boussole
Le réalisateur et penseur engagé Jean-Pierre Bekolo ne veut plus se contenter de filmer l’avenir, il veut le construire. Et pour ça, il vise la mairie de Yaoundé. Il a officiellement demandé au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de l’investir comme candidat aux prochaines élections municipales. Son projet ? Rien de moins qu’une révolution afrofuturiste en plein cœur de la capitale.
Dans une lettre adressée au président du MRC, le professeur Maurice Kamto, Bekolo assume pleinement son ambition : insuffler à Yaoundé une vision nouvelle, audacieuse, résolument africaine. L’Afrofuturisme, pour lui, ce n’est pas juste un courant artistique né avec Sun Ra ou popularisé par Black Panther. C’est une façon de repenser notre avenir à partir de ce que nous sommes, ici et maintenant.
« Aujourd’hui, quand un jeune Camerounais pense à l’avenir de sa ville, il voit Paris, New York… mais pas Yaoundé. Et c’est là que le bât blesse », déplore-t-il. Sa proposition est claire : réinventer la ville en croisant culture, innovation, nature et imagination collective.
Il ne s’agit plus simplement de gérer les ordures ou de réhabiliter quelques routes. Ce que Bekolo propose, c’est un changement de paradigme. Il rêve d’une ville où la jeunesse peut enfin s’inspirer de son propre environnement pour créer, innover, bâtir. Une ville qui cesse d’être un lieu de survie pour devenir un véritable laboratoire du futur africain.
Ce n’est pas un discours en l’air : Bekolo avait déjà anticipé le Yaoundé d’aujourd’hui dans son film Les Saignantes, réalisé il y a vingt ans. Une œuvre visionnaire où il montrait une capitale envahie par l’obscurité, les routes défoncées et les poubelles débordantes. Un futur dystopique devenu tristement réel. Aujourd’hui, il veut changer de scénario : passer de la dystopie à la renaissance.
Avec cette candidature, il appelle à faire sortir l’Afrofuturisme des salles de cinéma pour le faire entrer dans les mairies, les quartiers, les projets concrets. Il veut que Yaoundé devienne une capitale où le rêve collectif alimente l’action politique.
Bekolo conclut avec espoir : « Je suis convaincu qu’il est temps que vivre à Yaoundé, au Cameroun, en Afrique, rime avec la belle vie. » En attendant la réponse de Maurice Kamto, il continue d’y croire. Et nous invite à rêver, nous aussi. Mais pas d’ailleurs — d’ici.














