Le monde du football camerounais est secoué par des révélations alarmantes concernant la gestion des contrats d’équipementier, en particulier celui entre la Fecafoot et Coq Sportif. Retour sur une affaire qui soulève bien des questions.
En 2018, après l’échec des Lions indomptables à se qualifier pour la Coupe du Monde en Russie, Puma, l’équipementier mondial, a décidé de revoir ses engagements financiers avec la fédération camerounaise. Au lieu de reconduire le contrat annuel de 1,3 milliard de FCFA, Puma proposait une baisse substantielle à 600 millions de FCFA par an, en raison de la chute de la position du Cameroun dans le classement FIFA et de l’absence de stars internationales dans l’équipe.
Lors d’une conférence de presse, Seidou Mbombo Njoya, alors président de la Fecafoot, annonçait que le Coq Sportif avait fait une offre « nettement supérieure » à celle de Puma. Il n’hésita pas à afficher une photo de lui à Paris, prétendant avoir tenté de relancer Puma sans succès. Cependant, le choix de se rendre seul à Paris pour des négociations de cette envergure semble curieux et suscite des interrogations.
Alors que Puma proposait 600 millions de FCFA par an, Seidou Mbombo a opté pour Coq Sportif, qui a proposé un montant dérisoire de 290 millions. Ce dernier, pourtant, n’a versé que 100 millions de FCFA jusqu’à ce jour. Pire encore, les promesses d’équipements distincts pour les Lions et les Lionnes, comme le faisaient les autres nations, ont été ignorées. En stage en Hongrie, les U23 manquaient d’équipements, et Rigobert Song a été vu portant un sweat Puma et un jogging Coq Sportif.
L’indignation a atteint son apogée lors du match France-Cameroun, lorsque la tenue de Colette Nana a fait l’objet de moqueries. Même Samuel Eto’o, après avoir rencontré les responsables de Coq Sportif, a été séduit par leurs promesses, mais a rapidement constaté leur incompétence et mépris. Cette situation a conduit à la résiliation anticipée du contrat avec Coq Sportif, qui a été purement et simplement évincé.
L’affaire soulève de sérieuses questions sur la gestion des fonds et des décisions stratégiques de la Fecafoot, et l’on ne peut qu’attendre de connaître toute la vérité sur ce qui s’est réellement passé derrière les coulisses.
Albin Michel Njilo















