C’est un pas de plus vers la modernisation des réseaux de transport. Le gouvernement camerounais et le constructeur automobile sud-coréen Songuo Motors ont scellé un accord le 13 mars pour dynamiser le secteur des transports en commun. Objectif : remplacer les vieux taxis polluants par des véhicules neufs et implanter une usine d’assemblage locale.
Un partenariat stratégique
Signé par le ministre des Transports Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe et le PDG de Songuo Motors, Yong Bok Shi, ce mémorandum d’entente lance le « Projet Taxi Cameroun ». Au programme : l’importation de 3 000 taxis, 5 000 motos et tricycles dans un premier temps, suivie par la construction d’une usine d’assemblage sur le sol camerounais. Celle-ci produira jusqu’à 10 000 véhicules par an (taxis, pick-ups, tricycles) et 40 000 deux-roues, adaptés aux routes locales.
Des aides fiscales pour accélérer la transition
Pour inciter les conducteurs à remplacer leurs vieux modèles, l’État prévoit des exonérations fiscales et douanières, intégrées dans la loi de finances 2025. Un système de crédit-bail permettra aussi aux chauffeurs de devenir propriétaires après des versements échelonnés.« L’idée est de rendre l’accès aux véhicules plus simple tout en améliorant la sécurité routière », explique le ministre. Une nécessité dans un pays où la majorité des voitures importées sont des modèles anciens, souvent très polluants.
Une usine locale pour former et innover
Au-delà de l’assemblage, le projet mise sur un transfert de technologie : formation de la main-d’œuvre camerounaise et collaboration avec des sous-traitants nationaux. Seuls certains composants seront importés. Un choix stratégique pour Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè :« Ces véhicules répondent parfaitement aux besoins techniques et réglementaires du transport urbain ici. »
Des tests concluants avant le feu vert
Rien n’a été laissé au hasard. En novembre 2023, le gouvernement a lancé une batterie de tests pour évaluer la durabilité des modèles, leur entretien et leur adaptabilité aux routes camerounaises. Après un mois d’essais, les experts ont donné leur aval.
Avec ce partenariat, le Cameroun espère non seulement désengorger ses villes, mais aussi répondre aux critiques internationales sur la pollution de l’air. Reste à voir si ces véhicules « made in Cameroon » séduiront les conducteurs… et leurs passagers.















