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un rapport publié pour éviter une nouvelle suspension de l’ITIE

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Le gouvernement camerounais a publié mercredi 12 mars 2025 un rapport détaillant les activités d’exploitation minière et pétrolière menées dans le pays en 2022.

La publication de ces rapports est obligatoire pour les membres de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), une organisation internationale qui réglemente les activités dans les secteurs minier, pétrolier et gazier.

Le rapport 2022 du Cameroun intervient un an après la suspension du pays d’Afrique centrale par l’ITIE pour manque de transparence des revenus des industries minière et pétrolière.

La suspension imputait également au pays pétrolier ses transactions avec Glencore, la multinationale minière anglo-suisse.

Des affaires judiciaires sont en cours au Cameroun et au Royaume-Uni concernant des pots-de-vin et de la corruption entre des responsables de Glencore et certains hauts fonctionnaires du gouvernement camerounais.

Éviter une nouvelle suspension de l’ITIE

Le ministère camerounais des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique a déclaré que l’objectif principal du rapport était d’éviter une nouvelle suspension du Cameroun par l’ITIE.

« L’objectif est d’obtenir la levée de cette suspension, évitant ainsi le retrait de la liste, et de garantir la conformité avec la norme ITIE 2023 », a déclaré le ministère dans un communiqué de presse.

Le gouvernement a publié le rapport à Yaoundé en présence de hauts responsables du gouvernement, du FMI, du secrétaire permanent de l’ITIE au Cameroun et du ministre des Mines, le professeur Fuh Calistus Gentry.

Outre ses fonctions de ministre des Mines, le professeur Fuh Calistus est également vice-président de l’ITIE au Cameroun.

« Il convient de noter que le rapport 2022 marque la seizième soumission du Cameroun à l’ITIE et son premier rapport produit conformément aux normes et exigences ITIE révisées. Le rapport a été adopté le 10 mars 2025, à l’issue de la réunion du comité », a ajouté le ministère.

Le gouvernement n’a pas fourni tous les détails du rapport, notamment sur les mesures prises pour garantir une plus grande transparence dans le secteur minier.

L’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) est une organisation internationale qui promeut la transparence et la responsabilité au sein des industries extractives, telles que l’exploitation minière, pétrolière et gazière.

L’ITIE encourage les gouvernements à publier régulièrement des informations complètes sur les revenus générés par l’exploitation des ressources naturelles.

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Sonamines : 2,95 milliards de prélèvements miniers pour 30 millions de chiffre d’affaires, le paradoxe du premier bénéfice

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Sonamines : 2,95 milliards de prélèvements miniers pour 30 millions de chiffre d’affaires, le paradoxe du premier bénéfice
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(Investir au Cameroun) – Le premier bénéfice de l’histoire de la Société nationale des mines (Sonamines) repose sur des revenus sans commune mesure avec son activité commerciale. En 2025, l’entreprise publique camerounaise a comptabilisé 2,95 milliards de FCFA de produits liés aux prélèvements miniers, alors que son chiffre d’affaires n’a atteint que 30,55 millions de FCFA. Cette particularité, révélée par l’examen de ses états financiers, éclaire le résultat net positif de 724,7 millions de FCFA annoncé en juin 2026, après une perte de 1,86 milliard un an plus tôt.

Selon la note 21 des comptes, les 2,945 milliards de FCFA figurent à la rubrique « autres produits », qui n’enregistrait aucun montant en 2024. Ils représentent près de 99 % du total formé par le chiffre d’affaires et les autres produits de l’exercice, soit 2,976 milliards de FCFA. À eux seuls, ils équivalent à plus de 96 fois les ventes de Sonamines.

Cette disproportion montre que le redressement du résultat provient essentiellement de ressources liées à la fiscalité minière, plutôt que d’une progression des activités marchandes. À titre de comparaison, sans cette ligne de produits et toutes choses égales par ailleurs, le bénéfice publié laisserait place à un déficit théorique de 2,22 milliards de FCFA.

Une quote-part des prélèvements miniers

Sonamines précise que ces « autres produits » correspondent à un acompte sur la part qui lui revient au titre de l’Impôt synthétique minier libératoire (ISML) et du droit de sortie, dans le cadre du dispositif prévu par le Code minier de décembre 2023.

L’ISML s’applique notamment aux exploitations artisanales semi-mécanisées. Il représente 25 % de la production brute, répartis entre la part de l’État dans la production, la taxe ad valorem et un acompte sur l’impôt sur les sociétés.

Une décision du ministre des Finances, signée le 7 avril 2025, a précisé la répartition de ces prélèvements. Son article 3 attribue 35 % des montants concernés à Sonamines, contre 50 % au Trésor public, le solde revenant notamment aux fonds sectoriels, aux collectivités territoriales et aux populations riveraines. La décision prévoit également un effet rétroactif de cette répartition.

Cette architecture donne à Sonamines une source de revenus directement liée à l’exploitation minière. Elle explique pourquoi l’entreprise peut enregistrer un bénéfice important sans réaliser un chiffre d’affaires commercial comparable. Les états financiers ne détaillent cependant ni les volumes de production ayant servi au calcul des 2,945 milliards de FCFA ni la ventilation de cette somme entre l’ISML et le droit de sortie.

Au Trésor, un montant identique à un franc près

Une autre particularité apparaît dans les disponibilités de Sonamines. À la clôture de 2025, celles-ci atteignent 4,287 milliards de FCFA, en hausse de 32 % sur un an. La note 11 des états financiers fait apparaître 1,341 milliard de FCFA dans les banques commerciales et 2 945 426 069 FCFA sous l’intitulé « TRESOR », classés parmi les autres établissements financiers.

Ce dernier montant correspond, à un franc près, aux 2 945 426 070 FCFA enregistrés en « autres produits ».

Le rapprochement est frappant. Il suggère un lien entre les revenus issus des prélèvements miniers et la position comptable de Sonamines auprès du Trésor. Les documents ne précisent toutefois pas les écritures permettant de réconcilier formellement les deux montants, ni les conditions dans lesquelles la société peut disposer de ces ressources.

Cette question est déterminante pour apprécier la portée du résultat annoncé : un produit reconnu dans les comptes ne renseigne pas, à lui seul, sur les modalités d’encaissement et de mobilisation effective des fonds.

Des ventes encore marginales

À côté de ces ressources, l’activité commerciale de Sonamines demeure limitée. Sur les 30,55 millions de FCFA de chiffre d’affaires réalisés en 2025, les ventes de marchandises représentent seulement 3,43 millions, contre 27,12 millions de FCFA pour les travaux et prestations de services.

Les ventes de marchandises ont même reculé par rapport aux 10,47 millions de FCFA enregistrés en 2024. La progression du chiffre d’affaires global, passé de 11,2 millions à 30,55 millions de FCFA, tient ainsi principalement au développement des prestations de services.

Cette situation contraste avec les objectifs de commercialisation des substances minérales assignés à l’entreprise publique. À fin décembre 2025, ses comptes font notamment ressortir un stock d’or acheté de 132,7 millions de FCFA. Ce stock ne peut cependant pas être directement rapproché des seules ventes de marchandises pour en déduire un taux de commercialisation, les états financiers ne ventilant pas ces ventes par substance.

Dans le même temps, les charges de personnel atteignent 825,3 millions de FCFA, contre 744,7 millions en 2024. Elles représentent environ 27 fois le chiffre d’affaires. Les services extérieurs pèsent également 501 millions de FCFA, auxquels s’ajoutent 379,5 millions d’impôts et taxes.

Ces écarts doivent être appréciés à la lumière des missions de Sonamines, qui ne se limitent pas à l’achat et à la vente de minerais. L’entreprise intervient aussi dans le suivi de la production, la collecte des prélèvements et la gestion des intérêts miniers de l’État. Ils illustrent néanmoins la place encore marginale des revenus commerciaux dans son fonctionnement financier.

Des capitaux propres toujours inférieurs au seuil légal

Le retour aux bénéfices n’a pas encore effacé les pertes accumulées depuis la création de Sonamines en décembre 2020.

Dans son rapport sur les comptes 2025, le commissaire aux comptes AXYS relève que les capitaux propres s’établissent à 4,953 milliards de FCFA, soit moins de la moitié du capital social de 10 milliards. Cette situation était déjà apparue à la clôture de l’exercice 2024.

L’auditeur écrit qu’elle« compromet la continuité d’exploitation »et renvoie aux articles 664 et 665 de l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés commerciales. Ces dispositions encadrent notamment les décisions à prendre lorsque les capitaux propres d’une société deviennent inférieurs à la moitié de son capital. AXYS a néanmoins certifié les comptes 2025 sans réserve.

Une différence de 30 millions de FCFA apparaît par ailleurs dans les documents financiers : le commissaire aux comptes retient 4,953 milliards de capitaux propres, tandis qu’un commentaire de gestion en mentionne 4,983 milliards. Les deux évaluations situent l’entreprise sous le seuil légal.

Sonamines a donc franchi une étape avec son premier exercice bénéficiaire. Mais la structure de ce résultat montre que son équilibre financier repose, pour l’essentiel, sur sa part des prélèvements miniers. Le développement des ventes et la reconstitution des capitaux propres restent deux enjeux distincts que ce premier bénéfice n’a pas encore résolus.

Baudouin Enama

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21-08-2026 – Mines : après deux appels infructueux, la Sonamines ouvre des négociations sur Nkamouna et Akonolinga

01-07-2026 – Mines : la Sonamines prélève 1,2 kg d’or à Colomine, mais attend toujours sa part sur le marbre de Bidzar

18-06-2026 – La Sonamines dégage son premier bénéfice depuis sa création, à 724,7 millions FCFA en 2025

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Jacques Fame Ndongo suspend un doctorat

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Le ministre d’État de l’Enseignement supérieur au Cameroun, Jacques Fame Ndongo, a publié un communiqué le 6 octobre 2026 pour déclarer nulle et de nul […]

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