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la prêtresse camerounaise du makossa

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la prêtresse camerounaise du makossa
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Née le 21 décembre 1953 à Douala, Cameroun, Catherine Elolongue Mbango, plus connue sous le nom de scène Sissy Dipoko, est la cinquième d’une fratrie de huit enfants. Elle grandit à Yaoundé, où elle s’illustre dans le basket-ball et l’athlétisme durant son adolescence.

Lire le texte d’Adrien Macaire Lemdja :

Parcours professionnel.

À sa majorité, Sissy quitte le Cameroun pour la France. En 1980, elle est repérée par le chanteur camerounais Bill Loko, avec qui elle collabore sur son tube « Nen Lambo ». Parallèlement, elle pose comme mannequin pour le créateur Paco Rabanne et apparaît sur la couverture de l’album « Afrika » de Kéké Kassiry.

Cette visibilité attire l’attention du saxophoniste Manu Dibango, qui l’invite à auditionner. Séduit par son interprétation de « Françoise » de Toto Guillaume, il l’intègre à sa troupe musicale, le Soul Makossa Gang, en 1981.

Elle devient ainsi sa choriste officielle, participant à de nombreux enregistrements et tournées mondiales pendant près de huit ans.

En 1987, Sissy met sa carrière entre parenthèses pour donner naissance à son fils aîné, Kevin Bouyer Elolongué. Deux ans plus tard, le compositeur américain Paul Simon la sollicite pour diriger les chœurs de son album « The Rythm of the Saints ».

Elle y interprète notamment le solo de « She Moves On » et apparaît dans le clip de « Proof ». Elle accompagne également Vanessa Paradis en tournée pour le single « Tandem ».

Le succès solo de Sissy Dipoko survient en 1991 avec l’album « Munam », fruit de sa collaboration avec le pianiste Justin Bowen Tchounou.

Le titre éponyme, signifiant « mon enfant » en douala, évoque son choix de privilégier sa maternité sur sa carrière, devenant un hymne féministe en Afrique.

L’album, aux sonorités makossa et bikutsi, contient également des titres phares comme « Bikutsi-hit » et « Mouvement Uniforme ».

Après une pause en 1997 suite à la naissance de ses jumeaux, Sissy revient en 2001 avec l’album « L’inattendu ». Elle crée ensuite son label, Mulato Entertainment, pour promouvoir les voix féminines africaines.

En 2015, elle compose l’hymne de l’équipe féminine de football camerounaise pour la Coupe du Monde. En 2022, elle collabore avec Dina Bell sur le single « Lo Bia Pon ».

Valeurs et engagements.

Sissy Dipoko incarne des valeurs de résilience, de passion et d’authenticité. Son parcours témoigne de sa détermination à surmonter les défis, notamment en conciliant sa carrière artistique avec sa vie de mère.

Son engagement envers la promotion de la culture africaine se manifeste par son implication dans la SONACAM, où elle œuvre pour la protection des artistes camerounais.

Personnalité.

Décrite comme charismatique et généreuse, Sissy est une artiste polyvalente, capable de s’adapter à divers genres musicaux. Sa voix envoûtante et sa présence scénique ont conquis des publics variés. Sa capacité à tisser des liens avec des artistes internationaux témoigne de son ouverture d’esprit et de son professionnalisme.

Influence et héritage musical de Sissy Dipoko : Une icône des chœurs et du Makossa féminin. Dans les années 1980, une période charnière pour la musique africaine, Sissy Dipoko a joué un rôle crucial en apportant une touche féminine aux chœurs de grands musiciens comme Manu Dibango. Sissy Dipoko n’a pas seulement marqué la musique camerounaise en tant que chanteuse, elle a également été une choriste exceptionnelle, une voix de l’ombre qui a illuminé les œuvres de nombreuses légendes de la musique africaine et internationale.

Son héritage se décline à travers ses collaborations, ses albums solos, son engagement pour les artistes féminines et son impact sur la scène musicale camerounaise et africaine.

  1. Une Voix de l’ombre, une influence majuscule.

Dans les années 80 et 90, Sissy Dipoko a joué un rôle déterminant dans l’essor de la musique camerounaise et africaine en tant que choriste et collaboratrice des plus grands noms de la scène musicale. Parmi ses contributions les plus marquantes, on retrouve :

  • Manu Dibango et le Soul Makossa Gang : Pendant près de huit

/ans, elle fut la choriste attitrée du légendaire saxophoniste. Sa voix a accompagné de nombreuses performances et enregistrements du maître du jazz afro et du makossa.

  • Paul Simon – « The Rhythm of the Saints » (1989) : Elle fut choisie pour diriger les chœurs de cet album mythique et interpréter un solo sur She Moves On, contribuant ainsi à l’un des albums les plus marquants de la world music.
  • Vanessa Paradis – « Tandem » : Elle a accompagné la chanteuse française en tournée, prouvant son éclectisme et sa capacité à s’adapter à différents styles musicaux.

Ces collaborations ont permis à Sissy Dipoko de porter la voix camerounaise sur des scènes internationales et d’inscrire son nom parmi les voix féminines qui ont façonné le paysage musical mondial.

  1. Une discographie solo impactante.

Bien qu’elle ait brillé en tant que choriste, Sissy Dipoko a également mené une carrière solo impressionnante. Son répertoire, mêlant makossa, bikutsi et influences jazz, témoigne de sa richesse musicale.

Son album « Munam », par exemple, a inspiré de nombreuses femmes à embrasser des carrières artistiques, renforçant la présence féminine sur la scène musicale africaine. Son engagement continu pour la valorisation des artistes féminines africaines a laissé une empreinte durable dans l’industrie musicale.

Albums marquants :

  • « Munam » (1991) : Un album emblématique qui reflète son parcours de femme et d’artiste, notamment à travers la chanson éponyme Munam (Mon enfant), où elle évoque son choix de privilégier sa maternité sur sa carrière. Ce titre est devenu un hymne féministe en Afrique.
  • « L’inattendu » (2001) : Un retour en force après plusieurs années d’absence, où elle exprime sa maturité artistique avec des titres mêlant makossa et soul.
  • « Lo Bia Pon » (2022) – en collaboration avec Dina Bell : Une preuve que son engagement envers la musique camerounaise ne s’est jamais essoufflé.

Ses compositions mettent en avant des thématiques puissantes : l’amour, la résilience, l’identité féminine et la culture africaine.

  1. Une pionnière de la présence féminine dans le Makossa.

Dans un univers musical encore largement dominé par les hommes, Sissy Dipoko a ouvert la voie à de nombreuses chanteuses camerounaises. Son influence se retrouve chez plusieurs artistes qui lui rendent hommage aujourd’hui.

  • Elle a inspiré une génération de chanteuses makossa, telles que Charlotte Mbango et Grace Decca, qui ont ensuite marqué la scène musicale féminine camerounaise.
  • Elle a donné une place plus importante aux femmes dans les chœurs de la musique africaine, prouvant que ces voix, souvent reléguées à l’arrière-plan, pouvaient aussi être des piliers de la musique.

Son engagement dans la SONACAM (Société Nationale Camerounaise de l’Art Musical) témoigne de sa volonté de protéger les droits des artistes, en particulier ceux des femmes dans l’industrie musicale.

  1. Un engagement culturel et une transmission.

Sissy Dipoko ne s’est pas limitée à la scène musicale, elle a également contribué à la promotion de la culture africaine et à la transmission des valeurs artistiques aux jeunes générations.

  • Fondatrice de Mulato Entertainment : Un label visant à promouvoir les artistes féminines africaines et à donner une plateforme aux jeunes talents.
  • Compositrice de l’hymne de l’équipe féminine de football camerounaise en 2015 : Une autre preuve de son engagement pour la valorisation des femmes à travers la musique et le sport.

Par ces actions, elle a prouvé que son héritage allait bien au-delà des notes et des paroles : elle a laissé une empreinte durable sur la reconnaissance et l’émancipation des femmes dans l’industrie musicale africaine.

  1. Une artiste dont l’héritage traverse les générations.

Grâce à sa voix unique, son engagement et ses collaborations prestigieuses, Sissy Dipoko demeure une figure incontournable de la musique camerounaise et africaine. Son héritage se traduit par : Des chansons intemporelles qui continuent de résonner auprès des mélomanes. Un modèle pour les jeunes artistes féminines, qui s’inspirent de sa trajectoire. Une influence durable sur le makossa et la world music, notamment grâce à son travail avec Manu Dibango et Paul Simon.

Conclusion : Une légende discrète, une trace indélébile. Sissy Dipoko n’a peut-être pas toujours été en première ligne sous les projecteurs, mais elle a laissé une marque indélébile sur la musique camerounaise et africaine.

Son parcours est une illustration éloquente de la passion, de la détermination et de l’engagement envers l’art et la culture. Grâce à sa voix, à son talent et à son engagement, elle a influencé des générations d’artistes et a contribué à l’épanouissement du makossa sur la scène internationale. Sissy Dipoko, la voix dorée qui a fait vibrer les étoiles du makossa.

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Cacao : la production commercialisée chute de 19,9 % à 247 914 tonnes en 2025-2026

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Cacao : la production commercialisée chute de 19,9 % à 247 914 tonnes en 2025-2026
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(Investir au Cameroun) – Le Cameroun a enregistré une production commercialisée de 247 914 tonnes de fèves de cacao au cours de la campagne 2025-2026, selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC) consultées parInvestir au Cameroun. Ce volume recule de 61 604 tonnes, soit 19,9 %, par rapport aux 309 518 tonnes comptabilisées lors de la campagne précédente.

La baisse intervient après une saison 2024-2025 exceptionnelle, au cours de laquelle le pays avait atteint son plus haut niveau historique de production commercialisée. L’ONCC avait alors également relevé des prix bord champ compris entre 3 210 et 5 400 FCFA le kilogramme.

La notion de production commercialisée désigne les volumes enregistrés dans les circuits officiels de commercialisation. Elle ne correspond donc pas nécessairement à l’intégralité des fèves récoltées dans les plantations, en raison notamment des stocks, des décalages de vente ou d’éventuels flux échappant aux circuits suivis par le régulateur.

Le plus faible volume en cinq campagnes

La campagne 2025-2026 s’est légalement déroulée du 1er août 2025 au 15 juillet 2026. Avec 247 914 tonnes commercialisées, elle affiche le plus faible résultat des cinq dernières saisons.

Avant le record de 2024-2025, le Cameroun avait commercialisé 295 163 tonnes de fèves en 2021-2022. L’ONCC avait ensuite annoncé environ 263 600 tonnes pour la campagne 2022-2023, puis près de 266 700 tonnes en 2023-2024.

Le recul de 2025-2026 efface ainsi la totalité de la progression enregistrée au cours de la campagne précédente. Le volume actuel est inférieur d’environ 47 000 tonnes à celui de 2021-2022 et de près de 19 000 tonnes au niveau observé en 2023-2024.

Les données consultées ne précisent pas les causes de cette contraction. Il n’est donc pas possible, à ce stade, de déterminer quelle part résulte d’une baisse réelle des récoltes, d’un report des ventes, d’une variation des stocks ou de mouvements de fèves non enregistrés par les circuits officiels.

Des contraintes climatiques et agronomiques persistantes

La filière camerounaise reste néanmoins confrontée à plusieurs contraintes structurelles. Les acteurs citent régulièrement l’irrégularité des précipitations, l’allongement des périodes de sécheresse, la pression parasitaire, la baisse de la fertilité des sols et le vieillissement des plantations.

Ces phénomènes peuvent affecter la floraison des cacaoyers, le développement des cabosses et la disponibilité du matériel végétal nécessaire à la création ou à la régénération des plantations. Leur contribution précise au recul de la campagne 2025-2026 reste toutefois à établir.

La Société de développement du cacao indique notamment perdre en moyenne entre 40 % et 60 % des jeunes plants dans certaines de ses pépinières en raison de la sécheresse et du manque d’eau. L’entreprise a engagé l’installation de dispositifs d’arrosage afin de réduire cette mortalité et d’accroître l’offre de plants de qualité.

Dans son centre d’Ebolowa, la Sodecao avait déjà estimé à près de 40 % les pertes de matériel végétal provoquées par l’insuffisance des systèmes d’approvisionnement en eau pendant les saisons sèches.

Ces pertes limitent les capacités de renouvellement des vergers, dans un contexte où la filière cherche à augmenter les rendements sans accélérer l’extension des plantations vers les zones forestières.

Le Centre conserve 44,54 % des achats

Malgré la baisse nationale, la région du Centre reste le principal espace de commercialisation du cacao. Elle a concentré 44,54 % des achats enregistrés au cours de la campagne, contre 45,8 % en 2024-2025.

Appliquée au volume national, cette part correspond à environ 110 421 tonnes de fèves. Le recul de son poids relatif montre cependant que les achats ont progressé plus rapidement, ou diminué moins fortement, dans certains autres bassins.

Le Sud-Ouest arrive en deuxième position avec 19,87 % des achats, soit environ 49 261 tonnes. Il est suivi du Littoral, qui représente 18,50 % du total, correspondant à près de 45 864 tonnes.

Les régions du Sud et de l’Est concentrent respectivement 6,54 % et 6,17 % des achats. L’Ouest en représente 4,14 %, devant le Nord-Ouest et l’Adamaoua, dont les parts restent marginales à 0,19 % et 0,06 %.

Cette répartition retrace les lieux d’enregistrement des achats et non nécessairement l’origine géographique exacte des fèves. Des volumes produits dans une région peuvent en effet être acheminés et commercialisés dans une autre.

La campagne 2025-2026 marque ainsi une rupture après le record de l’année précédente. Mais l’interprétation de cette chute nécessitera des données complémentaires sur les rendements, les stocks, les exportations, la transformation locale et les ventes transfrontalières. À défaut, le recul de 19,9 % mesure d’abord une baisse des volumes passés par les circuits officiels, sans permettre d’en attribuer définitivement la cause.

Brice R. Mbodiam

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