Le 6 mars 2025, une scène chaotique s’est jouée près du carrefour de l’hôpital de Bamenda : des motos-taxi ont littéralement pris d’assaut un véhicule, réduisant le taxi en épave. La raison ? Ses passagers auraient arraché le sac à main d’une femme sous les yeux d’un chauffeur de moto, qui a immédiatement donné l’alerte.
Alertée, la police présente à un checkpoint près du carrefour a intercepté le taxi. Mais avant qu’elle ne maîtrise la situation, une foule s’est ruée sur la voiture. Motos en tête, les habitants ont renversé et saccagé le véhicule, sous les regards impuissants des forces de l’ordre. Les quatre occupants, épargnés in extremis par la vindicte populaire grâce à l’intervention des policiers, ont été arrêtés et conduits au poste de police mobile GMI6 pour enquête.
Pendant ce temps, la colère gronde dans la ville. Les habitants, épuisés par huit ans de conflit armé et une insécurité persistante, refusent de tolérer ces actes. « On en a marre de ces vols à main armée, surtout quand on se bat déjà pour survivre », lance un chauffeur de moto, déterminé. « Certains récoltent là où ils n’ont pas semé… Ça ne peut plus durer. »
Cette réaction violente n’est malheureusement pas isolée. À Bamenda, les cas de vol explosent, et la population préfère souvent régler les comptes elle-même. Quelques semaines plus tôt, un cas similaire avait défrayé la chronique : un voleur présumé de moto avait été tué par le chauffeur qu’il tentait de dépouiller, dans le quartier de New Road. Preuve que la patience des habitants, dans un contexte déjà tendu, a ses limites.







