À Garoua, le maire a octroyé de façon illégale l’exclusivité de la gestion des espaces publicitaires sur les emprises de la voie publique à la société Procom Sarl. Une décision qui bafoue clairement la loi de 1998 sur la concurrence, censée garantir la libre compétition sur le marché.
Pire : cette attribution s’accompagne de menaces envers d’autres acteurs du secteur, comme Média Plus, contraint de retirer ses panneaux et de se plier aux exigences de Procom Sarl, selon le lanceur d’alerte Boris Bertolt. La situation est tout aussi inquiétante à Ngaoundéré, où la même entreprise tente d’étouffer toute concurrence légale pour imposer son hégémonie.
Ajoutons à cela un détail crucial : les redevances publicitaires ou « produits de concession » exigés par certaines mairies via des régies partenaires relèveraient de la concussion. La procédure légale est pourtant claire : l’annonceur doit payer directement la régie agréée par le MINCOM de son choix, en même temps que les droits de timbre et frais de publicité, conformément à l’article 592 du code général des impôts. Si une mairie souhaite générer des revenus via la publicité, elle doit créer une personne morale distincte, obtenir un agrément du MINCOM (comme le précise l’article 12 de la loi de 2006 sur la publicité), puis aménager elle-même des espaces pour les commercialiser.
Non seulement cette décision du maire de Garoua contourne la loi, mais elle a été prise sans consulter les autorités administratives compétentes. Une opacité qui, inévitablement, nourrit les soupçons de corruption et interroge sur les véritables motivations derrière ce monopole.















