Connect with us

Dernières actualités

Financements structurés. Les clés pour developper les projets d’infrastructures

Published

on

Financements structurés. Les clés pour developper les projets d’infrastructures
Spread the love

Les experts de la haute finance réunis à Douala ont partagé leurs savoirs autour de cet instrument financier jugé complexe mais avantageux pour les projets à long terme et pour la qualité de la dette publique.

Pour financer les infrastructures dans le secteur comme les transports, l’énergie, les télécommunications, l’agro-industrie, l’éducation ou de la santé, les experts recommandent les financements structurés. Ceux-ci sont définis comme des instruments financiers complexes «combinant des prêts, des actions, des obligations et des produits dérivés pour créer un produit financier à la carte, correspondant aux besoins spécifiques d’un pays ou d’une entreprise». D’après les experts financiers, ces instruments viendraient répondre à plusieurs défis. La qualité de la dette mais surtout la diversification des sources de financement.

En effet, on observe de manière globale une rareté des ressources au niveau international. Les banques éprouvent de plus en plus de difficultés à satisfaire les besoins exprimés de part et d’autre. L’Afrique par exemple ne parvient à capter qu’à peine 1% des financements mondiaux. Dans la même veine, les Investissements Directs Etrangers (IDE) sur le continent sont en baisse au cours des cinq dernières années, selon le rapport 2023 sur l’investissement mondial de la CNUCED.

Les besoins sont donc réels. Pour le triennat 2025-2027, l’Etat du Cameroun par exemple affiche un besoin d’endettement de 5407 milliards de FCFA. Pour financer son budget de cette année seulement, l’Etat prévoit de s’endetter à hauteur de 1795 milliards. Ce qui exige, selon les experts, une ingénierie financière permettant de faire recours à des mécanismes innovants qui atténuent les risques tout en améliorant les rendements. D’où les financements structurés, qui permettent d’une certaine manière de répondre aux besoins sur le long terme, face aux banques qui ne disposent que des ressources de court terme.

«Face au manque de ressources financières internes, à l’accès limité aux marchés financiers traditionnels, avec par contre un grand besoin de financement à long terme, les pays de la CEMAC, en particulier le Cameroun ont besoin des financements qui offrent une plus grande flexibilité. Ils doivent par conséquent maitriser les financements structurés, pour diversifier leurs sources de financement, et pour obtenir des ressources financières à long terme pour leurs projets d’infrastructures et de développement », explique Hubert Otele Essomba, co associé du cabinetG&M Finance qui a organisé un séminaire à Douala du 26 au 18 février dernier.

Une maitrise des financements structurés, va selon lui améliorer le service de la dette. Car, certains pays sont parfois à tort cités comme étant sur endettés, pourtant le problème réside sur la qualité de la dette. «Qu’est-ce que nous faisons de notre dette ? La bonne dette, le taux de rendement poursuit ou finance les projets, des actifs qui ont un rendement supérieur aux intérêts que la dette elle-même peut avoir», indique Hubert Otele Essomba.

Des experts hautement qualifiés tels que Catherine Gerst, ancienne directrice générale de Moodys France ou encore Samuel Kotto Ndoumbe, ancien Directeur Général de la Banque Atlantique, du Fonds d’Investissement Africain ont permis aux participants d’avoir une meilleure maîtrise des instruments financiers complexes utilisés pour financer des projets à grande échelle.

Réactions

Hubert Otele Essomba, Organisateur

« La finance structurée répond à des besoins spécifiques »

«Il faut faire des financements structurés. C’est pour cela que nous avons organisé en collaboration avec le ministre des finances, ce séminaire pour pouvoir apprendre aux cadres de nos administrations publiques mais également les banques, les institutions spécialisées dans les financements à long terme de pouvoir comprendre, appréhender, maîtriser des financements innovants qu’offrent les financements structurés. Notamment en matière de titrisation, notation financière, PPP, produits dérivés, etc. La finance structurée c’est le financement complexe d’un certain nombre de besoins qui ne sont pas des financements classiques, qui sont des financements on va dire un peu à la carte. Ils sont spécifiques à un projet qui sont spécifiques à une activité et dans laquelle on fait des montages complexes qui peuvent être… ou aller jusqu’à la syndication, à la mise en place des produits dérivés avec les sous-jacents qu’il faut financer. Nous avons un besoin en financement. Pour ce qui concerne l’éducation, et le secteur de la Santé. Dans ces secteurs il faut aller beaucoup plus loin. »

Georges Meka Abessolo, expert financier

« Les financements structurés sont adaptés pour le long terme »

« La grande complexité aujourd’hui pour la Cemac et notamment le Cameroun en tant que locomotive, est d’identifier des financements à long terme. Ce qui n’est pas disponible par rapport au solde du déficit budgétaire de nos Etats, mais également à la disponibilité liquide des banques pour pouvoir les financer. Les financements structurés, qui sont un panier de différents produits financiers comme les actions, les obligations, les prêts et les produits dérivés constituent donc une alternative viable et faisable pour financer, identifier les financements qui peuvent tenir sur la construction d’infrastructures à long terme, 5 à 10 ans. On a le financement pour les 10 années et permet donc d’exécuter les infrastructures 24H/24 à des taux d’intérêt moindres. Les PPP sont justement un mécanisme sous la forme et le fond des financements à long terme dépendant du type d’infrastructure, puisqu’il permet à celui qui va investir d’être en partenariat public privé avec l’Etat. Le partenaire privé apporte ses fonds, permettant aussi à l’Etat d’apporter ses fonds. Mais par rapport à un PPP, l’identification de financement structuré permet d’élargir justement le montant et le volume disponible pour des infrastructures à long terme. »

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée

Published

on

Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée
Spread the love

C’est au Centre de conférences Pierre Mendès France du ministère français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique que s’est tenue cette édition. Pays prêteurs et emprunteurs, institutions multilatérales — dont le FMI et la Banque mondiale —, représentants de la société civile, universitaires et acteurs du secteur privé s’y sont retrouvés pour débattre autour d’un thème d’actualité brûlante : « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation ».

L’édition intervient dans un contexte marqué par la multiplication des situations de surendettement dans les pays en développement, qui exigent des réponses collectives plus rapides et mieux coordonnées.

LE CAMEROUN DÉFEND UNE GESTION RIGOUREUSE ET TRANSPARENTE

Conduite par Louis Paul Motaze, la délégation camerounaise a pris toute sa part dans les échanges. Le Ministre des Finances a réaffirmé la détermination de Yaoundé à poursuivre les réformes engagées en matière de gouvernance de la dette publique, insistant sur les impératifs de rigueur, de transparence et de soutenabilité à long terme. Les discussions ont notamment porté sur la compatibilité entre financement du développement et viabilité de la dette, la fiabilité des données statistiques, le renforcement des capacités institutionnelles, ainsi que les risques associés aux prêts collatéralisés.

Pour le Cameroun, dont le programme économique s’inscrit dans le cadre d’engagements avec les institutions de Bretton Woods, cette participation constitue un signal fort adressé aux partenaires financiers internationaux.

LE CLUB DE PARIS À 70 ANS, EN QUÊTE DE RÉINVENTION

Cette conférence coïncide avec le 70e anniversaire du Club de Paris, cette instance informelle de créanciers publics fondée pour apporter des solutions coordonnées aux pays en difficulté de paiement. Rééchelonnements, réductions du service de la dette, traitements concessionnels : les outils du Club ont accompagné des décennies de crises financières souveraines. Mais face à l’émergence de nouveaux créanciers bilatéraux et à la complexification du paysage financier mondial, l’institution cherche à se moderniser.

Le Forum de Paris, son pendant multilatéral et délibératif, incarne précisément cet effort de réinvention : un espace de dialogue ouvert où toutes les parties prenantes peuvent contribuer à forger les solutions de demain

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Published

on

Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun
Spread the love

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.

La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.

Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.

DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.

La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.

Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.

Portrait

LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.

Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.

En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

Published

on

Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois
Spread the love

L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.

Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.

Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.

Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.

Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.

Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.

Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici