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Catherine Gerst,« Des pays consacrent une part considérable de leurs ressources à juste payer les intérêts de la dette »

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Catherine Gerst,« Des pays consacrent une part considérable de leurs ressources à juste payer les intérêts de la dette »
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L’ancienne Directrice générale de Moody’s France, invitée au séminaire sur les financements structurés, répond aux questions de Défis Actuels sur les mécanismes de financements des Etats, la dette et la notation financière.

Experte en stratégie financière, vous encouragez les Etats à faire recours à la titrisation pour se financer. Comment appréciez-vous aujourd’hui l’usage de ce mécanisme de financement dans la zone Cemac en comparaison de la zone Uemoa ?

La zone Uemoa a commencé la titrisation comme un moyen récurrent de financement aussi bien pour les Etats que pour les entreprises et les banques il y a quelques années, avec un cadre réglementaire tout à fait adéquat. Semble-t-il, suite à ce séminaire que le Cameroun et plus largement la zone Cemac ait l’intention de se lancer également dans ce type de financement. Et je pense que c’est une excellente chose. Comme je l’ai expliqué, c’est une source de diversification de financement dans des zones qui ont besoin de diversifier les financements au regard de ce que les organisations multilatérales disent qu’elles allaient manquer elles-mêmes des financements dans le futur, et que donc il fallait attirer des financements privés. La titrisation est un très bon moyen de le faire. Et on le voit par ce que ça fonctionne bien dans la zone Uemoa. Il n y a pas de raison que ça ne se passe pas de la même façon ici.

Qu’est ce qui selon vous fait de la titrisation, un meilleur mécanisme de levée de fonds comparé aux autres ?

Ce que la titrisation apporte de différent et de nouveau, c’est qu’elle permet de se servir des portefeuilles que l’on a à l’actif de son bilan : des portefeuilles de crédit pour les banques, ou de créance pour les entreprises, que l’on vend à une structure spéciale, qui lève l’argent dans le marché. La titrisation permet de transformer des actifs illiquides, tels que les créances, en titres négociables. Ça existe depuis très longtemps. C’est pratique. Sauf qu’autrefois, ce sont les banques qui apportaient l’argent. Maintenant, à travers cette technique, ce sont les marchés financiers. C’est-à-dire, aller chercher dans les marchés financiers, des ressources venant d’investissements privés, institutionnels, fonds de pension, fonds souverains, qui ne sont pas des ressources bancaires.

Le Cameroun est effectivement aujourd’hui engagé dans une démarche de diversification de ses sources de financements, allant au-delà du secteur bancaire. Quels conseils pouvez-vous donner pour optimiser l’utilisation de la titrisation?

Premièrement, il faut que le Cameroun se montre. C’est-à-dire créer une sorte de visibilité pour faire venir les investisseurs. Leur donner confiance et leur montrer qu’on est prêt à mettre en place des produits innovants comme les opérations de titrisation, par ce qu’il y a longtemps eu cette demande de diversification. Les investisseurs veulent bien venir à condition qu’on leur offre aussi en plus de la dette de l’Etat d’autres produits de financements qui leur permettent de diversifier leurs apports. C’est très important de donner confiance par le cadre réglementaire. Le désir de le faire, le fait de montrer qu’on peut le faire aussi bien que les autres.

Au cours de ce séminaire, vous avez également abordé la question de la notation financière. On va dire, qui suscite beaucoup de polémique notamment sur la note souveraine des Etats africains. Qu’est ce qui explique cela, vous qui avez dirigé Moody’s France?

La polémique autour des agences de notation sur les notes souveraines des Etats, n’est absolument pas propre à l’Afrique. On l’a connu dans la zone Euro. Et on continue de le connaître je dirai dans le monde entier par le fait qu’un État souverain a besoin de se faire noter s’il veut attirer des investisseurs internationaux. Dans ce domaine-là, il existe trois grands notateurs qui sont les plus anciens, qui ont établi une certaine sorte de standards. Mais, ils l’ont établi en accord avec investisseurs, pas tous seuls. Et ce sont des standards qui conviennent aux investisseurs internationaux pour l’instant, en dépit parfois de quelques erreurs. Donc si un pays africain ou d’une autre zone, souhaite faire venir des investisseurs internationaux, aujourd’hui il n’existe pas d’autres possibilités que de se faire noter par l’une des agences acceptées par les investisseurs internationaux qui sont les trois agences essentiels. Maintenant, vous allez noter comme moi que l’Afrique vient d’annoncer la création d’une agence panafricaine. Je salue cette initiative. J’ai déjà dit que dans la zone euro nous ne sommes jamais arrivés à faire cela, à créer une agence paneuropéenne. Si l’Afrique y arrive je dis bravo. Je sais que la route est semée de défis et l’un des défis c’est que si l’Afrique crée cette agence comme elle l’a annoncée, il faudrait qu’elle envisage la quasi obligation de ne pas noter uniquement ses propres Etats mais de noter le reste du monde. Qu’elle devra noter la dette des États-Unis ou la dette de l’Europe ou des pays asiatiques. C’est assez savoureux comme idée. Si une agence veut être crédible auprès des investisseurs internationaux il faut qu’elle note les autres zones. Vous imaginez bien qu’une agence panafricaine qui ne note que l’Afrique ça devient une agence locale. J’espère qu’une fois qu’elle sera établie, de venir noter la France, le Brésil etc. Et j’attends avec curiosité que cela se fasse.Sortons par la dette souveraine des Etats.

A votre avis, à quel moment peut-on effectivement considérer la dette d’un pays comme étant soutenable?

Les agences en matière de dette souveraine ne regardent qu’un point très précis, c’est la capacité d’un État avec ses ressources à amortir son stock de dettes. Ça devient problématique quand une partie importante de ces ressources ne sert plus qu’à payer l’intérêt de la dette. On en est à ce stade dans certains pays mais notamment en Afrique. Un grand nombre de pays consacre une part considérable de leurs ressources à juste payer les intérêts de la dette. A partir de ce moment-là, ça ne devient pas juste soutenable. Non pas pour rembourser la dette mais pour développer l’économie du pays et que les gens continuent à vivre.

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Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée

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Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée
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C’est au Centre de conférences Pierre Mendès France du ministère français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique que s’est tenue cette édition. Pays prêteurs et emprunteurs, institutions multilatérales — dont le FMI et la Banque mondiale —, représentants de la société civile, universitaires et acteurs du secteur privé s’y sont retrouvés pour débattre autour d’un thème d’actualité brûlante : « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation ».

L’édition intervient dans un contexte marqué par la multiplication des situations de surendettement dans les pays en développement, qui exigent des réponses collectives plus rapides et mieux coordonnées.

LE CAMEROUN DÉFEND UNE GESTION RIGOUREUSE ET TRANSPARENTE

Conduite par Louis Paul Motaze, la délégation camerounaise a pris toute sa part dans les échanges. Le Ministre des Finances a réaffirmé la détermination de Yaoundé à poursuivre les réformes engagées en matière de gouvernance de la dette publique, insistant sur les impératifs de rigueur, de transparence et de soutenabilité à long terme. Les discussions ont notamment porté sur la compatibilité entre financement du développement et viabilité de la dette, la fiabilité des données statistiques, le renforcement des capacités institutionnelles, ainsi que les risques associés aux prêts collatéralisés.

Pour le Cameroun, dont le programme économique s’inscrit dans le cadre d’engagements avec les institutions de Bretton Woods, cette participation constitue un signal fort adressé aux partenaires financiers internationaux.

LE CLUB DE PARIS À 70 ANS, EN QUÊTE DE RÉINVENTION

Cette conférence coïncide avec le 70e anniversaire du Club de Paris, cette instance informelle de créanciers publics fondée pour apporter des solutions coordonnées aux pays en difficulté de paiement. Rééchelonnements, réductions du service de la dette, traitements concessionnels : les outils du Club ont accompagné des décennies de crises financières souveraines. Mais face à l’émergence de nouveaux créanciers bilatéraux et à la complexification du paysage financier mondial, l’institution cherche à se moderniser.

Le Forum de Paris, son pendant multilatéral et délibératif, incarne précisément cet effort de réinvention : un espace de dialogue ouvert où toutes les parties prenantes peuvent contribuer à forger les solutions de demain

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun
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Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.

La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.

Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.

DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.

La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.

Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.

Portrait

LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.

Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.

En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois
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L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.

Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.

Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.

Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.

Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.

Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.

Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.

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