L’avocate camerounaise de renom et figure publique Alice Nkom doit comparaître devant la Division centrale de la recherche judiciaire de la gendarmerie à Douala le 14 janvier pour des « besoins d’enquête », selon une convocation délivrée par un huissier le 2 janvier.
Cette convocation fait suite à une plainte déposée fin 2024 par l’Observatoire pour le Développement Sociétal (ODS), une organisation de la société civile. Lilian Koulou Engoulou, coordonnateur général de l’ODS, accuse Alice Nkom d’avoir tenté de mettre en danger la sécurité de l’État, de financer le terrorisme et de soutenir des groupes armés.
Selon l’ODS, Nkom aurait levé des fonds importants en juillet 2019 pour s’opposer au gouvernement du président Paul Biya lors du troisième Forum patriotique camerounais, organisé à Munich, en Allemagne. Les médias camerounais avaient rapporté à l’époque que des figures politiques, dont Edith Kah Walla, présidente du Cameroon People’s Party (CPP), avaient également participé à cet événement, qui appelait à la démission de Biya. L’ODS affirme en outre que Nkom aurait cherché à mobiliser les Camerounais pour organiser des manifestations de grande ampleur visant à renverser le gouvernement actuel. L’organisation l’accuse également d’avoir financé des groupes séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des mouvements armés réclament l’indépendance.
En réaction sur sa page Facebook, Alice Nkom a rejeté la plainte, affirmant ne rien savoir de l’existence, des dirigeants, ni de l’enregistrement légal de cette association. Avec ironie, elle a ajouté : « Si seulement la rapidité avec laquelle cette plainte est traitée pouvait s’appliquer à tous les services publics… santé, eau, électricité, routes, emploi… » Elle a également invité ses abonnés, « en particulier les jeunes », à s’inscrire sur les listes électorales.
Cette affaire s’inscrit dans une série de conflits opposant Alice Nkom au ministère de l’Administration territoriale (Minat). Au cœur de ces tensions se trouve sa décision de briser les scellés posés sur les bureaux du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (Redhac), après une suspension temporaire ordonnée par Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale.
En décembre dernier, Alice Nkom a été convoquée à deux reprises par le préfet du Wouri concernant cet acte, mais elle a refusé de se présenter. En tant que présidente du conseil d’administration de Redhac, elle a demandé un rapport pour se préparer à une nouvelle convocation le 10 janvier.















