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Présidentielle 2025 : Babissakana demande à Paul Biya de quitter le pouvoir

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Présidentielle 2025 : Babissakana demande à Paul Biya de quitter le pouvoir
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Lebledparle.com vous propose un extrait de la Lettre ouverte de Babissakana

» Monsieur le Président National du RDPC Moi, Babissakana, né le 4 mars 1965 à Bongando, village mythique du Canton Elip, Arrondissement de Bokito, Département du Mbam et Inoubou, Ingénieur Financier, Laïc Spiritain Associé, j’ai l’honneur de vous adresser la présente lettre de réforme en ma qualité de modeste citoyen camerounais, pauvre serviteur du Créateur du ciel et de la terre. En cette matinée du 6 novembre 2024, lors de la prière matinale de ma famille, l’Esprit Saint de Dieu m’interpelle en m’indiquant de vous écrire sur l’avenir du peuple de Dieu établi au Cameroun. J’ai donc investi 17 jours de travail pour écrire la présente lettre.

En cette veille de l’élection présidentielle au Cameroun en 2025, la question de l’avenir du pays est au centre des préoccupations des citoyens et des autres parties prenantes nationales, continentales et internationales. Quelles innovations, quels programmes, quelles performances et quelle place pour le Cameroun dans le contexte de la vision de l’Union Africaine qui est de devenir à l’horizon 2063 une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique dans l’arène internationale ?

Dans ce contexte, la présente lettre de réforme est un appel au Patriarche Politique Senior que vous êtes à passer la main, le plus tôt possible, à une autre Signature du RDPC pour porter l’offre de gouvernement de cette entreprise politique en position dominante, mais qui a un grand besoin de renouvellement de son leadership. Cette réforme peut désenclaver, décloisonner et dynamiser le marché politique national pour une concurrence saine et loyale à même de faciliter l’accès à cette haute charge publique visant la satisfaction des besoins et des attentes politiques, économiques, sociales et environnementales des camerounais.

La lettre est structurée en trois points : (i) le constat d’échec de la vision du Cameroun à l’horizon 2035 ; (ii) l’urgence d’une nouvelle vision à l’horizon de l’agenda de l’Union Africaine et (iii) l’impérieuse nécessité d’un nouveau leadership politique fort, innovant et réformateur.

1. CONSTAT D’ÉCHEC D’UN CAMEROUN, NOUVEAU PAYS INDUSTRIALISÉ À L’HORIZON 2035

La trajectoire des performances économiques et sociales du Cameroun pour les quinze dernières années et les perspectives à moyen terme au rythme actuel, nous indiquent l’impossibilité mathématique et statistique de réaliser l’ambition de devenir un nouveau pays industrialisé (un pays à revenue intermédiaire) à l’horizon de 2035. En utilisant les données publiées par la Banque Mondiale, en 2008, notre PIB par habitant était de 1 476 $US courants. En 2023, le PIB/habitant n’était que de 1 674 $US soit une hausse minable de 198$US ou 13,41% en 15 ans, c’est-à-dire une croissance moyenne annuelle de 0,9% qui est largement inférieure à la croissance de démographique annuelle pas loin de 3%. En 2023, le PIB/habitant des pays à revenu intermédiaire était de 6 267 $US avec 2 414 $US pour la tranche inférieure. Il est donc clair qu’au rythme actuel et prévisible, l’écart de croissance du PIB par rapport à la tranche intérieure étant de 740 $US, il faut une cinquantaine d’années pour y parvenir. Quatre (4) principaux facteurs peuvent justifier ce cercle vicieux auto-entretenu de contre-performances économiques structurelles.

I.1. Le renoncement à bâtir un Etat-Industriel et créateur de prospérité partagée

Le niveau d’industrialisation du Cameroun reste en quasi-stagnation depuis plus de 12 ans en référence notamment à l’année 2010. Quatre (4) indicateurs usuels de la performance industrielle élaborés par l’ONUDI peuvent être utilisés pour confirmer ce constat amer. (i) La part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB du Cameroun est passée de 15,1% en 2010 à 14,08% en 2015 et à 15,7% en 2021. (ii) La valeur ajoutée manufacturière par habitant est passée de 172 $US en 2010 à 184 $US en 2015 et à 213$US en 2021. (iii) La part des exportations manufacturées dans les exportations totales est passée de 32,80% en 2010 à 26,25% en 2015 et à 24,70% en 2020. (iv) Les exportations manufacturées par habitant sont passées de 62$US en 2010 à 46$US en 2015. Cette contreperformance industrielle du Cameroun peut, en l’occurrence, être illustrée par quatre (4) entreprises industrielles publiques pour lesquelles l’Etat du Cameroun s’illustre comme un actionnaire majoritaire défaillant : (i) l’ALUCAM contrôlée à 94% par l’Etat n’arrive pas à déployer son plan d’investissement avec son projet d’extension de 100 000 à 300 000 tonnes ; (ii) le CNIC contrôlé à 99,51% par l’Etat n’arrive pas à mettre en œuvre son plan stratégique d’investissement et à achever le projet de Yard Pétrolier de Limbé ; (iii) la CICAM contrôlée à 100% par l’Etat s’illustre par un plan de restructuration devenu un serpent de mer et (iv) la SONARA contrôlée à 96% par l’Etat dont l’outil industriel s’est effondré en 2019, est devenue à ce jour un simple marketeur de produits pétroliers.

L’industrie reste le principal levier de compétitivité et de prospérité des pays. La compétitivité d’un pays étant définie comme son aptitude à atteindre durablement un niveau élevé de PIB par habitant, celle-ci reste déterminée principalement par les progrès réalisés par son secteur industriel. Les Etats industrialisés de la planète ne le sont principalement que par leur capacité à offrir aux populations ou ménages des biens et services de plus en plus élaborés, c’est-à-dire à fort contenu d’intelligence ou de science pour satisfaire leurs besoins. Au regard des faibles performances constatées, vous avez de fait renoncé à bâtir un Etat-industriel, seul capable de porter et de stimuler la prospérité et de la partager entre ses citoyens.

I.2. La préférence pour un Etat dépensier et protecteur de scandales financiers

Comme le retrace le tableau ci-après tiré des lois de finances, le choix de la préférence des dépenses courantes en comparaison aux dépenses d’investissement est le reflet de la prédominance d’un Etat dépensier, non-économe, ayant un train de vie anormalement élevé, et offrant paradoxalement des services publics à un grand nombre de citoyens pauvres (10,1 millions en 2022). Ainsi, le budget d’investissement public est passé de 25,9% du budget total en 2009 à seulement 18% en 2022 et à l’inverse, le budget des dépenses de fonctionnement est passé de 74,1% en 2009 à 81,95% en 2022.

Ces dernières années, le fonctionnement de l’Etat du Cameroun s’illustre par une forte propension à générer les scandales financiers (Fonds du COVID-19, Fonds de la CAN, Fonds du pétrole avec Glencore, Fonds des lignes 65 et 94, etc.) dans un contexte de corruption rampante confirmée par les rapports successifs de la CONAC. Le comble tant que ces scandales financiers s’accumulent et les structures de l’Etat s’illustrent par l’incapacité d’assainissement et de sanctions, bref une sorte de protection et d’encouragement des acteurs impliqués qui se pavanent allègrement en se moquant des auditeurs juridictionnels et des inspecteurs d’Etat.

I.3. L’entretien du cercle vicieux de pauvreté et démission à construire un modèle social basé sur l’unité et la solidité des familles

L’Etat s’illustre par une sorte de maintenance et d’entretien du cercle vicieux de pauvreté au Cameroun. Le taux de pauvreté selon les statistiques de l’INS, est passé de 39,9% de la population en 2007 à 37,5% en 2014 et à 37,7% en 2022 soit environ quatre personnes sur dix. La population camerounaise étant estimée à 26,7 millions d’habitants en 2022, il est établi que 10,1 millions de citoyens sont pauvres et vivent avec moins de 813 FCFA par jour, soit 24 724 FCFA par mois. Pour ces 10,1 millions de camerounais, un bon nombre n’a pas d’emploi et donc de revenus. Ils ne vivent que de l’assistance sociale fournie essentiellement par leurs familles.

Dans chaque pays moderne, le choix d’un modèle social ou de société se traduit par l’adoption d’un système d’imposition et de redistribution des revenus marqué par la définition de l’unité pertinente pour évaluer les besoins et le pouvoir d’achat en vue de prendre les mesures correctrices ou préventives nécessaires. Il y a donc une alternative entre l’individu (individualisation) ou la famille (familiarisation) comme unité de référence pour le système fiscal et redistributif. Par la promulgation de la loi n°2002/014 du 30 décembre 2002 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2003, vous avez adopté l’individualisation de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et ses implications nocives pour les familles (une famille = deux déclarations annuelles de revenus) en supprimant l’article 26 de la loi n° 2002/003 du 19 avril 2002 portant code général des impôts qui disposait : « Chaque chef de famille est soumis à l’impôt sur le revenu des personnes physiques, tant à raison de ses revenus personnels que ceux de sa femme et de ses enfants considérés comme étant à sa charge au sens de l’article 99 ci-après ». L’article 99 qui a été aussi supprimé disposait : « Sont considérés comme étant à la charge du contribuable, à condition de n’avoir pas de revenus distincts de ceux qui servent de base à l’imposition de ce dernier, ses enfants légitimes, adoptifs ou légalement reconnus, inscrits à l’état civil et âgés de moins de dix-huit ans, ou infirmes ou élèves d’un établissement public ou privé d’enseignement ». L’article 100 a également été supprimé : « La situation et les charges de la famille dont il doit être tenu compte sont celles existant au 1er janvier de l’année d’imposition. »

Pourtant, l’unité de référence constitutive de la société est bel et bien la famille au sens large. La famille correspond bien au concept de foyer familial ou alors de foyer fiscal ou de ménage au sens économique. Dans la mesure où la famille est la cellule de base de la société dans laquelle se partage ses ressources, c’est bien sa situation globale qui doit être à la base non seulement de la détermination des impôts qu’elle doit payer, mais aussi des transferts redistributifs (allocations sociales) auxquels elle peut avoir droit. Le respect de l’autonomie de chaque membre de la famille doit pouvoir être compatible et aligné avec la reconnaissance et la valorisation des solidarités familiales. D’où l’importance d’un code de la famille comme instrument juridique clé consacrant le choix du modèle social ou de société dans un pays. En 42 ans de règne, vous n’avez pas pu promulguer la loi sur le code de la famille.

I.4. Essoufflement et déclin de votre leadership en tant que Président de la République et Président National du RDPC

La courbe d’évolution de l’expertise, la compétence et l’expérience d’un dirigeant a la forme d’un « U » inversé. En bout de cycle, il y a obligatoirement une phase d’essoufflement et de déclin traduisant l’incapacité et l’impossibilité du dirigeant d’exercer de manière effective et efficiente son rôle de direction, de pilotage et de leader. Pour le leader politique de premier plan que vous êtes, nous sommes en plein depuis quelques années à cette phase d’essoufflement et de déclin. Pour chaque année qui s’ajoute, le déclin s’alourdi. Ce déclin se constate en l’occurrence par quelques faits saillants d’exercice de votre leadership. Le dernier congrès de votre entreprise politique le RDPC date de septembre 2011, il y a presque 13 ans. Son bureau politique composé de 23 membres et dont les réunions sont rares, compte au moins 5 membres décédés et un membre prisonnier. Son comité central, organe chargé de diriger l’entreprise, composé de 326 membres dont plusieurs décédés et prisonniers, ne se réuni presque pas. Une entreprise dont les organes de direction et de gouvernance ne se réunissent pas régulièrement est de fait en léthargie et ne peut se targuer de bonnes performances. Au niveau de l’Etat, le dernier réaménagement du gouvernement date du 4 janvier 2019 et le dernier conseil ministériel date du 16 janvier 2019, ces actes de leadership datent de plus de cinq ans déjà. Le dernier conseil supérieur de la magistrature date du 10 août 2020.

2. URGENCE D’UNE NOUVELLE VISION À L’HORIZON 2050 : LE CAMEROUN, USINE DE LA NOUVELLE AFRIQUE INDUSTRIELLE ?

La prospective et la planification stratégique sont des technologies de gouvernance et de management à la disposition du leader et ses équipes pour toute organisation moderne en l’occurrence un Etat. Ces technologies sont mobilisées pour formater les trajectoires délibérément choisies et des futurs possibles, souhaités et partagés. Les visions et les plans stratégiques sont ainsi des instruments dont se dotent les Etats modernes pour créer des futurs possibles et meilleurs pour leurs citoyens. Lorsque la vision qu’un Etat a adopté pour créer un futur ou un avenir meilleur devient non pertinente et totalement irréaliste, il est impératif pour le leader visionnaire et son équipe de la reformater.

Au regard de la déviation importante des réalisations et performances par rapport à la trajectoire de référence retenue en 2009, la vision du Cameroun à l’horizon 2035 est devenue de fait le brouillard du Cameroun à l’horizon 2035. Le futur possible du Cameroun et devenu le futur impossible du Cameroun. Il y a donc urgence pour tout leader politique robuste qui envisage de diriger le pays dans les prochaines années, de proposer d’une nouvelle vision plus pertinente, partagée et mobilisatrice pour bâtir un Cameroun de prospérité partagée avec la grande majorité de ses populations.

Malgré la pertinence de l’alinéa (e) de l’article 26 de la constitution du 18 janvier 1996 qui dispose que : « La loi est votée par le Parlement. Sont du domaine de la loi : (e) La programmation des objectifs de l’action économique et sociale », vous n’avez pas pu promulguer une loi fixant le régime de planification stratégique de l’Etat au Cameroun, en cohérence avec les bonnes pratiques internationales. Dans le contexte de la préparation de l’élection présidentielle au Cameroun en 2025, en alignement avec la vision de l’Union Africaine définie dans le Document Cadre de l’Agenda 2063, il nous semble plus indiquer de cibler l’horizon 2050 pour définir une nouvelle vision pour le Cameroun, c’est-à-dire treize (13) ans avant celui de l’Union Africaine. Les offres politiques de gouvernement attenues des camerounais pour l’élection présidentielle de 2025 doivent comporter la proposition d’une nouvelle vision pertinente, ambitieuse et réaliste pour l’avenir du pays. Par exemple : Cameroun 2050 : Usine de la Nouvelle Afrique Industrielle ?

3. IMPÉRIEUSE NÉCESSITÉ D’UN NOUVEAU LEADERSHIP POLITIQUE FORT, INNOVANT ET RÉFORMATEUR

Au regard de la phase actuelle de votre cycle d’expertise, de compétence, d’expérience et de leadership, vous avez sincèrement déjà tout donné. Vous êtes un Patriarche Dirigeant d’Etat hors pair du marché politique camerounais et Africain. Tous ceux qui souhaitent ou attendent encore de vous des efforts additionnels de leadership de premier plan pour assurer les fonctions de Président de la République du Cameroun pour le prochain septennat 2025-2032, vous attribuent des capacités surhumaines et honnêtement hors de votre portée réelle. Sur ces faits, en toute humilité, nous avons l’honneur de vous adresser par la présente lettre un vibrant appel à passer la main à une autre Personnalité du RDPC pour porter une nouvelle offre de gouvernement de votre parti pour la prochaine élection présidentielle. Du point de vue de l’analyse du marché politique camerounais actuel et son évolution prévisible, l’on note une très forte demande politique des citoyens de voir le Patriarche Paul BIYA battre campagne pour un nouveau Leader du RDPC, candidat à l’élection présidentielle de 2025.

Pour le prochain septennat 2025-2032, au regard des enjeux et défis de la création d’un nouveau futur de prospérité partagée, dans la dynamique de construction de la nouvelle Afrique, il y a une impérieuse nécessité pour le Cameroun de se doter d’un nouveau leadership politique fort, innovant et réformateur. Le renouvellement du leadership politique du RDPC est un facteur déterminant pour impulser une nouvelle dynamique d’innovation, d’alliance, de restructuration et d’évolution du marché politique camerounais. Il est indispensable de créer les conditions d’une concurrence saine et loyale entre les entreprises politiques du pays (notamment le RDPC, le MRC, le PCRN, le SDF) pour l’accès à la haute fonction de Président de la République. Il en est de même pour les autres fonctions électives ».

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC
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Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.

En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).

Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.

DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME

Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.

Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.

Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.

Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.

Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.

Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.

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