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Fecafoot : Guibai Gatama accuse Samuel Eto’o de vouloir s’accaparer le pouvoir

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Fecafoot : Guibai Gatama accuse Samuel Eto’o de vouloir s’accaparer le pouvoir
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Guibai Gatama, figure de l’opposition au sein de la FECAFOOT, accuse Samuel Eto’o d’avoir orchestré des modifications statutaires visant à consolider son pouvoir et à éliminer tout opposant potentiel.

Lire ci-dessous sa correspodance à Samuel Eto’o :

Monsieur le Président,

Par exploit de Maître TSOUNG née KOUMEDJALE Eva-Marquis, Huissier de Justice à la 11ème charge près la Cour d’Appel du Centre et les Tribunaux de Yaoundé, en date du 06 novembre 2024, j’ai bien reçu votre convocation N°325/FECAFOOT/PDT/SG/SGA/DAJ/ASG/24 du 31 octobre 2024 m’invitant à la session de l’Assemblée Générale Ordinaire de la FECAFOOT qui se tiendra le samedi, 16 novembre 2024 à 9 heures au Centre d’Excellence de la CAF à Mbankomo ainsi que votre convocation N°293/FECAFOOT/PDT/SG/SGA/DAJ/ASG/24 du 31 octobre 2024 m’invitant à prendre part à une session du Comité Exécutif de la FECAFOOT qui, quant à elle, se tiendra le vendredi 15 novembre 2024 au même endroit que l’Assemblée Générale évoquée supra.

Par ces lignes, je vous remercie d’avoir accompli et comme je l’ai toujours souhaité, ces diligences dans les délais impartis par la Règlementation de notre instance faitière nationale de Football.

  • Toutefois, il m’est apparu après dépouillement des documents annexés à ces deux convocations que certains documents indispensables et nécessaires à la bonne appréciation des débats inhérents aux différents points inscrits à l’ordre du jour n’y étaient pas joints.

Par courrier en date du 07 novembre 2024, j’ai donc formellement demandé les documents manquants en rapport avec les points 6, 8, 9, 10, 11, 13, 15 et 16 de l’ordre du jour du Comité Exécutif dont je suis membre de droit représentant la Ligue Régionale de l’Extrême – Nord.

Ainsi et pour votre gouverne, veuillez noter que ni les décisions prises durant les différentes sessions du Comité d’Urgence, ni les projets de chronogrammes et de Règlements des championnats professionnels et autres championnats organisés par la FECAFOOT, ou pis le projet de budget de la FECAFOOT pour l’exercice 2024 que nous sommes censés examiner et/ou adopter lors de cette session ne m’ont été communiqués.

En réponse à ma demande, le Secrétaire Général de la FECAFOOT m’a opposé une fin de non-recevoir.

Partant, je m’interroge qu’une grande organisation comme la nôtre persiste à ne pas vouloir se conformer à une telle exigence malgré la position du TAS dans sa sentence TAS 2022/A/9277, point 137, qui a ainsi retenu que : « le but de l’envoi des documents est une condition nécessaire à la formation de la volonté pour voter sur les diverses résolutions ; sans document, il n’y a pas de formation appropriée de la volonté ».

Vous pouvez, de ce qui précède et prenant qui de droit à témoin, lire mon embarras légitime concernant ma présence à ces assises s’il ne m’est pas laissé la possibilité d’exercer mon droit de vote en toute connaissance de cause.

Au demeurant et indépendamment des suites que je me réserve de donner à cette regrettable situation, je me permets également de vous faire part de mes profondes inquiétudes après avoir pris connaissance des huit (08) documents sur seize (16) au soutien de certains points de l’ordre du jour des assises sus-citées que vous avez bien voulu me faire tenir.

  • S’agissant premièrement du projet de modification des Statuts de la FECAFOOT soutenu par Monsieur ABDOULAY ABDOULRAZACK, je note que ce sera la quatrième fois que les Statuts de notre organisation seront modifiés sur les points concernant les conditions d’éligibilités du Président de la FECAFOOT depuis l’élection du 11 décembre 2021 qui vous a porté à la tête de la Fédération sur la base d’un processus démocratique garanti par les Statuts de la FECAFOOT du 13 juillet 2021 validés par la FIFA.

Après les modifications des 27 août 2022, 27 mai 2023 et 10 octobre 2023, il est de nouveau envisagé une modification de la version des Statuts actuels le 16 novembre prochain, avec en ligne de mire :

  • Le bâillonnement du club sportif qui ne pourra plus « seul ou de concert avec d’autres clubs sportifs, contester ou attaquer une décision du Comité Exécutif, du Comité d’urgence, de l’Assemblée Générale ou du président de la FECAFOOT » article 19.2 (Nouveau) ;

​●L’élimination des potentiels candidats à votre succession et au Comité d’urgence qui s’ouvrira, tous délais computés, dans moins de dix (10) mois en ramenant l’âge des postulants de 70 à 64 ans : « Peut être candidat à la présidence de la FECAFOOT, tout Camerounais des deux sexes âgés de plus de vingt-un ans et de moins de soixante –cinq (65) ans au jour de l’élection » article 46 al.1 (nouveau); en éliminant d’office les maires et autres membres des exécutifs municipaux, les présidents et autres membres des exécutifs des conseils régionaux, les députés, les sénateurs et plus graves les directeurs généraux des entreprises publiques et parapubliques du Comité d’urgence « Les fonctions suivantes sont incompatibles avec celles de membres du Comité d’urgence de la FECAFOOT : Membre du Parlement, Membre d’un Exécutif Régional, Membre d’un exécutif communal, Directeur Général d’une société à capitaux publics ou parapublics » article 50 al.1 (Nouveau) au moment même où le sport camerounais a besoin de tous ces acteurs pour son financement ;

● La dénaturation de la règle de parrainage avec l’introduction d’une répartition discriminatoire qui viole les exigences d’équité et d’égalité de tous devant la loi « Tout candidat doit être parrainé par dix (10) délégués à l’Assemblée Générale de la FECAFOOT suivant la répartition ci-après : quatre (04) délégués issus de quatre (4) Ligues Régionales différentes, deux (2) délégués issus de la Ligue Spécialisée de Football Professionnel ou le cas échéant des représentants élus des clubs des championnats professionnels dont un (1) de première division et un (1) de deuxième division, deux (2) délégués issus des autres ligues spécialisées et deux délégués (2) issus des corps de métiers », article 46 al.2 (Nouveau) ;

​● La déstructuration complète des règles éthiques qui réduit désormais à la prison ferme les cas d’inéligibilité et qui laissent penser à un aménagement des infractions éthiques ayant pour but de sauver votre éventuelle candidature à votre propre succession à la suite de vos récentes condamnations devant des juridictions de droit commun et sportive pour fraude fiscale et violation grave des principes d’éthiques, d’intégrité, de sportivité et de fair-play édictés par l’article 2 al.3 des Statuts de la CAF .

  • A moins de dix (10) mois, tous délais computés, du processus de renouvellement des mandats des membres des différents organes des ligues et de la Fédération élus en 2021, envisager de changer les règles de jeu dans ces circonstances ne peut à mon sens que poser un problème moral et éthique.

Toujours dans le document porté par Monsieur ABDOULAY ABDOULRAZACK, il est prévu la modification suivante : « En dehors des réunions du Comité Exécutif, des décisions peuvent être prises à l’aide d’autres moyens de communications écrites. Les décisions entrent en vigueur avec effet immédiat. Le Président informe immédiatement le Comité Exécutif des décisions prises à l’aide d’autres moyens de communications écrites ». Ce projet de modification apparaît aussi superfétatoire que surprenant dans la mesure où les Statuts en vigueur prévoient déjà de manière complète et pertinente, les mécanismes de prise de décision du Président de la FECAFOOT entre deux sessions du Comité Exécutif. En aucun cas, il ne saurait être envisagé la possibilité d’écarter le Comité Exécutif de la prise de décision sur quelque sujet que ce soit.

  • S’agissant ensuite du projet des modifications de certaines dispositions du Règlement financier porté par Monsieur ABDOULKARIMOU, je note que celui-ci prévoit d’augmenter vos indemnités de sessions de FCFA 60 000 à FCFA 300 000 net d’impôts jour ; celles des membres du Comité Exécutif de FCFA 50 000 à FCFA 250 000 jour net d’impôts multipliées par le nombre de jours que dure une session du Comité Exécutif ou de l’Assemblée générale.
  • Au moment où la situation financière de la FECAFOOT est manifestement en difficulté; au moment où les arbitres, les commissaires de match, les inspecteurs de match, les coordinateurs de match, les médecins référents… réclament leurs indemnités non payées depuis plusieurs saisons; au moment où les clubs professionnels réclament à cor et à cri leurs droits de sponsoring et leurs subventions; au moment où le football amateur dépérit faute de financement; au moment où la Fédération est traînée devant les tribunaux pour des factures impayées… je ne peux que vous prier de noter que ces augmentions des indemnités de session m’ont profondément heurté, indigné et en appellent à n’y point donner suite favorable.
  • Quant au point concernant le retrait envisagé de l’agrément au SYNAFOC et l’admission de l’ANFC en ses lieu et place comme Membre de la FECAFOOT, point soutenu par un courrier du Professeur NKOU MVONDO Prosper, j’ose là aussi espérer qu’il ne vous vient pas à l’esprit de donner suite favorable à cette ambition qui contrevient aux dispositions de l’article 10 de la Loi du 11 juillet 2018 portant Organisation et Promotion des Activités Physiques et Sportives au Cameroun qui fait de l’octroi ou du retrait de l’agrément, un acte exclusivement réservé à la compétence du Ministre chargé des Sports.
  • Par ailleurs, les documents reçus, notamment le courrier non daté et sans pièces jointes de Monsieur Lucien METTOMO, agissant pour le compte de l’Association Nationale des Footballeurs Camerounais, indiquent clairement qu’au stade actuel, cette Association ne remplit pas les conditions intégrales de l’article 11 al. 2 des Statuts de la FECAFOOT du 10 octobre 2024. Celles-ci lui imposent d’avoir un agrément légal accordé par les autorités administratives compétentes.

De ce qui précède et au regard des observations ci-dessus formulées et pour tous autres à ajouter, suppléer ou déduire, je vous prie de bien vouloir prendre toutes dispositions utiles afin de reporter les points 6, 8, 9, 10, 11, 13, 15 et 16 de l’ordre du jour de la session du Comité exécutif du 15 novembre et de l’Assemblée Générale du 16 novembre à des sessions ultérieures de ces deux organes pour une meilleure appréciation.

  • Pour votre bonne information, je souhaite vous faire noter que Monsieur le Ministre des Sports et de l’Education Physique, Monsieur le Secrétaire General de la Confédération Africaine de Football (CAF) et Monsieur le Secrétaire Général de la FIFA nous lisent en copie de la présente à toutes fins utiles.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma parfaite considération.

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun
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Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.

La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.

Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.

DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.

La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.

Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.

Portrait

LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.

Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.

En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois
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L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.

Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.

Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.

Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.

Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.

Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.

Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.

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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui
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Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).

Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.

L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.

Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.

Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.

La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.

UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE

Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.

Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.

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