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Enjeux de la cybersécurité en Afrique : Les différents défis et solutions

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Enjeux de la cybersécurité en Afrique : Les différents défis et solutions
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La connexion croissante et l’expansion des technologies avancées en Afrique, bien qu’elles offrent d’énormes opportunités, exposent également les gouvernements, les entreprises et les citoyens à des risques accrus. Les menaces informatiques sont de plus en plus sophistiquées et omniprésentes, mais elles sont aussi accompagnées de solutions qui, si elles sont mises en œuvre correctement, pourraient réduire de manière significative les vulnérabilités.

La situation actuelle de la cybersécurité en Afrique

Ces dernières années, l’adoption d’Internet en Afrique a augmenté de manière exponentielle, entraînant un boom numérique qui a transformé divers secteurs, du commerce à l’éducation. Cependant, ce progrès a été accompagné d’une augmentation des menaces informatiques. Les attaques contre les réseaux d’entreprises sont une préoccupation croissante. Selon une étude de Positive Technologies, les cybercriminels sont capables de pénétrer 93 % des réseaux d’entreprises, ce qui souligne la vulnérabilité des systèmes informatiques même dans les organisations les plus avancées.

En plus des attaques contre les entreprises, le phishing et les fraudes informatiques sont en hausse. En 2021, plus de 12 millions d’emails de phishing ont été envoyés à plus de 17 000 organisations aux États-Unis, mais des attaques similaires frappent également l’Afrique. La majorité des violations de cybersécurité sont causées par des erreurs humaines:

  • 85 % des violations impliquent un employé;
  • 61 % concernent des mots de passe faibles ou des informations d’identification compromises.

Avec l’expansion de la présence en ligne, non seulement les entreprises, mais aussi les consommateurs, sont plus vulnérables aux arnaques numériques. Des secteurs tels que le commerce électronique, les services bancaires en ligne, mais aussi les nouveaux casinos en ligne émergents, sont parmi les plus touchés par ces menaces. La diffusion croissante des plateformes numériques comporte un risque accru d’attaques, qui peuvent entraîner des arnaques ou des pertes économiques. Il est donc essentiel de choisir des services fiables et d’identifier les meilleures options en matière de sécurité et de protection des données.

Les menaces les plus courantes en Afrique

Les enjeux de la cybersécurité en Afrique ne sont pas différents de ceux rencontrés dans d’autres régions du monde, mais leur intensité et leur impact peuvent être plus dévastateurs en raison des carences structurelles et des ressources limitées. Voici quelques-unes des menaces les plus courantes :

  • Phishing et fraudes en ligne : Les pirates envoient des emails frauduleux pour voler des informations personnelles, telles que des mots de passe et des informations bancaires.
  • Ransomware : Ce type d’attaque, qui bloque l’accès aux données jusqu’au paiement d’une rançon, cause d’énormes pertes économiques. Les dommages mondiaux en 2021 ont dépassé les 20 milliards de dollars, et on prévoit que ce chiffre atteindra 265 milliards de dollars d’ici 2031.
  • Attaques contre les infrastructures critiques : Les pirates visent à attaquer les entités gouvernementales et les grandes entreprises, en accédant à des données sensibles ou en compromettant des systèmes vitaux.

Les enjeux de la cybersécurité et les défis en Afrique

Malgré les progrès réalisés, l’Afrique doit faire face à de nombreux obstacles pour se protéger contre les menaces informatiques. Les infrastructures de cybersécurité sont faibles et les ressources pour les gérer sont rares. Le manque de professionnels qualifiés est l’une des principales difficultés. Les universités africaines tentent de combler cette lacune, mais la demande d’experts en cybersécurité dépasse largement l’offre.

La sécurité des données est également entravée par la fragmentation des politiques entre les différents pays du continent. Chaque nation a des lois et des réglementations différentes, ce qui rend plus difficile la mise en œuvre de mesures de sécurité uniformes. Par exemple, bien que certains pays aient des lois avancées comme la Loi sur la protection des données en Afrique du Sud, d’autres rencontrent encore des difficultés pour introduire des réglementations adéquates.

Événements significatifs d’attaques informatiques en Afrique

Entre 2023 et 2024, plusieurs attaques informatiques ont mis en évidence les vulnérabilités du continent :

  • Mars 2023 : Un groupe de pirates a compromis les systèmes du principal fournisseur d’accès à Internet (FAI) du Nigéria, entraînant de graves interruptions de service pour des millions d’utilisateurs. L’attaque, revendiquée par le collectif CyberLions, visait à protester contre la répression des manifestations démocratiques.
  • Juillet 2023 : Une campagne de phishing hautement sophistiquée a ciblé les banques centrales de plusieurs pays africains, dont l’Égypte, le Kenya et le Sénégal. Les pirates, soupçonnés d’être liés à la Corée du Nord, ont réussi à détourner environ 50 millions de dollars des réserves monétaires des pays concernés.
  • 2024, Zambie : Récemment, les autorités zambiennes ont arrêté 77 personnes, dont 22 Chinois et un citoyen camerounais, accusés d’activités frauduleuses sur Internet. Cela fait partie d’une vaste opération anti-fraude lancée par les autorités locales, impliquant de nombreux hackers dans des activités criminelles liées au cyberspace.

Les solutions pour renforcer la cybersécurité en Afrique

Pour relever les défis liés à ce sujet, une approche intégrée impliquant les gouvernements, les entreprises et les citoyens est nécessaire. Les politiques de cybersécurité doivent être développées conjointement, en cherchant à harmoniser les lois et en créant une culture de la protection numérique.

Coopération régionale et internationale

Une des solutions les plus efficaces pour combattre les menaces informatiques est la coopération entre les pays africains. Actuellement, l’Union africaine promeut des initiatives comme la Cybersecurity and Cybercrime Convention, qui vise à établir un cadre réglementaire commun. Cependant, il est essentiel d’accélérer ces efforts et de renforcer la coopération avec les partenaires internationaux pour garantir une approche coordonnée et globale de la cybersécurité.

Le rôle du secteur privé

Le secteur privé joue un rôle crucial. Les entreprises africaines doivent investir dans des technologies avancées pour protéger les données sensibles et mettre en œuvre des solutions de protection contre les menaces informatiques. De plus, les entreprises doivent promouvoir la formation continue de leurs employés, sensibilisant à la sécurité numérique et réduisant les risques de violations dues à des erreurs humaines.

Solutions locales et durables

Les solutions de cybersécurité doivent être développées en fonction des besoins locaux. Chaque pays africain a des défis uniques, de sorte que les politiques devraient être adaptées aux circonstances spécifiques. L’accès limité aux ressources et la diversité des systèmes technologiques nécessitent une approche flexible et adaptée.

Les enjeux de la cybersécurité en Afrique sont importants, mais pas insurmontables. Si les gouvernements, les entreprises et la société civile travaillent ensemble pour renforcer les infrastructures de sécurité, sensibiliser la population et développer des politiques communes, l’Afrique pourra relever avec succès les menaces informatiques. La protection des données et des informations est essentielle pour garantir un environnement numérique sûr et stimuler la croissance économique et sociale du continent.

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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?
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En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ?

L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.

1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays

L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.

2. Fonctionnement et masse salariale

En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’Etat ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).

3. Les détournement de deniers publics en hausse

Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalé et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.

Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun. L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers.

Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite ! Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP).

Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.

Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.

4. Les soldes engagées non décaissées

L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.

Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice.

Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants. Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.

En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense.

Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique

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Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique
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La Ligue 1 McDonald’s, le championnat de football professionnel de la France, veut renforcer sa présence en Afrique francophone à partir du Cameroun. La Ligue de football professionnel (LFP) qui gère le football professionnel en France, à travers sa filiale commerciale LFP Media, et 6Sports Marketing Advertising, organisent une Watch Party le 25 octobre 2026 à Yaoundé. A l’occasion du match entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l’Olympique lyonnais (OL). Cette initiative vise à rapprocher la compétition de ses supporters et à tester de nouvelles formes d’engagement sur le continent.

Au-delà de la retransmission de la rencontre, cette activité entend associer football, divertissement, médias et partenariats. Il est question de créer un espace d’échanges entre les supportes, les acteurs médiatiques et les marques, à travers des animations et des dispositifs de communication. Le but poursuivi est de transformer l’intérêt du public africain en général et celui du Cameroun en particulier pour le championnat français, en une expérience collective à divulguer, tout en ouvrant de nouvelles possibilités commerciales. Ce Watch party constitue la « première étape d’une ambition plus large de développement de l’expérience Ligue 1 McDonald’s auprès des publics d’Afrique francophone», renseigne 6Sports Marketing Advertising, le partenaire camerounais de LFP Media dans l’initiative.

Evaluation

Ce Watch party rentre ainsi dans le cadre d’une stratégie de développement international de la Ligue 1 McDonald’s. Le Cameroun, terre de football par excellence et un des principaux fournisseurs de joueurs au football français, est un terrain privilégié pour cette première expérience, une expérience test. Le choix a été porté sur 6Sports Marketing Advertising, une agence camerounaise spécialisée dans le marketing sportif et l’événementiel notamment. Lequel dispose d’un bureau permanent à Casablanca, au Maroc. Un choix porteur : « Nous ne voulons pas simplement amener la Ligue 1 McDonald’s au Cameroun. Nous voulons contribuer à construire une véritable expérience Ligue 1, pensée pour les publics africains et connectée aux réalités économiques et culturelles du marché», explique Yannick N’Degue, directeur général de 6Sports Marketing Advertising. Alors, «notre rôle sera de créer des passerelles entre une propriété sportive internationale, ses fans et les marques qui souhaitent prendre part à cette histoire », a-t-il indiqué. Le contrat prévoit une saison pilote à l’issue de laquelle les deux parties procèderont à une évaluation, et éventuellement envisager de nouvelles opérations dans le pays. Si l’expérience est concluante, elle sera étendue sur d’autres pays d’Afrique francophone, et donc de nouveaux marchés.

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MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »

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MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »
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À l’occasion d’un sommet international consacré à l’intelligence artificielle en Corée du Sud, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications a plaidé pour une gouvernance mondiale inclusive de cette technologie et un partage équitable de ses bénéfices. Minette Libom Li Likeng a également présenté les avancées du Cameroun dans l’élaboration de sa stratégie nationale, axée notamment sur les infrastructures, la formation, l’innovation et le développement d’une intelligence artificielle éthique et responsable.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Recevez les chaleureuses salutations du peuple camerounais et, en particulier, celles de notre Chef de l’État, Son Excellence M. Paul Biya.

C’est pour moi un insigne honneur de conduire la délégation camerounaise qui prend part à ce sommet.

Les promesses de l’IA sont si proches et pourtant si insaisissables pour de nombreux citoyens du monde. Entre des infrastructures inadéquates et des compétences insuffisantes, l’adoption et l’intégration des outils d’IA dans les activités quotidiennes de nombreux pays semblent encore lointaines, tandis que certaines nations sont déjà très avancées et occupent une position dominante dans le domaine de l’IA.

Les promesses de l’IA en matière d’amélioration de nos conditions socio-économiques ne peuvent se concrétiser que par la concertation et le partage des bénéfices.

À l’instar d’Internet, malgré ses nombreux bienfaits pour l’humanité, la cybercriminalité, la désinformation, le chantage, le harcèlement et le vol viennent annuler ces formidables avancées scientifiques.

Ces maux liés à Internet sont les marques d’un parcours et d’une technologie qui ont, d’une certaine manière, négligé une réglementation concertée.

Nous devons tirer les leçons de cette expérience et travailler ensemble pour veiller à ce que la voix de chaque nation soit entendue et prise en compte dans les conceptions et les offres de services du domaine de l’IA.

Au Cameroun, conscient du fait que l’intelligence artificielle est un outil prodigieux qui présente des perspectives considérables de progrès tout en soulevant des risques qui appellent à une vigilance soutenue, le Chef de l’État a prescrit le développement d’une IA éthique et responsable.

Et pour ce faire, le Gouvernement s’est engagé dans un processus d’élaboration d’une stratégie de développement de l’intelligence artificielle en privilégiant une démarche participative et inclusive, associant l’ensemble des parties prenantes à la réflexion sur les conditions d’appropriation et de développement de cette technologie au Cameroun.

C’est dans ce cadre que des Concertations nationales sur l’intelligence artificielle réunissant les administrations publiques, les entreprises, les chercheurs, les universitaires, la société civile et les partenaires au développement ont été organisées, lesquelles ont abouti à un projet de Stratégie nationale de développement de l’économie numérique au Cameroun, en cours de finalisation, et qui repose sur plusieurs piliers essentiels, notamment le développement des infrastructures et la gouvernance des données, le renforcement du capital humain, la promotion de l’innovation, l’inclusion numérique ainsi que l’instauration d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle.

Je ne saurais conclure mon propos sans exprimer ma profonde gratitude aux organisateurs et au Gouvernement coréen pour leur accueil chaleureux, et pour avoir pris l’initiative de nous réunir tous dans cette salle afin de débattre et d’agir de concert autour d’une technologie qui, si elle est correctement encadrée et régulée, constituerait l’une des étapes les plus décisives que l’humanité aura franchies dans son évolution.

Je vous remercie de votre aimable attention.

À Séoul, le Cameroun explore les opportunités de l’intelligence artificielle

Par Fabrice BELOKO

L’agriculture, la santé, l’éducation et l’administration figurent parmi les secteurs où l’intelligence artificielle pourrait répondre à des besoins concrets au Cameroun. À Séoul, la délégation conduite par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, explore des pistes de coopération avec les partenaires internationaux, notamment dans les infrastructures numériques, les capacités de calcul et la formation aux métiers du numérique.

Le Cameroun veut tirer parti de l’intelligence artificielle pour soutenir son économie. Conduite par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, sa délégation prend part au Global AI and Digital Summit, organisé du 19 au 22 octobre 2026 à Séoul, en Corée du Sud.

La rencontre, organisée à l’initiative du Groupe de la Banque mondiale avec les autorités sud-coréennes, réunit des responsables publics, des investisseurs, des entreprises technologiques et des chercheurs. Pour Yaoundé, ce rendez-vous offre un cadre de discussion avec des partenaires susceptibles d’accompagner la transformation numérique du pays.

Les échanges portent notamment sur la connectivité, les infrastructures de données, les capacités de calcul, les compétences et les conditions d’adoption de l’intelligence artificielle. Le Cameroun entend aussi confronter ses priorités aux expériences internationales et faire connaître les besoins de ses entreprises et de ses jeunes innovateurs.

Les applications envisagées concernent plusieurs secteurs économiques. Dans l’agriculture, l’intelligence artificielle pourrait aider les producteurs camerounais. Dans la santé, elle pourrait appuyer la prise de décision. L’éducation et les services publics figurent également parmi les domaines d’application examinés au sommet.

Ces perspectives supposent toutefois des infrastructures adaptées, des compétences disponibles et des coûts de fonctionnement maîtrisés. Le Cameroun souhaite notamment explorer les possibilités de coopération autour des centres de données, des plateformes numériques, de la formation et de la recherche appliquée. L’accompagnement des start-up fait aussi partie des pistes évoquées.

La question du financement reste déterminante pour passer des intentions aux réalisations. La participation au sommet ne constitue, à elle seule, ni un accord de financement ni la conclusion d’un partenariat. Les retombées dépendront de la capacité à identifier des projets prioritaires, à mobiliser les partenaires et à assurer leur suivi.

En marge du sommet, le dialogue ministériel consacré à la Déclaration de Cotonou permet au Cameroun d’échanger avec les autres pays signataires. Adopté le 18 novembre 2025 par 22 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, ce texte vise la construction d’un marché numérique africain unique à l’horizon 2030.

Les objectifs comprennent une couverture haut débit de 95 %, la création de deux millions d’emplois numériques et la formation de 20 millions de personnes aux compétences numériques. Pour le Cameroun, cette coopération régionale ouvre des possibilités de partage d’expériences et de mutualisation des capacités.

Le défi sera désormais de relier ces ambitions aux besoins nationaux, avec des projets ciblés et des résultats mesurables pour les citoyens et les entreprises.

Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 22/10/2026

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