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Buea réfléchit à l'héritage d'Ekema Patrick au milieu des défis du maire Namange

Par Claude Kenfack
Cinq ans après le décès du maire Ekema Patrick Esunge, la ville de Buea se trouve à un tournant charnière.
Autrefois connue pour son approche municipale structurée sous la direction controversée mais percutante d'Ekema, Buea est aujourd'hui aux prises avec divers défis civiques et infrastructurels, soulevant des questions sur la capacité de l'administration actuelle à répondre aux besoins de sa population.
Les habitants se souviennent de la gouvernance audacieuse d'Ekema, pesant son héritage par rapport à l'état actuel de la ville sous la direction de l'avocat-maire David Mafani Namange.
Ekema Patrick Esunge : L'héritage d'un réformateur controversé
Ekema Patrick Esunge, décédé le 27 octobre 2019, a laissé sur Buea une empreinte que peu de gens contesteraient.
Connu pour sa position ferme contre les incursions séparatistes pendant la crise anglophone, Ekema a donné la priorité à la sécurité en installant des lampadaires dans Buea, une décision qui, selon les habitants, a réduit la criminalité et a procuré un sentiment de sécurité.
Ses efforts pour lutter contre les activités séparatistes et maintenir les activités socio-économiques actives ont été considérés comme des mesures nécessaires pendant une période de troubles régionaux.
Les chefs traditionnels, qui lui ont décerné le titre honorifique de « Nyamoto Kpwatolo », ont reconnu son engagement inébranlable en faveur de l'unité et de la stabilité. En plus de ses initiatives en matière de sécurité, Ekema a défendu des projets visant à moderniser les infrastructures de Buea.
Il a facilité la construction de magasins et lancé des efforts pour élargir les limites municipales, ouvrant ainsi la voie à une croissance qui continue de profiter aujourd'hui aux propriétaires d'entreprises locales.
Son mandat n’a cependant pas été sans critiques. Beaucoup l'ont accusé de prendre des mesures sévères contre les dissidents et d'être trop ambitieux dans ses manœuvres politiques.
Néanmoins, l'héritage d'Ekema en tant que « réformateur controversé » reste un chapitre important de l'histoire de Buea.
Les défis actuels sous le maire David Mafani Namange
Sous la direction du maire Namange, les habitants s'inquiètent du déclin visible des normes civiques de la ville.
Les rues de Buea, autrefois bien éclairées, sont désormais sombres, avec des feux de circulation et des rues en mauvais état. Ce manque d'infrastructures de base, associé à une infrastructure routière inadéquate, a conduit à une augmentation de la congestion routière, en particulier dans les zones à fort trafic comme Molyko, laissant les habitants frustrés face au manque apparent de planification urbaine.
Avocat spécialisé dans les droits de l'homme, l'avocat Edward Lyonga a exprimé sa déception, soulignant le manque de gestion des déchets et l'accumulation d'ordures à travers la ville.
« Buea, autrefois considérée comme la ville la plus propre du Cameroun, est désormais jonchée de saletés partout », a déploré Lyonga, ajoutant que des projets clés, tels que la réhabilitation du pont de la ville de Bakweri, ont été abandonnés.
L'avocat Edward Lyonga est allé plus loin en disant : « C'est la pire administration que nous ayons vue depuis plus d'un demi-siècle. Buea mérite mieux : nos routes sont délabrées, la saleté s’accumule et le désordre à Molyko est accablant.»
Un autre habitant, Shungmo Amos, a exprimé sa frustration face à la détérioration des infrastructures.
« Comment Buea peut-elle attirer des gens avec des routes en si mauvais état ? Buea est en déclin et si rien n’est fait rapidement, ce sera un véritable désastre.»
D’un autre côté, certains affirment que l’afflux de personnes déplacées à l’intérieur du pays a mis à rude épreuve les ressources, en particulier la gestion des déchets.
Ils ont souligné que plusieurs camions poubelles avaient été endommagés par des groupes séparatistes, aggravant ainsi le problème des déchets.
« Les mains du maire sont liées à certains égards, mais il veille à ce que les employés reçoivent des salaires et des avantages sociaux », a déclaré Step Joe, appelant à comprendre les défis complexes de la ville dans les conditions actuelles.
À l’opposé, Evella Kange a exprimé son mécontentement quant à la qualité de vie globale à Buea, notant : « La saleté est partout, l’eau est rare et l’approvisionnement en électricité n’est pas fiable. Ce n’est plus la ville que nous avons connue autrefois.
Ayuketta Tabi Emmanuel a exhorté le conseil à se concentrer sur le développement des infrastructures, en suggérant de nouveaux itinéraires pour réduire les embouteillages, comme relier Muea à Great Soppo et à d'autres zones.
Alors que Buea se souvient des contributions d'Ekema Patrick Esunge, de nombreux habitants espèrent que le maire Namange relèvera le défi de restaurer l'ancienne réputation de la ville.
L’administration actuelle est confrontée à un moment décisif ; répondre aux besoins de la communauté nécessite une action immédiate et visible pour améliorer la sécurité, l’urbanisme et la gestion des déchets.
Avec la bonne approche, le maire Namange pourrait potentiellement combler le fossé entre l'héritage d'Ekema et les exigences de Buea d'aujourd'hui, garantissant ainsi que l'avenir de la ville s'aligne sur les aspirations de la communauté.
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Dayla, 26 ans, tuée par une balle perdue : son meurtrier de 15 ans condamné à 100 ans de prison

Une jeune femme de 26 ans, sans lien avec les faits, a perdu la vie après avoir été touchée par une balle perdue. Plusieurs années après le drame, la justice a rendu un verdict particulièrement sévère contre l’auteur des tirs, qui était âgé de seulement 15 ans au moment des faits.
Une victime innocente prise dans une fusillade
Dayla, 26 ans, se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Une fusillade a éclaté et une balle perdue l’a mortellement atteinte, alors qu’elle n’avait aucun lien avec les personnes impliquées dans les violences.
Sa mort avait profondément choqué la population et relancé le débat sur les conséquences dramatiques des armes à feu et de la violence chez les jeunes.
Une condamnation exceptionnelle
Le tireur, qui n’avait que 15 ans au moment des faits, a finalement été condamné à une peine cumulée de 100 ans de prison par la justice américaine.
Même si cette peine paraît spectaculaire, le système judiciaire des États-Unis permet de cumuler plusieurs condamnations pour différentes infractions liées à une même affaire, ce qui explique ce total particulièrement élevé.
Une affaire qui marque les esprits
Ce dossier rappelle une nouvelle fois les conséquences tragiques des fusillades, où des personnes totalement étrangères aux conflits deviennent des victimes.
La condamnation prononcée traduit la volonté de la justice de sanctionner sévèrement les crimes commis avec des armes à feu, même lorsque leur auteur était mineur au moment des faits.
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C’est grave : les captures d’écran de discussions d’un pasteur et une jeune fille partagées sur la toile excitent les mecs

Une vive polémique agite les réseaux sociaux après la diffusion de supposées captures d’écran de conversations attribuées à un pasteur et à une jeune femme. Les images ont été largement partagées sur plusieurs plateformes, suscitant de nombreuses réactions.
À ce stade, l’authenticité de ces captures d’écran n’a pas été officiellement confirmée. Les personnes concernées ne se sont pas publiquement exprimées, et aucune décision de justice ou communication officielle n’a permis de vérifier les accusations relayées en ligne.
Cette affaire relance le débat sur la diffusion de contenus privés sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes appellent à la prudence, rappelant qu’il est important de ne pas tirer de conclusions avant que les faits ne soient établis.



Une polémique est née après la diffusion de supposées captures d’écran impliquant un pasteur et une jeune femme. Les faits restent à confirmer.
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Justice : Contentieux et arbitrages exposent l’État à une facture de 652 milliards FCFA

Le Cameroun fait face à une accumulation de contentieux financiers liés à la gestion de grands projets d’infrastructure et miniers. L’addition des indemnités réclamées ou déjà accordées à des entreprises internationales pourrait dépasser les 650 milliards FCFA, faisant peser un risque important sur les finances publiques.
L’annonce la plus récente concerne le secteur minier. L’entreprise australienne Sundance Resources a affirmé avoir remporté une procédure d’arbitrage devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris contre l’État du Cameroun. Dans un communiqué publié par son financeur de litige, Burford Capital, le tribunal arbitral a condamné le Cameroun à verser 355 milliards FCFA (plus de 600 millions de dollars) à la junior minière australienne.
Cette sentence fait suite à un litige portant sur le projet de gisement de fer de Mbalam-Nabeba, situé à la frontière entre le Cameroun et la République du Congo. Sundance et sa filiale Cam Iron SA estimaient que le Cameroun avait violé ses obligations légales en retirant leurs droits miniers et en attribuant le permis d’exploitation du côté camerounais à un autre opérateur.
Le tribunal a également jugé que Yaoundé n’avait pas respecté une ordonnance d’urgence de la CCI rendue en mars 2022, qui lui interdisait d’accorder ce permis à une tierce partie. Selon les informations disponibles, la somme initialement réclamée par Sundance s’élevait à 5,5 milliards de dollars. Cette condamnation ne signifie toutefois pas que le paiement interviendra immédiatement. Burford Capital, qui a financé les frais de la procédure en échange d’une part des indemnités éventuelles, a lui-même appelé à la prudence. « La délivrance de la sentence arbitrale ne constitue pas un versement en espèces pour Burford », rappelle le groupe, soulignant que « plusieurs étapes restent à franchir avant un éventuel recouvrement effectif ».
UN RISQUE GLOBAL DE PLUS DE 600 MILLIARDS FCFA POUR LES FINANCES PUBLIQUES
Le contentieux minier n’est cependant pas le seul dossier susceptible d’alourdir les charges de l’État. Selon le Rapport de certification du Compte général de l’État 2024, publié par la Chambre des comptes de la Cour suprême, le Cameroun reste confronté à deux autres contentieux majeurs liés au Complexe sportif d’Olembé.
Ce complexe comprend un stade de 60 000 places, un hôtel, un centre commercial, un gymnase, une piscine olympique et plusieurs équipements annexes. Si le stade a accueilli des rencontres de la Coupe d’Afrique des nations en janvier 2022, l’ensemble du projet n’a jamais été achevé.
Depuis lors, les travaux sont à l’arrêt malgré plusieurs mises en demeure adressées par le ministère des Sports. Les entreprises Piccini (Italie) et Magil Construction (Canada), qui se sont succédé sur le chantier, réclament au total 267 milliards FCFA d’indemnisation. Le contentieux le plus important concerne Piccini SPA.
La société italienne a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), institution du Groupe de la Banque mondiale basée à Washington. Elle estime avoir été évincée alors que son contrat, d’un montant initial de 163 milliards FCFA, pouvait encore être exécuté. Elle réclame ainsi 250 milliards FCFA, soit environ 381 millions d’euros. La Chambre des comptes rappelle toutefois que l’entreprise avait déjà perçu 113 milliards de FCFA avant la résiliation du contrat.
De son côté, le gouvernement soutient que les retards accumulés par Piccini compromettaient l’organisation de la CAN 2021 et justifiaient la rupture du marché. La procédure est toujours en cours. Magil Construction Corporation, qui avait repris le chantier après le départ de Piccini, poursuit également l’État devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale à Paris.
L’entreprise canadienne réclame 17 milliards FCFA, estimant que les financements nécessaires à la poursuite des travaux n’ont jamais été mis à sa disposition. En réponse, le gouvernement affirme que Magil a déjà perçu 42 milliards FCFA alors que le contrat initial s’élevait à 22 milliards de FCFA. Il précise que 38 milliards FCFA provenaient d’un prêt contracté auprès de Standard Chartered Bank. Les autorités estiment en outre que les décaissements dépassaient largement l’état réel d’avancement du chantier.
Elles rappellent enfin qu’au moment de quitter Olembé, plusieurs fournisseurs réclamaient à Magil près de 13 milliards FCFA de factures impayées.
TOLLCAM ATTEND TOUJOURS SON INDEMNISATION
Le Rapport de certification du Compte général de l’État 2024 évoque également le contentieux opposant le Cameroun à Tollcam Partenariat SAS, société créée par les groupes français Fayat et Egis pour réaliser quatorze postes de péage automatiques dans le cadre d’un partenariat public-privé signé en 2019. Après la résiliation de ce contrat, l’entreprise a saisi la Cour internationale d’arbitrage de Paris pour réclamer 30 milliards FCFA à l’État.
La Chambre des comptes indique toutefois qu’une procédure de règlement amiable a été engagée entre les deux parties. Selon des informations recueillies auprès du ministère des Travaux publics, le gouvernement a inscrit 20 milliards FCFA au budget 2026 afin d’effectuer un premier versement au profit de Tollcam. Les 10 milliards FCFA restants devraient être réglés en 2027, conformément aux dispositions de l’accord conclu entre les parties.
En additionnant la condamnation obtenue par Sundance (environ 355 milliards FCFA), les réclamations de Piccini et Magil (267 milliards de FCFA) ainsi que l’indemnisation prévue pour Tollcam (30 milliards FCFA), les passifs potentiels ou déjà actés liés à ces trois contentieux atteignent environ 652 milliards FCFA. Ces trois dossiers ne constituent toutefois que la partie visible de l’iceberg.
Dans son Rapport de certification du Compte général de l’État 2024, la Chambre des comptes de la Cour suprême relève que le Cameroun est confronté à une multitude d’autres litiges opposant l’État à des entreprises et à des particuliers. Si les montants en jeu sont, pour la plupart, nettement inférieurs à ceux des affaires Sundance, Piccini, Magil ou Tollcam, ils représentent néanmoins des engagements financiers susceptibles d’alourdir progressivement les charges publiques.
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