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Benjamin Zebaze : « Avant Longue Longue, que de Camerounais torturés ! »

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Benjamin Zebaze : « Avant Longue Longue, que de Camerounais torturés ! »
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Les atrocités subies par Longue Longue ne sont malheureusement pas un cas isolé. Le journaliste Benjamin Zébazé dévoile dans une sortie une liste de quelques Camerounais ayant subi des violences physiques pour avoir exprimé leurs opinions. Selon lui des cas comme ceux de Sévérin Tchounkeu, Jean Jacques Ekindi, Samuel Eboua, Charles Tchoungang, Essaka… sont révélateurs de ce que « beaucoup de nos compatriotes auraient dû rester dans la forêt »

Lire ci-dessous la sortie de Benjamin Zébazé

« AVANT LONGUE LONGUE, QUE DE CAMEROUNAIS TORTURÉS !

Par Benjamin Zebaze

Ndi Nkem Motissong

La liste des Camerounais torturées depuis le 06 novembre 1982, est aussi longue qu’un fleuve agité. Je ne sais pas comment après avoir vu ces images de l’artiste Longue Longue torturé de manière aussi bestiale, on peut dormir d’un sommeil de « juste »: je n’y arrive pas.

PERSONNE NE DOIT RESTER INSENSIBLE FACE A CE QU’A SUBI UN DE NOS ARTISTES PRÉFÉRÉS

Aujourd’hui, je pense aussi aux victimes connues et inconnues de cette barbarie que j’ai dénoncée pendant toute ma carrière de patron de presse et que beaucoup prenaient pour des affabulations.

1- SÉVERIN TCHOUNKEU

En regardant ces images de torture, je n’ai pas pu m’empêcher de couler une larme en pensant à mon ami Tchounkeu, Pdg de Équinoxe Tv, enlevé dans son bureau: frappé avec une matraque au visage au point de briser ses lunettes médicales

A la gendarmerie, il se fait rouler dans des urines: battu toute une journée au point de déplacer le fer qui donne un peu de force à sa jambe malade.

Je me souviens que nous avons pleuré lors de sa libération et que d’urgence, j’ai dû l’accompagner pour soins en France.

En regardant Longue Longue souffrir, j’aime davantage mon ami TCHOUNKEU qui, malgré cela, n’a pas baissé les bras et continue, malgré l’adversité, un combat que je n’ai pas eu la force de mener jusqu’au bout.

2- JEAN JACQUES EKINDI

Patron de presse, j’apprends que l’homme politique a été arrêté et que nous sommes tous recherchés : Pius Njawe, téméraire, me demande de l’accompagner à la gendarmerie du port où il se trouve.

Nous trouvons là-bas un Jean Jacques Ekindi hagard. Il avait été torturé; avec une machette, il a été tellement frappé aux pieds que ces derniers ressemblaient à deux ballons de foot.

3- SAMUEL EBOUA, CHARLES TCHOUNGANG, ESSAKA…

Pour avoir participé à un meeting politique, le dernier Secrétaire Général de la Présidence de la République sous Ahidjo Samuel Eboua, l’ancien bâtonnier des avocats Charles Tchoungang et des hommes politiques sont arrêtés et torturés de manière particulièrement inhumaine.

Je me revoie en pleurs à la clinique devant ces aînés meurtris dans leur chair, le postérieur en l’air car ils ne pouvaient plus se poser dessus.

J’ai déjà raconté cette histoire à plusieurs reprises en insistant sur ce que Samuel Eboua m’avait dit, avec sa voix caractéristique: « Monsieur Chebache, ils ont failli nous tous ».

UNE DE MES PARENTES VIOLÉE

Je ne décolère pas depuis hier en pensant au sort réservé à une de mes parentes. En plein quartier Akwa, elle est enlevée et conduite dans une rue qui mène au beach. On lui reproche ses critiques envers le pouvoir et surtout envers le ministre Atanga Nji. Prise de panique, elle propose ses ordinateurs, ses téléphones; de l’argent et tous ses bijoux.

Ces agresseurs rigolent : elle est violée et violentée en plein air par des gens qui, sûr de leur pouvoir, ne paniquent pas.

« Grands seigneurs « , ils lui laissent ses téléphones, ses ordinateurs, son argent…et menacent : » la prochaine fois, c’est la mort ».

MES COLLABORATEURS TORTURÉS

– Nicolas Tejoumessie (Décédé) : Enlevé à la sortie du journal; conduit en pleine nuit au bord du fleuve Dibamba: battu sévèrement avec par la suite, ses habits confisqués par ses tortionnaires.

– Pauline Poinsier Manynga (Décédée) : C’est la toute première femme à intégrer le monde difficile de la presse privée camerounaise. L’opposition tient un meeting à haut risque à Douala: j’interdis à tous mes journalistes de s’y rendre. Pauline insiste avec un argument qui tient : jamais ils n’oseront s’attaquer à une femme. La pauvre est interpellée lors du meeting et à la gendarmerie de Bonanjo, est torturée sans ménagement.

– Théodore Tsapi : Alors caricaturiste au journal Challenge, il voit des personnages en civil entrer dans la salle d’archives: ils lui demandent où je me trouve. Il répond que j’ai travaillé toute la nuit et que je ne serai là que l’après-midi. Son malheur va venir du fait qu’il était en train de caricaturer Paul Biya et le ministre Kontchou. Ils deviennent fous: confisquent tout le matériel et enlève mon collaborateur. Dans le « sans payer », il est surpris d’y retrouver un Séverin Tchounkeu dans un sale état.

– Youmbi Jean Marie ( Décédé) : C’était plus qu’un frère pour moi: il avait abandonné toutes ses activités pour m’aider à gérer mes affaires.

Un soir, il sort avec la voiture de service pour aller récupérer l’argent des journaux dans divers kiosques: il est enlevé par des hommes en civil et est battu une partie de la nuit.

Relâché vers minuit, ses tortionnaires se montrent « ‘généreux » en lui offrant une des matraques qui venait de lui lacérer la peau.

Je pourrai citer des centaines des cas comme celui-ci, insister sur cette nuit où un camion de militaires saute sur mon imprimerie; mon voisin, ami, grand frère et beau-frère le patron d’entreprise Richard Nouni Pounde qui habite à côté, est surpris par le vacarme dans sa cour.

Il ose ouvrir la fenêtre et voit des hommes armés partout qui lui crient: « fermez cette fenêtre » !

Leur mission: empêcher que les journaux sortent de cette imprimerie qui imprimait tous les journaux d’opposition de l’Afrique Centrale et du Zaïre.

DÉCIDÉMENT, BEAUCOUP DE NOS COMPATRIOTES AURAIENT DU RESTER DANS LA FORÊT.

Nous ne devons plus accepter cela: courage à Longue Longue. »

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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre
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Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.

Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.

DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS

Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.

Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.

Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.

Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.

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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale
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Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.

Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.

L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.

Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».

Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.

Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.

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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total
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«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.

Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.

« République en pilotage automatique »

Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».

Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…

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