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Dalami Abdoulmoumini : President du parti politique UNDC appelle les camerounais à faire prévaloir la paix

Le Président de l’UNDC exhorte les Camerounais à rejeter les vices tels que la guerre et le tribalisme.«Il est essentiel de suivre cet appel à l’unité et à la paix pour que le Cameroun reste un pays prospère et harmonieux. Les valeurs de cordialité et de convivialité sont essentielles pour bâtir une nation forte et solide. Il est important de se rappeler que le Cameroun est un pays riche en diversité et en ressources, et qu’il est essentiel de les préserver pour les générations futures» affirme Danlami Abdoulmoumini
En tant que citoyens camerounais, «il est de notre responsabilité de promouvoir la paix, l’unité et la cohésion nationale Nous devons rejeter les vices tels que la guerre et le tribalisme et embrasser les valeurs de cordialité et de convivialité. Nous devons travailler ensemble pour bâtir un avenir meilleur pour tous les Camerounais.
Il est important de se rappeler que la constitution camerounaise est le fondement de notre démocratie et de notre état de droit. Il est essentiel de la respecter et de la défendre pour que le pays reste stable et prospère. Nous devons tous nous engager à promouvoir la paix, l’unité et la cohésion nationale pour que le Cameroun reste un pays fier et prospère», ajoute-t-il
A en croire cet homme politique «il s’agit un appel à l’unité, à la paix et à la cohésion nationale. Il est essentiel de suivre cet appel pour que le pays reste un bien commun et prospère pour tous les Camerounais.»,a-t-il ajouté.
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« Le raccordement des industriels de la métallurgie au réseau de transport est porteur de nombreux avantages », Par Patrice YANTHO YONDEU

D’entrée de jeu, il convient de démentir formellement la déclaration mensongère de M. Noubissie Ngankam sur la société PROMETAL, membre de l’Organisation camerounaise des industries de transformation de l’acier et métaux (Ocitram), au nom de laquelle, nous nous sommes exprimés dans Ecomatin. Citation : « révélé le 14 juillet 2026 par le journal en ligne Investir au Cameroun, le métallurgiste PROMETAL aurait sollicité l’onction du gouvernement pour se déconnecter (c’est le cas de le dire) du réseau de distribution de SOCADEL et de se brancher aux bornes de EDC (Electricity Development Corporation) via SONATREL (Société nationale de transport d’électricité) qui est le Gestionnaire du Réseau de Transport (GTR) ».
A ce sujet, qu’il soit bien entendu que c’est sur recommandation et mise en relation de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEL) et du Gouvernement, que EDC et PROMETAL ont entrepris des pourparlers pour un raccordement au parc de production géré par EDC, notamment les barrages de Memve’ele (211 MW) et de Lom Pagar (30 MW). Il ne s’agit donc nullement d’une initiative de notre membre PROMETAL, qui comme tous nos membres d’ailleurs, s’aligne sur les directives du Gouvernement, garant de la politique industrielle et énergétique du Cameroun. Cette précision faite, il me plaît maintenant de partager humblement avec les amoureux du débat citoyen quelques éléments permettant de mieux comprendre le positionnement de la métallurgie dans la politique énergétique.
- ELÉMENTS DE CULTURE ÉNERGÉTIQUE
Les métallurgistes sont des industries énergivores. En effet, elles utilisent les fours à arcs électriques pour l’acier et l’électrolyse pour l’aluminium, et doivent en conséquence se raccorder à la Haute Tension (HT) et la Très Haute Tension (THT), c’est-à-dire au réseau de transport, en raison de la puissance requise (dizaine et centaine de mégawatts) pour leur fonctionnement, mais aussi de leur courbe de charge évoluant en dents de scie (variations de tensions entrainant la nécessité d’un transformateur dédié). D’où, l’importance et la nécessité pour ces industriels de se raccorder directement au réseau de transport, plus robuste, et non au réseau de distribution, plus fragile. Pour ces différentes raisons, en France et dans plusieurs autres pays dans le monde, le raccordement des métallurgistes est interdit sur le réseau de distribution, mais obligatoire sur le réseau de transport. En effet, le réseau de distribution est conçu pour alimenter les ménages, les commerces et les PME. Les pics de demande des métallurgistes et des grands industriels sur le réseau de distribution entraînent des fluctuations et des chutes de tension. Cela se traduit généralement par une dégradation de la qualité de l’énergie reçue par les ménages et les entreprises, et peut souvent conduire à des coupures généralisées (blackout). En résumé, à cause de la spécificité de leur activité et des équipements utilisés, les métallurgistes ne doivent pas être branchés sur les réseaux de distribution classiques (basse et moyenne tension), au risque de dégrader la qualité du service de l’électricité. L’expérience de la France et de plusieurs autres pays dans le monde nous l’enseigne.
- Bénéfices industriels du raccordement des métallurgistes en HT ou THT
Au regard des éléments de culture énergétique édictés plus haut, le raccordement des industriels de la métallurgie au réseau de transport plus proche des sources de production, garantit une alimentation stable, une maîtrise de la consommation des gros industriels et de leur courbe de charge, limite les microcoupures qui provoquent des avaries des équipements, et permet de bénéficier de tarifs d’accès au réseau plus compétitifs. D’autre part, ce raccordement à la HT et la THT permet une meilleure planification pour l’ensemble du secteur, notamment l’alignement des plannings de maintenance aux variations saisonnières de l’hydrologie des principaux cours d’eau. En somme, le raccordement des industriels de la métallurgie au réseau de transport est porteur de nombreux avantages pour l’ensemble du secteur de l’électricité qui, au Cameroun, ne se résume pas à la seule SOCADEL, contrairement à ce que peut laisser croire la sortie de M. Noubissie Ngankam.
- Risques techniques du raccordement des métallurgistes au réseau de distribution
• Les usines énergivores, notamment les métallurgistes, ont pour la plupart une courbe de charge non linéaire. Les machines génèrent des variations des paramètres du réseau, entraînant des variations de tension moins maîtrisables sur le réseau de distribution, la tenue du plan de tension étant plus stable sur le réseau public de transport.
• La dégradation de la qualité de l’énergie pour les industriels et les ménages : en ajoutant un maillon (notamment le distributeur) dans la chaîne d’alimentation des gros industriels, cela entraîne une augmentation du risque d’incident. Le dernier incident survenu au poste de Logbaba, à Douala, témoigne de la mauvaise cohabitation entre les ménages et les gros industriels sur un même transformateur abaisseur.
• Le niveau de puissance appelée des métallurgistes étant élevé, la configuration actuelle des lignes de distribution n’est pas satisfaisante pour alimenter, en toute sécurité et dans le respect des règles d’exploitation du réseau électrique, les usines énergivores, comme l’illustre l’article 54 du Code de raccordement.
• La saturation des transformateurs abaisseurs et l’augmentation des pertes techniques du réseau : injecter la puissance nécessaire à une aciérie dans des lignes de distribution standard augmente les pertes techniques par effet Joule et entraîne la saturation des transformateurs des postes sources.
• Alimenter un site industriel géant en basse ou moyenne tension générerait un gaspillage énergétique colossal. Car, plus la tension est basse, plus les pertes d’énergie sous forme de chaleur (pertes en ligne) sont élevées pour une même quantité d’électricité transportée. Seul le raccordement en Haute ou Très Haute Tension minimise ces pertes pour les entreprises énergivores.
Comme vous pouvez donc le constater, l’architecture actuelle du secteur de l’électricité, qui consiste à raccorder les métallurgistes sur le réseau de distribution, présente de nombreux risques parce qu’il est inapproprié. Par ailleurs, il nous semble important de souligner que le raccordement du premier métallurgiste au réseau de transport dès l’année 2022 a permis de libérer 30 MW au profit des ménages et des PME raccordés au réseau de distribution. Sur cette base, il est loisible de mesurer l’impact pour les ménages et les PME du raccordement de tous les métallurgistes du Cameroun au réseau de transport. Car, nous réitérons que toutes les entreprises appelant plus de 8 MW de capacités n’ont pas de place sur le réseau de distribution. Le réseau de transport est plus indiqué pour elles. C’est le cas des métallurgistes.
- QUELQUES RÉPONSES AUX AFFIRMATIONS HÂTIVES DE M. NOUBISSIE NGANKAM
« Le plaidoyer de l’OCITRAM, s’il venait à prospérer, constituerait non seulement la mise à mort de SOCADEL, mais également porterait un coup fatal au secteur de l’électricité, et partant, à l’ensemble de l’économie camerounaise », soutient M. Noubissie Ngankam. Avec la réforme envisagée, à savoir : le transfert des métallurgistes du réseau de distribution vers le réseau de transport, le paiement des factures se fera toujours entre les mains des acteurs du secteur de l’électricité, qui comme nous ne cesserons de le rappeler, ne se résume pas à la SOCADEL.
Les producteurs EDC, NHPC, KPDC et DPDC, le transporteur SONATREL, le régulateur ARSEL et l’AER font partie du secteur de l’électricité au même titre que la SOCADEL. Notre plaidoyer vise simplement à ne plus verser les 102 milliards de FCFA que les métallurgistes garantissent au secteur de l’électricité au cours des prochaines années dans la « poche percée » qu’est la SOCADEL, à cause de son endettement abyssal, officiellement estimé à environ 850 milliards de FCFA, ainsi que ses défauts de paiements qui empêchent aux autres acteurs du secteur de percevoir leur dû. Sous d’autres cieux, c’est le régulateur qui encaisse certains revenus du secteur de l’électricité et les redistribue aux acteurs bénéficiaires.
Pourquoi le Cameroun ne s’inspirerait-il pas de cet exemple, au regard des limites du dispositif actuel ? En effet, le fait pour la SOCADEL de ne pas reverser leurs parts du gâteau à des acteurs comme EDC et SONATREL, qui sont des entités publiques comme SOCADEL, asphyxie ces entreprises et plombe la réalisation de leurs projets d’investissements pourtant très attendus par l’ensemble du secteur de l’électricité. Par ailleurs, maintenir les métallurgistes sur le réseau de distribution géré par la SOCADEL n’est pas la panacée pour sauver cette entreprise de la situation dans laquelle elle se trouve.
Selon le droit OHADA, lorsqu’une entreprise n’arrive plus à faire face à son passif exigible avec son actif disponible, elle est considérée comme entreprise en difficulté, et la loi a prévu des mesures appropriées pour ces difficultés selon le niveau de gravité : conciliation, règlement préventif, redressement judiciaire ou liquidation. Une telle entreprise peut même obtenir auprès du juge, une suspension des poursuites en recouvrement des créances pendant un certain temps, sur la base d’un plan de restructuration crédible. Pour terminer sur ce volet, les membres de l’OCITRAM sont les principaux clients du secteur de l’électricité au Cameroun et le resteront, indépendamment de l’acteur qui encaissera leurs paiements. De plus, il nous paraît contradictoire d’affirmer, pince sans rire, que les membres de l’OCITRAM, créateurs de richesses affichant 500 milliards de FCFA de chiffre d’affaires annuel et 5000 emplois permanents, et qui sont par ailleurs des industries industrialisantes officiant comme champions nationaux de l’import-substitution grâce à la première filière conquérante de la Zlecaf, s’emploieraient à donner « un coup fatal au secteur de l’électricité et partant à l’ensemble de l’économie camerounaise ».
« Cette posture est renforcée par une déclaration de l’OCITRAM pour qui ‘’le raccordement des consommateurs industriels, dont l’ensemble des métallurgistes de plus de 8 MW, directement au Réseau Public de Transport (RPT) géré par SONATREL, apparait comme une solution structurante permettant d’améliorer la sureté du système électrique, d’optimiser les investissements, de renforcer la qualité de fourniture et de soutenir durablement la stratégie nationale d’industrialisation’’. En d’autres termes, si ce n’est pas un plaidoyer pour la mise à mort de SOCADEL, qu’est-ce donc ? », s’interroge M. Noubissie Ngankam. S’agissant de la SOCADEL, et c’est un avis personnel, il nous semble plus réaliste, par souci d’efficacité et d’efficience, de construire le plan de sa restructuration sur la base des petits, moyens et grands consommateurs, en excluant les très grands consommateurs que sont les industries de transformation de l’acier et des métaux.
Ce changement de paradigme est dans l’intérêt du secteur de l’électricité, en particulier, et de l’économie camerounaise, en général. Que les membres de l’OCITRAM payent à l’ARSEL (le régulateur) qui redistribue les revenus aux autres acteurs du secteur. Cela permettrait à la SOCADEL d’encaisser son véritable dû et de pouvoir planifier ses remboursements, sans impacter la trésorerie et les investissements des autres acteurs du secteur que nous voulons tous debout et plus forts, dans la perspective de la conquête de la Zlecaf et du renforcement de la croissance économique de notre pays.
Dans notre plaidoyer, n’y voyez donc aucune discrimination, mais simplement une catégorisation des consommateurs en fonction du niveau de consommation. N’y voyez non plus seulement du corporatisme, mais plutôt, une démarche dictée par le réalisme économique, des contraintes de viabilité énergétique et de compétitivité industrielle d’une filière stratégique pour tous les pays développés (EtatsUnis, Chine, Russie, Union européenne, etc.). « Le Compact énergétique du Cameroun ne saurait être parasité par des intérêts corporatistes », croit savoir M. Noubissie Ngankam. En quoi est-ce que le simple raccordement des consommateurs énergivores au réseau de transport serait préjudiciable au déploiement du Compact énergétique, qui est une feuille de route élaborée par le gouvernement camerounais et ses partenaires internationaux en vue du développement des infrastructures énergétiques durables à l’horizon 2030 ? Nous avons du mal à voir un lien de cause à effet.
Patrice YANTHO YONDEU
• Juriste
• Conseil en investissements
• Coordonnateur de l’OCITRAM
• CEO et Founder de JMJ AFRICA (Meilleur cabinet conseil en investissements / Cameroon -Investments Forum 2024)
• Ancien vice-président de la Commission industries du GECAM
• Ancien Responsable pour l’Afrique francophone Corporate Finance et Financement des Infrastructures à KPMG et ancien Senior Manager Advisory Services KPMG Afrique centrale
• Ancien Head of Investments Department d’Afriland First Bank
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Can féminine 2026 : Cameroun et Mali dans la bataille des repêchés

Le Cameroun et le Mali engagent la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ce soir, dans le groupe D. Un match des plus attendus d’autant plus que ce sont deux repêchés. Initialement éliminées au terme des qualifications, le Cameroun et le Mali doivent leur participation à la phase finale de la CAN à l’élargissement du tournoi de 12 à 16 équipes. Le classement Fifa faisant office de critère de sélection, ces deux pays se sont donc qualifiés depuis les bureaux de la CAF (en étant 66ème et 79ème, autant que la Côte d’ivoire, 71ème et l’Egypte, 95ème). Une chance que l’une et l’autre n’entendent pas à laisser s’échapper.
Le choc de ce soir promet donc d’être particulièrement rude. « Nous avons l’opportunité de montrer ce que nous valons sur le terrain. Nous tirons les leçons de la dernière édition et nous croyons en ce groupe de joueuses. Nous nous battrons pour bien représenter notre pays, même si nous savons que le Cameroun est une équipe coriace », explique Birama Konaté, le sélectionneur du Mali, sur le site de la CAF. Indiquant en conférence de presse d’avant-match que «le Cameroun et le Mali sont dans le même bateau. Toutes les deux équipes ont été repêchées. Il n’y a donc pas de favori.»
Motivation et engagement
Côté Cameroun, on affiche la même motivation : «Nous avons eu la chance d’être repêchées. Nous n’avons pas oublié comment nous nous sommes qualifiées, c’est la raison pour laquelle nous allons là-bas en respectant l’adversaire. Nous n’y allons pas en nous disant ‘on est le Cameroun’ (en bombant le torse, ndlr). Nous devions avoir notre qualification sur le tapis. On va défendre notre drapeau avec fierté et on verra ce qui se passera», promet Abooudi Onguene, la capitaine des Lionnes indomptables. Un défi que semble mieux comprendre la capitaine du Mali : « Je suis dans l’armée malienne dans mon pays, alors porter le maillot national et chanter l’hymne, c’est à la fois une émotion et un accomplissement. Nous donnerons tout sur le terrain mercredi face au Cameroun. »
Le terrain livrera la meilleure équipe cette nuit. Quant aux deux autres repéchés, ils ont connu des fortunes diverses. La Côte d’ivoire a traumatisé le Burkina Faso (4-1), alors que l’Egypte était tétanisée par la Zambie (6-0).
Avantage camerounais
Ce sera la 6ème confrontation entre les deux nations en phase finale de CAN. Sur les cinq précédentes, le Mali n’a jamais gagné le Cameroun. C’étaient en phase de groupes en 2004, 2006, 2008 et 201 ; et en match pour la troisième place en 2018. En tout, les deux nations se sont déjà rencontrées dix fois. Le Mali n’a pas pu faire mieux que deux nuls.
Depuis la création de la compétition en 1998, les Lionnes indomptables n’ont manqué qu’une édition : celle de 2024. Sauf qu’en 13 éditions, le Cameroun n’a remporté aucune des trois finales jouées (en 2004, 2014 et 2016 à domicile). Trois finales perdues face au redoutable Nigéria. En revanche, le pays des Lionnes indomptables a décroché le bronze trois fois : en 2002, 2012 et 2018. Agée de 37 ans, Gabrielle Aboudi Onguene qui joue certainement sa dernière CAN, rêve de sortir de cette 8ème CAN en beauté. Simplement en or.
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Budget 2027 : le MINFI privilégie l’achèvement des projets en cours pour préserver les finances

Le gouvernement veut changer de méthode. À l’ouverture du séminaire consacré à la préparation du budget de l’État pour 2027, organisé à Yaoundé sous le thème : « Budget du Cameroun face aux défis du renforcement de l’état de service des investissements publics en vue de la stimulation de la croissance et de l’amélioration des conditions de vie des populations », le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a fixé un cap clair. Dans un contexte de ressources limitées, l’État entend privilégier la finalisation des projets d’investissement en cours plutôt que d’en ouvrir de nouveaux.
Cette orientation découle d’un constat partagé par les pouvoirs publics. Plusieurs investissements réalisés ces dernières années n’ont pas produit les effets attendus sur la croissance ou sur le quotidien des populations. Les autorités pointent des retards dans l’exécution des travaux, une dégradation rapide de certaines infrastructures et une faible mobilisation des ressources destinées à leur entretien. Le thème retenu pour le séminaire résume cette priorité. Les travaux portent sur le renforcement de l’état de service des investissements publics afin de soutenir la croissance et d’améliorer les conditions de vie.
DES FINANCES PUBLIQUES SOUS PRESSION
Cette nouvelle doctrine intervient dans un environnement budgétaire plus contraint. Au premier trimestre 2026, le taux de réalisation des recettes n’a atteint que 61 % de l’objectif fixé. En parallèle, le déficit budgétaire est remonté à 1 % du PIB en 2025. Pour le ministre des Finances, cette situation résulte d’un enchaînement de crises qui fragilise durablement les finances publiques. « Nous vivons une série de crises. L’embêtant avec ces crises, c’est qu’elles ne se succèdent pas, elles s’additionnent, elles s’accumulent », a expliqué Louis Paul Motaze. Il a rappelé que les effets de la crise financière, des défis sécuritaires, de la pandémie de Covid-19 et des conflits internationaux continuent de peser sur l’économie camerounaise. Ainsi, le ralentissement des activités a amputé les recettes de l’État de près de 200 milliards de FCFA par rapport aux prévisions.
Dans le même temps, les dépenses progressent sous l’effet de la hausse des cours internationaux du pétrole. Le gouvernement a choisi de maintenir les prix des carburants à la pompe afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages. Cette décision transfère le coût de cette politique vers le budget de l’État. « Les premières évaluations que nous avons faites tournent autour de 250 à 350 milliards de FCFA. Et le plus grave, c’est qu’on ne sait même pas jusqu’à quand tout cela va s’arrêter », a déclaré le ministre.
Au-delà des contraintes financières, le gouvernement veut améliorer la qualité de la dépense publique. Louis Paul Motaze estime que les investissements doivent désormais produire des résultats plus visibles. « Nous voulons investir, nous devons investir, mais nous devons avoir un choix judicieux des investissements à réaliser pour qu’ils impactent fortement la vie quotidienne des populations », a-t-il affirmé.
Le ministre a également ouvert le débat sur la programmation budgétaire des prochaines années. « Faut-il forcément courir vers de nouveaux projets si on n’a pas terminé les anciens projets ? Peut-être qu’il faudrait donner une priorité à la finalisation des investissements déjà en cours », a-t-il indiqué, en précisant que cette orientation devra être discutée avec les différentes administrations.
ÉNERGIE, RECONSTRUCTION ET RÉFORMES PARMI LES PRIORITÉS
Le gouvernement identifie déjà plusieurs projets structurants à mener jusqu’à leur terme. Il cite notamment la centrale hydroélectrique de Kikot, les Compacts Énergie et Eau, la valorisation du barrage de Nachtigal ainsi que le renforcement des réseaux de transport de l’électricité. Le redressement financier de la SOCADEL figure également parmi les priorités afin de consolider les équilibres du secteur énergétique.
Le projet de budget devra aussi intégrer d’autres engagements de l’État, notamment la reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’extension de la couverture sanitaire universelle, l’accélération de la réforme foncière et la poursuite de la décentralisation. Le gouvernement a reconnu que les tensions budgétaires continuent d’affecter les opérateurs économiques.
Il a regretté l’accumulation des arriérés dus aux entreprises ayant exécuté des marchés publics. « Le gouvernement n’est pas du tout content de voir que nous avons encore une dette suffisamment forte vis-à-vis des entreprises. Elles réalisent des contrats avec l’État mais ne sont pas payées à temps. Cela fragilise leur trésorerie et parfois même leur maintien en activité », a-t-il reconnu. Pour desserrer cette contrainte, le gouvernement mise notamment sur un meilleur rendement des recettes non fiscales. Leur potentiel est estimé à au moins 600 milliards de FCFA. Leur mobilisation pourrait offrir une marge de manœuvre supplémentaire pour financer les investissements prioritaires tout en réduisant les tensions sur la trésorerie publique.
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