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Alerte maximale face à la menace terroriste grandissante

La sécurité nationale du Cameroun est mise à rude épreuve alors que des groupes armés menacent d’intensifier leurs activités dans plusieurs régions du pays. Cette situation préoccupante nécessite une vigilance accrue de la part des autorités et de la population.
Une menace qui s’étend
Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont particulièrement touchées par ces menaces. Des groupes armés, notamment les ADF (Ambazonia Defense Forces), ont fait savoir leur intention de coordonner leurs actions pour commettre des actes terroristes si certaines de leurs revendications n’étaient pas satisfaites.
Zones à risque identifiées
Selon les informations recueillies par KLEIN REPORTERS, plusieurs localités sont considérées comme des foyers d’activité potentiellement dangereuse :
- La zone de Mezam est décrite comme« très active »
- Nkwen, Bali Nyonga et Akwadji sont classées comme «actives«
- Ako, Ntamru, Nbonrong et Dumbu Range sont qualifiées d’« hyper actives »
D’autres localités telles que Kikaikom, Bamessing et Assah (ou Ashah) sont également mentionnées comme des points chauds nécessitant une attention particulière.
Appel à la vigilance
Les autorités camerounaises appellent la population à la plus grande prudence, en particulier dans les zones identifiées comme sensibles. Il est recommandé aux civils de signaler toute activité suspecte aux forces de l’ordre.
Les membres des forces de sécurité, notamment les policiers et les gendarmes, sont également invités à redoubler de vigilance, en particulier lors de leurs déplacements ou dans les postes de contrôle isolés.
Une situation complexe
Cette recrudescence des menaces s’inscrit dans un contexte régional tendu. La crise dans les régions anglophones du Cameroun, qui dure depuis plusieurs années, continue d’affecter la stabilité du pays et le quotidien de ses habitants.
Réaction des autorités
Face à ces menaces, le gouvernement camerounais a renforcé les mesures de sécurité dans les zones concernées. Des opérations de maintien de l’ordre sont en cours pour tenter de déjouer d’éventuelles attaques et protéger la population civile.
Cette situation de tension permanente a des répercussions importantes sur la vie quotidienne des Camerounais dans les régions affectées. De nombreux habitants vivent dans la peur et l’incertitude, ce qui affecte l’économie locale et le tissu social.
Par Ebenezer Fouda, journaliste pour 237online.com
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Budget 2027 : le MINFI privilégie l’achèvement des projets en cours pour préserver les finances

Le gouvernement veut changer de méthode. À l’ouverture du séminaire consacré à la préparation du budget de l’État pour 2027, organisé à Yaoundé sous le thème : « Budget du Cameroun face aux défis du renforcement de l’état de service des investissements publics en vue de la stimulation de la croissance et de l’amélioration des conditions de vie des populations », le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a fixé un cap clair. Dans un contexte de ressources limitées, l’État entend privilégier la finalisation des projets d’investissement en cours plutôt que d’en ouvrir de nouveaux.
Cette orientation découle d’un constat partagé par les pouvoirs publics. Plusieurs investissements réalisés ces dernières années n’ont pas produit les effets attendus sur la croissance ou sur le quotidien des populations. Les autorités pointent des retards dans l’exécution des travaux, une dégradation rapide de certaines infrastructures et une faible mobilisation des ressources destinées à leur entretien. Le thème retenu pour le séminaire résume cette priorité. Les travaux portent sur le renforcement de l’état de service des investissements publics afin de soutenir la croissance et d’améliorer les conditions de vie.
DES FINANCES PUBLIQUES SOUS PRESSION
Cette nouvelle doctrine intervient dans un environnement budgétaire plus contraint. Au premier trimestre 2026, le taux de réalisation des recettes n’a atteint que 61 % de l’objectif fixé. En parallèle, le déficit budgétaire est remonté à 1 % du PIB en 2025. Pour le ministre des Finances, cette situation résulte d’un enchaînement de crises qui fragilise durablement les finances publiques. « Nous vivons une série de crises. L’embêtant avec ces crises, c’est qu’elles ne se succèdent pas, elles s’additionnent, elles s’accumulent », a expliqué Louis Paul Motaze. Il a rappelé que les effets de la crise financière, des défis sécuritaires, de la pandémie de Covid-19 et des conflits internationaux continuent de peser sur l’économie camerounaise. Ainsi, le ralentissement des activités a amputé les recettes de l’État de près de 200 milliards de FCFA par rapport aux prévisions.
Dans le même temps, les dépenses progressent sous l’effet de la hausse des cours internationaux du pétrole. Le gouvernement a choisi de maintenir les prix des carburants à la pompe afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages. Cette décision transfère le coût de cette politique vers le budget de l’État. « Les premières évaluations que nous avons faites tournent autour de 250 à 350 milliards de FCFA. Et le plus grave, c’est qu’on ne sait même pas jusqu’à quand tout cela va s’arrêter », a déclaré le ministre.
Au-delà des contraintes financières, le gouvernement veut améliorer la qualité de la dépense publique. Louis Paul Motaze estime que les investissements doivent désormais produire des résultats plus visibles. « Nous voulons investir, nous devons investir, mais nous devons avoir un choix judicieux des investissements à réaliser pour qu’ils impactent fortement la vie quotidienne des populations », a-t-il affirmé.
Le ministre a également ouvert le débat sur la programmation budgétaire des prochaines années. « Faut-il forcément courir vers de nouveaux projets si on n’a pas terminé les anciens projets ? Peut-être qu’il faudrait donner une priorité à la finalisation des investissements déjà en cours », a-t-il indiqué, en précisant que cette orientation devra être discutée avec les différentes administrations.
ÉNERGIE, RECONSTRUCTION ET RÉFORMES PARMI LES PRIORITÉS
Le gouvernement identifie déjà plusieurs projets structurants à mener jusqu’à leur terme. Il cite notamment la centrale hydroélectrique de Kikot, les Compacts Énergie et Eau, la valorisation du barrage de Nachtigal ainsi que le renforcement des réseaux de transport de l’électricité. Le redressement financier de la SOCADEL figure également parmi les priorités afin de consolider les équilibres du secteur énergétique.
Le projet de budget devra aussi intégrer d’autres engagements de l’État, notamment la reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’extension de la couverture sanitaire universelle, l’accélération de la réforme foncière et la poursuite de la décentralisation. Le gouvernement a reconnu que les tensions budgétaires continuent d’affecter les opérateurs économiques.
Il a regretté l’accumulation des arriérés dus aux entreprises ayant exécuté des marchés publics. « Le gouvernement n’est pas du tout content de voir que nous avons encore une dette suffisamment forte vis-à-vis des entreprises. Elles réalisent des contrats avec l’État mais ne sont pas payées à temps. Cela fragilise leur trésorerie et parfois même leur maintien en activité », a-t-il reconnu. Pour desserrer cette contrainte, le gouvernement mise notamment sur un meilleur rendement des recettes non fiscales. Leur potentiel est estimé à au moins 600 milliards de FCFA. Leur mobilisation pourrait offrir une marge de manœuvre supplémentaire pour financer les investissements prioritaires tout en réduisant les tensions sur la trésorerie publique.
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Finances publiques : L’État reprend les mécanismes de 2026 pour lever 3 161,5 milliards FCFA en 2027

Le Cameroun ne prévoit pas de modifier en profondeur l’architecture de son financement public en 2027. Dans le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029, le gouvernement évalue les besoins de financement de l’État à 3 161,5 milliards de FCFA. Pour mobiliser cette enveloppe, l’exécutif mise sur plusieurs sources de financement. Les tirages sur prêts-projets constituent la première composante, avec 866,7 milliards de FCFA. Ces ressources, généralement accordées par des partenaires techniques et financiers tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) ou d’autres bailleurs, sont destinées au financement de projets d’investissement dans plusieurs secteurs.
Le gouvernement prévoit également de mobiliser 300 milliards de FCFA d’appuis budgétaires, dont le décaissement reste conditionné à la conclusion d’un nouveau Programme économique et financier avec le Fonds monétaire international (FMI). À ces ressources s’ajoutent 400 milliards de FCFA attendus des émissions de titres publics sur le marché de la Cemac, 250 milliards de FCFA de financement bancaire intérieur ainsi qu’un prélèvement de 131,5 milliards de FCFA sur les dépôts de l’État logés dans les livres de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
L’emprunt extérieur de 1 000 milliards de FCFA demeure la principale composante du plan de financement. À lui seul, il représente près d’un tiers des besoins de financement prévus pour 2027. Comme en 2026, le gouvernement entend lever ces ressources auprès des marchés financiers internationaux ou d’autres créanciers extérieurs. Le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029 prévoit également un appui budgétaire sectoriel de 47,8 milliards de FCFA de la Banque mondiale. Ces financements concernent les programmes Program-for-Results (PforR) dans les secteurs de l’électricité et de la gouvernance. Leur décaissement demeure subordonné à l’atteinte des résultats convenus avec le bailleur.
UNE STRUCTURE PROCHE DE CELLE RETENUE EN 2026
La stratégie arrêtée pour 2027 s’inscrit dans la continuité de celle mise en œuvre au cours de cette année. Selon le Budget citoyen 2026 et la loi de finances, les besoins de financement avaient alors été fixés à 3 104,2 milliards de FCFA. Les principaux instruments sont reconduits : tirages sur prêts-projets, emprunt extérieur, émissions de titres publics et financement bancaire. Quelques évolutions apparaissent toutefois. Les tirages sur prêts-projets passent de 826,7 à 866,7 milliards de FCFA, tandis que les appuis budgétaires augmentent fortement, de 120 à 300 milliards de FCFA.
À l’inverse, le financement bancaire intérieur est ramené de 589,7 à 250 milliards de FCFA. Le recours à un prélèvement de 131,5 milliards de FCFA sur les dépôts de l’État à la BEAC remplace par ailleurs une partie des financements exceptionnels de 167,8 milliards de FCFA prévus en 2026. En revanche, les objectifs de 400 milliards de FCFA d’émissions de titres publics et de 1 000 milliards de FCFA d’emprunt extérieur demeurent inchangés d’un exercice à l’autre.
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Louis Paul Motaze : « Le budget 2027 devrait viser la pleine fonctionnalité des ouvrages à réaliser afin d’induire une croissance économique plus forte »

Le budget 2027 va se préparer dans un contexte économique et financier difficile. En effet, l’analyse de l’exécution du budget au titre du premier trimestre 2026 montre une faible mobilisation des recettes budgétaires totales de l’Etat ; soit 1 331,4 milliards, en retrait de 212,7 milliards par rapport à leur niveau au terme de la même période en 2025, pour un taux de réalisation de seulement 61% de l’objectif de 2181 milliards ; ceci en raison d’un insuffisant rendement dans la collecte des recettes internes, lié à la faible mobilisation des recettes non pétrolières et des emprunts et dons.
Les émissions des titres publics n’ont permis de collecter que 98 milliards sur un objectif de 160 milliards. Les dépenses budgétaires quant à elles, restent sous de très fortes contraintes, avec d’importants montants de dette extérieure, dont le règlement est évalué à 833,9 milliards au premier trimestre 2026 et de dette intérieure, auquel s’ajoute une forte ardoise de restes à payer au Trésor, estimée à la fin de l’exercice 2025 à 715,6 milliards. Le montant total des dépenses budgétaires au terme du premier trimestre est de 1 547,1 milliards, supérieur de 215,7 milliards à l’ensemble des recettes budgétaires.
A cela il faudra ajouter l’importante ardoise en subvention des produits pétroliers, étant donné que ; malgré la hausse des cours mondiaux de pétrole, le gouvernement a choisi de maintenir le prix à la pompe stable afin de préserver le pouvoir d’achat des populations. Malgré une amélioration par rapport à l’exercice 2024, ces contraintes ont entrainé une hausse du déficit budgétaire global à 1,0% du PIB en 2025, par rapport à l’objectif déjà révisé à la hausse de 0.8% à la suite du collectif budgétaire intervenu cette année. Une telle situation appelle à une maitrise de la dépense publique, afin de garantir la viabilité de la dette et l’équilibre général de nos finances publiques.
UNE ÉCONOMIE RÉSILIENTE
Sur le plan économique, malgré une résilience de l’économie nationale qui a connu une croissance de 3,4% en 2025 et projetée à 3,5% en 2026, la volatilité de l’environnement économique mondial depuis 2021 n’augure pas de perspectives de mobilisation soutenue de ressources budgétaires. En effet, si les taux de croissance sus évoqués, fruit de la conduite satisfaisante du programme économique et financier avec le FMI, traduisent une résilience de notre économie, les risques continuent de planer sur ces performances, en raison principalement des difficultés d’approvisionnement en intrants pour les entreprises ; difficultés dues à divers conflits dans le monde, en particulier celui en cours au moyen orient.
Par ailleurs, il s’observe un resserrement des conditions financières mondiales et des sorties de capitaux, une atonie du marché financier sous régional, une recrudescence des tensions commerciales et une contraction du secteur pétrolier, malgré une modération de l’inflation. Sur le plan intérieur, la chute drastique des appuis budgétaires, la baisse des revenus relatifs et la faible productivité des entreprises combinées aux difficultés de trésorerie de celles-ci, liées en partie aux difficultés de l’Etat de régler leurs créances à bonne date, rend une fois de plus hypothétique la possibilité de captation de ressources additionnelles en 2027.
L’URGENCE D’OPTIMISER LA COLLETTE DES RECETTES
Dans un tel contexte, caractérisé par d’importants besoins de financements, il importe de travailler à l’optimisation de la collecte des recettes internes, à travers un élargissement de l’assiette fiscale et une amélioration de l’administration des recettes fiscales et douanières. Il y’aurait également lieu de scruter de nouvelles sources de financement, mais surtout d’améliorer l’évaluation et le ciblage de la dépense publique, pour toujours plus d’efficience, afin d’accroitre les marges budgétaires à affecter à la mise en œuvre des projets retenus dans le cadre de notre stratégie nationale de développement.
C’est dans ce sens que devrait aller le nouveau programme économique et financier éventuel avec le FMI et d’autres partenaires techniques et financiers, destiné à soutenir la stratégie nationale de développement, en captant d’importants appuis budgétaires, pour financer le budget d’investissement public. Dans ce contexte, la mise en œuvre des projets devra davantage viser l’efficacité des investissements réalisés, à travers l’amélioration de leur état de service, afin que les infrastructures construites soient sources d’une plus grande croissance économique et apportent des réponses concrètes et pertinentes aux préoccupations des populations.
PRIORISER L’ACHÈVEMENT DES PROJETS ENCOURS
Le constat étant que les investissements n’ont pas toujours produit les effets multiplicateurs attendus en matière de croissance, de développement et d’amélioration des conditions de vie, en raison d’une lenteur dans leur réalisation, d’une détérioration rapide des ouvrages réalisés et d’une faible mobilisation des fonds pour leur entretien. Il s’agit donc de réfléchir sur la performance globale des investissements publics, en questionnant notamment la sélection des projets, leur préparation, leur maturation, la qualité des infrastructures réalisés, leur fonctionnalité, leur entretien, ainsi que la pertinence des modes de financement retenus. C’est dire que les actions à budgétiser en 2027 devraient donc viser la pleine fonctionnalité des ouvrages à réaliser, afin d’induire une croissance économique plus forte et partagée entre toutes les composantes de la société.
Face à cette volonté d’amélioration du rythme de la croissance économique, les défis à relever restent nombreux et préoccupants…
RENFORCER LES INFRASTRUCTURES
Pour relever ces défis dans le contexte de rareté des ressources sus évoqué, les administrations de l’Etat devront opérer un choix judicieux des actions à mener.
Il s’agira de :
- Intensifier la mise en œuvre du Plan Intégré d’Import Substitution Agropastoral et Halieutique, dont quelques résultats sont déjà perceptibles, de manière à faire basculer ledit plan vers une échelle agro-industrielle, afin de juguler les déficits structurels de la balance commerciale ;
- Poursuivre la mise en œuvre du programme d’impulsion initiale (P2I) et d’autres initiatives vigoureuses destinées à renforcer le processus de transformation structurelle du pays ;
- Renforcer l’offre énergétique et hydraulique à travers la maturation ou le lancement de certains projets tels que la construction de la centrale hydroélectrique de Kikot, les projets des Compacts Energie et Eau et la Poursuite de la mise en œuvre de ceux en cours, à l’instar de la valorisation du barrage de Nachtigal ou l’optimisation des réseaux de transport de l’énergie ;
- Poursuivre la reconstruction des régions du Nord-Ouest et du SudOuest ; Poursuivre la mise en œuvre des grands projets portuaires, routiers, autoroutiers et énergétiques à travers le pays et les mettre en service ;
- Soutenir l’extension de la couverture sanitaire universelle à toutes les couches de la population.
A côté de ces dépenses qui exige une mise à niveau rapide du budget d’investissement, se trouvent d’importantes charges courantes qui exercent une pression supplémentaire sur les ressources de l’Etat. Il s’agit de :
- La poursuite du nécessaire effort visant à sécuriser toutes les zones en crise à travers le pays, à y ramener la paix et à favoriser leur reconstruction ;
- La prise en charge des loyers de l’Etat, dont les inscriptions budgétaires restent en dessous de la facture annuelle et des redevances consenties par l’Etat au profit des opérateurs engagés dans le cadre des projets financés à travers le modèle du partenariat public-privé ;
- Le paiement de la dette publique, dont le service annuel représente environ le tiers de l’ensemble des ressources de l’Etat.
L’URGENCE DE REGLER LES ARRIERES DE L’ETAT
Dans ce registre, il est plus qu’urgent de procéder au règlement des arriérés de l’Etat vis-à-vis des entreprises, afin de renforcer leur trésorerie pour une exécution diligente des prestations qu’elles lui rendent et une contribution significative de ces entités à l’effort fiscal global. Me
Afin de préserver l’équilibre de nos finances publiques et compte tenu de la baisse progressive des recettes pétrolières, en lien avec celle de la production, il importe donc d’accroitre les recettes internes non pétrolières, de scruter de nouvelles sources de financements et de rationaliser la dépense. Accroitre les recettes internes non pétrolières, tel que souhaité, commande d’élargir l’assiette à tous les contribuables assujettis au paiement des impôts et taxes, sans pour autant sacrifier l’efficacité de la politique gouvernementale actuelle de promotion de l’import substitution, en faveur de laquelle des mesures spécifiques continueront d’être prises, en conformité avec les objectifs de notre stratégie nationale de développement.
Les efforts entamés dans l’exploitation des niches de recettes non fiscales devraient se poursuivre et s’intensifier car le potentiel d’au moins 600 milliards n’est pas encore réalisé. C’est l’occasion pour moi de féliciter le MINREXT, le MINEFOP, le MINDCAF et le MINESUP dont les efforts en termes de recettes collectées sont remarquables. Quant aux nouvelles sources de financement et en dehors des importants appuis budgétaires espérés de la conclusion d’un nouveau programme économique et financier avec le FMI et les autres partenaires techniques et financiers, les actions des administrations devraient, plus que par le passé, cibler la signature, par le Gouvernement, des accords de financement dans le cadre des divers guichets internationaux relatifs aux fonds climat et environnement.
A cet effet, la mise en œuvre urgente par celles-ci, des actions contenues dans la Contribution Déterminée Nationale s’avère impérative. En ce qui concerne la dépense, l’orientation reste sa rationalisation et la maitrise de son évolution. C’est ainsi que les projets d’investissement engagés devront être priorisés, pour favoriser leur achèvement et permettre d’en tirer tous les bénéfices socioéconomiques nécessaires, la programmation de nouveaux projets devant être effectuée sur la base d’une analyse approfondie de leur cohérence avec les objectifs de développement et de leur maturité, établie à l’aune du cadre institutionnel et opérationnel rénové de planification et de programmation.
Concrètement, il y a une nécessité d’avoir une approche visant beaucoup plus à finaliser les projets en cours que de lancer de nouveaux projets. Comme pour les dépenses d’investissement, la programmation des autres catégories de dépenses devra reposer sur une bonne identification des priorités, leur évaluation sur une base réelle et la quête d’une plus grande performance de l’action de l’Etat. S’agissant particulièrement de la dépense salariale, son évaluation devra prendre en compte les efforts d’assainissement du fichier solde de l’Etat, en particulier les gains tirés de la mise en service de l’application AIGLES et des divers comptages des personnels et pensionnés qui émargent au budget de l’Etat et de l’audit en cours des allocations familiales.
Afin de réaliser un autre saut qualitatif de nos prévisions budgétaires, je vous exhorte, acteurs de la préparation du budget de l’Etat, à participer activement à toutes les instances de discussions budgétaires. Elles donneront l’occasion d’arrêter les priorités et de veiller à la cohésion des actions gouvernementales dans les budgets de vos administrations. En tout état de cause, je vous engage à respecter strictement les orientations qui seront fixées par le Président de la République dans sa circulaire relative à la préparation du budget de l’Etat pour le compte de l’exercice 2027.
Le présent séminaire donne cette année encore, l’occasion de réfléchir sur cinq thématiques majeures et complémentaires, présentées par les experts du MINFI et du MINEPAT. La première vise à présenter le niveau de mise en œuvre des recommandations issues du séminaire de lancement de la préparation du budget pour le compte de l’exercice 2026 organisé en 2025, avec pour objectif de traduire dans les faits l’ensemble des conclusions de notre assise. A travers la seconde thématique, vous échangerez sur le contexte macroéconomique et les orientations de la politique budgétaire qui vont influencer les hypothèses macroéconomiques de prévision du budget de l’Etat 2027.
La troisième, intitulée « Choix budgétaires et efficacité de l’état de service des investissements publics », partira de l’analyse de l’écart entre les montants injectés à travers le Budget d’Investissement Public et la réalité des infrastructures sur le terrain, pour proposer des mesures et réformes destinées à améliorer la contribution desdites infrastructures dans l’accélération souhaitée de la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie des populations. Intitulée « Améliorations du Processus d’élaboration du budget », la quatrième thématique vise à présenter les éléments nouveaux qui seront pris en compte dans le processus de préparation du budget en 2027 en dépenses. A ce titre, seront déroulées quelques insuffisances persistantes dans le processus budgétaire, les améliorations proposées par le MINFI et le MINEPAT et les actions devant être menées par les ministères sectoriels pour rendre effectives ces innovations.
La cinquième et dernière thématique a pour objectifs de faire l’état des lieux des principaux outils et de l’accompagnement des administrations sectorielles à l’élaboration de leurs budgets et de présenter les innovations proposées. Je reste convaincu que vous saurez, comme par le passé, tirer profit de ces assises pour permettre à notre processus budgétaire de se renforcer davantage et de produire à terme, un projet de loi des finances 2027 et des documents budgétaires qui répondent aux normes de qualité visés par la réforme en cours des finances publiques et qui apportent satisfaction à l’ensemble des camerounais.»
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