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Télécoms : Minette Libom Li Likeng en mission de contrôle chez MTN, Orange et Camtel, suite à la dégradation du service

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Télécoms : Minette Libom Li Likeng en mission de contrôle chez MTN, Orange et Camtel, suite à la dégradation du service
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(Investir au Cameroun) – La ministre des Postes et Télécoms (Minpostel), Minette Libom Li Likeng, entame le 10 octobre 2024 à Douala, la capitale économique du pays, une visite des installations techniques des opérateurs de communications électroniques en activité au Cameroun. Cette descente sur le terrain, qui débutera sur les installations des opérateurs de mobile MTN et Orange Cameroun, se poursuivra à Yaoundé, le 11 octobre, sur les installations de l’opérateur historique, Camtel, apprend-on de bonnes sources.

Selon la note d’information relative à cette activité ministérielle, la descente sur le terrain de ce membre du gouvernement intervient à la suite de la visite effectuée auprès des mêmes opérateurs par le régulateur, conformément aux directives de la ministre Libom Li Likeng. Elle a pour but, apprend-on, d’évaluer la mise en œuvre des recommandations prescrites aux opérateurs de téléphonie mobile, et de leurs engagements pris durant les dernières concertations. Ce d’autant que, précise le ministère, la visite a lieu dans un contexte marqué par les plaintes de plus en plus constantes des usagers, en raison de la dégradation progressive des services qui leur sont offerts….

En effet, alors que sa détérioration est déjà récurrente depuis des années, la qualité des services télécoms au Cameroun s’est davantage dégradée ces derniers mois. Cette réalité a amené la ministre Libom Li Likeng à saisir les différents opérateurs et le régulateur, par correspondances séparées datées du 18 septembre 2024. Dans ces correspondances, selon une source proche du dossier, le membre du gouvernement enjoint ses correspondants de lui faire un retour, dans un délai de 72 heures, des mesures prises pour résoudre les problèmes de qualité de service des communications électroniques, chacun en ce qui le concerne, à la suite des instructions données au terme de la réunion de concertation du 27 avril 2023.

Pour l’heure, on ignore le contenu des comptes-rendus adressés à la ministre par les différents acteurs. On se souvient cependant qu’au cours de l’année 2023, alors qu’ils étaient déjà tancés pour la détérioration de la qualité de service, les opérateurs MTN, Orange et Camtel avaient pris l’engagement d’investir 156 milliards de FCFA sur les différents réseaux, pour améliorer le service aux usagers. Mais, force est de constater qu’un an après, les désagréments que vivent les utilisateurs de la téléphonie mobile et de l’internet sont encore plus importants. Et, cette fois, les opérateurs se jettent mutuellement la pierre.

Fibre optique

« (…) Il ressort, à l’issue des contrôles effectués par les équipes de l’ART (Agence de régulation des télécommunications), que cette perturbation est causée par une offre insuffisante en énergie électrique telle que constatée dans leurs réseaux actuels, et la difficulté d’approvisionnement des différents sites techniques des opérateurs d’infrastructures passives en carburant, surtout dans nos grandes métropoles, d’une part, et d’autre part, les multiples ruptures des câbles à fibres optiques (dont la gestion exclusive incombe à l’opérateur public Camtel, NDLR) sur certains segments du réseau national », indique le régulateur dans un communiqué publié le 11 septembre 2024.

« Le nombre de coupures de fibre a augmenté de plus de 40% par rapport à la situation de l’année dernière, qui était déjà assez préoccupante », précise MTN Cameroun dans un communiqué publié le 23 septembre 2024. La filiale locale du groupe télécoms sud-africain précise d’ailleurs que la multiplication des coupures de la fibre optique s’est accompagnée d’une augmentation de plus de 30% du temps de résolution des incidents, qui peut parfois prendre plusieurs jours.

La sortie de MTN intervenait, elle-même, après un communiqué rendu public le 18 septembre 2024 par l’opérateur historique Camtel, dans lequel ses concurrents sont accusés d’être responsables de la mauvaise qualité du réseau, «en raison du nombre élevé de leurs abonnés et de l’insuffisance des actions entreprises pour fluidifier leur trafic. Malheureusement, ils (les opérateurs privés) manquent de discernement quand ils se plaisent à blâmer injustement la qualité du backbone de Camtel », poursuit le mastodonte public des télécoms.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

24-09-2024 - Service Internet : MTN dénonce une augmentation de 40 % des coupures de la fibre optique en un an au Cameroun

27-09-2024 - Qualité du réseau : Camtel réplique aux critiques en mettant en avant ses « atouts » technologiques

19-09-2024 - Fibre optique : en pleine période d’audit national, Camtel défend la qualité de son réseau de transport

29-08-2024 - Qualité de service : une association de consommateurs invite le gouvernement à sanctionner des opérateurs de téléphonie

16-02-2023 – Qualité du réseau : sous la pression de l’ART, MTN, Orange et Camtel s’engagent à investir 156 milliards de FCFA en 2023

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Affaire des primes d’ancienneté : la justice ordonne un transport judiciaire dans les services comptables d’Orange

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Affaire des primes d’ancienneté : la justice ordonne un transport judiciaire dans les services comptables d’Orange
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(Investir au Cameroun) – Le contentieux opposant le Syndicat national autonome des travailleurs des techniques de l’information et de la communication (SYNTIC) à Orange Cameroun SA connaît un nouveau développement devant le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. Selon un extrait du plumitif des audiences correctionnelles consulté par notre rédaction, la juridiction a ordonné un transport judiciaire dans les services comptables de l’opérateur, à Douala, au quartier Akwa.

La mesure a été décidée à l’audience du jeudi 16 janvier 2026. Le tribunal précise qu’elle vise à constater « l’état des machines des comptables » et à procéder aux auditions utiles à la manifestation de la vérité. Elle concerne les services de comptabilité d’Orange Cameroun SA situés au boulevard de la Liberté, à Akwa.

Le tribunal avait initialement fixé l’exécution de ce transport judiciaire au mardi 3 février 2026 à 10 heures, après versement au greffe d’une somme de 200 000 FCFA par la partie civile pour couvrir les charges liées à l’opération. La juridiction a également commis la formation de jugement pour y procéder, avec faculté de subdélégation.

Depuis cette décision, l’affaire a connu plusieurs renvois. À l’audience du 19 février 2026, la cause a été renvoyée au 19 mars pour les mêmes fins. Le 19 mars, elle a de nouveau été renvoyée au 21 mai, avec mention d’une exécution prévue le jeudi 26 mars 2026 à 10 heures. À l’audience du 21 mai, le tribunal a finalement renvoyé la cause au 18 juin 2026, pour exécution du transport judiciaire le 4 juin 2026 à 13 heures.

Une demande de report introduite par la défense

À la veille de cette opération, la défense d’Orange Cameroun SA et de son directeur général a sollicité un report auprès du président du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. Dans une correspondance datée du 2 juin 2026, le cabinet SCP Ngoulla Fotso & Associés, représentant la société et son dirigeant, demande le report du transport judiciaire prévu le 4 juin 2026 à 13 heures.

Selon cette correspondance, la défense invoque l’indisponibilité de responsables de l’entreprise, appelés à être absents de Douala à la date prévue. Elle sollicite en conséquence la reprogrammation de la mesure à une date ultérieure. Le sort réservé à cette demande n’était pas établi par les documents disponibles au moment de la rédaction.

Cette requête intervient alors que le transport judiciaire constitue une étape importante de la procédure. La mesure doit permettre au tribunal de recueillir des éléments matériels et des auditions dans les services comptables de l’entreprise, au cœur d’un litige portant sur le calcul des primes d’ancienneté.

Des qualifications pénales à manier avec prudence

Le plumitif mentionne une procédure correctionnelle visant Orange Cameroun SA et son directeur général. Il énumère notamment des qualifications d’abus de confiance spéciaux, entrave à la liberté de travail, coaction d’escroquerie et rétention sans droit de la chose d’autrui.

Ces qualifications relèvent toutefois de la procédure en cours. Elles ne constituent ni une condamnation ni une décision sur le fond. À ce stade, la juridiction n’a pas encore tranché la responsabilité des mis en cause ni le montant des droits réclamés par le SYNTIC.

Un différend né de la convention collective de 2010

Le litige trouve son origine dans l’interprétation et l’application de la convention collective des télécommunications de 2010. Selon le SYNTIC, ce texte prévoit le versement d’une prime d’ancienneté équivalente à 4 % du salaire de base après deux ans de service, puis une majoration de 2 % par année supplémentaire, sans plafond explicite.

D’après un article publié parInvestir au Camerounle 18 septembre 2025, le syndicat reproche à Orange Cameroun d’avoir calculé ces primes non pas sur le salaire de base individuel de chaque salarié, mais sur l’échelon salarial le plus bas de la grille. Cette méthode aurait, selon le SYNTIC, réduit les montants dus aux salariés concernés.

Le syndicat estime le préjudice à plus de 3 milliards de FCFA sur la période 2010-2019. Le dossier concernerait 157 anciens salariés ayant quitté Orange Cameroun avant 2019. Ces chiffres relèvent toutefois de l’estimation syndicale et n’ont pas encore été validés par la juridiction saisie.

Le même article rapporte qu’en 2017, le ministère du Travail aurait donné raison au syndicat sur le différend relatif au calcul des primes. Orange Cameroun aurait alors admis une « erreur d’appréciation » et procédé à un rappel partiel en octobre 2017. Pour le SYNTIC, ce rappel serait resté insuffisant, ce qui aurait conduit à la poursuite du contentieux.

Avant la procédure actuellement pendante devant le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, le SYNTIC affirme avoir saisi l’Inspection du travail de Douala pour une tentative de conciliation. Après l’établissement d’un procès-verbal de non-conciliation à la Direction régionale du Travail et de la Sécurité sociale du Littoral, le dossier aurait été porté devant la Chambre d’arbitrage, sans règlement définitif.

SelonInvestir au Cameroun, le syndicat a ensuite retenu la procédure de citation directe, qu’il présente comme l’aboutissement de ces démarches infructueuses. Cette séquence explique le basculement d’un différend social vers une procédure correctionnelle.

Un climat social sensible dans les filiales africaines d’Orange

Ce contentieux intervient dans un contexte social déjà sensible au sein du groupe Orange. Depuis plusieurs mois, des organisations syndicales de plusieurs filiales africaines contestent la décision du groupe d’accorder une prime de partage de la valeur comprise entre 1 000 et 1 400 euros aux salariés relevant d’Orange SA en France, sans extension automatique aux collaborateurs des filiales d’Afrique et du Moyen-Orient.

Cette revendication intervient alors que la zone Afrique et Moyen-Orient figure parmi les moteurs de croissance du groupe. Dans ses résultats annuels 2025, Orange indique que cette zone a enregistré une hausse de 12,2 % de ses revenus et un onzième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres au quatrième trimestre.

Pour Orange Cameroun, le dossier des primes d’ancienneté ajoute une dimension judiciaire à un climat social déjà tendu. Contacté par notre rédaction, le conseil de l’opérateur n’avait pas souhaité réagir au moment de la publication.

La suite de la procédure dépendra notamment de l’exécution effective du transport judiciaire, de la décision du tribunal sur les demandes de report et de la capacité des parties à produire ou contester les éléments de calcul des primes. À ce stade, la juridiction n’a pas statué sur le montant réclamé par le SYNTIC ni sur la responsabilité pénale des mis en cause.

Amina Malloum

Lire aussi :

18-09-2025 – Orange Cameroun : 157 ex-salariés assignent l’opérateur pour 3 milliards de FCFA de primes impayées

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