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Electricité : le solaire et la pluviométrie stabilisent l’offre dans le septentrion, malgré la hausse de la demande (+10%)

(Investir au Cameroun) – Selon Eneo, le concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun, l’offre et la demande d’énergie électrique s’est équilibrée dans les trois régions septentrionales du pays (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord), au cours du premier semestre 2024. L’embellie observée dans la distribution de l’énergie électrique dans cette partie du Cameroun, souvent en proie à des délestages récurrents, survient alors qu’Eneo enregistre une hausse de 10% de la demande sur le Réseau interconnecté Nord (RIN), qui couvre les trois régions sus-mentionnées. La demande a été boostée depuis le début de l’année, apprend-on, par la finalisation des projets industriels tels que la construction d’une nouvelle ligne de production de ciment dans l’usine des Cimenteries du Cameroun (Cimencam) de Figuil, dans la région du Nord.
Cet équilibre entre l’offre et une demande pourtant en augmentation fait suite à une «bonne hydraulicité en 2023 sur le bassin versant de la Bénoué (fleuve sur lequel est construit le barrage de Lagdo, Ndlr), permettant un bon niveau de production de la centrale de Lagdo, et la disponibilité des centrales solaires et thermiques», explique Eneo dans la dernière édition de son bulletin trimestriel dédié au service électrique au Cameroun. En d’autres termes, entre janvier et juin 2024, en dépit de l’ensablement de son réservoir et du vieillissement de l’ouvrage, l’usine de production du barrage de Lagdo (75 MW), grâce à une bonne pluviométrie, a pu monter en régime en matière de production (ces dernières années, ses capacités atteignaient souvent à peine 30 MW, Ndlr). Une conjoncture favorable à laquelle il faut ajouter la mise en service de deux centrales solaires de 30 MW de capacités, dans les localités de Maroua (Extrême-Nord) et Guider (Nord).
En effet, au mois de septembre 2023, le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a procédé à l’inauguration des centrales solaires de Maroua (15 MW) et de Guider (15 MW). Ces infrastructures construites par le producteur indépendant d’électricité norvégien Scatec, ont ainsi permis au Cameroun de rejoindre l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc, l’Algérie, le Sénégal, la Namibie, la Tunisie et l’Ouganda dans le club des producteurs africains d’énergie solaire pour la consommation de masse. À en croire l’électricien Eneo, alors qu’elles n’injectaient encore que la moitié de leur capacité totale dans le RIN, ces infrastructures énergétiques avaient déjà mis un terme aux délestages pour déficit de production dans le RIN au premier trimestre 2023, une grande première depuis 3 ans.
Le 5 juin 2024, un nouveau contrat a été signé entre Eneo et Release, filiale de Scatec, pour l’extension des deux centrales solaires sus-mentionnées. L’accord prévoit de doubler pratiquement les capacités actuelles des deux centrales, pour les porter à environ 60 MW. Ces extensions à réaliser grâce à un prêt obtenu de la SFI (60 milliards de FCFA pour des projets au Cameroun et au Tchad, Ndlr), filiale de la banque mondiale dédiée au financement du secteur privé, sont prévues pour entrer progressivement en service à partir du mois de juillet 2025, apprend-on officiellement.
Pour rappel, les trois régions septentrionales du Cameroun cumulent 11% des plus de 2 millions de clients actifs recensés dans le pays par Eneo, au 30 juin 2024. Ce qui équivaut, en valeur absolue, à environ 220 000 ménages et entreprises. Du point de vue de l’entreprenariat, ces régions abritent des unités de production telles que la Société de développement du coton (Sodecoton), qui encadre plus de 200 000 producteurs d’or blanc dans cette partie du Cameroun, la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry), principal producteur de riz au Cameroun avec 80 à 100 000 tonnes chaque année. On y trouve également Cimencam. Cette filiale du groupe LafargeHolcim Maroc Afrique (LHMA) a mis en service à Figuil (Nord), début 2024, une nouvelle ligne de production de ciment de 50 milliards de FCFA.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
10-06-2024 – Énergie solaire : Eneo signe un accord avec Scatec en vue de doubler les capacités des centrales de Maroua et Guider
18-09-2023 – Énergie solaire : le Cameroun inaugure son premier projet d’une capacité de 30 MW
04-05-2023 – Électricité : Eneo annonce un 1er trimestre 2023 sans délestages dans le septentrion, une première depuis plus de 3 ans
12-03-2024 – Cimencam annonce le lancement de la production de clinker dans son usine de Figuil
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Cameroun : audiences publiques annoncées du 12 au 17 octobre sur la raffinerie d’alumine de Camalco

(Investir au Cameroun) – Le ministère camerounais de l’Environnement a dans un communiqué public, indiqué qu’il organise du 12 au 17 octobre 2026 des audiences publiques sur le projet de raffinerie d’alumine de Camalco, filiale de l’entreprise Canyon Resources enregistrée en Australie. La procédure avance, mais la mine de bauxite qui doit alimenter l’usine n’a plus de date de première expédition.
Le ministère (MINEPDED) a prévu ces audiences autour du rapport d’étude d’impact environnemental et social de la future raffinerie de Camalco Cameroon, liée au gisement de bauxite de Minim-Martap, dans l’Adamaoua. Elles se tiendront à Ngaoundéré et à Martap, avec des équipes mobiles dans les localités voisines. Les habitants pourront lire le rapport et donner leur avis sur ses effets environnementaux et sociaux. Cette étape ne vaut ni autorisation de construire ni décision d’investissement.
Dans une présentation d’avril 2025, Canyon disait préparer une étude de faisabilité bancaire pour une unité de 500 000 à 2 millions de tonnes d’alumine par an. En janvier 2026, cette étude était achevée à 45 %. En avril, le groupe visait une finalisation au troisième trimestre.
Le gouvernement parle de chiffres plus élevés. Le 2 avril 2026, le ministère des Mines (MINMIDT) évoquait une raffinerie à Makor de 2,4 millions de tonnes par an, des travaux possibles en 2027 et un investissement de plus de 2 milliards de dollars. Ce sont les chiffres de l’État, pas forcément ceux du projet examiné lors des audiences.
Une mine dont la date de première expédition reste attendue
En août 2026, Canyon a retiré sa prévision de premières expéditions de bauxite, attendues au quatrième trimestre. Elle l’a fait dans un contexte d’incertitudes sur le financement et la logistique. Cela touche d’abord l’extraction et l’exportation du minerai, et les études de la raffinerie continuent. Mais une raffinerie a besoin de bauxite, de transport et d’énergie, et d’un financement distinct de celui de la mine.
Le gouvernement veut transformer sur place une partie de la bauxite de Minim-Martap en alumine, la matière première de l’aluminium. Elle pourrait approvisionner Alucam, le producteur d’aluminium primaire du pays, qui importe aujourd’hui l’alumine de ses cuves d’électrolyse. Le Cameroun garderait ainsi une plus grande part de la valeur, au lieu d’exporter du minerai brut.
Canyon avance de son côté que la bauxite de Minim-Martap est riche en alumine et pauvre en silice réactive, ce qui convient à plusieurs procédés de raffinage. Le coût, le financement, le calendrier de construction et les caractéristiques techniques définitives de la raffinerie restent à préciser.
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5 mois après la création de la SOCADEL, Gaston Eloundou Essomba dresse un bilan mitigé

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINE), Gaston Eloundou Essomba, a présidé, ce jeudi 8 octobre 2026, à Douala, une réunion d’évaluation des actions engagées dans le cadre de la restructuration de la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL).
Les premiers résultats font apparaître une progression des recettes mensuelles, passées de 30 à 32 milliards de FCFA. Une évolution encourageante, mais encore insuffisante pour résorber les déséquilibres financiers du secteur et améliorer significativement la qualité du service public de l’électricité.
Cinq mois après l’installation de la nouvelle équipe dirigeante, la SOCADEL était à l’heure du bilan. Créée par décret présidentiel du 4 mai 2026, l’entreprise s’était vu assigner une feuille de route d’urgence destinée à restaurer ses équilibres financiers et à améliorer ses performances opérationnelles.
*
Tenue en présence du Gouverneur de la région du Littoral, du Préfet du Wouri et des Directeurs généraux de la SOCADEL, de la Société Nationale de Transport de l’Electricité (SONATREL) et de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL), la rencontre a permis d’examiner les avancées enregistrées dans la gouvernance, le refinancement de la dette, l’accroissement des recettes, la maîtrise des dépenses, la maintenance des infrastructures et la modernisation des activités.
Accélérer le redressement financier pour relancer les investissements
Au cœur de cette évaluation, la situation financière de la SOCADEL, dont dépend l’équilibre de l’ensemble du secteur électrique.
L’entreprise assure en effet la collecte des revenus et leur redistribution aux différents acteurs de la chaîne de production, de transport et de distribution de l’électricité.
Gaston Eloundou Essomba a rappelé qu’au moment de la renationalisation, les recettes mensuelles avoisinaient 30 milliards de FCFA, pour des charges comprises entre 42 et 44 milliards. Ce déséquilibre, à l’origine d’un déficit structurel d’environ 13 milliards de FCFA par mois, explique les difficultés de paiement auxquelles le secteur demeure confronté. Les premiers efforts de redressement commencent néanmoins à produire des résultats. « De 30 milliards, aujourd’hui, l’entreprise collecte mensuellement 32 milliards », a indiqué le Ministre, relevant une progression de 2 milliards de FCFA.
Cette amélioration ne permet cependant pas encore de couvrir l’ensemble des engagements financiers. Les factures des principaux acteurs, notamment NHPC, Globeleq et la SONATREL, ne sont pas encore intégralement réglées. Des efforts sont toutefois engagés pour accroître progressivement les montants qui leur sont reversés.
Pour le Ministre, cette situation souligne l’importance de poursuivre les réformes, notamment le refinancement de la dette, l’élargissement de la clientèle, l’amélioration du recouvrement, la migration vers les compteurs prépayés et la maîtrise des charges.
L’enjeu est de rétablir la capacité financière du secteur afin de relancer les investissements nécessaires dans la production, le transport et la distribution de l’électricité.
Apporter des réponses concrètes aux coupures d’électricité
Au-delà des performances financières, la qualité du service demeure la principale préoccupation des consommateurs. Pourquoi les coupures d’électricité persistent-elles malgré les investissements consentis et les réformes engagées ? Gaston Eloundou Essomba a reconnu que les améliorations restent progressives et que les plaintes des usagers demeurent nombreuses. Une situation qui traduit, selon lui, l’ampleur des efforts restant à accomplir.
L’évaluation a néanmoins permis de relever certaines avancées. Le bilan présenté fait notamment état de 45 053 normalisations de branchements basse tension et de la livraison de 16 000 compteurs communicants dans le cadre du programme P4R. Dans le cadre du PERACE, 34 000 branchements supplémentaires sont programmés d’ici la fin de l’année 2026.
Les travaux ont également porté sur la maintenance des réseaux, la disponibilité des équipements et des pièces de rechange, ainsi que la modernisation des outils de gestion.
Mais pour le Ministre, l’amélioration du service exige surtout une plus grande efficacité opérationnelle. « On veut des ingénieurs qui agissent, et non des procéduriers », a-t-il insisté, invitant les responsables techniques à privilégier les solutions concrètes.
Évoquant les manifestations de mécontentement auxquelles il est lui-même confronté au boulevard du 20-Mai, Gaston Eloundou Essomba a rappelé l’impatience des populations face aux perturbations récurrentes de la fourniture de l’électricité.
Le membre du Gouvernement a également souligné que la mauvaise santé financière de la SOCADEL constitue un risque pour l’ensemble du système électrique. Les difficultés de paiement des producteurs et du transporteur limitent leurs capacités d’investissement et peuvent, à terme, affecter la qualité du service.
À l’issue des travaux, il a demandé que les obstacles identifiés fassent l’objet de mesures correctives précises, assorties d’échéances et de responsabilités clairement établies. Le Gouvernement devra également examiner les mesures d’accompagnement nécessaires à l’accélération du plan de redressement.
« Peut faire mieux. » C’est sur cette appréciation que Gaston Eloundou Essomba a conclu son évaluation. Un jugement qui reconnaît les premiers progrès, tout en soulignant leur caractère encore timide.
Dans son entretien avec la presse, le Ministre a d’ailleurs résumé la situation en des termes sans équivoque. Les choses s’améliorent, mais lentement. Il appartient désormais à la SOCADEL d’accélérer les réformes pour accroître ses recettes, honorer progressivement ses engagements envers les autres acteurs du secteur et améliorer durablement la fourniture de l’électricité aux populations.
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