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Présidentielle 2025 : Maurice Kamto ne lâche rien, Elecam et Veridos sur le banc des accusés

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Présidentielle 2025 : Maurice Kamto ne lâche rien, Elecam et Veridos sur le banc des accusés
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Maurice Kamto, le président du MRC a tenu une conférence de presse ce jeudi 12 septembre à Yaoundé. Au menu de cette conférence, les préparatifs de l’élection présidentielle de 2025 à l’issue de laquelle il aimerait bien voir Paul Biya chassé par les urnes et l’opération de révision des listes électorales bouclée il y a quelques jours.

Lebledparle.com vous propose ci-dessous, l’intégralité de la déclaration bilingue de Kamto :

« The voter registration campaign from January 2 to 31 August 2024, yielded good results, with 755,085 new voters registered in 2024. This brings the total number of registered Cameroonian citizens to 8,116,960 before the clean-up. These unprecedented figures are a real reason for encouragement, and we expressed our appreciation in a congratulatory message to the Cameroonian people on 1 September. However, the process that led to these results was marked by numerous irregularities.

Among the most blatant were: the organized lack of registration kits; the obsolescence of the few kits available during this campaign, despite the significant resources provided by the Cameroonian people through the budget allocated to ELECAM; the clear violation of legal provisions governing the conditions for registration on the electoral lists in Cameroon and abroad; and the failure to comply with legal deadlines for the start and conduct of the diaspora registration campaign. On this last point, many witnessed press releases announcing the opening and closing of the registration campaign in embassies or consulates on the same day, sometimes within just a few hours.

Additionally, there were numerous administrative obstructions from the territorial administration, consular authorities, and the Director General of ELECAM himself, all aimed at preventing the registration of the maximum number of voters on the electoral register both in Cameroon and in the diaspora.

Au-delà de toutes ces actions délibérées qui constituent des cas de fraudes pré-électorales, l’objet principal de la présente déclaration est le flagrant délit de manipulations du fichier électoral orchestré par ELECAM et ses partenaires techniques allemands.

Pour la campagne d’inscriptions de 2024, ces manipulations flagrantes du fichier électoral se révèlent à l’analyse des chiffres publiés par ELECAM dans la diaspora. Elles confirment le sentiment largement partagé que les responsables d’ELECAM, agissant pour le compte du RDPC, ont une peur panique de la progression substantielle du nombre d’électeurs, synonyme de défaite imparable du candidat du régime.

Mais, décidément, il n’y a pas de crime parfait ! En effet, le croisement des données officielles d’ELECAM de 2024, avec le nombre des inscrits de la diaspora tiré du fichier électoral qui avait servi à l’organisation du scrutin présidentiel du 07 octobre 2018, met à nu les pratiques frauduleuses de l’organe électoral.

ELECAM, agissant en coaction avec ses partenaires techniques allemands, recourt à une stratégie qui vise à maintenir le plus bas possible le nombre des inscrits sur les listes électorales. J’ai montré cela sur une période de dix, chiffres à l’appui, dans mon message de fin d’année 2022. Le comportement d’ELECAM et de ses partenaires techniques, confirment simplement ces pratiques établies depuis l’adoption du nouveau code électoral en 2012 et la refonte du fichier électoral qui s’en est suivi. Il s’agit là de pratiques criminelles qui tuent les balbutiements démocratiques camerounais. La justice ne peut plus les laisser impunies, au risque d’être, au même titre que le RDPC et ELECAM, responsable de toutes les conséquences fâcheuses que celles-ci pourraient avoir sur la préservation de la paix au lendemain du scrutin présidentiel à venir.

Selon le fichier électoral consolidé avec lequel le scrutin présidentiel du 07 octobre 2018 a été organisé, ELECAM déclarait avoir 19 301 électeurs inscrits dans la diaspora.

Seulement, en janvier 2024, soit cinq campagnes d’inscriptions sur les listes électorales plus tard, ELECAM a annoncé 18 937 électeurs inscrits dans la diaspora, comme il ressort de son communiqué N°00001/ CRP/ ELECAM/ DGE du 10 janvier 2024 relatif aux statiques d’inscriptions des électeurs au terme de la révision des listes électorales de l’année 2023, signé du Directeur Général d’ELECAM lui-même.

Autrement dit, selon le Directeur Général d’ELECAM, le nombre d’inscrits dans la diaspora au lieu de croître, a plutôt diminué de 364 électeurs après cinq ans. On aurait pu imaginer qu’il y a eu une cascade de décès au sein de la diaspora camerounaise ou un retour massif de nos compatriotes au pays au cours de la période considérée. Mais aucune donnée statistique ne va dans ce sens. En tout état de cause, la disparition de 364 électeurs de la diaspora en 5 ans est simplement impossible, car même par la pirouette magique du « toilettage » il aurait fallu qu’il y ait eu au préalable ouverture des inscriptions dans la diaspora au cours de cette période pour offrir l’opportunité d’une refonte. Or, depuis la clôture des inscriptions du 31 août 2018, il n’y a plus eu d’inscription en diaspora avant la très brève et laborieuse campagne d’inscription de 2024.

According to various sources, including data from the Ministry of External Relations, the Cameroonian diaspora is estimated to be around six million people. It is well known that the ruling regime fears Cameroonians living abroad. As evidence, despite numerous declarations by various officials and CPDM executives stigmatizing the diaspora, and despite public commitments made by the President of the Republic during an official visit to France in July 2009, nearly fifteen years later, the government still refuses to pass a law on dual nationality for electoral reasons.

Le flagrant délit de manipulation du fichier électoral ici dénoncé ravive le souvenir du douloureux épisode des faux procès-verbaux du scrutin présidentiel du 07 octobre 2018 et celui, rocambolesque, de la victoire du candidat du RDPC à ce scrutin, avec un suffrage dit valablement exprimé de 100, 48%. Ainsi donc, une fois de plus, ELECAM est pris la main dans le sac.

Il faudra garder une vigilance absolue, car n’oublions pas que face à l’enthousiasme suscité par les inscriptions massives des Camerounais sur les listes électorales, le Directeur Général d’ELECAM, a fait du toilettage un outil avec lequel il peut anéantir tous ces efforts d’inscriptions. Il déclarait à cet égard, à la fin du premier trimestre de cette année, qu’on « peut avoir par exemple 200. 000 inscrits et qu’après toilettage il n’en reste plus que 50.000 » ! Voyez l’ampleur de l’écart qu’il se permettait de suggérer alors. Il faut donc rester en alerte, car selon cette doctrine diabolique, les quelques 8.116.960 électeurs inscrits « avant toilettage » annoncés par le DG d’ELECAM fin août 2024, pourraient fondre après toilettage et repasser sous la barre des 8 millions, par la volonté cynique des responsables d’ELECAM, dont l’objectif est, comme je vous l’ai dit à plusieurs reprises, de bloquer le corps électoral camerounais dans la fourchette allant de 7 à 8 millions. Vigilance ! Vigilance ! Vigilance !

Les manipulations grossières et condamnables du fichier électoral expliquent pourquoi le Directeur Général d’ELECAM refuse obstinément de rendre publique la liste électorale nationale des électeurs inscrits, comme le lui impose l’article 80 du Code Électoral.

Elles enlèvent à ELECAM, et notamment à ses principaux dirigeants, toute crédibilité et par conséquent l’autorité morale pour conduire le scrutin présidentiel à venir.

C’est l’occasion pour moi d’interroger publiquement le rôle historique trouble joué par la société allemande GIESECKE & DEVRIENT, qui avait gagné en avril 2012 le marché de la ‘biométrisation’ du fichier électoral à près 8 milliards de FCFA, pour finalement ne faire que l’informatisation des listes électorales. Je rappelle que ce marché avait été passé dans des conditions suspectes qui avaient attiré l’attention de certains parlementaires allemands. La responsabilité technique de cette société, GIESECKE & DEVRIENT, est lourde dans l’escroquerie à la biométrie infligée aux électeurs Camerounais, et donc dans les crimes électoraux qui sont perpétrés depuis lors par le régime en place.

Une autre société allemande, VERIDOS, est, depuis 2015, en charge de la fourniture des équipements pour la sécurisation des données constitutives du fichier électoral, de la fameuse et très suspecte opération de » toilettage » avec laquelle ELECAM fraudent, et de la très délicate opération de production des cartes d’électeur. VERIDOS offre à ELECAM, qui est, comme on le sait, totalement soumis au pouvoir, l’appui logistique pour fausser les résultats électoraux au Cameroun. Ainsi, c’est avec son appui technique que le mythe de la première place de la région de l’Extrême Nord en matière électorale a été construit et vendu dans l’opinion par les officines de fraude du régime. Nous parlons d’une région où des centaines de milliers de citoyens sont pourtant abandonnés sans actes de naissance ni de cartes nationales d’identité. En effet, avec l’assistance technique de cette société allemande le pouvoir a fait croire pendant longtemps à l’idée fausse qu’il y avait plus d’inscrits sur les listes électorales dans l’Extrême Nord que dans le Littoral qui comprend la métropole Douala ou au Centre qui abrite la capitale Yaoundé. Ce mythe est tombé avec la campagne des inscriptions de 2024 malgré les manœuvres en cours au sein d’ELECAM.

Un audit du fichier électoral s’impose si nous voulons organiser des élections présidentielles transparentes et apaisées en 2025.

Les deux sociétés allemandes impliquées dans les crimes électoraux et les crimes contre la démocratie ne sont assurément pas les meilleurs ambassadeurs de la démocratie Allemande. Pour le peuple camerounais en lutte pour se libérer par les urnes et dans la paix de l’une des dictatures les plus féroces et les plus vielles dictature au monde, ces deux sociétés allemandes, GIESECKE & DEVRIENT et VERIDOS, sont pleinement comptables de son martyre et devront en répondre, quel que soit le temps que cela prendra.

Par ailleurs, les honorables membres du Conseil constitutionnel, dont le rôle est justement de veiller à la régularité du processus électoral, doivent, pour leur part, tirer toutes les conséquences de droit de cette forfaiture criminelle d’ELECAM.

Pour sa part, le Président de République, qui nomme les responsables d’ELECAM, doit, dans un effort non partisan, tirer toutes les conséquences politiques de ces faits criminels qui trahissent l’intention claire de voler, comme en 1992 et en 2018, la victoire électorale au peuple, même si on est conscient qu’il en est le bénéficiaire potentiel. Qu’il assume avec hauteur la fonction qu’il occupe depuis 42 ans et dont il a voulu prolongé par la fraude la durée en 2018, en évitant au pays l’implosion générale. Oui, c’est maintenant qu’il doit agir pour arrêter ce mauvais vent que font souffler sur notre pays, à l’approche du prochain scrutin présidentiel, les instances dirigeantes d’ELECAM et leurs partenaires techniques allemands, à savoir les sociétés GIESECKE & DEVRIENT et VERIDOS.

Que les membres du pouvoir judiciaire, du pouvoir politique, les autorités administratives, les forces de sécurité et les partenaires du Cameroun se le tiennent pour dit : les Camerounais écrasés par une gestion insouciante et irresponsable de plus de quatre décennies, sont désespérés du régime et en colère contre lui ; ils ne laisseront plus jamais la fraude électorale leur imposer des dirigeants.

Les partenaires du Cameroun, notamment les autorités allemandes, doivent se sentir interpellés, dès à présent, par cette déclaration que nous faisons au nom d’un peuple camerounais, que l’on fait tout pour pousser à bout. Nul ne pourra prétendre n’avoir pas été alerté de ces crimes électoraux pouvant déboucher sur des violences post-électorales, au regard de la détermination du peuple camerounais à tourner, dans les urnes et dans la paix, la page de 42 ans d’un régime qui l’a réduit à l’ombre de lui-même.

Je m’en voudrais de terminer cette déclaration sans féliciter, une nouvelle fois, les dynamiques et courageuses équipes du MRC, les militants d’autres partis politiques, les organisations de la société civile, les autorités religieuses, les médias et les personnalités diverses qui ont bravé les nombreux obstacles dressés sur le chemin pour mobiliser les Camerounais d’ici et de l’étranger, afin d’obtenir les résultats extraordinaires que nous avons atteint cette année en matière d’inscription sur les listes électorales.

Il me plaît également de saluer le dévouement des personnels de terrain d’ELECAM ; eux qui, déployés souvent sans le soutien logistique adéquat malgré les budgets importants d’ELECAM, ont contribué activement à l’atteinte des résultats qui sont aujourd’hui célébrés, grâce leur sens républicain et démocratique.

J’adresse une fois de plus mes chaleureuses félicitations aux Camerounais des toutes les régions du pays et de toutes les conditions sociales qui se sont levés en masse pour se donner les moyens de participer au choix des dirigeants de leur pays, en devenant des électeurs. Ces félicitations vont en particulier aux jeunes, dont la mobilisation sans précédent est un vrai motif de fierté pour leur prise de conscience de la responsabilité historique qui sera la leur lors du scrutin à venir. Leur sursaut citoyen est une source d’espoir pour l’avenir politique de notre pays.

J’invite tous les acteurs dévoués à l’avènement d’une vraie société démocratique au Cameroun à mettre à profit la période de suspension des inscriptions qui va de septembre à décembre 2024 pour peaufiner les stratégies devant permettre à notre pays d’atteindre au moins le cap de dix millions d’inscrits lors de la prochaine campagne qui s’ouvrira le 2 janvier 2025.

Vive le Cameroun

Je vous remercie

Yaoundé le 10 septembre 2024

Maurice KAMTO, Président National du MRC, candidat du MRC et de l’APC à l’élection présidentielle de 2025″

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC
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Le mardi 9 juin 2026, des gendarmes camerounais ont investi un entrepôt du troisième arrondissement de Douala. Derrière une façade d’unité de production d’enduits et de matériaux de construction se cachait une chaîne de montage dédiée à la fabrication de fausses pièces de monnaie métallique. Cinq individus ont été interpellés — deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont celui qui assurait la direction technique de l’opération. Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est déplacé en personne pour constater l’ampleur du dispositif.

L’affaire a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité de la Banque centrale à protéger les signes monétaires qu’elle émet. D’autant que la presse relevait la saisie, dans le même contexte, de liasses de faux billets de 10 000 francs CFA et de rondelles imitant des pièces de 500 francs. Des interrogations qui ont conduit Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC à clarifier, dans une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today, les faits et à replacer l’incident dans sa juste proportion.

Première mise au point de taille : les pièces saisies à Douala ne sont pas des contrefaçons de la nouvelle gamme 2024. « Les vérifications effectuées ont montré que les pièces concernées étaient des imitations de la pièce de 500 francs de l’ancienne gamme mise en circulation en 1985 et progressivement retirée depuis l’introduction de la gamme de 2006 », a précisé le gouverneur. Une nuance essentielle, qui change la nature du problème. Il ne s’agit pas d’une brèche dans les nouveaux dispositifs de sécurité, mais d’une tentative de remise en circulation de copies d’une pièce déjà obsolète.

ANALYSE DES CONTREFAÇONS

Les chiffres que la BEAC a publiés à cette occasion méritent d’être examinés avec attention. Au 30 avril 2026, le Laboratoire d’analyse des contrefaçons de la Banque centrale avait recensé 16 639 billets contrefaits sur un volume de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation dans l’espace CEMAC. Le ratio obtenu — 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation — est nettement inférieur au seuil de vigilance retenu à l’échelle internationale, généralement fixé à 100 billets contrefaits par million. Autrement dit, plus de 99,998 % des billets qui transitent chaque jour dans les économies des six pays membres sont authentiques. Ces statistiques ne relativisent pas le crime lui-même.

La contrefaçon monétaire reste une infraction grave, aux effets potentiellement déstabilisateurs. Lorsqu’elle prend de l’ampleur, elle érode la confiance dans la monnaie, perturbe les transactions commerciales et peut entraîner des pertes directes pour les ménages et les entreprises qui reçoivent de faux billets sans le savoir. Elle peut également alimenter d’autres circuits criminels.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les banques centrales traitent ce sujet comme une priorité permanente, quelle que soit l’ampleur réelle du phénomène. Mais dans le cas de la CEMAC, les données disponibles indiquent que ces risques systémiques ne se matérialisent pas. « Nous sommes très loin d’une situation susceptible de menacer la stabilité monétaire ou économique de notre sous-région », a soutenu le gouverneur. Une affirmation que les chiffres étayent.

DISPOSITIFS D’AUTHENTIFICATION

La réponse institutionnelle de la BEAC s’articule autour de trois axes. Le premier est préventif : intégrer en permanence de nouvelles technologies de sécurité dans les billets et les pièces, en travaillant sur les substrats, les procédés de fabrication et les dispositifs d’authentification. Le deuxième est opérationnel : maintenir un système de détection mobilisant la Banque centrale, les établissements de crédit, les forces de sécurité et les autorités judiciaires. Le laboratoire d’analyse des contrefaçons joue un rôle central dans ce dispositif, en expertisant les signes monétaires suspects et en suivant l’évolution du phénomène à l’échelle de la sous-région.

Le troisième axe est pédagogique : sensibiliser régulièrement le grand public, les commerçants et les professionnels de la monnaie aux signes permettant d’identifier les faux billets. Dans cette optique, la BEAC a développé une application mobile baptisée « BEAC NG2020 », disponible sur les plateformes Play Store et App Store. Elle permet aux utilisateurs d’identifier les caractéristiques de sécurité de la gamme actuelle de billets et de renforcer leur capacité d’authentification au quotidien.

La question de la sécurité des coupures elles-mêmes a aussi été posée directement au gouverneur, certains observateurs laissant entendre que des failles pourraient exister du côté de la Banque centrale. Sa réponse a été sans ambiguïté. « Les billets et les pièces émis par la BEAC sont dotés de dispositifs de sécurité répondant aux standards les plus exigeants », a-t-il affirmé, en rappelant que la lutte contre la contrefaçon n’est jamais un acquis définitif pour aucune banque centrale au monde. Les faussaires s’adaptent, innovent, cherchent des failles. Ce qui impose aux instituts d’émission une veille technologique permanente.

L’existence de tentatives de contrefaçon ne traduit donc pas une défaillance institutionnelle ; elle confirme la nécessité de maintenir la pression.

MÉCANISME DE VIGILANCE

L’affaire de Douala illustre précisément ce mécanisme de vigilance. C’est la détection d’un individu qui tentait d’introduire des pièces contrefaites dans les circuits commerciaux du premier arrondissement qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’aux têtes du réseau. Deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont le technicien principal de l’opération. L’enquête, relayée par la chaîne Équinoxe TV et le média Benin Web TV, montre que les mécanismes de coopération entre la Banque centrale et les forces de l’ordre fonctionnent.

La robustesse de ces mécanismes est, en définitive, le message que la BEAC cherche à faire passer. Non pas que la contrefaçon n’existe pas — l’affaire de Douala en est la démonstration — mais qu’elle reste contenue dans des proportions qui ne menacent ni la monnaie ni les économies de la zone. Le gouverneur a conclu sur un appel à la responsabilité partagée : « La première ligne de défense contre la contrefaçon demeure la vigilance des utilisateurs eux-mêmes. » Signaler tout signe monétaire suspect, se familiariser avec les critères d’authentification, utiliser les outils numériques mis à disposition — autant de réflexes qui, mis bout à bout, renforcent l’intégrité du circuit fiduciaire dans l’ensemble de la sous-région.

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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