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Marc Brys, les origines de Samuel Eto’o Fils et les classes populaires comme des relents d’indigénat

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Marc Brys, les origines de Samuel Eto’o Fils et les classes populaires comme des relents d’indigénat
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Dans une tribune parue dans les colonnes du journal Le Messager dans son édition du mercredi 21 aout 2024, l’écrivain français d’origine camerounaise Gaston KELMAN pose sa plume entre les trois feux qui brulent autour du football Cameroun : le « très étonnant » ministre des sports de Narcisse Mouelle Kombi, le « terrible » sélectionneur des Lions Indomptables, Marc Brys, et enfin, « l’indéboulonnable » Samuel Eto’o de la Fécafoot.

Lebledparle.com vous propose en intégralité, la tribune de Gaston Kelman

Marc Brys, les origines de Samuel Eto’o Fils et les classes populaires comme des relents d’indigénat

Par Gaston Kelman, Le Messager du 21 août 2024

Le récent choix de l’entraîneur des Lions indomptables, l’équipe nationale de football du Cameroun par le ministère des Sports a entrainé les contestations de la Fédération Camerounaise de Football qui s’est sentie lésée dans ses prérogatives. Des hommes de bonne volonté au sommet de l’état et au sein des instances mondiale et africaine de football ont tout mis en œuvre pour ramener la paix des braves.

Ça allait aussi un peu dans tous les sens mais l’honneur semblait sauf. Puis il y a quelques jours, le pays a été ébranlé par une interview que l’on prêtait à l’entraineur de notre Onze national. Les propos étaient tellement inattendus que personne n’a cru en leur authenticité.

Je me souviens de cette amie, grande avocate qui vitupérait à qui mieux mieux, n’imaginant pas que des gens puissent croire que ce texte n’était pas un montage grossier. Tout ceci se passe durant le week-end du 17/18 août. Puis lundi, la presse a certifié l’authenticité de ces propos. Comme beaucoup d’autres, je suis tombé de bien haut, en me disant que l’on était tombé bien bas.

Des propos de l’entraineur des Lions, on a généralement retenu la salve contre le looser tous azimuts Eto’o fils et la girouette Rigobert Song. Des propos d’une violence inouïe. Je ne suis pas juriste, je ne sais pas si ces allégations sont de la diffamation. Je ne sais pas si les mis en cause ont envie de porter cette affaire auprès de la justice.

Mon intérêt est ailleurs. Parce que je suis profondément concerné. Parce que vous êtes concernés. Dans ce flatras indigeste d’injures basses et de commérages nauséeux – qui lui a dit ce qui se passait dans les vestiaires avant son arrivée -, il se dégage une phrase lourde de sens et d’arrière sens. La colonne de voute de son propos. Parlant de Samuel Eto’o fils, l’entraîneur assène que « vu ses origines, il est soutenu par les classes populaires ». Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées.

Marc Brys et la malédiction originelle du colonisé

Quand M. Brys en appelle aux origines de Samuel Eto’o fils, le brave homme ne sait évidemment pas où il met les pieds. On a dû lui en mettre plein la tête sur la modestie des origines du président de la Fécafoot, et sans filet il s’est mis à jouer les funambules sur la corde glissante de la définition des classes sociales et des origines.

Remontent en mon esprit les relents d’un passé colonial où la Belgique avec le roi Léopold II en a fait certainement plus que tous les autres colonialistes dans sa propriété privé le Congo qui porte son nom, et que le Belge remue comme un ingénu.

Quand le colon aborde l’Afrique, pour dominer le continent noir, il doit déshumaniser la population. Mais il doit surtout anéantir l’autorité locale pour se substituer à elle. Les rois deviennent des roitelets bêtes et lubriques. Même Batouala n’échappe pas à cette stigmatisation, sous la plume du négroïde René Maran mais essentiellement gouverneur colonial.

Les roitelets sont souvent passés au fil de l’épée. On récupère leur place et le plus petit colon dès lors se croit supérieur aux rares monarques noirs survivants et transformé en chef. Les royaumes d’hier deviennent villages ou tribus, les palais et les cours, des chefferies. Aujourd’hui encore, certains peinent à sortir de cette vision.

Pourquoi croyez-vous que l’exposition du Musée du Quai Branly ait été baptisée Chefs et chefferies Bamiléké ! Il s’agit pourtant de royaumes et de principautés. S’agissant de Monaco, Luxembourg, Andorre ou Lichtenstein, personne ne parlera de chefferie ! Leurs monarques n’ont jamais été des chefs, mais des princes, des rois.

A partir de ce moment, l’univers colonial se répartit en deux groupes : les colons de la classe supérieure d’un côté et les indigènes sans distinction de l’autre, soumis au régime de l’indigénat. Ce sont ces classes populaires auxquelles l’inconscient de M. Brys le ramène. En effet, qui en Afrique ne serait pas de la classe populaire à ses yeux ? De quelles origines d’Eto’o fils parle-t-il donc !

La théorie des origines selon Marc Brys

Les origines de Samuel Eto’o fils, on peut en suggérer trois. Le président de la Fécafoot est camerounais, bassa et de New-bell/Mvog-ada. Mettons de côté les origines bassa. Elles n’ont pas de l’importance dans les propos de M. Brys.

Et pour aller vite, rappelons – c’est ce que l’on a soufflé a l’entraîneur – que le jeune homme est d’ascendance pauvre, issu d’un quartier et d’une classe populaires. Ceux qui ont briefé M. Brys, n’avaient pas assez de perspicacité pour comprendre le décalage conceptuel qu’il y a entre eux et leur chargé de mission.

Les origines, modèle occidental

Une publicité récente affichait sur les murs de France qu’il fallait « six générations pour sortir de la pauvreté ». Plus clairement, cela voulait dire qu’il fallait six générations pour partir de la classe populaire et entrer dans la classe moyenne. Et quand l’on sait qu’une génération dure en moyenne vingt-cinq ans…

En effet, la société occidentale est ainsi stratifiée. Elle obéit à ce que Bourdieu a appelé la reproduction, une assignation a résidence originelle, le fils étant condamné à reproduire le modèle de son père. L’enfant d’ouvrier sera donc ouvrier. On fera tout pour le maintenir à ce statut et de temps en temps, quelques privilégiés progresseront et après six générations…

Ainsi, Marc Brys ne verra en Eto’o que le fils des quartiers populaires, mais aussi d’une origine subalterne de façon congénitale, héritée de son père subalterne et de son grand-père colonisé. Et c’est ici que l’homme est égaré par son propre atavisme, son propre héritage.

Le rêve américain et africain

En Afrique, le colon a ramené toute la population dominée à l’état d’indigènes uniformes, appartenant aux classes subalternes. C’est alors qu’il se produit au sein de cette société résiliente, une mutation d’une puissance phénoménale. Osons une comparaison avec un autre univers. Les migrants qui affluent de la vieille Europe vers les Amériques viennent d’univers sociaux divers : classes populaires, classes moyennes, quelques fleurons de l’aristocratie.

Mais en abordant le nouveau monde, l’on jette à la mer ses titres de noblesse, sa morgue de bourgeois et ses complexes de serf et de prolétaire. Ici, c’est la force et l’ingéniosité qui vont faire la différence et non les origines et la naissance. On observera un phénomène similaire avec l’Afrique post coloniale.

Aujourd’hui comment faire la part dans l’élite africaine, entre ceux qui seraient d’essence populaire et les autres ? Ce n’est pas possible puisque ces classes ont été gommées par le colon pour n’en laisser qu’une : l’indigène. Le président de la république du Cameroun est fils de catéchiste agriculteur et il en va de même pour ses homologues des pays voisins, tous issus de classes similaires.

La bourgeoisie de notre pays a été créée par des analphabètes bourrés de talent. Lisez donc A la mesure de mes pas, la biographie de Jean Samuel Noutchegouin et vous verrez comment en une génération, on part du petit étal du marché de Bafoussam des années 1940 aux sommets de la haute finance mondiale.

Le père de Henri Hogbè Nlend l’inventeur de la théorie mathématique de la Bornologie savait peut-être calculer le prix d’un sac de cacao, mais certainement pas plus. Manu Dibango le roi du saxophone était fils d’un commis aux écritures colonial. Les extraits des livres de votre serviteur, fils d’ouvrier spécialisé analphabète, sont aujourd’hui dans les manuels scolaires de France.

En théorie, la société africaine n’obéit donc pas au modèle de la reproduction, mais à celui du rêve américain, de la méritocratie républicaine. Il en va ainsi pour Samuel Eto’o fils que l’on veut reléguer à la populace.

Rappelons aussi que le quartier populaire que je partage avec les parents du président de la Fécafoot compte aujourd’hui en une génération, un général, des colonels et autres officiers supérieurs, des professeurs d’université, des grands capitaines d’entreprise et des cadres en tout genre, tous issus de parents ouvriers, ou mieux, indigènes.

Samuel Eto’o et les classes populaires

Le président de la Fécafoot est la seule star planétaire africaine, toutes disciplines – sports, sciences, arts et lettres – confondues. A part lui et Nelson Mandela, l’Afrique n’a pas engendré d’autre personnalité aussi consensuellement adulée. Il est aussi la personnalité la plus aimée des Africains.

La popularité d’une star planétaire n’a pas de frontière sociale. Cette icône est acclamée dans la rue par le peuple sans distinction de classe. Elle est accueillie dans les palais, enseignée dans les amphithéâtres. Samuel Eto’o fils a porte ouverte auprès de toutes les têtes couronnées du monde, sa sainteté le pape ou l’inaccessible Vladimir Poutine.

On a vu le bonheur du président français à partager une partie de football avec lui. Les angoisses existentielles d’un quidam ne sauraient l’assigner aux classes populaires dont il serait originaire.

Et qui est l’entraîneur des Lions indomptables ?

Je me demande combien de Camerounais connaissaient l’existence de cet homme avant son introduction fracassante dans notre pays en porcelaine. Devant le scepticisme des Camerounais pour ce choix, des soutiens inattendus dont on se questionne sur les motivations, ont avancé des arguments ubuesques. On a dit que le Cameroun avait gagné ses compétitions avec des entraîneurs totalement inconnus.

Evidemment, si on se réfugie derrière la superstition, on peut faire de ce modèle la règle intangible. Mais on peut aussi se dire qu’une équipe phare comme les Lions indomptables du Cameroun, cinq fois championne d’Afrique, sept fois en phase finale de la coupe du monde et médaillée olympique, peut prétendre à des entraîneurs plus flamboyants.

L’homme dit avoir atteint 62 ans. Il nous apprend qu’à cet âge, « l’on dit les vérités aux gens pour les aider à évoluer ». On sait pourtant que l’une des premières règles de la sagesse, c’est que l’on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux. Je ne vais pas entraîner M. Brys dans la philosophie en lui demandant «qu’est-ce que la vérité».

Mais je vais me demander s’il Existe un âge qui accorde un quelconque droit à la moralisation ! La sagesse littéraire et populaire est parsemée de références sur cette question. Victor Hugo disait que « soixante ans passés font l’homme plus sage et plus sérieux ». Puis convaincu très vite de la hardiesse de son propos, il apportait ce bémol, «du moins on le dit ». D’autre part, nous savons aussi qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.

Écoutons cet autre son de cloche. Pour le chanteur français Georges Brassens, « l’âge ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ». Croire que l’âge vous confère le pouvoir de dire la «vérité aux gens pour les aider à évoluer», même quand ils ne vous ont rien demandé, relève en effet de la connerie.

Peut-être l’entraîneur ne connaît pas l’homme de Sète, mais le Belge ne saurait ignorer Jacques Brel son compatriote. Les personnes qu’il assimile aux bourgeois, seraient «comme des cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête… plus ça devient con ». Le grand Jacques ne se trompe pas.

Et les propos bourgeois de l’entraineur qui renvoie Samuel Eto’o fils aux classes populaires pourraient nous obliger à dire, si nous empruntions sa phraséologie, que son compatriote parle de lui.

Je suis un disciple de Frantz Fanon et d’Aimé Césaire. Je suis de la génération qui a grandi sous la tutelle du Cahier d’un retour au pays natal, du Discours sur le colonialisme, et de Peau noire, masques blancs. Les héritiers de cette ère peinent à en sortir, les victimes certes, mais surtout ceux du gang des privilégiés.

De part en part, peut-être malgré eux, ils lâchent un rôt pestilentiel, un borborygme nauséeux. Cette interview en est un. Je me pose une seule question. Aurait-il tenu ces propos dans un journal camerounais ? Ou alors, question subsidiaire, se sachant en terrain propice, entre pairs, il a pu se lâcher et dire ce qu’il pense du pays qui l’emploie ? Interrogation purement rhétorique.

Je n’ai ni haine ni colère envers personne. Parfois un peu de mépris ou de la pitié, je ne sais – que jugule bien rapidement mon humanisme –, face au regain saisonnier et maladroit de velléités civilisatrices, que ces velléités montent de Montpellier ou de Bruxelles. Alors, il m’incombe d’apporter ma contribution au débat, de tenter une explication. De proposer mon point de vue quand je constate des déviances cauchemardesques. Mais peut-être je vais me réveiller et découvrir que ce n’était qu’une histoire belge.

Source Le Messager du 21 août 2024

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC
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Le mardi 9 juin 2026, des gendarmes camerounais ont investi un entrepôt du troisième arrondissement de Douala. Derrière une façade d’unité de production d’enduits et de matériaux de construction se cachait une chaîne de montage dédiée à la fabrication de fausses pièces de monnaie métallique. Cinq individus ont été interpellés — deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont celui qui assurait la direction technique de l’opération. Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est déplacé en personne pour constater l’ampleur du dispositif.

L’affaire a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité de la Banque centrale à protéger les signes monétaires qu’elle émet. D’autant que la presse relevait la saisie, dans le même contexte, de liasses de faux billets de 10 000 francs CFA et de rondelles imitant des pièces de 500 francs. Des interrogations qui ont conduit Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC à clarifier, dans une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today, les faits et à replacer l’incident dans sa juste proportion.

Première mise au point de taille : les pièces saisies à Douala ne sont pas des contrefaçons de la nouvelle gamme 2024. « Les vérifications effectuées ont montré que les pièces concernées étaient des imitations de la pièce de 500 francs de l’ancienne gamme mise en circulation en 1985 et progressivement retirée depuis l’introduction de la gamme de 2006 », a précisé le gouverneur. Une nuance essentielle, qui change la nature du problème. Il ne s’agit pas d’une brèche dans les nouveaux dispositifs de sécurité, mais d’une tentative de remise en circulation de copies d’une pièce déjà obsolète.

ANALYSE DES CONTREFAÇONS

Les chiffres que la BEAC a publiés à cette occasion méritent d’être examinés avec attention. Au 30 avril 2026, le Laboratoire d’analyse des contrefaçons de la Banque centrale avait recensé 16 639 billets contrefaits sur un volume de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation dans l’espace CEMAC. Le ratio obtenu — 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation — est nettement inférieur au seuil de vigilance retenu à l’échelle internationale, généralement fixé à 100 billets contrefaits par million. Autrement dit, plus de 99,998 % des billets qui transitent chaque jour dans les économies des six pays membres sont authentiques. Ces statistiques ne relativisent pas le crime lui-même.

La contrefaçon monétaire reste une infraction grave, aux effets potentiellement déstabilisateurs. Lorsqu’elle prend de l’ampleur, elle érode la confiance dans la monnaie, perturbe les transactions commerciales et peut entraîner des pertes directes pour les ménages et les entreprises qui reçoivent de faux billets sans le savoir. Elle peut également alimenter d’autres circuits criminels.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les banques centrales traitent ce sujet comme une priorité permanente, quelle que soit l’ampleur réelle du phénomène. Mais dans le cas de la CEMAC, les données disponibles indiquent que ces risques systémiques ne se matérialisent pas. « Nous sommes très loin d’une situation susceptible de menacer la stabilité monétaire ou économique de notre sous-région », a soutenu le gouverneur. Une affirmation que les chiffres étayent.

DISPOSITIFS D’AUTHENTIFICATION

La réponse institutionnelle de la BEAC s’articule autour de trois axes. Le premier est préventif : intégrer en permanence de nouvelles technologies de sécurité dans les billets et les pièces, en travaillant sur les substrats, les procédés de fabrication et les dispositifs d’authentification. Le deuxième est opérationnel : maintenir un système de détection mobilisant la Banque centrale, les établissements de crédit, les forces de sécurité et les autorités judiciaires. Le laboratoire d’analyse des contrefaçons joue un rôle central dans ce dispositif, en expertisant les signes monétaires suspects et en suivant l’évolution du phénomène à l’échelle de la sous-région.

Le troisième axe est pédagogique : sensibiliser régulièrement le grand public, les commerçants et les professionnels de la monnaie aux signes permettant d’identifier les faux billets. Dans cette optique, la BEAC a développé une application mobile baptisée « BEAC NG2020 », disponible sur les plateformes Play Store et App Store. Elle permet aux utilisateurs d’identifier les caractéristiques de sécurité de la gamme actuelle de billets et de renforcer leur capacité d’authentification au quotidien.

La question de la sécurité des coupures elles-mêmes a aussi été posée directement au gouverneur, certains observateurs laissant entendre que des failles pourraient exister du côté de la Banque centrale. Sa réponse a été sans ambiguïté. « Les billets et les pièces émis par la BEAC sont dotés de dispositifs de sécurité répondant aux standards les plus exigeants », a-t-il affirmé, en rappelant que la lutte contre la contrefaçon n’est jamais un acquis définitif pour aucune banque centrale au monde. Les faussaires s’adaptent, innovent, cherchent des failles. Ce qui impose aux instituts d’émission une veille technologique permanente.

L’existence de tentatives de contrefaçon ne traduit donc pas une défaillance institutionnelle ; elle confirme la nécessité de maintenir la pression.

MÉCANISME DE VIGILANCE

L’affaire de Douala illustre précisément ce mécanisme de vigilance. C’est la détection d’un individu qui tentait d’introduire des pièces contrefaites dans les circuits commerciaux du premier arrondissement qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’aux têtes du réseau. Deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont le technicien principal de l’opération. L’enquête, relayée par la chaîne Équinoxe TV et le média Benin Web TV, montre que les mécanismes de coopération entre la Banque centrale et les forces de l’ordre fonctionnent.

La robustesse de ces mécanismes est, en définitive, le message que la BEAC cherche à faire passer. Non pas que la contrefaçon n’existe pas — l’affaire de Douala en est la démonstration — mais qu’elle reste contenue dans des proportions qui ne menacent ni la monnaie ni les économies de la zone. Le gouverneur a conclu sur un appel à la responsabilité partagée : « La première ligne de défense contre la contrefaçon demeure la vigilance des utilisateurs eux-mêmes. » Signaler tout signe monétaire suspect, se familiariser avec les critères d’authentification, utiliser les outils numériques mis à disposition — autant de réflexes qui, mis bout à bout, renforcent l’intégrité du circuit fiduciaire dans l’ensemble de la sous-région.

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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