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Marc Brys, les origines de Samuel Eto’o Fils et les classes populaires comme des relents d’indigénat

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Marc Brys, les origines de Samuel Eto’o Fils et les classes populaires comme des relents d’indigénat
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Dans une tribune parue dans les colonnes du journal Le Messager dans son édition du mercredi 21 aout 2024, l’écrivain français d’origine camerounaise Gaston KELMAN pose sa plume entre les trois feux qui brulent autour du football Cameroun : le « très étonnant » ministre des sports de Narcisse Mouelle Kombi, le « terrible » sélectionneur des Lions Indomptables, Marc Brys, et enfin, « l’indéboulonnable » Samuel Eto’o de la Fécafoot.

Lebledparle.com vous propose en intégralité, la tribune de Gaston Kelman

Marc Brys, les origines de Samuel Eto’o Fils et les classes populaires comme des relents d’indigénat

Par Gaston Kelman, Le Messager du 21 août 2024

Le récent choix de l’entraîneur des Lions indomptables, l’équipe nationale de football du Cameroun par le ministère des Sports a entrainé les contestations de la Fédération Camerounaise de Football qui s’est sentie lésée dans ses prérogatives. Des hommes de bonne volonté au sommet de l’état et au sein des instances mondiale et africaine de football ont tout mis en œuvre pour ramener la paix des braves.

Ça allait aussi un peu dans tous les sens mais l’honneur semblait sauf. Puis il y a quelques jours, le pays a été ébranlé par une interview que l’on prêtait à l’entraineur de notre Onze national. Les propos étaient tellement inattendus que personne n’a cru en leur authenticité.

Je me souviens de cette amie, grande avocate qui vitupérait à qui mieux mieux, n’imaginant pas que des gens puissent croire que ce texte n’était pas un montage grossier. Tout ceci se passe durant le week-end du 17/18 août. Puis lundi, la presse a certifié l’authenticité de ces propos. Comme beaucoup d’autres, je suis tombé de bien haut, en me disant que l’on était tombé bien bas.

Des propos de l’entraineur des Lions, on a généralement retenu la salve contre le looser tous azimuts Eto’o fils et la girouette Rigobert Song. Des propos d’une violence inouïe. Je ne suis pas juriste, je ne sais pas si ces allégations sont de la diffamation. Je ne sais pas si les mis en cause ont envie de porter cette affaire auprès de la justice.

Mon intérêt est ailleurs. Parce que je suis profondément concerné. Parce que vous êtes concernés. Dans ce flatras indigeste d’injures basses et de commérages nauséeux – qui lui a dit ce qui se passait dans les vestiaires avant son arrivée -, il se dégage une phrase lourde de sens et d’arrière sens. La colonne de voute de son propos. Parlant de Samuel Eto’o fils, l’entraîneur assène que « vu ses origines, il est soutenu par les classes populaires ». Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées.

Marc Brys et la malédiction originelle du colonisé

Quand M. Brys en appelle aux origines de Samuel Eto’o fils, le brave homme ne sait évidemment pas où il met les pieds. On a dû lui en mettre plein la tête sur la modestie des origines du président de la Fécafoot, et sans filet il s’est mis à jouer les funambules sur la corde glissante de la définition des classes sociales et des origines.

Remontent en mon esprit les relents d’un passé colonial où la Belgique avec le roi Léopold II en a fait certainement plus que tous les autres colonialistes dans sa propriété privé le Congo qui porte son nom, et que le Belge remue comme un ingénu.

Quand le colon aborde l’Afrique, pour dominer le continent noir, il doit déshumaniser la population. Mais il doit surtout anéantir l’autorité locale pour se substituer à elle. Les rois deviennent des roitelets bêtes et lubriques. Même Batouala n’échappe pas à cette stigmatisation, sous la plume du négroïde René Maran mais essentiellement gouverneur colonial.

Les roitelets sont souvent passés au fil de l’épée. On récupère leur place et le plus petit colon dès lors se croit supérieur aux rares monarques noirs survivants et transformé en chef. Les royaumes d’hier deviennent villages ou tribus, les palais et les cours, des chefferies. Aujourd’hui encore, certains peinent à sortir de cette vision.

Pourquoi croyez-vous que l’exposition du Musée du Quai Branly ait été baptisée Chefs et chefferies Bamiléké ! Il s’agit pourtant de royaumes et de principautés. S’agissant de Monaco, Luxembourg, Andorre ou Lichtenstein, personne ne parlera de chefferie ! Leurs monarques n’ont jamais été des chefs, mais des princes, des rois.

A partir de ce moment, l’univers colonial se répartit en deux groupes : les colons de la classe supérieure d’un côté et les indigènes sans distinction de l’autre, soumis au régime de l’indigénat. Ce sont ces classes populaires auxquelles l’inconscient de M. Brys le ramène. En effet, qui en Afrique ne serait pas de la classe populaire à ses yeux ? De quelles origines d’Eto’o fils parle-t-il donc !

La théorie des origines selon Marc Brys

Les origines de Samuel Eto’o fils, on peut en suggérer trois. Le président de la Fécafoot est camerounais, bassa et de New-bell/Mvog-ada. Mettons de côté les origines bassa. Elles n’ont pas de l’importance dans les propos de M. Brys.

Et pour aller vite, rappelons – c’est ce que l’on a soufflé a l’entraîneur – que le jeune homme est d’ascendance pauvre, issu d’un quartier et d’une classe populaires. Ceux qui ont briefé M. Brys, n’avaient pas assez de perspicacité pour comprendre le décalage conceptuel qu’il y a entre eux et leur chargé de mission.

Les origines, modèle occidental

Une publicité récente affichait sur les murs de France qu’il fallait « six générations pour sortir de la pauvreté ». Plus clairement, cela voulait dire qu’il fallait six générations pour partir de la classe populaire et entrer dans la classe moyenne. Et quand l’on sait qu’une génération dure en moyenne vingt-cinq ans…

En effet, la société occidentale est ainsi stratifiée. Elle obéit à ce que Bourdieu a appelé la reproduction, une assignation a résidence originelle, le fils étant condamné à reproduire le modèle de son père. L’enfant d’ouvrier sera donc ouvrier. On fera tout pour le maintenir à ce statut et de temps en temps, quelques privilégiés progresseront et après six générations…

Ainsi, Marc Brys ne verra en Eto’o que le fils des quartiers populaires, mais aussi d’une origine subalterne de façon congénitale, héritée de son père subalterne et de son grand-père colonisé. Et c’est ici que l’homme est égaré par son propre atavisme, son propre héritage.

Le rêve américain et africain

En Afrique, le colon a ramené toute la population dominée à l’état d’indigènes uniformes, appartenant aux classes subalternes. C’est alors qu’il se produit au sein de cette société résiliente, une mutation d’une puissance phénoménale. Osons une comparaison avec un autre univers. Les migrants qui affluent de la vieille Europe vers les Amériques viennent d’univers sociaux divers : classes populaires, classes moyennes, quelques fleurons de l’aristocratie.

Mais en abordant le nouveau monde, l’on jette à la mer ses titres de noblesse, sa morgue de bourgeois et ses complexes de serf et de prolétaire. Ici, c’est la force et l’ingéniosité qui vont faire la différence et non les origines et la naissance. On observera un phénomène similaire avec l’Afrique post coloniale.

Aujourd’hui comment faire la part dans l’élite africaine, entre ceux qui seraient d’essence populaire et les autres ? Ce n’est pas possible puisque ces classes ont été gommées par le colon pour n’en laisser qu’une : l’indigène. Le président de la république du Cameroun est fils de catéchiste agriculteur et il en va de même pour ses homologues des pays voisins, tous issus de classes similaires.

La bourgeoisie de notre pays a été créée par des analphabètes bourrés de talent. Lisez donc A la mesure de mes pas, la biographie de Jean Samuel Noutchegouin et vous verrez comment en une génération, on part du petit étal du marché de Bafoussam des années 1940 aux sommets de la haute finance mondiale.

Le père de Henri Hogbè Nlend l’inventeur de la théorie mathématique de la Bornologie savait peut-être calculer le prix d’un sac de cacao, mais certainement pas plus. Manu Dibango le roi du saxophone était fils d’un commis aux écritures colonial. Les extraits des livres de votre serviteur, fils d’ouvrier spécialisé analphabète, sont aujourd’hui dans les manuels scolaires de France.

En théorie, la société africaine n’obéit donc pas au modèle de la reproduction, mais à celui du rêve américain, de la méritocratie républicaine. Il en va ainsi pour Samuel Eto’o fils que l’on veut reléguer à la populace.

Rappelons aussi que le quartier populaire que je partage avec les parents du président de la Fécafoot compte aujourd’hui en une génération, un général, des colonels et autres officiers supérieurs, des professeurs d’université, des grands capitaines d’entreprise et des cadres en tout genre, tous issus de parents ouvriers, ou mieux, indigènes.

Samuel Eto’o et les classes populaires

Le président de la Fécafoot est la seule star planétaire africaine, toutes disciplines – sports, sciences, arts et lettres – confondues. A part lui et Nelson Mandela, l’Afrique n’a pas engendré d’autre personnalité aussi consensuellement adulée. Il est aussi la personnalité la plus aimée des Africains.

La popularité d’une star planétaire n’a pas de frontière sociale. Cette icône est acclamée dans la rue par le peuple sans distinction de classe. Elle est accueillie dans les palais, enseignée dans les amphithéâtres. Samuel Eto’o fils a porte ouverte auprès de toutes les têtes couronnées du monde, sa sainteté le pape ou l’inaccessible Vladimir Poutine.

On a vu le bonheur du président français à partager une partie de football avec lui. Les angoisses existentielles d’un quidam ne sauraient l’assigner aux classes populaires dont il serait originaire.

Et qui est l’entraîneur des Lions indomptables ?

Je me demande combien de Camerounais connaissaient l’existence de cet homme avant son introduction fracassante dans notre pays en porcelaine. Devant le scepticisme des Camerounais pour ce choix, des soutiens inattendus dont on se questionne sur les motivations, ont avancé des arguments ubuesques. On a dit que le Cameroun avait gagné ses compétitions avec des entraîneurs totalement inconnus.

Evidemment, si on se réfugie derrière la superstition, on peut faire de ce modèle la règle intangible. Mais on peut aussi se dire qu’une équipe phare comme les Lions indomptables du Cameroun, cinq fois championne d’Afrique, sept fois en phase finale de la coupe du monde et médaillée olympique, peut prétendre à des entraîneurs plus flamboyants.

L’homme dit avoir atteint 62 ans. Il nous apprend qu’à cet âge, « l’on dit les vérités aux gens pour les aider à évoluer ». On sait pourtant que l’une des premières règles de la sagesse, c’est que l’on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux. Je ne vais pas entraîner M. Brys dans la philosophie en lui demandant «qu’est-ce que la vérité».

Mais je vais me demander s’il Existe un âge qui accorde un quelconque droit à la moralisation ! La sagesse littéraire et populaire est parsemée de références sur cette question. Victor Hugo disait que « soixante ans passés font l’homme plus sage et plus sérieux ». Puis convaincu très vite de la hardiesse de son propos, il apportait ce bémol, «du moins on le dit ». D’autre part, nous savons aussi qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.

Écoutons cet autre son de cloche. Pour le chanteur français Georges Brassens, « l’âge ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ». Croire que l’âge vous confère le pouvoir de dire la «vérité aux gens pour les aider à évoluer», même quand ils ne vous ont rien demandé, relève en effet de la connerie.

Peut-être l’entraîneur ne connaît pas l’homme de Sète, mais le Belge ne saurait ignorer Jacques Brel son compatriote. Les personnes qu’il assimile aux bourgeois, seraient «comme des cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête… plus ça devient con ». Le grand Jacques ne se trompe pas.

Et les propos bourgeois de l’entraineur qui renvoie Samuel Eto’o fils aux classes populaires pourraient nous obliger à dire, si nous empruntions sa phraséologie, que son compatriote parle de lui.

Je suis un disciple de Frantz Fanon et d’Aimé Césaire. Je suis de la génération qui a grandi sous la tutelle du Cahier d’un retour au pays natal, du Discours sur le colonialisme, et de Peau noire, masques blancs. Les héritiers de cette ère peinent à en sortir, les victimes certes, mais surtout ceux du gang des privilégiés.

De part en part, peut-être malgré eux, ils lâchent un rôt pestilentiel, un borborygme nauséeux. Cette interview en est un. Je me pose une seule question. Aurait-il tenu ces propos dans un journal camerounais ? Ou alors, question subsidiaire, se sachant en terrain propice, entre pairs, il a pu se lâcher et dire ce qu’il pense du pays qui l’emploie ? Interrogation purement rhétorique.

Je n’ai ni haine ni colère envers personne. Parfois un peu de mépris ou de la pitié, je ne sais – que jugule bien rapidement mon humanisme –, face au regain saisonnier et maladroit de velléités civilisatrices, que ces velléités montent de Montpellier ou de Bruxelles. Alors, il m’incombe d’apporter ma contribution au débat, de tenter une explication. De proposer mon point de vue quand je constate des déviances cauchemardesques. Mais peut-être je vais me réveiller et découvrir que ce n’était qu’une histoire belge.

Source Le Messager du 21 août 2024

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Rutile : les 2 580 km² de permis miniers de Tusker dans le bassin de Douala

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Rutile : les 2 580 km² de permis miniers de Tusker dans le bassin de Douala
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L’Australien Tusker Minerals doit obtenir le renouvellement de trois permis d’exploration couvrant 1 391 km² dans le Douala » style= »color:#cc0000;text-decoration:none;border-bottom:1px solid #cc0000; » title= »Bassin de Douala »>bassin de Douala. Trois autres demandes, portant sur 1 189 km², restent en instruction. Cette situation concerne notamment Diwong South, où la compagnie a annoncé un objectif d’exploration de 2,1 à 2,6 milliards de tonnes de sables minéralisés.

L’entreprise australienne Tusker Minerals, cotée à la Bourse de Sydney, fait face à plusieurs échéances administratives concernant ses projets de sables minéralisés dans le bassin sédimentaire de Douala. Dans sa communication boursière du 30 octobre 2026, la compagnie indique que trois permis d’exploration déjà accordés doivent être renouvelés, tandis que trois autres périmètres demeurent au stade des demandes d’attribution. Au total, les six zones représentent 2 580 km² de terrains présentant un potentiel en rutile, zircon, ilménite et autres minéraux lourds.

Selon les documents consultés par Défis Actuels, les permis concernés par le renouvellement sont Mungo, Mbanga et Édéa Sud. Ils couvrent respectivement 483, 468 et 440 km², soit 1 391 km². Accordés le 14 décembre 2022, ces titres sont détenus par Rhino Resources Ltd, filiale camerounaise intégrée au portefeuille de Tusker. Les trois autres périmètres, Maleke, Diwong et Mbongo, couvrent respectivement 491, 484 et 214 km². Les demandes correspondantes restent en instruction auprès de l’administration minière camerounaise.

Dans sa publication du 30 octobre, Tusker distingue les permis « accordés et soumis à renouvellement » des périmètres « faisant toujours l’objet de demandes », selon les termes traduits de l’anglais. La compagnie précise également que le projet Douala Basin demeure une priorité stratégique.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Le rutile, minerai naturel riche en dioxyde de titane, suscite un intérêt croissant dans l’industrie minière internationale. Il constitue, avec l’ilménite, l’une des principales matières premières utilisées pour produire le dioxyde de titane, un pigment blanc recherché pour son pouvoir couvrant, sa luminosité et sa résistance. On le retrouve dans les peintures, les plastiques, le papier et de nombreux revêtements industriels. Une partie des minerais titanifères sert également à la fabrication du titane métallique, utilisé notamment dans l’aéronautique, les équipements médicaux et les industries chimiques.

Le marché international est dominé par la demande des fabricants de pigments. Selon l’United States Geological Survey (USGS), plus de 95 % des concentrés de minerais titanifères consommés aux États-Unis sont destinés à cette industrie. La Chine demeure le principal producteur et consommateur mondial de concentrés titanifères. L’Australie, l’Afrique du Sud, le Mozambique et plusieurs autres pays africains occupent également des positions importantes dans l’approvisionnement international. Cette activité reste néanmoins exposée aux fluctuations de la demande industrielle et à la concurrence entre producteurs.

C’est sur ce marché que l’Australien Tusker Minerals entend positionner ses projets camerounais. Dans le bassin sédimentaire de Douala, la compagnie contrôle, à travers sa filiale Rhino Resources, un portefeuille de trois permis d’exploration et de trois demandes supplémentaires totalisant 2 580 km². Les recherches portent principalement sur le rutile, mais également sur le zircon, l’ilménite et d’autres minéraux lourds présents dans les formations sableuses.

Seulement, les perspectives géologiques se heurtent à des contraintes administratives. Dans sa communication boursière du 30 octobre 2026, Tusker indique que trois permis déjà attribués doivent être renouvelés, tandis que trois autres demandes attendent toujours une décision des autorités camerounaises. Une situation qui pourrait peser sur le calendrier des nouveaux forages et, par conséquent, sur l’évaluation des ressources minérales.

TROIS PERMIS À RENOUVELER, TROIS DEMANDES EN ATTENTE

Les documents publics consultés ne précisent pas les dates exactes d’expiration des trois permis ni les décisions éventuellement prises sur leur renouvellement. Il serait donc prématuré d’affirmer que Tusker a perdu ses droits. En revanche, la compagnie reconnaît elle-même que la situation administrative de plusieurs périmètres reste à régulariser.

DIWONG, PLUSIEURS MILLIARDS DE TONNES À CONFIRMER

L’enjeu est particulièrement important pour Diwong, où Tusker a identifié l’une de ses principales cibles d’exploration. En juillet 2026, la société a annoncé pour Diwong South un objectif compris entre 2,1 et 2,6 milliards de tonnes de sables, avec une teneur estimative de 2,1 à 2,3 % de minéraux lourds. Sur cette base, la compagnie évoque un potentiel de 48 à 55 millions de tonnes de minéraux lourds, comprenant environ 7 à 8 millions de tonnes de rutile et 1,4 à 1,7 million de tonnes de zircon.

LES NOUVEAUX FORAGES CONDITIONNÉS PAR LES AUTORISATIONS

Ces résultats ont conduit Cliff Fitzhenry, directeur général de Tusker Minerals, à afficher sa confiance dans les perspectives du bassin de Douala. « Ce qui rend Douala particulièrement intéressant, c’est l’ampleur du potentiel supplémentaire. L’objectif actuel ne couvre qu’une partie d’un seul permis de notre portefeuille de 2 580 km², tandis que les premiers forages de reconnaissance mettent déjà en évidence des zones proches de la surface présentant des teneurs sensiblement plus élevées, notamment 3,2 mètres à 0,76 % de rutile depuis la surface », déclarait-il lors de la présentation des résultats de juillet 2026.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Le dirigeant soulignait également les avantages logistiques du projet, situé à proximité du port de Douala. Cette implantation pourrait faciliter l’exportation de concentrés minéraux si une exploitation commerciale venait à être développée.

Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 03/11/2026

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Le Cameroun n’épargne que 15 % de sa richesse pour un objectif d’investissement de 29 %

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Le Cameroun n’épargne que 15 % de sa richesse pour un objectif d’investissement de 29 % 
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Dans son message publié à l’occasion de la 102e Journée mondiale de l’épargne, célébrée le 31 octobre 2026 à Douala, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, évalue l’épargne nationale à environ 15 % du produit national. La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) avait initialement fixé un taux d’investissement de 29 %. « Ce niveau demeure inférieur aux exigences nécessaires pour porter l’investissement au seuil de 29 % initialement fixé dans la SND30, condition essentielle à l’atteinte d’une croissance forte, durable et inclusive », souligne Louis Paul Motaze.

Les besoins d’investissement concernent notamment l’industrialisation, la transformation agricole, les infrastructures énergétiques, les transports et le développement des entreprises. Des ressources financières considérables Les établissements financiers mobilisent pourtant des sommes importantes. Selon les données présentées à l’occasion de cette journée, les dépôts bancaires atteignaient 9 147,5 milliards de FCFA à fin décembre 2025, en progression de 9,5 % sur un an. Les établissements de microfinance totalisaient 1 112,6 milliards, contre 975,2 milliards en 2024.

Dans l’assurance-vie, les actifs admis en représentation des engagements s’élevaient à 431,26 milliards de FCFA. Ces montants ne sont pas directement additionnables à l’épargne nationale : ils correspondent à des encours de nature différente, dont certains peuvent se recouper.

LE POIDS DU COURT TERME

À fin 2025, les dépôts à vue représentaient 82,8 % des ressources bancaires, livrets compris. Dans la microfinance, les dépôts à court terme concentraient 84,2 % de l’encours. Les assureurs-vie détenaient, pour leur part, 46,9 % de leurs actifs représentatifs en obligations et autres valeurs d’État. Le gouvernement entend encourager l’épargne longue à travers l’assurance-vie, les produits de capitalisation et les placements sur le marché financier.

Dans son discours d’ouverture, prononcé à Douala par le ministre délégué Yaouba Abdoulaye au nom de Louis Paul Motaze, il est affirmé : « Nous devons donc renforcer les mécanismes permettant de canaliser les ressources collectées vers le financement des petites et moyennes entreprises, de l’agriculture, de l’industrie et des projets structurants ».

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Cobalt-nickel : des teneurs supérieures à 1 % découvertes à Elig-Mfomo

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Cobalt-nickel : des teneurs supérieures à 1 % découvertes à Elig-Mfomo
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Elig-Mfomo pourrait rejoindre la carte des zones de prospection du cobalt et du nickel au Cameroun. Une étude publiée le 28 octobre dans la revue scientifique Discover Geoscience met en évidence des concentrations importantes de ces deux métaux dans les sols latéritiques de cette localité de la région du Centre. Les travaux sont signés par cinq chercheurs affiliés notamment aux universités de Buéa et de Bamenda, ainsi qu’à Explorers 33 Consulting Group, à Yaoundé.

L’étude, intitulée Petrology, geochemistry and Ni-Co mineralization of Elig-Mfomo mafic-ultramafic rocks and laterites in Yaounde Group, Cameroon, repose sur l’analyse géologique et chimique de roches et de sols prélevés dans la zone. Les chercheurs ont notamment examiné neuf échantillons de latérites provenant de six tranchées. Les analyses ont permis d’identifier un enrichissement marqué en cobalt et en nickel dans certains horizons superficiels.

DEUX ÉCHANTILLONS PRÉSENTENT LES CONCENTRATIONS LES PLUS ÉLEVÉES

Les résultats les plus significatifs concernent les échantillons NS7A et NS7B. Le premier présente des concentrations d’environ 0,9 % de cobalt et 0,5 % de nickel. Le second contient plus de 1 % de cobalt et environ 0,7 % de nickel, selon les valeurs arrondies publiées par les chercheurs. Dans l’ensemble des sols analysés, les concentrations de nickel varient de 928 à 7 530 parties par million, tandis que celles de cobalt vont de 19 à plus de 10 000 parties par million.

Les chercheurs relient cet enrichissement à l’altération de roches riches en minéraux ferromagnésiens, notamment les pyroxénites et les serpentinites. Sous l’effet des conditions climatiques tropicales, certains éléments chimiques sont progressivement mobilisés puis concentrés dans les formations latéritiques. La goethite, un minéral riche en fer, apparaît comme l’un des principaux supports de cette concentration métallique.

Dans leur conclusion, les auteurs écrivent, dans une traduction de l’anglais : « L’altération chimique de ces roches a entraîné la mobilisation, puis la concentration de ces métaux critiques dans les sols latéritiques sus-jacents. La goethite a été identifiée comme la phase minérale dominante dans les latérites et constitue le principal minéral hôte de la minéralisation en nickel et en cobalt. »

UN POTENTIEL À RAPPROCHER DES GISEMENTS DE L’EST

Les recherches camerounaises sur le cobalt et le nickel ont principalement porté jusqu’ici sur les formations latéritiques du Sud-Est, notamment celles de Nkamouna, dans la région de Lomié. Les auteurs relèvent des similitudes entre les mécanismes d’enrichissement observés à EligMfomo et ceux décrits dans les gisements de cette partie du pays.

L’intérêt d’Elig-Mfomo réside ainsi dans l’identification de nouvelles formations géologiques susceptibles de faire l’objet de travaux d’exploration plus approfondis. Les teneurs observées ne suffisent cependant pas à établir l’existence d’un gisement exploitable. L’étude ne détermine ni les tonnages disponibles, ni l’épaisseur continue des horizons minéralisés, ni les coûts de récupération des métaux. La concentration maximale de nickel, proche de 0,75 %, demeure également inférieure à la limite basse de 0,8 % mentionnée par les chercheurs pour certaines exploitations économiquement viables de nickel latéritique.

Les concentrations de cobalt observées dans les deux échantillons les plus riches sont, en revanche, particulièrement élevées. Les auteurs soulignent cette différence et estiment que les secteurs correspondant aux échantillons NS7A et NS7B méritent une attention particulière. Les caractéristiques géologiques relevées ouvrent ainsi de nouvelles perspectives de recherche, au-delà des périmètres miniers déjà connus dans l’Est du pays.

Elig-Mfomo pourrait rejoindre la carte des zones de prospection du cobalt et du nickel au Cameroun. Une étude publiée le 28 octobre dans la revue scientifique Discover Geoscience met en évidence des concentrations importantes de ces deux métaux dans les sols latéritiques de cette localité de la région du Centre. Les travaux sont signés par cinq chercheurs affiliés notamment aux universités de Buéa et de Bamenda, ainsi qu’à Explorers 33 Consulting Group, à Yaoundé.

L’étude, intitulée Petrology, geochemistry and Ni-Co mineralization of Elig-Mfomo mafic-ultramafic rocks and laterites in Yaounde Group, Cameroon, repose sur l’analyse géologique et chimique de roches et de sols prélevés dans la zone. Les chercheurs ont notamment examiné neuf échantillons de latérites provenant de six tranchées. Les analyses ont permis d’identifier un enrichissement marqué en cobalt et en nickel dans certains horizons superficiels.

DEUX ÉCHANTILLONS PRÉSENTENT LES CONCENTRATIONS LES PLUS ÉLEVÉES

Les résultats les plus significatifs concernent les échantillons NS7A et NS7B. Le premier présente des concentrations d’environ 0,9 % de cobalt et 0,5 % de nickel. Le second contient plus de 1 % de cobalt et environ 0,7 % de nickel, selon les valeurs arrondies publiées par les chercheurs. Dans l’ensemble des sols analysés, les concentrations de nickel varient de 928 à 7 530 parties par million, tandis que celles de cobalt vont de 19 à plus de 10 000 parties par million.

Les chercheurs relient cet enrichissement à l’altération de roches riches en minéraux ferromagnésiens, notamment les pyroxénites et les serpentinites. Sous l’effet des conditions climatiques tropicales, certains éléments chimiques sont progressivement mobilisés puis concentrés dans les formations latéritiques. La goethite, un minéral riche en fer, apparaît comme l’un des principaux supports de cette concentration métallique.

Dans leur conclusion, les auteurs écrivent, dans une traduction de l’anglais : « L’altération chimique de ces roches a entraîné la mobilisation, puis la concentration de ces métaux critiques dans les sols latéritiques sus-jacents. La goethite a été identifiée comme la phase minérale dominante dans les latérites et constitue le principal minéral hôte de la minéralisation en nickel et en cobalt. »

UN POTENTIEL À RAPPROCHER DES GISEMENTS DE L’EST

Les recherches camerounaises sur le cobalt et le nickel ont principalement porté jusqu’ici sur les formations latéritiques du Sud-Est, notamment celles de Nkamouna, dans la région de Lomié. Les auteurs relèvent des similitudes entre les mécanismes d’enrichissement observés à EligMfomo et ceux décrits dans les gisements de cette partie du pays.

L’intérêt d’Elig-Mfomo réside ainsi dans l’identification de nouvelles formations géologiques susceptibles de faire l’objet de travaux d’exploration plus approfondis. Les teneurs observées ne suffisent cependant pas à établir l’existence d’un gisement exploitable. L’étude ne détermine ni les tonnages disponibles, ni l’épaisseur continue des horizons minéralisés, ni les coûts de récupération des métaux. La concentration maximale de nickel, proche de 0,75 %, demeure également inférieure à la limite basse de 0,8 % mentionnée par les chercheurs pour certaines exploitations économiquement viables de nickel latéritique.

Les concentrations de cobalt observées dans les deux échantillons les plus riches sont, en revanche, particulièrement élevées. Les auteurs soulignent cette différence et estiment que les secteurs correspondant aux échantillons NS7A et NS7B méritent une attention particulière. Les caractéristiques géologiques relevées ouvrent ainsi de nouvelles perspectives de recherche, au-delà des périmètres miniers déjà connus dans l’Est du pays.

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