Connect with us

Dernières actualités

La dynamique du secteur pétrolier et gazier camerounais est-elle au point mort ? – Opinion

Published

on

La dynamique du secteur pétrolier et gazier camerounais est-elle au point mort ? – Opinion
Spread the love

NJ Ayuk, juriste camerounais de renom, a écrit un article d'opinion dans lequel il analyse la stagnation actuelle du secteur pétrolier et gazier au Cameroun, malgré un potentiel important. Le PDG de Centurion Law Group et président exécutif de la Chambre africaine de l'énergie affirme que malgré la volonté de Chevron d'investir dans les champs gaziers de Yoyo-Yolanda et les projets de Perenco de développer la licence d'Etinde, la production et l'exploration globales ont stagné en raison de plusieurs facteurs.

Par NJ Ayuk

D’après ce que l’on sait, le Cameroun semble avoir mis en pause ses projets pétroliers et gaziers. Chevron est prêt à investir massivement pour avancer dans le projet d’unitisation de Yoyo Yolanda. Il s’agit d’un développement conjoint des champs gaziers Yoyo (dans le bassin de Douala au large du Cameroun) et Yolanda (au large de la Guinée équatoriale), exploités par Chevron.

Perenco a commencé à acquérir New Age Energy et à travailler avec Lukoil pour développer la licence Etinde et amener du gaz en Guinée équatoriale (EGLNG exploité par Marathon Oil Corp) ou au Cameroun, mais l'accord est mort dans l'œuf.

Et nous avons vu sa dernière licence pétrolière Début 2018, par exemple, une seule entreprise a répondu à l'appel d'offres du Cameroun, dans lequel huit blocs étaient disponibles.

La production a diminué et aucun puits d'exploration n'est foré. L'exploration est le moteur de l'industrie pétrolière et gazière et le développement en amont se heurte à des obstacles et à des formalités administratives.

Pourquoi est-ce ainsi ?

Je crois que ce qui afflige actuellement le pétrole et le gaz au Cameroun est une tempête parfaite de trois circonstances différentes qui se conjuguent :

  • Les subventions sont réduites et les exonérations fiscales initialement adoptées en 2013 pour les nouvelles entreprises commencent à expirer.
  • Les problèmes de gouvernance combinés à la corruption de Glencore nuisent à l'avenir énergétique du pays.
  • Les politiques contreproductives rendent la vie plus difficile aux investisseurs étrangers dans la région économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMA), qui comprend le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la République du Congo et la Guinée équatoriale.

Subventions, impôts et hausse des coûts

La pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine ont perturbé l’approvisionnement en nourriture et en carburant dans le monde entier. Le Cameroun a ressenti durement ces pressions économiques et le gouvernement n’a eu d’autre choix que d’assouplir sa politique de subventions aux carburants, en vigueur depuis longtemps. Cette situation a entraîné une hausse des prix des carburants.

Cela intervient en même temps qu'une série d'augmentations d'impôts sur les entreprises et les ménages destinées à soutenir le budget croissant du gouvernement, qui s'élevait à 10,1 milliards de dollars en 2023. Le Camerounais moyen ressent doublement les effets de ces hausses d'impôts, car le coût de la vie dans le pays augmente également de manière agressive.

Cela ne veut pas dire que les entreprises ne ressentent pas la pression. En 2013, le Cameroun a adopté la loi n° 2013/004 dans le but exprès d'encourager l'investissement privé dans le pays. Cette loi prévoit des avantages généreux pour toute entreprise, comme l'exonération des droits de timbre et de diverses taxes par tranches d'une durée maximale de 10 ans.

Cette mesure était judicieuse et la loi est toujours en vigueur aujourd’hui, mais nombre de ses premiers bénéficiaires approchent rapidement de la fin de leur période de prestations. Ceux dont les prestations ont déjà expiré sont désormais confrontés à la perspective d’une facture fiscale nettement plus élevée, qui va encore s’alourdir. Les entreprises créées avant 2013 connaissent bien cet obstacle, car leur période de prestations pour les nouveaux investissements était limitée à cinq ans au lieu de dix. L’étau autour d’elles va bientôt se resserrer encore davantage.

Compte tenu de tout cela, il devrait être facile d’envisager la situation du point de vue d’un investisseur. Pour eux, il semble que le Cameroun devienne rapidement un terrain moins propice à la concentration de ses efforts dans le secteur pétrolier et gazier. Les subventions du pays se tarissent, comme en témoigne le fait que le Cameroun a dépensé 1,7 milliard de dollars pour les maintenir en 2022, mais a réduit ce montant à environ 1 milliard de dollars en 2023. Le pays doit désormais payer des impôts de plus en plus exorbitants. Et en plus de ces deux problèmes, il doit également faire face à ce qui deviendra probablement un appel à des salaires plus élevés face à la crise du coût de la vie.

Chacun de ces défis pourrait à lui seul constituer un obstacle majeur pour de nombreuses entreprises, mais si les trois se produisent simultanément, il n’est pas étonnant que l’exploration pétrolière et gazière soit à l’arrêt et que la production ait chuté. Peu d’entreprises souhaitent entrer sur un marché qui semble se dégrader en surface.

Gouvernance des risques en surface

Les impôts et la hausse des coûts sont un facteur majeur de cette pause, mais ce n'est pas la seule cause. À ce stade, la lutte contre la corruption politique qui dure depuis des décennies au Cameroun n'est plus un secret pour personne, mais une réalité de la vie du pays.

En 2022, le ministère américain de la Justice a accepté un plaidoyer de culpabilité de Glencore, la société minière diversifiée et de négoce de matières premières, pour un système qui a duré une décennie et qui a permis de verser plus de 100 millions de dollars de pots-de-vin à des fonctionnaires au Nigeria, en Côte d'Ivoire, en Guinée équatoriale, au Brésil, au Venezuela, en République démocratique du Congo et au Cameroun.

Glencore a admis avoir versé 11 millions de dollars de pots-de-vin à des responsables camerounais de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de la Société nationale de raffinage (SONARA) de 2011 à 2016, le tout pour obtenir un accès préférentiel au pétrole du pays.

La corruption est bien sûr une violation directe de la loi sur les pratiques de corruption à l'étranger (Foreign Corrupt Practices Act, FCPA), et l'entreprise a accepté de payer des amendes totalisant plus de 1,1 milliard de dollars pour aider à résoudre les enquêtes. Je suis surpris que Glencore, l'Initiative norvégienne pour la transparence des industries extractives (ITIE), continue de siéger à son conseil d'administration. Glencore est une mauvaise nouvelle. Eh bien, ce n'est pas de leur faute s'ils n'ont pas été bien élevés, je suppose.

Cette histoire n'est pas unique, ni un cas isolé. Le problème de corruption au Cameroun est si grave qu'en 2006, le président a décrété la création de la Commission nationale de lutte contre la corruption, plus souvent désignée par son acronyme français (CONAC). La CONAC a constaté des cas de corruption dans un certain nombre de secteurs, notamment le commerce, les marchés publics, l'arpentage et le régime foncier.

Quel que soit le secteur d’activité, chaque dollar qui rentre dans les poches de fonctionnaires et de bureaucrates compromis est un dollar volé à l’avenir du Cameroun. Lorsque des entreprises comme Glencore paient ces fonctionnaires au noir, elles bénéficient d’un avantage concurrentiel injuste tandis que leurs homologues plus honnêtes sont obligées de rester les bras croisés. En fait, il est fort probable que plus d’un contrat et de négociations au point mort sont actuellement enlisés dans les lourdeurs administratives de bureaucrates dont les intérêts sont d’abord les leurs et ensuite ceux du peuple camerounais.

Des politiques contre-productives

Début 2022, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a mis en place des règles plus strictes en matière de transfert de devises, ce qui a eu des répercussions importantes sur les secteurs dépendants du dollar, comme le pétrole et le gaz. Malgré une forte opposition, ces règles plus strictes demeurent en vigueur et continuent d’entraver les opérations de change essentielles aux investissements pétroliers et gaziers. Cela a bien sûr directement nui aux efforts déployés au Cameroun.

Le changement de politique de la BEAC n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de ce que je crains être un sentiment croissant de nationalisme des ressources dans plusieurs États africains, allant de règles monétaires plus strictes à des contrats de partage de production faibles et à des obstacles bureaucratiques inutiles. La répression monétaire est bien intentionnée mais malavisée et particulièrement flagrante car elle contribue directement à solidifier un clivage « nous contre eux » qui s’est toujours avéré et continuera de s’avérer toxique pour les efforts pétroliers et gaziers de tous les États africains. Comme je l’ai dit à maintes reprises, nous avons infiniment plus à gagner en invitant et en coopérant avec des sociétés pétrolières et gazières étrangères qu’en les traitant comme des adversaires jurés. Il vaut mieux récolter les fruits de cette politique. quelques des avantages des ressources qui se trouvent sous nos pieds et sous nos océans avec l’aide étrangère plutôt que de les nier et de les récolter aucun Plus ces accords tardent à être conclus, plus le risque de voir le pétrole rester bloqué est grand.

Les gouvernements africains feraient bien de se rappeler ce simple fait et d’agir de manière pragmatique et opportune face à ce constat. Historiquement, le Cameroun en a été très conscient, compte tenu de ses généreux programmes de subventions et d’exonération fiscale par le passé. Malgré sa décision de se retirer du premier et le mauvais moment de l’expiration pour certaines entreprises bénéficiant du second, ces efforts montrent néanmoins que le Cameroun comprend l’importance de travailler avec les investisseurs et de les attirer.

Le Cameroun peut-il retrouver son dynamisme ? Il y a encore de l’espoir.

Malgré les trois obstacles que j'ai évoqués ici, le potentiel du Cameroun reste vaste et largement inexploité. Avec plus de 4,8 milliards de pieds cubes (bcf) de réserves de gaz estimées, le Cameroun est encore propice aux opportunités d'exploration.

En plus de ses riches réserves de pétrole, le Cameroun produit chaque année environ 1,6 million de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) et aspire à produire 5 millions de tonnes d'ici 2026. (Toutefois, atteindre cet objectif nécessitera d'importants investissements et une expansion de ses infrastructures intermédiaires et en aval. Par exemple : à ce jour, le pays ne dispose que d'une seule raffinerie de pétrole – SONARA, d'une capacité théorique de 2,1 millions de tonnes/an – qui a sérieusement besoin d'être modernisée et rénovée après l'incendie qui a ravagé une partie de l'installation en 2019.

En ce qui concerne la lutte contre la corruption, la CONAC a fait des progrès admirables au cours des deux dernières années.

En 2021, la CONAC a rapporté que le Cameroun avait perdu 44 milliards de FCFA (environ 73 millions de dollars) à cause des pratiques de corruption. Pourtant, l’année suivante, l’agence a rapporté que le Cameroun n’avait perdu que 5 milliards de FCFA (environ 8 millions de dollars). Ce sont environ 65 millions de dollars qui, au lieu de couler dans les poches des corrompus, ont fini dans les caisses du gouvernement pour aider à financer l’avenir du Cameroun, là où il devait être au départ. Cette amélioration massive est un triomphe à célébrer, et la CONAC l’attribue à plusieurs actions stratégiques qui ont conduit à plus de 7 000 dénonciations de cas et de pratiques de corruption. Parmi les fonctionnaires et entreprises corrompus évincés par leurs seuls efforts en 2022 figurent :

  • 188 agents d'État corrompus provenant de 22 unités administratives ; les sanctions vont de l'avertissement au licenciement.
  • 77 entreprises impliquées dans la corruption ont vu leurs contrats rompus par le ministère des marchés publics.
  • 34 entreprises interdites d'exploitation forestière
  • 121 personnes ont été suspendues des universités publiques et privées pour fraude.

Ces résultats devraient plus que témoigner de la diligence et de la compétence de la CONAC et de ses enquêtes. Je n'ai aucun doute qu'elle continuera à faire tout son possible pour éradiquer la corruption à tous les niveaux de l'administration camerounaise.

Enfin, même si ces défis peuvent paraître redoutables, les dirigeants du secteur de l’énergie comme moi-même et d’autres acteurs du secteur pétrolier et gazier africain aborderont ces questions lors de la conférence de la Semaine africaine de l’énergie (AEW), qui se tiendra du 4 au 8 novembre au Cap, en Afrique du Sud. Cette rencontre servira de plate-forme centrale pour des discussions stratégiques et des opportunités de conclusion d’accords qui permettront aux dirigeants régionaux du secteur de l’énergie, aux institutions financières et aux investisseurs étrangers de relever les défis réglementaires et de favoriser la poursuite des investissements.

Pour conclure, je voudrais souligner un point : les obstacles qui entravent actuellement les progrès du Cameroun sont des obstacles, et non des glas. Si à court terme, faire des affaires, notamment dans le secteur pétrolier et gazier au Cameroun, n’est peut-être pas aussi lucratif que par le passé, à long terme, il existe un océan de potentiel économique qui n’attend qu’à être exploité. Pas seulement dans le secteur pétrolier et gazier, mais dans de nombreux autres secteurs. C’est précisément pour cette raison qu’il serait insensé de ne pas considérer le Cameroun comme un pays en voie de développement, même en dépit de cette apparente pause.

Qui est NJ Ayuk ?

NJ Ayuk est un éminent avocat spécialisé dans le domaine de l'énergie et PDG de Centurion Law Group, spécialisé dans les transactions pétrolières, gazières et pétrochimiques. Son expertise couvre les secteurs en amont, intermédiaire et en aval, avec un accent particulier sur les acquisitions, les coentreprises, le développement de projets et le financement. Ayuk conseille des clients allant des producteurs de pétrole aux fabricants de produits pétrochimiques, les aidant à gérer des transactions complexes et à évaluer les risques. Il conseille également les gouvernements sur la modernisation juridique et les questions judiciaires.

Ayuk est reconnu comme une figure de proue dans le secteur de l'énergie, remportant des distinctions telles que le fait d'être coté en bourse Qui est qui juridique Il est l'un des meilleurs avocats spécialisés dans le secteur de l'énergie et figure parmi les 10 hommes les plus influents d'Afrique selon Forbes. Il intervient également lors d'événements sectoriels et est un Global Shaper auprès du Forum économique mondial.

Mimi Mefo Info

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée

Published

on

Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée
Spread the love

Une sortie de plongée a failli tourner au drame au large de Nusa Penida, en Indonésie. Quatre touristes étrangers et leur guide ont dû se jeter à l’eau après une violente explosion suivie d’un incendie à bord de leur bateau. Le capitaine, blessé aux jambes, a été transporté à l’hôpital. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer.

La scène a provoqué la panique dans la baie de Gamat, une destination très fréquentée par les amateurs de plongée avec masque et tuba à Bali. Alors que le bateau s’apprêtait à quitter les lieux, une détonation a soudainement retenti. Quelques instants plus tard, les flammes ont envahi une partie de l’embarcation, obligeant les passagers à abandonner le navire.

Une explosion à bord du Naomi en pleine excursion à Bali

Selon les informations publiées le vendredi 30 octobre 2026 par l’agence de presse indonésienne ANTARA, l’accident s’est produit le jeudi 29 octobre, aux alentours de 13h40, heure locale.

Le bateau, baptisé Naomi, avait quitté sa base opérationnelle vers 12h30 avec quatre touristes étrangers à bord. Le groupe participait à une excursion privée comprenant trois étapes réputées pour leurs fonds marins : Manta Bay, Crystal Bay et Gamat Bay.

Alors que l’embarcation s’apprêtait à quitter cette dernière destination, une forte explosion s’est produite à l’une de ses extrémités. Les premières informations recueillies par la police orientent les soupçons vers un composant de la batterie installée sur le bateau.

La détonation a rapidement été suivie par un incendie qui s’est propagé à l’embarcation. Face aux flammes, le guide touristique Made Wirya et les quatre visiteurs ont immédiatement sauté dans l’eau pour éviter d’être piégés à bord.

Les images de l’accident montrent un bateau entièrement gagné par les flammes, tandis qu’une épaisse fumée s’élève au-dessus de la baie. La violence de l’incendie a rendu toute évacuation à bord particulièrement dangereuse.

Le capitaine blessé, les cinq autres personnes secourues

Le sauvetage a finalement eu lieu grâce à un autre bateau qui naviguait à proximité. Vers 14h50, soit un peu plus d’une heure après le début de l’incendie, cette embarcation est venue récupérer les personnes présentes dans l’eau.

D’après les informations communiquées par la police de Klungkung et relayées par ANTARA, les quatre touristes et le guide ont tous été évacués sains et saufs. Aucun décès n’a été signalé.

Le capitaine, identifié par les autorités sous le nom de I Kadek Dwiyana, âgé de 31 ans et originaire de Nusa Penida, a toutefois subi des brûlures aux jambes. Les secours l’ont transporté aux urgences de l’hôpital Gema Santhi, sur l’île, pour recevoir des soins médicaux.

Les autorités indonésiennes n’ont pas communiqué officiellement l’identité des quatre touristes ni leur nationalité.

La police de Bali enquête sur l’origine de l’explosion

L’accident soulève désormais des questions sur les conditions techniques du bateau. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, le Naomi avait pourtant fait l’objet de vérifications avant son départ.

Made Wirya a notamment indiqué aux autorités que les équipements de sécurité et l’état technique de l’embarcation avaient été contrôlés et jugés satisfaisants avant l’excursion.

La police de Klungkung a également confirmé que le bateau avait récemment bénéficié de réparations et d’un entretien régulier. Malgré ces précautions, les enquêteurs n’écartent pas l’hypothèse d’une défaillance liée à un élément de la batterie.

Dans un communiqué publié le 30 octobre, la police de Nusa Penida a indiqué poursuivre les investigations, notamment à travers la collecte de témoignages et l’examen des éléments disponibles sur les lieux.

Rapportée par ANTARA, l’enquête doit permettre de déterminer les circonstances exactes de l’explosion et de l’incendie qui ont détruit le bateau de plongée. Les autorités attendent également que le propriétaire de l’embarcation se présente au commissariat pour déposer une plainte officielle.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR www.laminutedubuzz.com

Pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »

Published

on

Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
Spread the love

Le ministre de l’Administration territoriale explique que dans le cas de la suspension du FSNC de Issa Tchiroma Bakary, le gouvernement camerounais a pris le temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et la justice se devait d’aller jusqu’au bout.

Le 27 octobre 2026, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a prononcé la suspension pour une durée de trois mois du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’opposition dirigé par Issa Tchiroma Bakary actuellement en exil.

Revenant sur les faits dans une interview accordée au journal Cameroon Tribune du jeudi 29 octobre 2026, le membre du gouvernement rappelle tout d’abord que tous les partis politiques au Cameroun se déploient en fonction des dispositions de la loi du 19 décembre 1990, régissant la liberté des associations dans le pays.

«Vous avez vécu les événements postélectoraux et les violences inouïes enregistrées avant, pendant et après le processus électoral. Dans l’article 17 de la loi que je viens de citer, il est clairement dit que le ministre chargé de l’Administration territoriale peut d’office suspendre par décision motivée pour une durée de trois mois, tout parti politique responsable de troubles graves à l’ordre public ou qui ne satisfait pas aux dispositions des articles 5,6,9,10 et11 de la loi de 1990» justifie Paul Atanga Nji.

Outre les motifs d’appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, incitation à la violence ayant occasionné des destructions des biens publics et privés, troubles graves à l’ordre public qui sont formulés dans la décision de suspension du FSNC, Paul Atanga Nji parle également d’un candidat qui s’est autoproclamé vainqueur, faisant ici référence à Issa Tchiroma Bakari.

«Il a même eu l’audace de demander aux autorités administratives et aux forces de défense de se mettre à sa disposition. Face à cette dangereuse imposture, nous avons pris notre temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et nous avons voulu que la justice aille jusqu’au bout. A partir de là, lorsque les indices concordants de culpabilité sont réunis, le Minat prends les décisions appropriées à l’encontre des contrevenants» explique le Minat.

Opportunité ou hasard de calendrier ?

A la question de savoir si la décision de suspendre le FSNC a un lien avec les élections municipales et législatives prévues pour se tenir en début d’année 2027, le Minat est péremptoire : « …je ne m’intéresse pas à ce genre de considérations. Il y a des échéances électorales, bien évidemment. Le corps électoral n’est pas encore convoqué. Il le sera le moment voulu par le chef de l’Etat qui dispose seul de cette prérogative. Mais si vous êtes fautifs, je n’ai pas besoin d’attendre les élections» explique le membre du gouvernement.

Il affirme même qu’il était temps de sanctionner ce parti politique afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir en pensant qu’après un processus électoral on peut se livrer à tous genres de dérives.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Résilience économique : ce que l’Afrique doit copier et ne doit pas copier de l’expérience russe

Published

on

Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
Spread the love

Alors que Moscou a accueilli le troisième sommet Russie-Afrique les 28 et 29 octobre 2026, l’économie russe sert de cas d’école. Elle montre ce que permet la diversification des partenaires, et ce qu’elle coûte. Au-delà de la diplomatie, un enjeu s’impose : comment une économie visée par des sanctions sans précédent a-t-elle tenu, et que peut-on en tirer pour le continent africain ?

Une résilience réelle, mais risquée

Les chiffres sont impressionnants. Fin avril 2025, 28 937 restrictions non commerciales visaient la Russie, dont 92 % imposées après février 2022. Malgré cela, la croissance russe a atteint 4,3 % en 2024. Le tableau s’est depuis nettement assombri. La croissance est retombée à 1 % en 2025.

Le PIB s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2026, premier recul annuel depuis 2023, avant un rebond de 1,3 % au deuxième trimestre. La Banque centrale russe table désormais sur 0 à 1 % pour l’année. L’économie de guerre a été portée par des dépenses de défense record, près de 6,5% du PIB, mais freinée par une demande des ménages faible et un recul de l’investissement civil.

La résilience russe tient donc à une capacité d’adaptation de court terme, et non à un modèle de croissance durable. L’Afrique a intérêt à retenir les deux volets et à se méfier de l’économie de guerre.

Le pivot asiatique : réorienter, mais sans se rendre dépendant

Premier mécanisme de survie face aux sanctions occidentales : la réorientation des exportations d’hydrocarbures. Selon le vice-Premier ministre Alexandre Novak, Moscou vendait fin 2023 de 45 à 50 % de son pétrole à la Chine et environ 40 % à l’Inde. La part de la Chine dans le commerce russe a presque doublé pour atteindre 18 %, alors que la Russie ne pèse que 2,5 % dans le commerce chinois. L’Inde, de son côté, est passée de moins de 3 % à plus de 40 % de pétrole russe dans ses achats.

Leçon n° 1 : ne dépendre d’aucun client unique. Le pivot a sauvé les recettes russes, mais il a créé un risque de dépendance à l’Asie. L’Afrique, dont les échanges restent concentrés sur l’Europe, la Chine et les États-Unis, a tout intérêt à élargir son éventail de partenaires avant d’y être contrainte. Elle doit aussi éviter de remplacer une dépendance par une autre.

Dédollarisation : un outil réel, mais insuffisant

Second pilier : le règlement des échanges en monnaies locales. Selon le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov, la quasi-totalité des quelque 240 milliards de dollars d’échanges russo-chinois se règle désormais en yuans et en roubles.

Avec l’Inde, les monnaies nationales représentent environ 90 % des paiements directs, selon l’ambassadeur russe à New Delhi. Toutefois, la part du dollar dans les réserves de change des banques centrales est passée d’environ 70 % en 2000 à 58 % fin 2024, ce qui reste une érosion lente. Le yuan peine à dépasser 2 % des paiements mondiaux.

Leçon n° 2 : sécuriser des circuits de paiement alternatifs. Les pays africains disposent déjà d’un outil, le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), lancé sous l’égide d’Afreximbank et de la Zone de libre-échange continentale. Il vise à réduire le recours aux devises tierces dans les échanges intra-africains, qui plafonnent autour de 15 % du commerce du continent. Il ne s’agit pas de rejeter le dollar, mais de ne plus en être prisonnier.

Le sommet de Moscou : l’écart entre ambitions et réalité

Les chiffres du commerce russo-africain invitent à la prudence. Les échanges ont atteint 27 milliards de dollars en 2025, essentiellement avec l’Afrique du Nord. Ils sont très déséquilibrés : en 2024, la Russie a exporté 24,3 milliards de dollars vers l’Afrique et n’y a importé que 3,5 milliards. Le continent ne représente que 3,9 % de son commerce extérieur. Le blé russe couvrait environ 30 % des besoins africains.

À titre de comparaison, les échanges de l’Afrique avec l’Union européenne ont atteint 355 milliards d’euros en 2024, et avec la Chine 348 milliards de dollars en 2025. À Sotchi, Moscou s’était engagée à doubler ses échanges pour atteindre environ 40 milliards, et l’objectif n’est toujours pas atteint. Moscou vise désormais 50 à 60 milliards de dollars d’ici 2030.

Leçon n° 3 : négocier en position de force. L’Afrique n’a pas à choisir un camp. Elle peut exiger de chaque partenaire, Russie comprise, de la transformation locale, des transferts de technologie et un rééquilibrage de la balance commerciale. Concrètement, il s’agit d’engrais, de nucléaire civil, de céréales et de formation, avec des engagements chiffrés et vérifiables.

En gros, l’Afrique n’est pas sous sanctions, et la comparaison a ses limites. Le modèle russe repose sur une économie de guerre, avec ses coûts : une inflation attendue autour de 5 % en 2026 et des prévisions de croissance divisées par trois par le gouvernement. Il s’appuie aussi sur une rente énergétique que la plupart des économies africaines ne possèdent pas.

Ce qui se transpose, c’est la méthode : multiplier les partenaires, bâtir des circuits financiers de secours et protéger ses marges de manœuvre avant la crise plutôt que pendant. Pour l’Afrique, l’enjeu est moins de rejoindre un bloc que d’éviter d’avoir à dépendre d’un seul.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici