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Regina Daniels s'exprime sur les manifestations #EndBadGovernance au Nigeria

Par Kate Bih
L'actrice de Nollywood, Regina Daniels, qui est l'épouse du milliardaire politique nigérian, Ned Nwoko, a exprimé ses inquiétudes concernant les manifestations en cours #EndBadGovernance au Nigeria, dans une série de vidéos publiées sur les réseaux sociaux.
Dans son dernier discours, Daniels a souligné la frustration des Nigérians et a appelé à une action collective de tous les niveaux de gouvernement pour relever les défis du pays.
« Tout le monde est frustré et il faut faire quelque chose pour apaiser le cœur des gens, pour éviter de nouvelles pertes en vies humaines et en biens », a-t-elle déclaré.
« Le Nigéria n’est pas le pays d’un seul homme, et ce n’est donc pas le problème d’un seul homme. Le Nigéria ne peut être résolu que par les efforts collectifs de tous les membres du gouvernement, du président, du gouverneur, des sénateurs, des membres de la Chambre des représentants, des membres de l’Assemblée, jusqu’aux présidents et conseillers des collectivités locales.
« Que se passe-t-il lorsque le gouvernement fédéral comprend la situation critique de la population et que les gouvernements des États ou locaux ne la comprennent pas, ou vice versa, le travail reste inachevé. Des milliers de personnes souffrent, ont faim et sont sans emploi. La hausse des prix de la nourriture, de l’eau, de l’électricité, des transports, de la sécurité et des communications est alarmante.
« Le pays souffre de la faim. Le Nigeria ne peut pas être sauvé en ayant à la fois des œufs pourris et des œufs bons. Tous les législateurs doivent être en phase avec la situation critique de la population pour sauver le Nigeria. Ce n'est qu'à ce moment-là que ce qui est alloué à juste titre à la base leur parviendra pleinement.
« Ce gouvernement doit être au service du peuple, et non contre lui. Et nos forces armées doivent s’abstenir d’utiliser une force excessive contre le peuple, car chacun a le droit de faire entendre sa voix et d’exiger transparence, responsabilité et participation, afin d’éviter de nouvelles pertes en vies humaines et en biens pour notre propre peuple », a déclaré Regina Daniels.
Des milliers de Nigérians sont dans la rue depuis le 1er août, dénonçant la faim, la mauvaise gouvernance et l’inflation.
Les organisateurs de ces manifestations nationales, baptisées #EndBadGovernance, ont déclaré qu'elles dureraient 10 jours. Ils s'opposent aux réformes introduites par le président Bola Tinubu l'année dernière, qui ont entraîné une hausse des prix du carburant, une dévaluation du naira et une inflation généralisée.
Alors que les manifestations prennent de l’ampleur, les artistes nigérians ne sont pas restés indifférents.
Regina Daniels a réitéré l’importance des manifestations pacifiques. « Il n’y a rien de mal à manifester, rien de mal à vouloir un changement, rien de mal à faire entendre sa voix, mais il y a tout ce qu’il y a de mal dans la violence », a-t-elle déclaré dans une vidéo précédente devenue virale.
Avec l’apparition récente du drapeau russe dans le nord du pays, Daniels a souligné que le changement systémique ne peut pas se produire du jour au lendemain ou par les actions d’un seul individu.
« Le Nigeria ne peut pas être changé en un jour et pas par un seul homme. Je ne parle pas au nom du gouvernement ni au nom du soutien populaire. Plus tôt nous comprendrons que cette manifestation est en train de devenir quelque chose d’autre, mieux ce sera pour nous », a-t-elle ajouté.
Les commentaires de Daniels ont suscité des réactions mitigées, certains Nigérians la critiquant pour être déconnectée de la réalité en raison de sa position privilégiée.
La TikTokeuse Crazy Christabel a fait remarquer : « Regina devrait également descendre dans la rue et protester, au lieu de rester chez elle à conseiller les Nigérians. »
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exhorté Daniels à garder le silence, arguant que son statut privilégié fait d’elle une porte-parole inapte pour le Nigérian moyen.
Malgré les réactions négatives, Daniels reste l’une des rares actrices de Nollywood à plaider publiquement en faveur du changement.
D’autres célébrités ont également manifesté leur soutien aux manifestations, à des degrés divers. L’humoriste Real Warri Pikin a été aperçu sur le terrain de la manifestation à Abuja, et le rappeur Vector a rejoint les manifestants à Lagos, où il a été salué pour son courage.
Vector a ensuite utilisé son compte X pour mettre en garde ses pairs contre le fait d'ignorer les difficultés de leurs fans.
Toutes les célébrités ne sont pas descendues dans la rue, mais beaucoup ont exprimé leur solidarité avec les manifestants en ligne.
Le comédien populaire, M. Macaroni, a critiqué sur sa page X la police pour ses tactiques brutales contre les manifestants pacifiques.
« Je ne cesse jamais de m’étonner que l’on trouve rarement des policiers empêchant des citoyens d’être blessés ou sur les lieux où des biens sont détruits ou pillés. Mais on les trouve dans leurs bataillons en train d’arrêter, de frapper et de lancer des gaz lacrymogènes sur ceux qui marchent pacifiquement dans les rues, en chantant et en brandissant des pancartes », a-t-il déclaré.
Au moins 40 manifestants ont été tués par la police et l'armée, et des centaines d'autres ont été arrêtés. Les médias locaux ont rapporté, citant les organisateurs de la manifestation.
Le comité d'organisation de la manifestation a réservé trois jours (du 7 au 9 août) pour pleurer les victimes.
©Mimi Mefo Info
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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.
Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).
Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.
Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.
Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.
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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.
Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.
LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »
Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.
Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.
Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.
L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE
L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).
L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.
Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.
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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.
En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).
Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.
DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME
Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.
Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.
Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.
Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.
Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.
Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.
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