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Marie Josèphe Fegue : « Au Cameroun, j’étais déjà performante, mais c’était compliqué pour m’entraîner et atteindre le plus haut niveau »

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Marie Josèphe Fegue : « Au Cameroun, j’étais déjà performante, mais c’était compliqué pour m’entraîner et atteindre le plus haut niveau »
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Dans une interview d’avant-compétition réalisée par Sophie Danger, journaliste du quotidien Le Parisien et publiée le 6 août dernier, Marie-Josèphe Fegue raconte sa douloureuse expérience avec le Cameroun en 2012. Née au Cameroun, l’originaire de Yaoundé évoque dans cet entretien ce qui l’a amenée à quitter sa mère patrie pour l’Hexagone. Dans cet entretien qui fait le tour de sa carrière, de ses ambitions et même de son côté jardin, l’haltérophile de 33 ans rappelle l’épineux problème du manque d’infrastructures adéquates qui cause la fuite de nos talents.

Lebledparle.comvous propose l’intégralité de l’interview réalisée par Sophie Danger.

Tu t’apprêtes à représenter la France aux Jeux Olympiques mais, pour en arriver là, tu as emprunté un long chemin sinueux. Tout a commencé au Cameroun où tu es née et où tu as grandi, le Cameroun où tu vas commencer à pratiquer l’athlétisme avec l’un de tes oncles, entraîneur national de la marche.

Toute petite déjà j’aimais beaucoup le sport : j’adorais les jeux un peu « bruts », chaque fois qu’il fallait courir, il fallait que je sois première à tout prix, j’avais la rage de gagner.

J’ai eu envie de faire de l’athlétisme lorsque j’avais 12 ans. J’en ai parlé à mon père qui m’a alors appris que son frère était entraîneur de marche. Tous deux ont discuté de ma requête et un jour, mon oncle m’a donné rendez-vous sur le stade. Ça a commencé comme ça. J’étais contente sauf qu’il a voulu me faire faire de la marche et moi, j’avais envie de courir, ce qu’il a finalement accepté.

C’est au retour de l’un de tes entraînements avec cet oncle que tu vas découvrir l’haltérophilie, tu as 15 ans…

C’est ça. Je rentrais épuisée de mes entraînements d’athlétisme et, un jour, de retour à la maison, je décide de regarder la télévision et là… je tombe sur une retransmission d’haltérophilie. Je zappe et puis j’y retourne. J’entends alors les présentateurs dire « le Franco-Camerounais Vencelas Dabaya… » et je le vois lever une barre. À ce moment-là, je commence à avoir des frissons et je me demande ce que c’est que ce sport que je ne connais pas.

Je venais tout juste de commencer l’athlétisme mais, dès le lendemain, j’explique à mon père que ce que je veux, c’est pratiquer cette discipline où on lève des poids.

Tu as un coup de foudre pour Vencelas ou pour l’haltérophilie ?

Pour la discipline ! Plus précisément, c’est pour le geste que j’ai eu un coup de foudre. Je me demandais comment Vencelas faisais pour poser 145 kilos au-dessus de sa tête d’une manière aussi facile. Je ne comprenais rien et j’avais envie de percer ce mystère.

C’était une discipline de force, une discipline technique, tout cela lui donnait un côté spécial et comme j’étais une petite fille un peu agitée avec un caractère assez fort, j’étais sûre que je venais de trouver mon sport, que l’haltérophilie était faite pour moi.

Tu n’avais jamais entendu parler d’haltérophilie ?

Non, je n’avais jamais entendu parler d’haltérophilie. Jamais. Je dis souvent que je sors de nulle part, il y a de grandes familles d’haltérophiles au Cameroun, ce n’est pas le cas de la mienne. J’ai vraiment connu ce sport à la télévision et par la suite, je suis rentrée dans le système. Avant cela, il n’y a eu personne pour me montrer le chemin.

Marie Josèphe Fegue -DR

Ton père accepte tout de suite que tu te mettes à soulever des poids ?

Non, dans un premier temps, il refuse mais il en parle quand même à mon oncle qui lui explique qu’il y a des femmes qui pratiquent l’haltérophilie. Mon père ne veut toujours pas, il lui rétorque que je vais devenir énorme, que je ne pourrai pas avoir d’enfant, que je vais être déformée mais moi, j’insiste.

L’haltérophilie, c’est ce que je veux faire. Ça a traîné une ou deux semaines et puis mon père a vu que c’était un choix sérieux et il a cédé. Mon oncle m’a emmenée voir un de ses collègues, entraîneur d’haltérophilie. Quand il m’a vu, la première chose qu’il lui a dite c’est : « Ta fille a des bras d’arraché ». Nous nous sommes regardés avec mon oncle, nous ne savions pas ce que ça signifiait.

Les mises en garde de ton père à propos de ton corps, tu les prends en considération ou tu t’en fiches ?

Honnêtement, je me suis dit : « Je m’en fous » parce que, depuis petite, j’ai toujours fait des trucs de garçon : je me bagarrais, je portais des trucs lourds, des grosses bassines pour aider ma mère par exemple ce qui, d’ailleurs, épatait mon père.

Je ne sais pas où je puisais ma force ni le courage de faire ça, mais je le faisais naturellement. Pour le reste, j’avais juste envie de faire ce qui me plaisait, d’aller où mon cœur me guidait.

Tu en gardes quels souvenirs de cette première séance ?

Je commence à toucher la barre, on me montre des trucs bizarres, je les fais et je me rends compte que le coach est impressionné, impressionné par mon physique, impressionné par mes bras, impressionné par la manière dont je fais les choses.

Après ça, c’est devenu très vite intense. Dès que j’avais une pause à l’école, j’allais faire de l’haltérophilie, à la fin des cours, haltérophilie encore. Je travaillais avec mon coach et je regardais les champions s’entraîner en essayant de comprendre comment ils faisaient.

En 2008, moins de deux ans après tes débuts, tu participes au championnat provincial de la ligue provinciale du Centre et là, ton coach va te tester…

Oui, après un an d’entraînement, il me dit : « On va faire quelque chose toi et moi, il y a le Championnat provincial, je vais mettre ma ceinture en jeu. Tu me fais 70 kilos et je te la donne. » Je me suis entraînée comme une folle, j’ai participé à la compétition et la ceinture m’est revenue.

Grâce à cette compétition, je me suis rendu compte que je pouvais gagner une ceinture ce qui, dans ma tête, signifiait que demain, je pouvais participer aux Jeux Olympiques. C’est à partir de ce moment-là que mon rêve olympique a commencé.

Cet homme va beaucoup compter dans ton parcours. C’est lui qui va te permettre de t’accrocher lorsque la vie va te mettre à l’épreuve…

Oui, il est décédé assez tôt mais, la veille de sa mort, il m’a fait appeler. Il parlait à peine et il m’a dit qu’il avait vraiment envie de me voir pour me dire de ne pas lâcher, de continuer à m’entraîner car il était certain que j’allais faire des choses incroyables, monter sur des scènes tellement belles, sur des grands plateaux, que j’irais tellement loin.

Le lendemain de cette entrevue, on m’a annoncée qu’il était décédé. Pour moi, tout cela c’était comme si on m’envoyait des signes. Ce n’était pas normal qu’il me dise ça, je me suis demandé si ce n’était pas un ange qui m’avait parlé pour me dire qu’il fallait que je ne lâche rien, peu importe les vents, peu importe les marées et c’est ce que j’ai fait.

Tu vas commencer à te faire un nom sur la scène internationale dès 2010. Tu n’as pas encore 20 ans et tu décroches le bronze aux Jeux du Commonwealth de Delhi (Inde) en moins de 63 kilos. C’était la confirmation pour toi que tu étais sur cette voie qui devait te mener à réaliser des choses extraordinaires ?

Non, pas vraiment. J’ai commencé à comprendre que ce que mon coach m’avait dit avant de décéder était vraiment réel à partir du moment où la Fédération Française d’Haltérophilie m’a approchée, pas avant.

Avant, je me disais que je m’entraînais, que c’était bien, que je m’étais battue pour être où j’étais. Il a fallu du temps pour que les choses se concrétisent comme mon entraîneur me l’avait prédit.

Sans titre 56

Malgré toutes tes médailles ?

C’est sympa de décrocher des médailles mais jusqu’à l’équipe de France, ce que m’avait prédit mon entraîneur restait assez obscur. Il a fallu que je passe par beaucoup d’épreuves difficiles pour réaliser.

Pour ça, j’ai traversé l’Angleterre, je suis arrivée en France, j’ai galéré sans papiers, j’ai eu mon fils. Par la suite, l’équipe de France m’a approchée puis j’ai ma première médaille aux Championnats d’Europe et c’est à ce moment-là seulement que c’est devenu clair.

Quand j’y pense, je me dis qu’il était fou ce monsieur, mais ce qui est fou c’est que, quand je suis montée sur le plateau des Championnats d’Europe, la lumière qui régnait à ce moment-là était la même que celle du jour où il m’avait parlé.

Deux ans plus tard, en 2012, tu confirmes en remportant trois médailles d’argent lors des Championnats d’Afrique de Nairobi. Tu es censée représenter le Cameroun aux Jeux de Londres et faire ta préparation à l’INSEP. Finalement, tu ne seras pas du voyage. Tu évoques du harcèlement, des menaces et des dissensions avec ta fédération.

C’était une sale période de ma vie où j’ai failli tout arrêter, mais comme je suis croyante, je me suis dit que tout ce que Dieu faisait était bon. Aujourd’hui, je me dis simplement que je n’étais pas prête à cette époque, c’est du moins comme ça que je vois les choses. Je n’étais pas prête mais maintenant, je le suis !

Ce qui te pousse à continuer, c’est la promesse que tu as faite à ta sœur ainée, Caroline avant qu’elle ne décède. À la suite de cela, tu décroches le seul or du Cameroun lors des Jeux du Commonwealth de 2014…

Au moment des Jeux du Commonwealth, ma grande sœur était très malade. Je n’avais pas envie d’y aller, je voulais rester avec elle mais c’est elle qui a insisté pour que je m’y rende quand même et que je gagne la médaille pour elle.

Ma sœur a toujours été là pour moi, c’est l’une des premières personnes qui a cru en moi. Le jour de son décès, je me suis fait tatouer les anneaux olympiques et je lui ai promis que, peu importe ce qui se passerait plus tard, j’irai aux Jeux avec l’équipe de France.

Pourquoi la France ?

Moi, je voulais venir en France parce que j’avais vu Vencelas tirer pour l’équipe de France. Il fallait que ce soit pareil pour moi, le chemin était déjà tracé.

Les Jeux du Commonwealth ont lieu à Glasgow et tu décides, dans la foulée, de ne pas rentrer au Cameroun et de tenter de rallier la France. C’était une décision mûrement réfléchie ?

Oui, c’était une décision réfléchie et programmée. Personne ne savait à part moi que je ne rentrerais pas, pas même mes parents. Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais, je ne connaissais personne en France, je n’y avais pas de famille mais il était hors de question de rentrer.

Après ce que la fédération du Cameroun m’avait fait en 2012, c’était inimaginable de continuer avec eux. Ils m’ont fait mal, ils m’ont brisée et je n’avais que deux options : soit me cogner dans le mur, soit réussir.

À partir de ce moment-là commence pour toi une vie d’errance : tu es sans papier, tu te fais agresser sexuellement mais rien ne peut t’arrêter. Tu parviens finalement à rejoindre la France grâce à un passeur et tu te retrouves au club de Dijon.

Quand je suis partie d’Angleterre, je n’avais pas de papiers, j’étais en situation irrégulière, j’ai traversé des choses très dures et, malgré cela, je n’ai pas lâché. Je continuais à m’entraîner, j’essayais de me faire remarquer par la Fédération Française d’Haltérophilie et puis, quand je suis arrivée, le club de Dijon m’a sollicitée.

François Graillot, le président, a été génial, il a pris soin de moi. Il a proposé de m’aider pour que je fasse les Jeux de 2016 mais finalement, ça ne s’est pas concrétisé.

Comment es-tu parvenue à t’accrocher, à survivre à toutes ces épreuves, ces horreurs ?

Parfois, je me pose la question. Je crois que ce qui m’a permis de tenir le coup, c’est mon rêve, cette petite voix qui, à chaque fois, me disait : « Marie, tu ne t’es pas fait tatouer les anneaux pour rien. » Chaque fois que je pensais abandonner, ma grande sœur venait dans mes songes, elle me parlait, me rappelait ce tatouage et le lendemain, je retrouvais la niaque, j’allais m’entraîner.

Elle n’est plus revenue me visiter à partir du moment où je suis entrée en équipe de France. Ça peut sembler bizarre ce que je raconte mais ces choses étranges me sont arrivées et c’est ce qui a fait que je n’ai pas lâché.

Cette situation précaire va durer jusqu’en 2016. Entre-temps, tu as changé de club et rejoins celui de Franconville, tu t’es également installée à Avignon, tu as eu un petit garçon, Samuel. C’est une journaliste qui va faire basculer ton destin. Elle veut faire un entretien avec une jeune femme qui évolue dans le même club que toi et qui lui parle de ton parcours. Elle veut te rencontrer et va t’aider à obtenir des papiers, on est alors en 2019.

C’est elle qui a tout changé. Quand j’ai obtenu la nationalité française, j’avais envie de crier mais je n’y arrivais pas. C’est comme si c’était prévu, il fallait juste laisser le temps que ça arrive. Il fallait que je sois mûre, que je sois prête. J’étais quand même contente, mais pour moi, c’était quelque chose qui devait arriver, quelque chose de naturel finalement.

Comment est-ce que l’équipe de France débarque dans ta vie ?

Lorsque j’obtiens ma carte de séjour, les dirigeants de mon club à Franconville me demandent si je ne veux pas tirer pour l’équipe de France parce que je fais de belles barres. Tirer pour la France, c’est mon rêve !

La France, c’est le pays qui m’a ouvert les bras, le pays qui, même s’il ne me connaît pas encore, va apprendre à me connaître, c’est donc évidemment oui. Le président en parle au DTN de la Fédération, Monsieur Rambier avec qui j’ai une belle discussion, sincère, franche.

À un moment, il me demande si je suis sûre de moi, sûre de ce que je veux, sûre de pouvoir tenir le coup. Je lui ai dit : « Carrément, après tout ce que j’ai traversé, vous croyez vraiment que quelque chose me fait peur ? ». Je crois que ma réponse l’a convaincu et il a commencé à entreprendre les démarches nécessaires pour que j’obtienne la naturalisation.

Elle date de quand ta naturalisation ?

J’ai été naturalisée le 31 décembre 2021, à minuit. J’étais tellement contente ! J’ai tout de suite envoyé un message à Vencelas pour lui dire que mon nom était sur la liste !

Et puis j’ai remercié le Seigneur pour toutes les personnes qu’Il a mis sur mon chemin, les personnes qui m’ont fait grandir, qui m’ont permis d’arriver jusqu’à cette étape. Je sais qu’il y en aura d’autres, peut-être de plus dures encore, mais celle-ci était très importante, c’était le début de quelque chose d’énorme.

En 2022, tu prends part à ta première compétition en bleu, les Championnats d’Europe et tu réalises un triplé en moins de 76. Qu’est-ce que tu as ressenti ?

Au départ, j’étais stressée parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas fait de compétition. Je voulais absolument cette médaille, c’était une manière de montrer à l’équipe de France que les dirigeants n’avaient pas fait d’erreur en misant sur moi. Je suis quelqu’un qui tient parole, on me fait confiance, je rends la confiance.

L’année dernière tu recommences : triplé continental avec un record personnel à la clef de plus 8 kilos. Tu sens alors que ton rêve olympique peut enfin devenir réalité ?

Je sens que ça devient possible et surtout je m’en sens capable parce que je me sens forte.

Il va te falloir décider dans quelle catégorie concourir puisque la catégorie des – de 76kg n’est pas olympique. Tu dois choisir les – de 81 ou les – de 71kg. Qu’est-ce qui a motivé ton choix ?

Nous avons fait le choix ensemble avec le staff de la Fédération. C’était un choix stratégique car il y a une médaille en jeu et moi, je ne veux pas me contenter seulement de participer aux Jeux.

Nous avons donc opté pour la catégorie des – de 71kg car nous pensons que c’est celle dans laquelle j’ai plus de chance de décrocher une médaille.

Tu as dû perdre 5 kilos, une diète pas facile pour toi.

Le régime a en effet été un peu compliqué. Je suis très gourmande, je mange tout le temps des trucs gras alors ça a été un peu dur pour moi de me mettre au vert, mais il faut s’y faire, le rêve est grand.

Jamais une Française n’a obtenu de médaille en haltérophilie aux Jeux Olympiques. C’est beaucoup de pression pour toi ?

J’essaye de ne pas m’en mettre plus qu’il n’en faut car je suis stressée de nature. Dans ma tête, je me sens bien et je fais tout pour continuer à être moi le plus possible en continuant, par exemple, à embêter les coaches avec mes blagues pour me permettre de continuer à évoluer dans une ambiance autre que l’ambiance Jeux.

J’espère être la ou l’une des premières Françaises à décrocher la médaille aux Jeux en haltérophilie, ça serait historique. Si c’est moi, quoi de plus beau !

Toi qui as beaucoup fonctionné par le rêve, imagine que nous sommes le 10 août, le lendemain de ton épreuve. Quelles images te viennent à l’esprit ?

J’y pense souvent. Nous sommes le 10 août, je me réveille, j’ai décroché ma médaille la veille… Je crois que je vais repartir dormir à nouveau !

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Limbé : 03 morts dans des inondations

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Limbé : 03 morts dans des inondations
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La ville de Limbé est sous les eaux depuis les premières heures de ce 5 août 2026. Les images abondamment relayées sur les réseaux sociaux laissent voir des eaux qui ruissellent de partout, sorties des lits des cours d’eau et des rigoles. Rues, maisons,… sont presqu’engloutis pour certaines. C’est la conséquence de pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région depuis les premières heures du jour. Limbé étant comme Buea, au pied du Mont Cameroun, le mont le plus haut du Cameroun, dans une région du Sud-Ouest réputée abriter la localité de Debundscha, la plus pluvieuse du pays…

Les corps des victimes (images des réseaux sociaux).

Le bilan provisoire parle de trois morts, selon des sources concordantes : une femme enceinte, sa sœur et leur son oncle. Ils ont été ensevelis par les eaux en furie. La situation n’est pas encore revenue à la normale, et les recherches se poursuivent encore dans les quartiers. Les autorités sont mobilisées pour sensibiliser les populations sur les mesures à adopter.

Ci-dessous, des images des inondations

Limbé sous les eaux

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Élection FIFA 2027 : comment Infantino pourrait tomber

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Élection FIFA 2027 : comment Infantino pourrait tomber
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Il y a quelques mois encore, sa réélection semblait acquise sans le moindre suspense. Aujourd’hui, Gianni Infantino se retrouve dans la position la plus fragile de ses dix années à la tête de la FIFA. Comment fonctionne réellement cette élection, et qui pourrait sérieusement le défier ?

Une réélection qui paraissait jouée d’avance

Lors du Congrès de la FIFA à Vancouver en 2026, le message d’Infantino ne laissait planer aucun doute : il briguerait un troisième mandat complet, jusqu’en 2031, très probablement sans opposition sérieuse. Sur Instagram, en avril, il concluait avec son enthousiasme habituel : « Le voyage continue ! »

À l’époque, l’avenir de la FIFA semblait tracé. Mais en l’espace de quelques semaines, tout a basculé. Le projet avorté de céder 21 % des activités commerciales et événementielles de la FIFA à un fonds d’investissement a fragilisé la position du président suisso-italien de façon spectaculaire. L’UEFA elle-même a publiquement déclaré avoir perdu confiance dans son leadership, tandis que plusieurs alliés et conseillers historiques ont pris leurs distances. Face à la pression, Infantino a fini par abandonner ce projet controversé début août : « Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que ce projet a créé des divisions qui, indépendamment du niveau de soutien, ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif fixé au départ. Notre mission a toujours été — et sera toujours — d’unir et d’améliorer », a expliqué la FIFA dans un communiqué.

Résultat : l’élection présidentielle prévue le 17 mars 2027 s’annonce beaucoup moins prévisible que prévu.

Un poste rarement contesté dans l’histoire du football

Changer de président reste un événement rare à la FIFA. Depuis le premier d’entre eux, le journaliste français Robert Guérin, entré en fonction en 1904, l’organisation n’a connu que neuf présidents — et seulement trois depuis les années 1970, Joao Havelange et Sepp Blatter ayant à eux deux cumulé plus de 40 ans à ce poste.

C’est justement la chute de Blatter, empêtré dans un scandale de corruption et reconnu coupable de manquement à l’éthique par la propre commission d’éthique de la FIFA, qui a conduit à limiter les mandats présidentiels à 12 ans en 2016 — l’année même où Infantino, alors secrétaire général de l’UEFA, a pris les commandes. Un détail statutaire lui permet néanmoins de contourner partiellement cette limite : son premier mandat, hérité de celui inachevé de Blatter, ne compte pas dans le plafond des 12 ans et des trois mandats. De quoi lui offrir, en cas de réélection au printemps prochain, la perspective de totaliser 15 ans à la tête de l’instance.

Les élections se tiennent tous les quatre ans, lors du Congrès qui suit chaque Coupe du monde masculine. Celles de 2019 et 2023 n’ont même pas nécessité de vote formel : Infantino a été réélu par acclamation, sans opposition. Pour retrouver une véritable élection démocratique à la FIFA, il faut remonter à 2016, lorsqu’il avait devancé quatre autres candidats — dont Sheikh Salman Bin Ibrahim Al Khalifa, aujourd’hui vice-président de la FIFA — lors d’un Congrès extraordinaire à Zurich.

Comment fonctionne concrètement l’élection

Le processus électoral s’étale en réalité sur une année complète, d’un Congrès à l’autre. Pour se présenter, un candidat doit avoir « joué un rôle actif dans le football associatif » pendant deux des cinq années précédentes, réussir un contrôle d’éligibilité mené par une commission de la FIFA, et surtout obtenir le soutien déclaré d’au moins cinq associations membres avant la date limite — fixée cette année au 18 novembre.

Chaque association ne peut soutenir qu’un seul candidat, un détail qui prend tout son sens depuis le retrait symbolique de soutien à Infantino annoncé ces derniers jours par plusieurs fédérations, dont le pays de Galles et l’Angleterre. Une défection d’autant plus marquante que le président affirmait, en début d’année, avoir reçu des promesses de soutien de 200 des 211 nations membres.

Obtenir le soutien de cinq associations suffit pour officiellement entrer dans la course. Mais pour espérer réellement l’emporter face à Infantino, il en faudra beaucoup plus. Les statuts de la FIFA exigent une majorité simple, supérieure à 50 %, lorsque deux candidats s’affrontent — soit 106 voix sur les 211 associations. Chaque vote pèse le même poids, qu’il vienne de l’Espagne ou des Seychelles, de l’Argentine ou d’Aruba.

Trois confédérations qui pourraient faire vaciller Infantino

Le soutien systématique accordé aux petites nations a longtemps constitué le socle de la popularité d’Infantino. Mais la fronde venue de trois confédérations change la donne. L’UEFA, qui représente 55 voix, a officiellement retiré sa confiance. L’AFC (confédération asiatique, 46 voix) et la Concacaf (Amérique du Nord, centrale et Caraïbes, 35 voix) se sont elles aussi montrées critiques envers le projet de cession désormais abandonné.

Additionnées, ces trois confédérations représentent largement de quoi faire tomber Infantino sur le papier. Rien ne garantit cependant un vote uniforme au sein de chacune d’entre elles. Le Qatar, pourtant membre de l’AFC, a affirmé ces derniers jours soutenir pleinement le président sortant. L’élection FIFA se déroule à bulletin secret, sans logique de vote de bloc — Sheikh Salman en avait fait l’expérience amère en 2016, en ne recueillant que 88 voix alors qu’il bénéficiait, en théorie, du soutien de plus de 100 associations issues des confédérations asiatique et africaine.

Qui pourrait sérieusement défier Infantino ?

Selon les informations de The Athletic, le président de la Concacaf, Victor Montagliani, envisagerait très sérieusement de se lancer dans la course — ce qui constituerait le premier véritable défi à l’autorité d’Infantino depuis plus d’une décennie. D’autres noms ont circulé, notamment celui de Nasser Al Khelaifi, président du PSG, poussé en coulisses par l’UEFA selon certaines sources ; l’intéressé aurait toutefois fait savoir qu’il n’avait « aucun intérêt » pour le poste.

Le calendrier joue contre les éventuels prétendants : il ne reste que 16 semaines avant la date limite de dépôt des candidatures. Si plus de deux candidats se présentent, une majorité des deux tiers sera nécessaire dès le premier tour, avec des tours supplémentaires jusqu’à ce qu’un candidat se dégage clairement — un scénario qu’Infantino avait déjà connu en 2016, où il avait fallu deux tours avant que ses 115 voix ne lui assurent la victoire.

Vers un possible vote de défiance avant même l’élection

L’élection était initialement prévue le 18 mars 2027 au Maroc, un choix hautement symbolique pour un pays qui ambitionne d’accueillir la finale du Mondial 2030 face au co-organisateur et tenant du titre, l’Espagne. Ce choix reflétait aussi la solidité du soutien dont bénéficie traditionnellement Infantino auprès de la CAF, la confédération africaine.

Mais ce calendrier pourrait être bousculé bien avant mars 2027. Un Congrès extraordinaire de la FIFA peut être convoqué dans deux cas de figure : si une majorité des 37 membres du Conseil perd confiance dans la direction actuelle, ou si un cinquième des associations membres en fait la demande — un seuil que l’UEFA, à elle seule, a largement les moyens d’atteindre. Un tel scénario ouvrirait la voie à un véritable vote de défiance contre le président en exercice, bien avant l’échéance électorale initialement prévue.

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Marchés publics : Jusqu’à 3 milliards FCFA de chiffre d’affaires exigés aux PME pour accéder aux marchés PROLOG

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Marchés publics : Jusqu’à 3 milliards FCFA de chiffre d’affaires exigés aux PME pour accéder aux marchés PROLOG
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Le projet Prolog, doté d’un financement de 300 millions de dollars, soit environ 189 milliards de FCFA, a lancé un appel général à manifestation d’intérêt en vue de constituer une liste restreinte d’entreprises appelées à réaliser des infrastructures dans les régions de l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême-Nord, du Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les futurs marchés portent notamment sur la construction d’écoles, de centres de santé, de réseaux d’adduction d’eau potable, de routes et d’autres ouvrages communautaires. Avant même les appels d’offres, les entreprises doivent franchir une première étape.

Outre les références techniques, elles doivent démontrer une capacité financière conséquente. Le dossier fixe des seuils progressifs selon le montant des travaux. Une entreprise qui ambitionne un marché supérieur à un milliard de FCFA devra justifier d’au moins trois milliards de FCFA de chiffre d’affaires annuel. Le seuil est fixé à deux milliards de FCFA pour les marchés compris entre 500 millions et un milliard de FCFA, à un milliard pour ceux compris entre 250 et 500 millions de FCFA et à 500 millions de FCFA pour les marchés inférieurs à 250 millions.

Les candidats devront également prouver leur capacité à mobiliser des financements, à travers leurs fonds propres, des lignes de crédit ou des prêts bancaires. À ces exigences s’ajoutent des références similaires, des équipes qualifiées, des dispositifs de gestion environnementale, sociale et sécuritaire ainsi que des engagements en matière de lutte contre la fraude et la corruption.

DES CRITÈRES EN DÉCALAGE AVEC LE PROFIL DES PME

Ces exigences interviennent dans un contexte où les PME dominent largement le paysage entrepreneurial camerounais. Selon les statistiques 2025 du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, le Cameroun compte 472 208 PME, soit 83,1 % des entreprises formelles. Les très petites entreprises représentent à elles seules 68,2 % des créations enregistrées en 2025, tandis que les moyennes entreprises demeurent peu nombreuses.

Dans ces conditions, les critères financiers fixés par Prolog pourraient limiter l’accès direct d’une partie des entreprises nationales aux marchés les plus importants. Beaucoup disposent des compétences techniques requises, mais peinent encore à atteindre les niveaux de chiffre d’affaires ou les capacités de financement exigés. Le constat rejoint celui du Minpmeesa. Malgré leur poids dans l’économie, les PME contribuent encore modestement à la transformation structurelle du pays.

Le ministère fait du changement d’échelle de ces entreprises l’une de ses priorités, à travers un meilleur accès au financement, un accompagnement technique et le renforcement de leur compétitivité.

LA SOUS-TRAITANCE OUVRE UNE AUTRE PERSPECTIVE

Toutes les PME ne sont cependant pas condamnées à rester à l’écart des marchés Prolog. L’adoption de la loi n° 2025/010 du 15 juillet 2025 portant régime de la sous-traitance au Cameroun introduit de nouveaux mécanismes destinés à renforcer leur participation aux grands projets. Le texte réserve l’activité de sous-traitance aux PME camerounaises dont au moins 51 % du capital est détenu par des nationaux et dont le siège social est établi au Cameroun.

Cette disposition vise à favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur nationales et à soutenir la montée en compétences du tissu productif local. La réforme instaure également une obligation pour les entreprises adjudicataires des grands marchés. Elles devront réserver au moins 40 % de la valeur des contrats à la sous-traitance au profit des PME camerounaises. Le législateur entend ainsi favoriser un meilleur partage de la valeur créée par les grands projets et accélérer le transfert de compétences vers les entreprises locales.

La loi apporte aussi une réponse aux difficultés de trésorerie auxquelles les PME sont régulièrement confrontées. Elle impose à l’entreprise principale de verser un acompte de 30 % avant le démarrage des prestations. Le paiement du solde doit intervenir au plus tard 90 jours après la livraison. Ces dispositions visent à limiter les tensions de trésorerie provoquées par les retards de paiement, souvent considérés comme l’un des principaux freins au développement des petites entreprises.

ENTRE EXIGENCES DE PERFORMANCE ET PRÉFÉRENCE NATIONALE

L’appel à manifestation d’intérêt de Prolog illustre ainsi les deux dynamiques qui traversent aujourd’hui la commande publique camerounaise. D’un côté, les bailleurs de fonds et les maîtres d’ouvrage exigent des entreprises présentant des garanties financières suffisantes pour assurer la bonne exécution de projets de grande envergure. De l’autre, l’État cherche à renforcer la place des PME nationales dans les grands investissements publics à travers la nouvelle loi sur la sous-traitance et les objectifs de la Stratégie nationale de développement 2020-2030.

Pour de nombreuses PME, l’accès direct aux marchés PROLOG restera probablement hors de portée. En revanche, les nouvelles règles sur la sous-traitance pourraient leur permettre de participer à leur réalisation. Leur efficacité dépendra désormais de l’application effective des quotas prévus par la loi et de la capacité des entreprises titulaires des marchés à associer durablement les PME camerounaises aux grands chantiers publics.

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