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Assurances : les distributeurs de Samb’a à l’école de la micro assurance


Nouvellement créée, Samb’a assurance Gabon se prépare déjà à la commercialisation optimale de ses produits. C’est tout le sens du séminaire organisé les 4 et 5 juillet 2024 à Libreville à l’intention de ses distributeurs. Cette rencontre animée par Marc Nabeth, expert depuis 25 ans dans l’accompagnement des acteurs du secteur de l’assurance et de la microfinance, avait pour objectif de renforcer les compétences des participants sur les fondements de la microassurance avant sa commercialisation. L’expert français aide ainsi la jeune entreprise dans son projet et sa stratégie de mise en œuvre opérationnelle. En effet, l’entreprise portée par Dr Andrew Crépin Gwodog, son fondateur et directeur général, souhaite garantir aux populations à faible revenu d’une couverture d’assurance à des prix abordables. Pionnière dans la micro-assurance en zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, Ndlr) elle veut relever à la fois, le pari de l’inclusion financière et de l’inclusion assurantielle, avec en prime, l’inclusion totale. Raison pour laquelle elle cible principalement les travailleurs du secteur informel. A ces derniers, s’ajoutent les agriculteurs, les petits commerçants, certaines professions libérales, les artistes, les associations, les syndicats, les petites entreprises, les artisans, et même les vendeurs à la sauvette entre autres. Des groupes sociaux souvent exclus des offres des grandes sociétés d’assurance.
Pour atteindre ses objectifs, elle a noué plusieurs partenariats avec les principaux établissements de microfinance (EMF) du Gabon à l’instar d’EDG, Sodeg, Cofidec, Ariane Finance, Express Union et Fidelis. « Nous couvrons la totalité du territoire aujourd’hui et offrons des solutions de micro assurance adaptées et accessibles aux clients de ces EMF et par conséquent, aux populations gabonaises », indique-t-il. Pour le promoteur, ce projet novateur cadre avec la vision du président de la Transition, le général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema qui vise à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables du pays. Il a mis sur le marché une panoplie de produits parmi lequel figure « Samba Box » qui est une garantie contre les risques d’incendie, de dommages réels et de vol. Le domaine agricole est également couvert via les solutions de micro assurance agricoles « Samba agricole », tout comme l’assurance santé « Samba santé », qui couvre aussi bien les consultations médicales, les hospitalisations, les examens médicaux, les évacuations sanitaires, etc. Grâce à son partenariat avec « First Assistance », elle a mis au point deux solutions de micro assurance en direction des populations gabonaises. La première d’entre elles, c’est l’assistance voyage via la mise en place une ligne de garantie rapatriement qui s’adresse aussi bien aux membres de la diaspora qu’aux communautés gabonaises.
Interview
Dr Andrew Crépin Gwodog, promoteur de Samb’a assurances
« Notre objectif est l’atteinte de l’inclusion totale ».
Dans cet entretien exclusif, il précise les contours de la toute première entreprise de micro assurance nouvellement créée au Gabon, ainsi que ses perspectives.
De manière succincte, quelle est la stratégie mise sur pied par Samb’a assurance pour développer la micro assurance au Gabon ?
Au-delà de l’inclusion financière, Samba réalise l’inclusion assurancielle nous permettant d’atteindre l’inclusion totale. A travers les partenariats signés avec les principaux établissements de microfinance (EMF) du Gabon tels que EDG, Sodeg, Cofidec, Ariane Finance, Express Union et Fidelis, nous couvrons la totalité du territoire. Aujourd’hui, nous sommes présents dans ces agences et nous offrons des solutions de micro assurance adaptées et accessibles aux clients de ces EMF et par conséquent, aux populations gabonaises.
Pouvez-vous présenter à nos lecteurs, les différentes solutions de micro assurances offertes par Samb’a Assurances ?
En termes de solutions, nous faisons la couverture des prêts, la prévoyance familiale. Pour les commerçants, nous avons conçu « Samba Box » qui est une garantie qui couvre le point de vente du commerçant contre les risques d’incendie, de dommages réels et de vol. Pour le domaine agricole, Samba assurance couvre les agriculteurs à travers « Samba agricole ». Ses garanties permettent de sauvegarder l’intérêt des femmes et des commerçants qui font le transport des biens, des vivres et des animaux provenant du secteur de l’agriculture d’un point A vers un point B. C’est la toute première fois que ce type d’assurance existe en zone Cemac. Nous faisons également pour les très petites entreprises (TPE), les PME, etc, des assurances globales dommages qui permettent de sécuriser les entreprises. Dans celles-ci il y a forcément des personnes qui y travaillent. Donc, sécuriser les entreprises, c’est aussi sécuriser les hommes. Nous leur donnons accès aux solutions de « Samba santé », qui concernent les consultations médicales, les hospitalisations, les examens médicaux, les évacuations sanitaires, etc. Nous venons de signer un contrat avec le consultant « First Assistance » qui est quasiment le premier assisteur en Afrique et le plus présent en zone Cemac.
Avec notre partenaire, nous avons mis au point deux solutions de micro assurance en direction des populations gabonaises. La première d’entre elles, c’est l’assistance voyage pour permettre à nos clients de vaquer à leurs occupations lorsqu’ils sont en déplacement à l’étranger. Avec notre partenaire, nous avons conçu une garantie qui couvre le voyage en ce qui concerne les aspects médicaux, les rapatriements des dépouilles, ou des conseils à l’étranger. Nous avons mis en place une ligne de garantie rapatriement qui s’adresse aussi bien aux membres de la diaspora qu’aux communautés gabonaises.
En cas de décès d’un de nos assurés, ce contrat prendra en charge d’une part, toutes les formalités administratives, le transfert de la dépouille soit par avion ou par voiture, du lieu du décès jusqu’à celui où il va être inhumé au Gabon ou à l’étranger. Voilà donc, la panoplie des produits que nous commercialisons. Ils sont accessibles. Tout le monde peut y souscrire soit via notre réseau qui comprend des courtiers, les EMF, les mutuelles de santé, les compagnies de pompes funèbres, des églises, des associations, des tontines. Ce réseau constitué conformément au code Cima, a fait l’objet de deux formations. La première a été effectuée par le management de Samba sur les techniques de vente, et la seconde faite par l’expert français Marc Nabeth qui a séjourné à Libreville.
En quoi les solutions de Samba se distinguent-elles des autres compagnies d’assurances ?
Les solutions de micro assurance conçues par Samb’a se distinguent de celles des autres assurances par leur adaptation aux besoins réels des populations et le coût de l’assurance. Le livre 7 des assurances prévoit que les primes d’assurance ne puissent être mensuellement supérieures à un montant de 3500 Fcfa et annuellement à une somme de 42.000 Fcfa. Toutes nos solutions de micro assurances sont à la portée de toutes les bourses. C’est dire que Samba peut se prévaloir d’être l’assureur du pays et non seulement l’assureur des couches faibles de la population à travers ses garanties. Des sondages et enquêtes d’opinion réalisés à cet effet, le démontrent bien. Cela est dû au fait que nos solutions, audelà de prendre en compte les besoins des populations, correspondent aussi à la vision des nouvelles autorités qui veulent faire de l’inclusion financière et assurantielle, un des leviers pour lutter contre la pauvreté.
Quelles sont les perspectives à court, moyen et long terme de Samb’a assurances ?
Les ambitions de Samba sont sous régionales. Elle entend étendre lorsque cela sera possible après la réussite du modèle au Gabon, étendre ses activités à travers le groupe Samb’a Finance dont je suis le directeur et fondateur, dans l’ensemble des pays membres de la Cemac, de la Ceeac et de la Cima. Nous solliciterons en temps opportun, soit des levées de fonds à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), soit de rencontrer et d’intéresser à notre projet, d’autres investisseurs.
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Socadel enclenche son redressement pour stabiliser le secteur électrique

Moins d’un mois après sa création, la Société camerounaise d’électricité (Socadel) a adopté ses premières mesures structurantes. Budget de 630 milliards de FCFA, réforme de la gouvernance, recherche de nouveaux financements et actions d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement : le conseil d’administration entend remettre l’entreprise sur des bases plus solides tout en assurant la continuité du service public.
La nouvelle direction de la Société camerounaise d’électricité (Socadel) affiche ses priorités. Réuni le 28 mai 2026 à Yaoundé sous la présidence d’Antoine Ntsimi, son premier conseil d’administration a adopté une série de mesures destinées à engager le redressement de l’entreprise avec l’appui des pouvoirs publics.Dans un communiqué publié le 5 juin 2026, le conseil d’administration présente une feuille de route articulée autour de la réforme de l’entreprise, de son assainissement financier et de la sécurisation de l’approvisionnement en électricité.
Pour accompagner cette transformation, les administrateurs ont adopté un budget de 630 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. Selon le communiqué, 375 milliards de FCFA seront consacrés aux achats et au transport d’énergie ainsi qu’à l’approvisionnement en combustible, tandis que 74,6 milliards de FCFA seront affectés aux investissements. Le conseil précise également que ce budget permettra « d’apurer progressivement les engagements envers les fournisseurs et partenaires de l’entreprise, afin de restaurer la confiance, sécuriser la continuité du service et repartir sur des bases financières plus solides ».
Dans la même dynamique, le conseil a donné mandat au directeur général d’engager, sous la supervision du président du conseil d’administration, des négociations avec les bailleurs de fonds du secteur. L’objectif est de mobiliser de nouvelles ressources destinées à la restructuration de la dette financière, au refinancement de la trésorerie et au financement des investissements prioritaires.
Un redressement rendu nécessaire par des déséquilibres persistants
Cette offensive intervient alors que Socadel hérite d’un secteur confronté, depuis plusieurs années, à d’importantes tensions financières. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’ancien concessionnaire faisait face à un déficit structurel de trésorerie. Dans son analyse du secteur, l’institution indique qu’Eneo encaissait environ 31 milliards de FCFA par mois pour des obligations de service public dont le coût atteignait près de 44 milliards de FCFA. Le FMI estime ainsi que le retour à l’équilibre du secteur nécessiterait la mobilisation d’au moins 13 milliards de FCFA supplémentaires chaque mois.
Cette situation résulterait notamment d’un important déséquilibre entre les recettes de l’entreprise et ses charges, mais également des difficultés de recouvrement de certaines créances. Le FMI rappelle qu’à fin 2024, les arriérés de l’État envers Eneo représentaient plus de 2,1 % du PIB, soit environ 700 milliards de FCFA. Selon l’institution, cette situation contribuait à détériorer davantage la trésorerie de l’entreprise.Cette lecture est toutefois contestée par le rapport « Compact Energy Pays » du ministère de l’Eau et de l’Énergie. Selon ce document, l’ex-Eneo affichait plutôt un endettement global de 800 milliards de FCFA à la même période, dont 500 milliards de FCFA de dettes envers ses fournisseurs, pour environ 80 milliards de FCFA de créances.
Ces divergences d’appréciation illustrent la complexité des difficultés financières accumulées par l’opérateur au fil des années.Au-delà de ces débats, le recouvrement des consommations publiques demeure l’un des principaux points de fragilité du secteur. Dans une interview accordée à Investir au Cameroun en avril 2024, le directeur général d’Eneo de l’époque, Amine Homman Ludiye, indiquait que l’entreprise émettait chaque mois près de 7 milliards de FCFA de factures à destination des administrations et autres entités publiques. Les encaissements enregistrés au cours des deux premiers mois de cette année-là ne s’élevaient cependant qu’à 1,5 milliard de FCFA en janvier et 1,8 milliard de FCFA en février.
À ces difficultés s’ajoutent les pertes liées aux branchements clandestins et aux manipulations de compteurs. Selon des données recueillies auprès de l’ex-Eneo et de sources au ministère de l’Eau et de l’Énergie, ces pratiques occasionneraient plus de 60 milliards de FCFA de pertes chaque année, réduisant davantage les marges de manœuvre financières du secteur.
Assurer la continuité du service malgré les contraintes
Face à cet héritage complexe, le conseil d’administration de Socadel affirme vouloir faire de la continuité du service sa priorité immédiate. « Forte du soutien des pouvoirs publics, Socadel entend poursuivre son action auprès des usagers, des employés, des fournisseurs, des bailleurs de fonds et de l’ensemble de ses partenaires afin d’assurer la continuité du service public de l’électricité, tout en contribuant à la stabilité du secteur, conformément aux directives gouvernementales et en droite ligne des très hautes instructions du Chef de l’État », indique le communiqué.
Au-delà des mesures de gestion courante, ce premier conseil d’administration marque le lancement opérationnel de la nouvelle organisation du secteur électrique camerounais. La disparition d’Eneo, le retour de l’État au cœur du dispositif et la mise en place d’une nouvelle gouvernance traduisent la volonté des autorités de reprendre la main sur un secteur dont les difficultés financières pèsent depuis plusieurs années sur la qualité du service et la capacité d’investissement.
Le défi de Socadel sera désormais de transformer cette feuille de route en résultats concrets. Entre restructuration financière, restauration de la confiance des partenaires, mobilisation de nouveaux financements et amélioration de l’approvisionnement des ménages comme des industriels, la nouvelle entreprise publique devra démontrer sa capacité à rétablir durablement les équilibres d’un secteur stratégique pour l’économie camerounaise.
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Exploitation minière dans la région de l’Est : Le Syndicat des orpailleurs dénonce un « comportement anticoncurrentiel » de la Sonamines.

En outre, le même syndicat cite également des refus opposés par la Société nationale des mines à des demandes d’agrément, justifiés par la volonté de la société d’exercer son exclusivité d’achat et de commercialisation de l’or sur toute l’étendue du territoire une position que les syndicalistes jugent contraire au code minier, lequel reconnaît explicitement le droit des personnes morales privées à commercialiser les substances précieuses.
Le 1er juin 2026, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale (Minat) était en visite de travail dans la région de l’Est Cameroun. Le membre du gouvernement a tenu une concertation avec les opérateurs du secteur minier.
Prenant la parole au nom des opérateurs miniers lors de cette concertation, Ousmanou Aladji Hamadou, président national du Syndicat des promoteurs des bureaux d’achats de diamants, or et orpailleurs du Cameroun (Synaprobadiocam) a dressé un état des lieux sans concessions, dénonçant ce qu’il qualifie de deux poids deux mesures dans la gestion du secteur aurifère national.
Entre autres dénonciations, le président national du Synaprobadiocam, un « comportement anticoncurrentiel » de la Société nationale des mines (Sonamines). « C’est la Sonamines elle-même qui délivre ou refuse de délivrer les agréments de commercialisation aux bureaux d’achat privés, tout en étant leur concurrente directe sur le marché » s’est indigné le président national du Synaprobadiocam.
En outre, le même syndicat cite également des refus opposés par la Sonamines à des demandes d’agrément, justifiés par la volonté de la société d’exercer son exclusivité d’achat et de commercialisation de l’or sur toute l’étendue du territoire une position que les syndicalistes jugent contraire au code minier, lequel reconnaît explicitement le droit des personnes morales privées à commercialiser les substances précieuses.
Le Synaprobadiocam dénonce aussi le coût prohibitif des droits de sortie qui s’élève entre 300 000 FCFA et 500 000 FCFA par kg d’or, auxquels s’ajoutent les obligations fiscales, les prélèvements au titre du Programme de sécurisation des recettes des mines, et une Taxe sur la valeur ajoutée à 0 % appliquée à l’énergie autant de charges qui pèsent sur les opérateurs légaux et rendent leur compétitivité quasi nulle face aux pays voisins.
Afin de sortir définitivement de cette situation, les syndicalistes ont fait quelques propositions en direction non seulement du gouvernement mais aussi de la Sonamines. D’abord, le Synaprobadiocam propose de cantonner la Sonamines à ses missions d’exploitation et lui retirer toute prérogative de régulation.
Il demande de saisir le ministre de la Justice pour instruire les procureurs sur la répression de l’exploitation illégale et de saisir le ministre de la Défense pour que les militaires présents sur les sites conditionnent leur protection à la régularité des titres miniers des exploitants. Enfin, le Synaprobadiocam propose la création des guichets uniques dans les aéroports pour simplifier les procédures d’exportation et l’allègement de l’ensemble de la fiscalité douanière pesant sur les opérateurs en règle.
«Le Minat a effectivement eu une concertation avec ces opérateurs pendant son séjour, pendant que nous étions dans les localités» indique une source de la Sonamines.
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Cameroun-Tchad : Les douanes se concertent pour aplanir les difficultés liées aux flux de marchandises

Les douanes camerounaise et tchadienne se sont une nouvelle fois concertées, le 2 juin dernier à Yaoundé. Une concertation qui rentre dans le cadre de l’accord d’assistance administratif mutuelle de deux administrations sœurs et qui s’inscrit dans la continuité des engagements et de la volonté commune des administrations douanières de consolider leur partenariat stratégique afin d’améliorer durablement la gestion des flux commerciaux entre nos deux pays.
Comme l’a précisé Edwin Fongod Nuvaga, le directeur général des Douanes du Cameroun, il est question de « faire du corridor Cameroun-Tchad, un espace de transit plus sûr, plus fluide, plus transparent et plus compétitif, au bénéfice de nos États, de nos opérateurs économiques et de l’intégration sous régionale ». Mais pour aboutir à cet objectif, il faut d’abord aplanir un certain nombre de difficultés qui plombent la fluidité du flux des marchandises sur ce corridor Tchad-Cameroun.
Et, ce sont ces difficultés qui ont constitué les problématiques sur la table des discussions au cours de la concertation du 2 juin dernier à Yaoundé. Il s’agit notamment, du renforcement de l’interconnexion et de l’échange des données entre les deux systèmes informatiques douaniers ; le suivi et la traçabilité des marchandises en transit sur le corridor Cameroun–Tchad ; les difficultés liées aux transbordements, aux ruptures de charge, aux titres de transit non apurés ainsi qu’à la localisation effective des marchandises appellent une réflexion commune en vue de renforcer la sécurisation des opérations de transit, de préserver l’intégrité de la chaîne logistique et de garantir un apurement efficace des régimes douaniers.
Mais également, la question de l’harmonisation des exigences documentaires et de la dématérialisation des pièces jointes aux titres de transit ; le commerce transfrontalier entre Kousseri et N’Djamena, dont l’importance économique ne cesse de croître.
Les flux de marchandises acquises sur le marché camerounais et destinées à la consommation au Tchad soulèvent des questions liées à leur traçabilité, à leur encadrement douanier ainsi qu’à la préservation des intérêts fiscaux de nos deux États. Et enfin, la problématique des conteneurs à destination du Tchad en séjour prolongé dans les plateformes logistiques de Douala et Kribi.
LES SOLUTIONS ENVISAGÉES PAR LA DOUANE CAMEROUNAISE
Face à ce chapelet de difficultés, le DG des Douanes camerounaises a apporté des esquisses de solutions. Notamment, réduire les asymétries d’information entre les deux administrations ; améliorer la prise en charge des opérations de transit ; renforcer la prévisibilité des procédures pour les opérateurs économiques et préserver l’intégrité de la chaîne logistique entre les ports camerounais et le territoire tchadien.
« A cet égard, l’interconnexion entre CAMCIS et SYDONIA World demeure un chantier prioritaire. Elle doit permettre d’organiser un échange plus fluide, plus sécurisé et plus exploitable des données douanières, en particulier pour les opérations d’expédition levées à Kousseri à destination de N’Djaména, ainsi que pour les titres de transit émis depuis Douala ou Kribi. Cette exigence est d’autant plus importante que la qualité de l’information conditionne directement la qualité du contrôle », a expliqué Edwin Fongod Nuvaga.
Pour la DGD du Cameroun, la question des documents commerciaux attachés aux T1 devra également recevoir une attention soutenue. Car, estime-t-il, « La fiabilité des titres de transit dépend, en grande partie, de la cohérence entre les déclarations, les connaissements, les factures, les listes de colisage et les informations effectivement constatées à destination. Toute discordance non traitée fragilise la confiance entre les Administrations et ouvre des marges de risque qu’il nous revient collectivement de réduire ».
Il trouve par conséquent « qu’une descente de terrain à Douala, notamment au Port autonome de Douala, sur le site d’allotissement des cargaisons en transit et au point d’apposition des GPS, ainsi qu’au check point de Yassa, présente un intérêt particulier. Elle permettra d’apprécier, sur pièces et sur place, les réalités opérationnelles du dispositif de prise en charge et de sécurisation des cargaisons en transit ».
S’agissant du transit non conventionnel, le DGD explique qu’elle « appelle une approche concertée, réaliste et encadrée. Il importe de clarifier les opérations concernées, les bureaux compétents, les documents à dématérialiser, les habilitations à accorder, les responsabilités respectives des services, ainsi que les mécanismes d’apurement et de suivi ».
Et pour ce qui est de la lutte contre la contrebande sur les bords du fleuve Logone, elle constitue, pour la douane camerounaise, « une priorité opérationnelle. Elle suppose un échange d’alertes plus réactif, une meilleure coordination entre les services de surveillance de Kousseri et de N’Djaména, ainsi qu’un circuit clair de saisine, de traitement et de compte rendu des interventions. La coopération douanière ne doit pas rester institutionnelle ; elle doit être immédiatement mobilisable sur le terrain », dira le DGD du Cameroun.
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