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PME et Startups : de nouvelles opportunités aux jeunes entrepreneurs

Ce dispositif public d’amorçage, initié en 2020 par l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (APME), a pour ambition de transformer le paysage entrepreneurial camerounais. En effet, le prototypage constitue une étape indispensable dans la création d’un produit, car il matérialise l’idée initiale, favorise son évolution et garantit sa pertinence par rapport aux attentes des utilisateurs. Ce 4ème Appel à Projets, lancé par Achille Bassilekin III, vise comme les précédents à accroître l’amorçage et le développement des PME ou porteurs de projets innovants.
Cette édition spéciale est couplée à la tenue du Salon de Promotion des Innovations Industrielles, Technologiques et Environnementales, sous le thème « Accélérer l’investissement sur les Innovations pour promouvoir les champions du made in Cameroon ». Cette thématique a pour objectif de stimuler l’innovation et favoriser l’émergence du Made in Cameroon. Le salon s’étendra désormais sur deux jours, contrairement aux éditions précédentes qui se déroulaient en une matinée, apprend-on. Selon Jean Marie Louis Badga, directeur général de l’Apme : « Cela permettra à tous de découvrir les contributions des innovateurs à l’économie. Pendant ces deux jours, l’accent sera mis sur l’investissement, en particulier pour les jeunes startups souvent jugées sans bilan financier malgré la valeur de leurs prototypes. Des discussions avec des spécialistes et des commissaires aux apports permettront d’évaluer l’investissement dans ces prototypes, aidant ainsi les innovateurs à établir un bilan ». Et de poursuivre : « On peut dire que cette quatrième édition marque déjà une étape de maturité. Et nous allons mettre l’accent sur l’investissement ».
Promouvoir les étudiants-entrepreneurs L’objectif du « Fonds-protos » est clair : promouvoir les innovations productives et faciliter la recherche et développement (R&D) collaborative, accélérant ainsi la création et le développement des PME innovantes. Le Minpmeesa invite les jeunes entrepreneurs camerounais à soumettre leurs candidatures du 5 août jusqu’au 10 septembre 2024 sur le site www.fonds-proto.cm ouvert par l’Apme. Les projets des candidats abordent les objectifs et les secteurs définis par les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations-Unies et qui ont été inscrits, initialement, dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) et, désormais, dans la Stratégie Nationale de Développement (SND30). Concrètement, il s’agit des projets d’innovation concourant donc à l’offre nationale des solutions techniques ou technologiques dans le secteur de l’agroalimentaire, du numérique, des industries, du secteur médical, du secteur sécuritaire, du secteur de l’énergie, de la mobilité urbaine, des industries créatives entre autres. Si l’initiative facilite la fabrication de différents types de prototypes en moins de 06 mois, à moindre coût et avec le minimum d’outillage et d’étapes intermédiaires dans le processus de réalisation, elle permet de promouvoir les étudiants-entrepreneurs, soutenir la création d’entreprises issues de la valorisation des résultats de la recherche et favoriser l’innovation par un renforcement du lien « Recherche – Universités – Entreprises ».
Vers des PME innovantes et compétitives L’Apme souhaite ainsi mettre un accent, « sur l’accompagnement de la R&D et sur un cadre ou des outils propices à l’innovation, au transfert des résultats de la recherche et au soutien de l’entrepreneuriat innovant au Cameroun, de manière à faire participer les PME et les Porteurs de Projets innovants pour qu’ils puissent développer ou constituer des actifs immatériels. À faire émerger des projets de R&D collaboratifs, y compris en générant un flux de projets provenant de la diaspora et aider à leur concrétisation et à développer des produits/services innovants dans différentes filières et pouvant arriver sur le marché à un horizon de 12 à 36 mois au plus tard ».
L’initiative répond aux enjeux de développement et de valorisation de l’entrepreneuriat. En outre, elle soutient la création d’entreprises innovantes et renforce les liens entre chercheurs et innovateurs-entrepreneurs. La cible de ce dispositif : « Ce sont d’abord les jeunes, les entrepreneurs sociaux, les chercheurs et inventeurs, les start-ups, ainsi que les PME en création ou en phase de développement. Tous ceux-là peuvent donc présenter leur idée de projet dans l’ensemble des secteurs d’activité identifiés comme porteurs de croissance par la SND 30 », a énuméré Achille Bassilekin III, Minpmeesa. En 2023, le 3e appel à projets du Fonds d’Appui au Prototypage a soutenu 26 entrepreneurs avec une enveloppe globale de 60 millions de FCFA. Avec 200 millions de FCFA investis, le Fonds-Proto a permis à 66 startups et PME de valider leurs innovations sur le marché et de les protéger à l’OAPI. Ces résultats sont le fruit des financements publics et du Plan Triennal Spécial-Jeunes.
Réactions
ACHILLE BASSILEKIN III : « Donner aux jeunes la possibilité de faire valoir leurs droits de propriété intellectuelle »
Il s’agit en fait de tirer le meilleur parti possible des atouts naturels de notre pays en dynamisant l’innovation. A ce jour, il convient de signaler que l’État, par rapport à l’accompagnement des jeunes pour le développement de leur prototype, a déjà soutenu pour les trois premières éditions, à hauteur de 200 millions, les porteurs de projets éligibles au prototypage. Ces fonds, pour l’essentiel, sont issus des ressources du plan spécial triennal jeunes logés au ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique. C’est la raison pour laquelle, lors des trois résultats finaux d’un précédent concours de prototypage, le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique en personne était à mes côtés pour remettre les chèques aux lauréats.
Nous pensons qu’il était judicieux de lancer à la lumière du haut accord que nous avons reçu, la 4e édition, parce que l’engouement est là. On voit de nombreuses startups qui se sont développées depuis quelques années déjà et qui sont partie des prototypes qui avaient été développés dans le cadre de ce fonds d’appui au prototypage. C’est une dynamique que nous devons consolider pour permettre justement à nos jeunes de pouvoir non seulement être insérés dans le processus de construction et de production des richesses et des emplois, mais aussi qu’ils prennent toute la part qui est la leur dans le cadre de la stratégie nationale de développement 2020-2030.
Il est convenable de rappeler que l’objectif vise à consolider l’entrepreneuriat de façon générale mais surtout à donner à ces jeunes qui seront ici sélectionnés la possibilité de faire valoir leurs droits de propriété intellectuelle, qui est leur atout majeur. A la suite de quoi ces atouts peuvent être investis comme leur quote-part dans le cadre justement d’un appui d’un investisseur qui peut être soit un investisseur providentiel qu’on appelle habituellement des business Angels ou alors certains acteurs qui aujourd’hui ont commencé à faire du capital risque au Cameroun.
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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.
Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).
Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.
Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.
Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.
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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.
Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.
LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »
Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.
Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.
Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.
L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE
L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).
L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.
Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.
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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.
En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).
Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.
DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME
Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.
Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.
Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.
Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.
Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.
Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.
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