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Pr. Ngah Esther : « L’Egcim facilite le transfert de technologies avancées vers le secteur industriel »

Pouvez-vous nous présenter la 4e Semaine de l’ingénieur notamment les activités qui l’ont meublée ?
Les activités suivantes ont meublé la quatrième Semaine de l’ingénieur de l’Egcim parrainée par son excellence monsieur le secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco et l’Icesco : Une leçon inaugurale donnée par trois conférenciers sur le thème de la semaine « Technologies émergentes : support d’innovation dans les secteurs miniers et énergétiques » qui a présenté la place importante de ces secteurs dans la stratégie politique du Chef de l’Etat, des innovations développées par les enseignants de l’Egcim dans ces secteurs et le support qu’apporte les technologies dans ces innovations. Des conférences pour changer la façon de penser des élèves ingénieurs qui souhaitent entreprendre ou faire émerger leur leadership d’une part, et des opportunités de carrière dans leur métier d’autre part ; Des ateliers sur la recherche de l’Emploi, animés par le l’Agence du Fonds National de L’Emploi (FNE) de l’Adamaoua, le Minpmeesa et le Minefop ; des expositions du savoir-faire des élèves ingénieurs de l’Egcim ; la soutenance des travaux de fin d’étude de 152 élèves ingénieurs ; la mise sur pied du réseau des anciens élèves ingénieurs de l’Egcim : « Egcim Alumni ». Ainsi que la célébration de l’excellence académique, du leadership, de l’innovation et de l’entrepreneuriat et la première édition de la cérémonie de graduation de l’Egcim des deux premières promotions de l’Egcim.
Quels sont les objectifs principaux de cet événement ?
Cette semaine avait pour objectifs principaux de permettre la soutenance des travaux de fin d’étude des élèves ingénieurs de la 4e promotion, de mettre sur pied le réseau des anciens élèves ingénieurs de l’Egcim, de réunir des entreprises désireuses de collaborer avec l’Egcim, d’organiser des ateliers sur la recherche de l’emploi et l’entrepreneuriat, et de célébrer l’excellence, l’innovation et l’entrepreneuriat.
Pourquoi avez-vous choisi le thème : « Technologies émergentes, support d’innovation dans les secteurs miniers et énergétiques » ?
Nous avons choisi ce thème pour explorer comment les innovations technologiques comme l’intelligence artificielle, l’Internet des objets et les énergies renouvelables transforment ces industries. Ces technologies permettent d’améliorer l’efficacité opérationnelle, de réduire les coûts, et d’optimiser l’utilisation des ressources, tout en minimisant l’impact environnemental. Elles jouent également un rôle crucial dans la transition énergétique vers des sources d’énergie plus durables, tout en augmentant la compétitivité et la sécurité des opérations. Nous voulions également informer le public que l’Egcim a déjà emboîté le pas. En effet, depuis la conférence internationale que nous avons organisée en Octobre 2023 sur les technologies émergentes, nous travaillons leur exploitation réelle.
Selon vous, quel est le rôle des technologies émergentes dans le développement des secteurs miniers et énergétiques ?
Les technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT) et les énergies renouvelables, jouent un rôle central dans la transformation des secteurs miniers et énergétiques. Elles permettent une gestion plus précise et efficace des ressources, réduisent les risques et les coûts grâce à l’automatisation et à la surveillance à distance, et favorisent une transition vers des pratiques plus durables. Par exemple, l’IA aide à prédire les défaillances des équipements, réduisant ainsi les interruptions coûteuses, tandis que l’IoT optimise les processus de production en temps réel. Ces innovations sont essentielles pour répondre aux défis environnementaux et économiques actuels, tout en soutenant la croissance et la compétitivité des industries concernées.
Quels sont les défis et les opportunités liés à l’adoption de ces technologies ?
L’adoption des technologies émergentes dans les secteurs miniers et énergétiques présente à la fois des défis et des opportunités. Parmi les défis, on trouve le coût élevé des technologies et des infrastructures nécessaires, ainsi que la nécessité de former le personnel pour utiliser ces nouvelles technologies efficacement. De plus, l’intégration de systèmes avancés peut poser des problèmes de cybersécurité, nécessitant des mesures de protection accrues. Cependant, les opportunités sont nombreuses : les technologies émergentes permettent d’améliorer l’efficacité opérationnelle, de réduire les coûts de production et de minimiser l’impact environnemental. Elles offrent également la possibilité d’explorer de nouvelles ressources et de développer des solutions énergétiques plus durables. Par exemple, l’utilisation de l’intelligence artificielle et des capteurs pour la maintenance prédictive peut prévenir les pannes d’équipement et prolonger la durée de vie des installations.
Comment l’Egcim contribue-telle à la promotion de la recherche et du développement dans des secteurs miniers et énergétiques du pays ?
L’Egcim joue un rôle essentiel dans la promotion de la recherche et du développement dans les secteurs miniers et énergétiques du pays en fournissant une formation de pointe et en menant des recherches innovantes. Elle offre des programmes académiques spécialisés qui préparent les étudiants aux défis techniques et environnementaux de ces industries. En outre, l’école collabore avec des entreprises locales et internationales pour des projets de recherche appliquée, facilitant ainsi le transfert de technologies avancées vers le secteur industriel. Ces collaborations permettent aux étudiants et aux chercheurs d’accéder à des ressources et à des technologies de pointe, stimulant ainsi l’innovation. Par exemple, des projets de recherche sur l’efficacité énergétique ou l’extraction de minéraux critiques mettent en lumière les possibilités offertes par les technologies émergentes pour améliorer la durabilité et la compétitivité des industries locales.
Quel message souhaitez-vous adresser aux étudiants et aux professionnels des secteurs miniers et énergétiques ?
Aux étudiants et aux professionnels des secteurs miniers et énergétiques, nous souhaitons transmettre un message de vision et d’innovation. Face aux défis environnementaux et technologiques croissants, il est crucial d’adopter une approche proactive et de se former continuellement aux nouvelles technologies et aux pratiques durables. En investissant dans l’apprentissage et la recherche, vous pouvez non seulement améliorer vos compétences mais aussi contribuer à transformer ces industries pour un avenir plus durable et efficient. N’oubliez pas que votre rôle est essentiel pour l’évolution des méthodes de production et pour la mise en place de solutions énergétiques plus propres et plus efficaces. Engagez-vous à être des leaders dans l’adoption de nouvelles technologies et des pratiques éthiques, et participez activement à la création d’un avenir énergétique et minier plus responsable. Notre pays en a besoin !
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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.
Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).
Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.
Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.
Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.
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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.
Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.
LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »
Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.
Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.
Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.
L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE
L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).
L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.
Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.
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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.
En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).
Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.
DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME
Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.
Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.
Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.
Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.
Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.
Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.
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