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300 ministres en 44 ans de règne

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Quarante-quatre ans de remaniements pour un bilan qui tient en un mot : immobilisme. Le chiffre qui accuse. 299 cadres ont servi dans les gouvernements de Biya en 33 ans, comme :- premier ministre, vice-Premier ministre, ministre d’État, ministre, ministre délégué, secrétaire d’État.

Selon le décompte, on parle de 32 équipes dont 13 pour les seules années 1980. Trois cents ministres, des dizaines d’équipes, et un pays qui n’avance pas. Si le remède avait été le bon, une seule équipe aurait suffi. Ce qu’on change sans cesse, c’est le casting, jamais la politique.

Le remaniement comme méthode de survie

Le remaniement n’est pas un outil de gouvernement, c’est un outil de pouvoir. Chaque décret réduit à néant la carrière d’un ministre devenu trop populaire ou trop ambitieux. Les ministres ne sont jamais évalués sur des résultats, mais maintenus ou balayés selon leur loyauté. Le pouvoir entretient, selon ses détracteurs, une cour de courtisans et d’obligés.

Le chef de l’État n’a pas toujours eu la main heureuse dans ses choix, relève une enquête de presse. Des dizaines de ministères passent entre des centaines de mains. Mais le véritable centre de décision reste unique, et il est vieux.

Chronologie d’un système

– 6 novembre 1982. Premier gouvernement de Biya : 34 membres dont 2 femmes.

– Années 1980. Treize équipes en dix ans, dans le sillage des tentatives de putsch de 1983 et 1984. Biya supprime le poste de Premier ministre en 1984.

– 1991. Sous la pression des « villes mortes », il rétablit la primature et forme un gouvernement de 31 membres, dont une seule femme. L’ouverture démocratique n’a pas changé le fond.

– 1992-2009. Les Premiers ministres se succèdent : Achidi Achu, Mafany Musonge, puis Inoni, nommé le 8 décembre 2004, puis Philémon Yang, nommé le 30 juin 2009.

– 2015. Après les élections, Biya reste de marbre et fait mentir ceux qui croyaient à la règle d’un nouveau gouvernement après chaque scrutin.

– Avril 2016. Publication de l’enquête sur les 299 ministres : 66 ministres du Renouveau étaient déjà décédés au 14 avril 2016.

– 4 janvier 2019. Dion Ngute devient Premier ministre, plus de deux mois après la présidentielle d’octobre 2018.

– 16 janvier 2019. Dernier conseil ministériel convoqué par le chef de l’État. Aucun n’a eu lieu depuis.

– 31 décembre 2025. Biya annonce lui-même un « nouveau gouvernement » dans « les prochains jours ». C’est la première fois qu’il annonce un remaniement lui-même, lui qui en a pratiqué plus de trente en 43 ans.

– Août 2026. Neuf mois plus tard, l’équipe de Joseph Dion Ngute est toujours en poste, avec une longévité exceptionnelle de sept ans. L’annonce est attendue chaque jour à 17 heures devant la radio.

Le gouvernement fantôme

Le comble de l’absurde est atteint aujourd’hui. Le gouvernement est en place depuis sept ans sans nouvelle nomination, malgré des décès et des démissions de ministres, dont celles de Bello Bouba Maïgari et d’Issa Tchiroma Bakary.

Quatre membres du gouvernement Dion Ngute sont morts en fonction sans être remplacés.

Un État qui n’enterre pas ses ministres décédés n’est plus gouverné, il est administré par inertie.

Voilà ce que ces 305 noms n’ont pas produit

Trois cents ministres, et pourtant :

– Aucune alternance : les mêmes cercles se recyclent d’un gouvernement à l’autre.

– Aucune culture du résultat : on ne démissionne pas, on est « remercié » par décret.

– Une jeunesse qui n’a vu que des visages usés, quand l’âge du chef de l’État a lui-même dépassé 93 ans.

– Des institutions qui ne fonctionnent plus sans lui : il suffit qu’il s’absente soixante-quatorze jours pour que le pays retienne son souffle.

Le bilan

Les 305 ministres sont la preuve d’un système où personne ne gouverne vraiment, puisque chacun sait que la décision appartient à un seul homme.

Le jour où le Cameroun sera enfin gouverné, ce sera par une équipe qui répond de ses résultats devant les citoyens, et non devant un décret lu à la radio.

Charles Armel Mbatchou

Journaliste, analyste politique, chroniqueur et historien d’art.

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la cinglante réponse d’Alex Nguépi au PCRN

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la cinglante réponse d’Alex Nguépi au PCRN
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L’homme politique Alex Nguépi demande au PCRN d’arrêter de porter la confusion entre la formation du gouvernement et la nomination d’un vice-président.

Alex Nguépi, démissionnaire du Social Democratic Front (SDF), a fait une publication réponse au Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). Il convient de souligner que ladite réponse est motivée par la prise de parole d’Anne Féconde Noah, porte-parole de Cabral Libii, sur NTV. Rappelons qu’au sujet du vice-président, Cabral pense que le nommer permettrait au Cameroun de voir la continuité des affaires publiques et mettrait fin à la guerre des clans entre autres. L’homme politique Alex Nguépi demande de ne pas confondre deux questions fondamentales.

« J’ai suivi avec beaucoup d’amusement l’intervention de Madame Anne Féconde NOAH sur la demande de Cabral Libii concernant la nomination d’un vice-président. Il faut arrêter de mélanger deux questions fondamentalement différentes : la formation du gouvernement et la nomination d’un vice-président. La formation du gouvernement relève du fonctionnement normal des institutions après une élection présidentielle. Le Cameroun a besoin d’un gouvernement opérationnel, capable de répondre à la vie chère, au chômage, à la corruption et aux nombreuses urgences sociales.

En revanche, la vice-présidence soulève une véritable question de légitimité démocratique. Comment comprendre qu’un président élu au suffrage universel puisse être remplacé, en cas de vacance, par un vice-président désigné par nomination plutôt que choisi directement par le peuple ? Si le Cameroun doit avoir un vice-président, celui-ci devrait être élu en même temps que le président de la République », écrit-il.

L’homme politique Alex Nguépi, les réelles motivations de Cabral Libii par rapport à sa demande de nomination d’un vice-président. Il se demande si le leader du PCRN est à la recherche d’un poste ou bien s’il défend une République des héritiers parmi lesquels il fera partie.

« On est en droit de s’interroger sur le calcul politique de Cabral Libii. L’opposition doit-elle désormais construire son avenir autour de l’espoir d’une nomination présidentielle ? Certains semblent entretenir le rêve qu’un poste de vice-président pourrait être offert à l’opposition. Mais depuis quand la conquête démocratique du pouvoir se résume-t-elle à attendre une nomination ?

Le véritable combat doit se situer sur le terrain électoral : les législatives et les municipales. C’est en conquérant une majorité parlementaire que nous pourrons engager un véritable débat sur les réformes constitutionnelles nécessaires. Le Cameroun n’a pas besoin d’une compétition pour les strapontins institutionnels. Il a besoin d’institutions légitimes, d’un gouvernement responsable et d’un Parlement fort. Le peuple ne mange pas les titres, ne se soigne pas avec les nominations et ne nourrit pas sa famille avec les postes politiques ! La politique doit être un combat pour le peuple, pas une course aux privilèges », écrit-il.

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le RDPC mobilise ses troupes pour les prochaines élections

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À l’occasion du 44ᵉ anniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême, célébré le 6 novembre 2026, le secrétaire général du Comité central du RDPC, Jean Nkuété, a appelé les militants à renforcer leur mobilisation en vue des prochaines élections législatives et municipales.

Lors d’une séance de travail organisée au siège du parti à Yaoundé, en présence de membres du gouvernement, de responsables politiques alliés et de plusieurs cadres du RDPC, Jean Nkuété a réaffirmé le soutien de sa formation politique au chef de l’État. Dans son allocution, il a présenté cette commémoration comme un moment de bilan, de fidélité au Renouveau et de préparation des échéances électorales à venir.

Le secrétaire général du Comité central a particulièrement insisté sur la nécessité de préparer des stratégies électorales efficaces et de constituer des listes de candidats capables de garantir la victoire du parti dans les différentes circonscriptions. Il a notamment plaidé pour une meilleure représentation des femmes et des jeunes, tout en privilégiant des personnalités connues et appréciées des populations locales.

Jean Nkuété a également invité les militants, sympathisants et formations politiques alliées à maintenir leur engagement derrière Paul Biya, dont il a salué le leadership et le programme. Dans ce sens, il a appelé à une mobilisation accrue afin de permettre au RDPC de remporter des majorités encore plus confortables à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux.

Cette célébration du 44ᵉ anniversaire de l’accession de Paul Biya au pouvoir a ainsi servi de tribune au parti au pouvoir pour réaffirmer sa fidélité au chef de l’État et afficher ses ambitions à l’approche des prochaines consultations électorales.

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« je choisis de célébrer 44 ans de paix, de stabilité et de vie démocratique grâce à Paul Biya »

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« je choisis de célébrer 44 ans de paix, de stabilité et de vie démocratique grâce à Paul Biya »
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Le secrétaire général adjoint du Comité central du RDPC, Grégoire Owona, rappelle qu’un pays ne se définit pas uniquement par ses difficultés et « polémiques volontairement créées et des mensonges entretenus ».

Le cadre du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Grégoire Owona, s’est exprimé ce 6 novembre 2026, date anniversaire de la prestation de serment du chef de l’État Paul Biya. Il préfère regarder les avancées du pays et refuse de rester sur ses difficultés.

« Aujourd’hui, je choisis de célébrer 44 ans de paix, de stabilité, de liberté, de progrès et de vie démocratique grâce à Paul Biya. Car un pays ne se résume ni à ses difficultés ni aux polémiques volontairement créées et des mensonges entretenus. Il est aussi une histoire, des acquis, des saines ambitions et un avenir à construire. Face à l’espérance !!!! », écrit le secrétaire général adjoint du Comité central du RDPC.

Rappelons que le 6 novembre 2025, le président de la République Paul Biya prestait serment en étant conscient des souffrances de son peuple.

« Au moment de prendre mes fonctions, je mesure pleinement la gravité de la situation que traverse notre pays. Je mesure le nombre et l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés. Je mesure la profondeur des frustrations, l’ampleur des attentes. Je mesure l’importance des responsabilités qui vont être celles du président de la République. Je voudrais en cette occasion solennelle renouveler devant vous un engagement que j’ai déjà pris par le passé, dans les mêmes circonstances. Celui de rester fidèle aux idéaux qui m’ont guidé depuis mon accession à la magistrature suprême », avait déclaré le chef de l’État.

Seulement un an après cette prestation, dans l’opposition, on note 44 promesses non tenues, des engagements comme la nomination des jeunes et des femmes aux affaires publiques, jetés aux oubliettes.

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